Les Entrailles de Mademoiselle

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Femmes, pourquoi tant de haine ?

"Femmes, pourquoi tant de haine ?", c'est le titre du Thema Arte d'hier soir. Entre documentaires et débat, l'émission est sensée se pencher sur "le retour des violences machistes". Il faut cependant entendre "Le retour des violences machistes chez les noirs et les arabes pauvres". Rassurez vous, on ne parlera pas des violences masculines chez "les autres", c'est à dire les blancs plus aisés. Eux, visiblement, seraient plutôt dans le genre "retour du Jedi" gentil qui va lutter contre le côté obscur de la force. Du lourd donc, sur fond d'axe du mal contre le bien.

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Pour ne plus raser les murs

Bonne nouvelle, un collectif organise une Manif de nuit féministe à Lille le samedi 29 mai 2010 à 21h, devant l'opéra de Lille. La manif est "non-mixte femmes, lesbiennes, gouines, bisexuelles, asexuelles, hétérosexuelles, pansexuelles (que nous soyons trans ou cisgenres) "...

"Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !

Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.

Marchons la nuit, pour ne plus jamais nous faire marcher dessus !"

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Chronique de l'arbitraire II

Une manifestation était prévue cette après-midi à Poitiers, en soutien aux jeunes étudiants arrêtés et emprisonnés cette semaine. (Voir  "Chronique de l'arbitraire"). Le réseau des entrailles étant tentaculaire, Mademoiselle vous propose le témoignage de quelqu'un qui y était.

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Chronique de l'arbitraire

La semaine dernière en ouvrant les journaux, on a eu l'impression que Poitiers était en feu. D'après mes sources, deux jours après, en se baladant dans le centre ville, il fallait chercher les indices de "l'émeute violente" attentivement pour les trouver. Ce qu'on a moins su en revanche, c'est la violence des condamnations qui ont eu lieu, en comparution immédiate le lundi, tandis que le ministre de l'intérieur tapait du poing sur la table à quelques rues du tribunal.

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L'assisté

Tu en as marre des stages lamentables ? Des formations fumeuses ? Tu connais par coeur les Techniques de Recherche d'Emploi ? Puisqu'avec le bac, tu n'as le droit à rien et que tu n'étais pas un mauvais élève à l'époque, tu te dis que tu pourrais reprendre tes études. Et puis après tout, tu as lu que la formation tout au long de la vie était un droit, mieux, l'honneur du pays des Lumières. Ce que tu ne sais pas encore, c'est qu'on est passé à l'ère des ampoules basse consommation.

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Variable d'ajustement

La connasse de la boîte d'intérim s'appelait "Béné", c'était écrit sur son dévidoir à scotch. Elle paraissait toujours sortir de chez le coiffeur, faisait mille petites manières avec sa bouche et saisissait tous les objets comme si son vernis à ongle n'était pas encore sec. J'ai eu envie de l'éclater des milliers de fois, de lui casser la gueule, de hurler, de foutre en l'air son bureau. Sauf que j'avais besoin d'argent et qu'elle avait le pouvoir de me trouver des "missions" d'intérim.

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Il faut toujours être prête

Le tri sélectif, c'est chaud.

Je suis arrivée à la déchèterie un samedi après-midi d'août, avec dans ma voiture, des tonnes de saloperies à jeter. Jusque là, je ne me faisais pas trop remarquer. Seulement voilà, je suis arrivée au milieu de bricoleurs en pantacourts et mollets bronzés qui jetaient des gravats et de retraités qui jetaient des petits buissons (des déchets verts on dit). Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué mais les retraités, c'est un peu comme les hirondelles, dès le printemps, ils arrivent par grappes, mais avec des remorques et des petits buissons dedans, eux. Même qu'ils mettent leur clignotant au dernier moment et qu'ils roulent sur la voie de gauche à 58 km quand c'est limité à 90 km. Bref.

J'étais donc la seule fâme à la déchèterie, haut lieu de l'érotisme urbain moderne. Mais ça, je ne le savais pas.

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Naturels et Naturalisés

Je suis arrivée à la mairie en sortant du collège, je me souviens encore de l'allure de la femme à l'accueil. J'ai expliqué que je voulais une carte d'identité, elle a commencé à remplir des papiers pour moi. Histoire de parler, j'ai dit comme ça que la procédure ne devrait pas être longue puisque j'étais née en France, de parents français. Elle m'a alors répondu sans lever les yeux de sa feuille : "oui, mais ta maman n'est pas née en France, elle a été naturalisée".

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Quartiers populaires : la vision médiatique

« Le [dé] bloc-notes de Bernard-Henri Lévy », publié dans Le Point daté du 3 novembre 2005, nous offre, au cœur d’un bric-à-brac intitulé « Suite dans les idées », ce fulgurant aperçu :

« Crise des banlieues, vraiment ? Ou crise des villes, en général ? De la civilité urbaine ? De ce que l’on appelait, jadis, la civilisation et qui était, oui, toujours, une civilisation de la ville ? Relire les poèmes de Baudelaire. Les « Promenades » de Walter Benjamin. « Le paysan de Paris » d’Aragon. Et, à la lumière des événements de Clichy, dans l’ombre de la politique du Kärcher ou des images de cet homme battu à mort parce qu’il voulait photographier des réverbères, se demander combien de temps il faudra pour que cette prose urbaine nous devienne inintelligible. » 

"Ainsi, pour tenter de comprendre la situation présente, BHL se propose de relire Baudelaire, Benjamin et Aragon, mais c’est pour déclarer aussitôt que cette situation relève d’une « prose urbaine » qui deviendra bientôt incompréhensible.

Laissant BHL arpenter les rayons de sa bibliothèque et avant qu’il ne comprenne plus (ce qui ne saurait tarder...)"...

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Une panique extrêment profonde.

Il y a eu une histoire, il y a une huitaine d'années... un garçon qui vivait dans le Maine, il avait une démarche un peu chaloupée... il balançait des hanches, d'une manière un peu... "féminine"...

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Porter un jean rend consentante

Porter un jean empêche-t-il de se faire violer ?
En voilà une question qu'elle est bonne !

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The Stepford Wives

Je suis tombée sur un livre de SF écrit par Ira Levin en 1974, « Les femmes de Stepford ». Il a été adapté plusieurs fois au cinéma, mais je me demande dans quelle mesure le côté féministe (gentillounet) du bouquin est passé du livre à l'image... A priori, l'adaptation de 2004 par F. Oz est dégoulinante de nullité, mais celle de 1975 de B. Forbes a l'air moins niaise. Je n'ai pas encore vu les films... Par contre, j'ai lu le livre...  Certains placent le roman dans le genre SF, anticipation, parce qu'il y aurait une histoire de robots là dessous... Mais je n'ai pas lu le livre de cette façon, mais plutôt comme une métaphore sur la prise de conscience féministe.Voici la quatrième de couverture du bouquin :

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DÉFINITION DE L’OPPRIME

Il y a un moment où il faut sortir les couteaux.
C’est juste un fait. Purement technique.

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En attraper une pour cogner sur l'autre

Quand ces messieurs et ces dames, nos grands seigneurs et leurs fidèles serviteurs les experts, se mettent à brandir quelques brillants slogans comme « c'est pas juste pour les femmes, c'est dégueulasse quand même ! » ça devient louche.

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Gauche sévèrement burnée

Je discutais hier avec un militant d'extrême gauche, très engagé dans les mouvements sociaux locaux, et avec lequel j'ai de nombreux points de vue en commun.

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Non c'est toujours non

Non tu ne me plais pas,
Non je ne pense pas que ce soit une bonne idée,
Non tu m'emmerdes, Non lâche moi,
Non non non,
Non je ne suis avec personne mais ça ne signifie pas que je veuille être avec toi,
Non, parce que je n'aime pas ta gueule,
Non je n'ai pas envie de baiser,
Non, et tu commences à me gonfler,
Non, je rentre seule chez moi et je n'ai pas envie que tu m'accompagnes,
Non je ne l'ai pas cherché,
Non je ne te trouve pas magnifique et captivant,
Non c'est pas parce que je te regarde que j'ai envie de toi,
Non c'est pas parce que j'ai un décolleté que je drague,
Non tu ne me fais pas peur,
Non c'est non.
Non, et je n'ai pas à me justifier
Quand je te dis non, ce n'est pas une provocation, c'est ma réponse

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