Il faut toujours être prête
Par Mademoiselle le 06/09/09, 18:22 - Les Couteaux
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Silence
Violence
Le tri sélectif, c'est chaud.
Je suis arrivée à la déchèterie un samedi après-midi d'août, avec dans ma voiture, des tonnes de saloperies à jeter. Jusque là, je ne me faisais pas trop remarquer. Seulement voilà, je suis arrivée au milieu de bricoleurs en pantacourts et mollets bronzés qui jetaient des gravats et de retraités qui jetaient des petits buissons (des déchets verts on dit). Parce que je ne sais pas si vous avez remarqué mais les retraités, c'est un peu comme les hirondelles, dès le printemps, ils arrivent par grappes, mais avec des remorques et des petits buissons dedans, eux. Même qu'ils mettent leur clignotant au dernier moment et qu'ils roulent sur la voie de gauche à 58 km quand c'est limité à 90 km. Bref.
J'étais donc la seule fâme à la déchèterie, haut lieu de l'érotisme urbain moderne. Mais ça, je ne le savais pas.
J'ai prudemment avancé ma voiture, et j'ai remarqué trois gars accoudés à un mur qui se sont empressés de me faire des grands gestes pour que je comprenne bien comment-qui-faut-mettre-la-voiture. Des fois que j'écrase un petit buisson ou que je tente un dérapage au frein à main devant la benne des incinérables.
J'ai donc fait une petite manœuvre pas très compliquée : marche avant en regardant devant (wâouh), marche arrière en tournant les roues Et en regardant derrière moi (joliii !). Ils étaient très fiers de moi, même qu'ils ont levé leur pouce pour que je comprenne que c'était bien, que j'avais tué personne. J'ai levé les sourcils et je suis sortie de mon "véhicule" comme on dit quand on regarde trop TF1. C'est là que mon charme terrifiant a opéré. Je vous le dit tout de suite, j'ai deux énormes défauts : je suis souriante et, pire, je regarde les gens dans les yeux.
Alors j'ignore si c'est mon vieux pantalon, le débardeur avec une tâche de gras du repas de midi, les cheveux en l'air ou les vieilles tongs qui, conjugués à l'atmosphère chaude et érotique de la déchèterie, ont provoqué tout cela. Les trois gars m'ont regardé sortir, et moi comme une conne, j'ai dit "bonjour" en faisant un sourire.
Encouragé par cette franche avance, le plus bravache a répondu "Madame ou Mademoiselle ?" et s'est mis à dodeliner de la tête. C'est là que j'ai fait preuve de lâcheté. J'avais quatre options :
1) Refaire un sourire sans rien répondre, comme une dinde ;
2) Demander si c'est une information pertinente pour jeter ses ordures ;
3) Répondre Mademoiselle, parce que je ne suis pas mariée, et sous-entendre ainsi qu'il serait possible sur un malentendu que je copule dans un petit buisson avec un des trois gars ;
4) Répondre Madame pour avoir la paix et me maudire.
J'ai opté pour l'option quatre, mais je n'ai pas eu le temps de me flageller longtemps, parce que le dodelineur s'est rapidement approché pour me dire : "Mais je ne vois pas d'alliance, pourtant, à votre doigt, MADEMOISELLE !". Rires de ses copains derrière.
C'est là que j'ai repensé à mes copines qui me disent "Ouais mais toi, tu as de la répartie". J'ai presque eu envie de me filmer, là, ressemblant à une pauvre marmotte muette et pas fière. Normalement, moi, j'ai même pas peur des atmosphère viriles ou des blagues grasses, je m'y sens même pas trop mal, question d'éducation. Mais alors, là, je ne sais pas ce que j'avais, un coup de fatigue, une préparation insuffisante, un mauvais mental. Je me suis fait un claquage de la répartie. Et je ne pouvais même pas sortir du terrain sous la huée des petits buissons et des mollets saillants, je n'avais même pas la possibilité de ramper jusqu'au banc de touche, il fallait continuer en claudiquant.
Le dodelineur bravache s'est donc planté vers moi les mains sur les hanches, en se retournant régulièrement vers ses copains avec un petit sourire. Devant mon air atterré, il a répété qu'il ne voyait pas d'alliance avec une voix plus posée, en faisant traîner ses mots. Il a eu l'air fier de lui et de sa trouvaille, et a entrepris de me sortir son regard de Colombo. Il a penché la tête sur le côté en la relevant, les yeux mi-clos. Moi comme une abrutie, j'ai regardé mes mains et j'ai dit "Ben non... mais je mets pas de bijoux pour aller à la déchèterie". MAIS C'EST QUOI CETTE RÉPONSE ? Ben non, moi je ne mets pas mes bijoux pour aller voir des pouilleux comme vous, hein, et puis je te jure que je suis bien mariée, arrête de m'embêter heuuu ! Il y avait des tonnes de réponses à faire, mais embarquée dans mon histoire de mariage, ben je ne savais plus quoi faire. Alors j'ai eu le droit à : "Ah, elle est mariée aloooors, la demoiselle...", sur un ton suspicieux. Je me suis dit que ça suffisait alors j'ai tenté le petit pont : "Je voulais savoir où ça se jette ça, parce que je sais pas... Je vois pas la benne, euh" [parce que depuis qu'ils ont enlevé la benne "divers", je suis perdue. Ceux qui sont déjà allé à la déchèterie comprendront.].
J'ai donc posé ma question pour faire remonter la conversation de ma culotte à mon cerveau, mais j'ai bien vu qu'il ne m'écoutait pas, puisqu'il était tourné vers ses deux copains qui se bidonnaient. Je regardais donc son dos lorsqu'il m'a fait l'honneur de se retourner pour me dire que c'était dommage qu'elle soit mariée la demoiselle avec des yeux comme ça, et qu'elle était jolie, hein, la demoiselle. J'ai répété ma question et là, il a regardé dans mon coffre.
Victoire !
Enfin, pas tout à fait. Il a dit "Laissez Mademoiselle, je vais le faire à votre place", et il a entrepris de sortir tout ce qu'il y avait dans mon coffre. Sauf que tout n'était pas destiné au recyclage, puisque je devais poursuivre mon périple en allant ensuite chez Emmaüs (vous saurez tout). Sauf que Colombo, il ne devait pas en avoir grand chose à foutre que la demoiselle soit dotée de la parole, parce qu'il n'a pas du tout écouté mes protestations et il a vidé mon coffre contre vents et marées. J'ai dit "Eh, oh ! Je vous dis que c'est pas la peine de tout vider" au moins quatre fois avant qu'il comprenne. Il m'a alors regardé et m'a dit "Mais alors pourquoi est-ce que vous me faites TOUT sortir de votre coffre ?". Rire de ses copains derrière. Moi : "Mais je ne vous ai pas demandé de tout sortir de mon coffre". Il m'a regardé comme si je ne savais pas ce que je voulais, mais avec beaucoup de tendresse. Elle est mignonne. Il s'est retourné vers ses potes et il a levé les bras en l'air pour signifier un truc du genre "ah les femmes".
J'ai remis dans mon coffre ce qui ne devait pas être jeté, et je me suis aperçu qu'il était en train de fouiner dans les sacs de papiers que je devais jeter. Dans le lot, il y avait tout un tas d'enveloppes avec mon adresse, des vieilles listes de course, et comble de l'érotisme, un catalogue de "linge de maison" qui faisait un numéro spécial "linge de lit". Il m'a jeté un regard si lubrique que je me suis dit qu'il avait certainement passé de longues heures à s'exciter sur le catalogue de la Redoute dans son enfance. Je l'ai regardé les bras ballants, et j'ai refermé mon coffre tout en remontant la bretelle de mon débardeur machinalement, ce qu'il a eu l'air d'apprécier fortement. J'ai tout jeté rapidement, je me sentais vraiment mal à l'aise, observée, humiliée et en colère. Ce qui est crétin, c'est que je me sentais en colère contre moi, de ne pas réagir, en colère de me dépêcher pour prendre la tangente rapidement.
Je n'avais pas peur de lui, il n'était pas agressif, il était juste content de son petit effet. Je me disais que me mettre à gueuler maintenant, ça aurait été un peu bizarre après mes sourires. Sauf que mes sourires voulaient juste dire quelque chose comme "Bonjour Monsieur qui travaille à la déchèterie". Pas plus.
Je me disais aussi que ce n'était quand même pas grave ce que j'étais en train de vivre, je n'étais pas en train de me faire agresser.
Je me disais que j'aurais dû être un peu plus froide au départ, faire la gueule, je sais pas, un truc quoi. J'aime pas devoir me dire que le fait de regarder est pris comme une provocation ou le fait de sourire comme une avance sexuelle. Ça m'interdit de sourire ou de regarder sans entrer dans des petits calculs trouillards.
Et puis ses potes qui se marraient en me matant les fesses, en échangeant deux trois mots que je n'entendais pas, ils me coupaient les jambes.
Finalement, j'ai pris un air d'ours et je suis remontée dans ma voiture. Il m'a aidé à m'orienter, parce que huit mètres de marge à droite, quatre à gauche et la manœuvre du siècle, une marche avant tout droit, nécessitait l'aide du mâle à la femelle. J'ai même pas calé, pourtant, j'avais les jambes qui tremblaient tellement j'avais envie de lui hurler de me foutre la paix, que j'étais pas une abrutie finie, que je savais conduire.
Quelques jours plus tard, quand j'en ai parlé à un copain, il m'a demandé : "Mais t'étais habillée comment ?". J'en suis restée pantoise. Hein ? Mais qu'est-ce que ça peut foutre ? Il se demande quoi là ? Si j'ai pas fait ma chaudasse et que le pauvre mec, ben il a été dépassé par les évènements ? Si devant mon décolleté plongeant d'aguicheuse il ne s'est pas pris une tornade hormonale à décorner un boeuf ? Si il n'a pas subi une violente descente d'organe, le cerveau se décrochant d'un coup jusqu'aux couilles ? C'est là que tous les argumentaires sur la misère sexuelle des hommes me sont remontés en pleine face. En plus, un mec de la déchèterie... un gros prolo, pas de quoi s'étonner. Magistral. Et doublement sexiste. Les hommes ont le cerveau dans les couilles, c'est pas de leur faute, et c'est pas facile à contrôler, surtout chez les moins zzzzéduqués. Ben voyons.
Et puis je suis tombée sur un billet de CSP, qui a vécu l'étrange drame d'être une fâââme (Michel, si tu m'entends). Ce qui est drôle, enfin, on s'entend, c'est la conclusion que tire CSP de son inscription sur un site de rencontre avec un profil féminin.
Les hommes rencontrés sur ces sites sont des hyènes, et leur comportement est causé par un "mélange frustration/concurrence libre et non faussée" qui "transforme un type pas plus mauvais qu'un autre à la base en loup affamé qui ne voit les femmes que comme proies."
La frustration, c'est la misère sexuelle. La concurrence libre et non faussée, c'est évidemment l'explication des rapports de sexe par le... capitalisme. Au feu, pensée féministe. (Pensée quoi ?) Quand le capitalisme tombera, on se fera tous des bisous, et on fera la cuisine nus dans une mixité respectueuse de la diversité naturelle de chacunE.
De leur côté, les femmes subissent "une pression supplémentaire où elles deviennent obligées de se comporter comme des "mecs" pour compenser et sont encouragées à leur tour à se comporter en prédateurs sans pitié."
La pression supplémentaire, bon, elles sont habituées... Mais alors, obligées de se comporter comme des mecs... Elles n'ont même plus la liberté d'être fâme, cétrodégueulasse !
Alors moi j'aime bien CSP, il me fait bien rire, même si le côté bite couille permanent est lourd. Mais vraiment, avec lui, on comprend que le combat féministe à gôche, il reste à mener. Et il va pas être facile.



Commentaires
Proposition : la prochaine fois je t'accompagnerai à la déchetterie (et on fera filmer tout ça en caméra cachée). Je pressens le feuillleton de l'année.
Je compatis Mademoiselle. Deux objections toutefois.
La première c'est l'avantage qui est le tien devant les forces de police ou un contrôleur de la SNCF. Je me souviens qu'un contrôleur m'a infligé une amende de 90 euros parce qu'il me soupçonnait de vouloir me faire rembourser 1 euro une fois arrivé à la gare...
La deuxième concerne cette phrase "De leur côté, les femmes subissent "une pression supplémentaire où elles deviennent obligées de se comporter comme des "mecs" pour compenser et sont encouragées à leur tour à se comporter en prédateurs sans pitié." Sûrement elles se comportent comme des "mecs" et c'est peut-être une raison mais certainement pas la seule. De plus il y a dans ce propos une suggestion à peine déguisée c'est L'Omme qui a commencé. Probablement. Du moins j'ai rencontré beaucoup d'hommes qui en avaient une telle conscience qu'ils s'interdisaient de se comporter comme ces trois lourdingues. Crois-tu qu'ils aient été plus heureux avec les femmes? Certainement pas et bien au contraire. Ce qui implique que leur postulat était faux comme cette phrase sans quoi les femmes manqueraient de la plus élémentaire perception. Sûrement la perception de chacun est extrêmement troublée dans ces périodes de grandes confusion entretenues par une guerre qui va culminante. Mais à ce point? J'en doute.... Tout se joue bien ailleurs Mademoiselle S. pour vos consoeurs comme pour les hommes....
Comme le dit La Sonate à Kreutzer avec une régularité et une loyauté très louables: Bien solidairement.
Cette histoire de petits buissons, c'est crop mignon.
Humiliée je suis. Au moins 10 voyages à la déchetterie en juillet avec un camion plein de gravats et cochonneries diverses et pas un employé ne m'a aidé. Je suis sûre qu'en plus d'être souriante et d'avoir les épaules dénudées, tu es jeune :-))
Faut pas regretter de sourire aux gens, c'est la bonne façon d'être en relation avec les autres.
Aussi militante, armée et lucide qu'on soit, le machisme bat du front arrive toujours à déconcerter et déstabiliser. Et le machisme des camarades gauchistes ou anars a, dans sa constance, quelque chose de rassurant : notre combat est le bon.
Super texte.
Dans ce genre de situations, parfois on doit avoir envie d'avoir un flingue et de tirer...
Isa, je pense qu'on est plus heureux au final en cherchant toujours à être juste... même si je vois bien ce que tu veux dire, la plupart des femmes sont comme les mecs, elles naviguent selon un certain conditionnement qui les font préférer au final le type qui a des biscottos... mais je ne crois pas qu'évoluer avantageusement dans le scénario du type qui réussi soit la clef du bonheur...
C'est un très beau texte Mademoiselle, merci !!! Si j'écrivais comme ça, j'aurais pu écrire ça. C'est dommage d'avoir besoin de se renfermer pour sortir (quand on est pas accompagnée d'un homme) !!!
... et le combat féministe chez nos copains gauchistes et anars ET du sud, je vous dis pas...
Flo : C'est bien pour ça qu'il faut apprendre à ne pas se renfermer, mais à s'imposer. Eternel problème dû à l'éducation des femmes, on en sait quelque chose chez les trans'...
Rha :((.
Sur feministes.net j'avais fait un sujet sur nos conditionnements.
Parce que c'est dur, bon dieu, de lutter contre des milliers d'années de sexisme, et de ne pas redevenir la petite souris que certains souhaitent qu'on soit.
j'ai vécu ce genre de situations.; mais en sens inverse. ca me met hors de moi donc je me mets à hurler, voire à pleurer donc on en revient aux "ah les femmes, toutes hystériques".
"J'aime pas devoir me dire que le fait de regarder est pris comme une provocation ou le fait de sourire comme une avance sexuelle."
boh. t'aurais fait la gueule que tu l'aurais payé aussi. dans les deux cas tu perds.
et t'as encore de la chance de pas avoir perdu tes moyens, genre caler, ou défoncer un trottoir, j'aurais pu faire ca dans l'exaspération moi.
mon mec connaissait une nana, féministe radicale, qui s'averait incapable de conduire un trans-palettes s'il y avait des hommes. elle savait parfaitement le manoeuvrer, mais perdait tout ses moyens tant elle avait l'impression - vraie ou fausse- qu'elle serait jugée.
GM. "C'est bien pour ça qu'il faut apprendre à ne pas se renfermer, mais à s'imposer." oui mais c'est dificile ! moi je m'impose mais souvent mal, en aboyant comme un roquet. et ca, ca ne t'est jamais pardonné en tant que femme.
je me souviens d'une histoire tiens dans un bar à la frontière suisse avec 99% d'hommes et deux femmes (ma copine et moi). on a eu droit aux rires, aux blagues, et j'en passe; on n'a RIEN pu dire, juste l'envie de creuser un trou. dans ces cas là clairement, je me hais :o).
@valerie : C'est pour pas avoir l'air d'une hystérique que je gueule le moins possible. C'est bête... qu'est-ce que j'en aurais à foutre après tout ? Je ne crois pas que le fait de ne pas gueuler fasse valser ses a priori sur les femelles. Donc oui c'est pas facile. Je me mets souvent à trembler, pas de peur, mais d'énervement. La majorité du temps, j'arrive à répondre, en général, par une blague, mais je me rends compte que même si ça sort assez facilement, ça me demande de l'énergie et que j'ai toujours l'appréhension de m'enfoncer, de me ridiculiser... Un peu comme si la réponse était cinglante en retour, je l'aurais bien cherché, finalement.
C'est vrai qu'entre le fait de gueuler et celui de se taire, on se retrouve coincée.
Parfois "tu m'emmerdes" est pris comme une petite résistance sexy, du genre, ça augmente le plaisir, elle est pas simple celle là. En même temps, la clé de bras semble souvent disproportionnée...
@ko : pourquoi "Et du sud" ?
@Flo et @ali :
"Quand on n'est pas accompagnée d'un homme", ça m'a rappelé les voyages en bagnole. Les appels de phare des camions quand on est seule, qui nous font croire que la voiture a un problème, alors qu'en fait... c'est un témoignage d'affection, n'est-ce pas. Combien de fois je me suis dit "putain, elle a quoi ma caisse ???", ce qui au final est assez dangereux... d'un on balise d'un coup, de deux, maintenant, je ne m'arrête plus vérifier que tout est ok sur la bagnole, je colle un coup de warning et je fais un signe imagé. Avec un mec en bagnole, plus d'appels de phare. C'est fou ce que la grande communauté virile peut être pleutre parfois : pas devant son mec, des fois que ça tourne mal.
Tiens, je dois avoir gardé une part de naïveté, parce que depuis que je suis revenue dans le sud, je fais plein de trajets sur autoroute toute seule dans ma vieille bagnole, et le coup des appels de phare des camions, j'en prends plein, et j'avions pô compris...
Le sud, justement. Comment dire ? C'est tout un poème, les manifestations goguenardes du machisme ordinaire, et chez mes camarades militants ce n'est pas méchant, ils sont même souvent persuadés que puisqu'ils en rient, ils en sont détachés, mais c'est là et bien là. Et on n'a parfois pas la force de les relever, parce qu'il faudrait encore et encore argumenter, et même avec humour accepter de passer pour la chieuse de service qui ne laisse rien passer, et on en arrive des fois à se détester d'y répondre en souriant d'un air complice, histoire d'avoir la paix.
J'avais déjà relevé ça dans une assoce féministe parisienne, mais depuis que je suis rentrée al païs, c'est vraiment beaucoup plus frappant. C'est qu'on baigne dans une ambiance générale beaucoup plus sexiste (une des excellentes raisons qui m'ont fait quitter le département de sciences politiques de l'université de droit locale... ras-les-ovaires d'être de ce tas de machos suffisants).
valerie : Ben oui c'est difficile. Faudra quand-même que je les monte un jour, mes ateliers non-mixtes femmes "apprendre le BDSM pour savoir (sur)vivre dans ce monde d'hommes"...
Soyez blindées et dominantes, les filles : impossibles à atteindre, sûres de vous, autoritaires face aux cons. Ca marche très bien, parole.
Perso je sais jamais comment réagir non plus dans ce genre de situations... au mieux je trouve comment j'aurais dû réagir idéalement une demi-heure trop tard, alors que bizarrement la réaction minable, je la trouve tout de suite.
Et le plus desespérant c'est que les rares fois où j'arrive à réagir un peu et à passer en mode «hystérique qui crie»,... ben je m'en veux en me disant que le pauvre relou il ne pensait pas vraiment à mal, j'ai peut-être trop réagi, quand même.
Ouais c'est pas gagné /o\
Que j'aimerai qu'elles me fassent des appels de phares, qu'elles me draguent systématiquement....
Pas de coups de phares mais il m'arrive de plus en plus souvent quand je croise le regard d'un automobiliste d'y lire la haine.
@ali: je n'ai pas dit ce que vous dites. Je suis volontairement resté allusif....
Quand une femme me regarde et d'autant plus si elle le fait avec insistance je n'ai jamais eu aucune assurance. Leur plais-je? Ou ma gueule atypique parsemée de cicatrices les intrigue-t-elle? Suis-je fort laid? Ou pense-t-elle à autre chose? Je n'ai jamais abordé de ma vie une fille parce qu'elle me regardait. Quatre ou cinq fois j'ai eu l'audace de signifier à des filles que je les trouvais belle. Je n'insiste pas pour décrocher le numéro. Je me contente de leur sourire. J'espère qu'il est sincère...
GM ; je me souviens d'une étude de Germaine Greer sur les femmes ayant croisé un exhibo; Greer leur avait demandé leurs pensées à ce moment là. c'était "j'ai eu peur de mourir". rationnellement, un homme la bite à l'air est en position de faiblesse. Pourtant les femmes étaient terrorisées.
Je compare un peu la situation vécue par Melle a ceci. face à un paquet d'hommes, il me vient en tête le viol (et c'est ce que dit despentes on te conditionne à avoir la trouille du viol).
et c'est cela - pour moi tout du moins je ne sais ce qu'en pensent les autres - qu'il faut dépasser.
Mlle S. ; le souci, je crois est qu'une majorité d'hommes qui se comportent comme ceux que tu écris, ne voient pas à mal. je suis persuadée a 99% qu'aucun ne se souvient plus de ce moment et serait surpris si on leur disait qu'ils se sont comportés comme des merdes. Donc en effet nos réactions leur semblent tjs étranges, disproportionnées. "bah quoi je blaguais, rholala t'as pas d'humour".
les hommes ne vivent pas ce genre de harcelement continuel sauf à des moments tres ponctuels, et pas sur une vie entière.
Ou ai je lu qu'une femme, pour avoir la paix chez son boucher demandait maintenant deux steacks au lieu d'un, sinon il l'enquiquinait ?
on a donc à agir sur les deux tableaux ; prendre confiance en nous/montrer que "les petites blagues" n'en sont pas.
Isa "Que j'aimerai qu'elles me fassent des appels de phares, qu'elles me draguent systématiquement...."
je crois, et désolée de te dire cela, que tu ne perçois pas bien le problème. Non tu n'aimerais pas, sur une autoroute déserte, que des femmes te klaxonnent, te fassent des appels de phare. non tu n'aimerais pas etre dragué en permanence. ca c'est vraiment, typiquement, une réaction masculine qui
1. minore ce qu'on ressent à être harcelées
2. considère qu'on a bien de la chance de l'être.
valerie: ben je suis pas trop fan de Greer mais quelque part si un mec exhibe son pénis à une nana c'est quand même en général une façon de montrer a) qu'il a du désir et b) qu'il se moque pas mal du consentement de la personne. C'est pas exactement la même chose que quelqu'un qui pisse contre un arbre et prend un air embarassé parce qu'il (ou elle, d'ailleurs) a pas le temps de ranger son engin avant qu'unE passantE l'aperçoive.
Sinon je comprends pas trop pourquoi l'exhibitionniste serait dans une position de faiblesse ? D'accord, ça peut gêner un peu ses mouvements, mais j'ai du mal à croire que ça puisse être un avantage décisif... c'est un peu comme se faire emmerder par un mec bourré, je me dis pas «il est dans une position de faiblesse parce qu'il aura des moins bons réflexes» mais plutôt «il a plus de chance d'être agressif et de pas comprendre un «non»», et je pense pas que ce soit irrationnel.
Après sur le viol je pense qu'il y a effectivement une focalisation sur les viols par des inconnus alors qu'ils sont en fait plutôt l'oeuvre de proches, mais il n'en reste pas moins que quand je rentre seule la nuit j'ai quand même l'impression que la peur que je peux avoir vient quand même d'intentions très clairement exprimées par des mecs.
Isa: c'est marrant, parce que je trouve que les mecs qui jouent les jaloux de pas se faire draguer comme les nanas, en général quand ils se retrouvent dans un milieu où y'a effectivement plein de mecs pour les brancher, ils ont pas l'air de tellement apprécier l'expérience.
Concernant l'exhibition génitale (publique et non-sollicitée j'entends, pas dans un sexclub ou sur un site de cul, hein...) : le côté notoirement illégal de l'acte apporte à beaucoup d'exhibitionnistes une excitation non négligeable, de par son côté transgressif mais aussi de par le risque d'être mis en situation de faiblesse très vite (ça peut être très humiliant de se faire arrêter la bite à l'air devant tout un quartier, voire de se retrouver à vie sur une liste publique de "délinquants sexuels", comme p.ex. aux États-Unis). Cela dit, le côté non-consensuel de l'acte est évidemment une agression inacceptable en toute circonstance, que l'acteur se trouve en situation de faiblesse ou pas.
(Une anecdote véridique : la mère d'une amie de fac à moi est un jour tombée sur un exhibtionniste et à eu la présence d'esprit de lui dire immédiatement "Non merci, j'ai le même à la maison". Le gars à débandé sur-le-champ... Self-control et ne pas avoir peur d'humilier l'agresseur, ça marche bien ça. Ne nous laissons pas gouverner par nos peurs, en aucune circonstance.)
Concernant les mecs qui se plaignent coquettement de ne pas se faire harceler sexuellement par les nanas comme celles-ci se font harceler sexuellement par les mecs, je leur recommande toujours de s'habiller en nana (même pas provocante, je veux dire) et d'aller faire leurs courses ainsi, ne serait-ce qu'une fois. De faire un petit "walk on the Wild Side", quoi. Ça guérit radicalement de ce genre de fantasmes, croyez-moi. (un peu comme l'expérience virtuelle récente de CSP
)
valerie : Je suis bien sûr d'accord. Demandons-nous pourquoi on éduque les femmes à avoir peur de la bite.
Moi aussi j'ai souvent l'impression de répondre comme il n'aurait pas fallu et de partir rouge comme une tomate !
Je viens de lire sur le Rose dans le gris qu'un site se propose de collecter les preuves du machisme de tous les jours :
http://www.sexismeordinaire.com/
Raah lala ... Ce moment pourri où on voit sa dignité volée en éclat sans pouvoir rien faire.
En fait ce que je trouve bizarre dans l'histoire c'est qu'on pense beaucoup aux types qui nous font chier en répondant... Est-ce-que je vais pas passer pour une hystéro ? Enfin bref, non contentes d'être emmerder il faut qu'on culpabilisent parcequ'on a pas d'humour ou qu'on se sent lâches.
Donc autant faire ce qui nous coute le moins sur coup. Je crois qu'il faille s'en vouloir de pas pouvoir se rendre justice soi même. Mais aussi, dans la mesure ou ça nous fout généralement dans un état pas possible je vois pas pourquoi il faudrait s'empêcher de gueuler sous pretexte que le bougre ne pensait pas à mal.
Sinon, l'idée de misère sexuelle me gonfle prodigieusement. Concept à deux balles qu'on brandi pour justifier tout et n'importe quoi et notamment la lourdeur de ces mecs...
@Valérie: je ne minore pas votre agacement ou votre douleur. Mais je persiste, croyez-moi, que j'aimerai être dragué. Vous pouvez croire que je réagis par provocation et en ce cas vous restée murée dans votre propre souffrance et vous n'écoutez pas la mienne, sous prétexte que je suis un homme. Il va falloir vous apprendre à nuancer vos impressions Valérie. Pascal disait "ceux qui disent les mêmes choses ne les possèdent pas de la même manière". Sûrement ce que j'ai dit ne peut pas être perçu par vous de la même façon dont vous percevriez un authentique dragueur par exemple, s'il tenait le même propos. Vous avez des efforts à faire, tout se complique, j'en suis désolé..
Pour ma part j'écoute d'abord la personne de mon interlocuteur après quoi j'écoute ses mots. Sur internet c'est voué à l'échec mais dans la vie courante c'est una attitude sage
@nanaminp: le "concept" vous gonfle sûrement parce que vous ne connaissez peut-être pas la misère sexuelle. C'est une réalité, pas un concept... Je vous l'accorde dans la bouche de Houellebecq c'est un argument de vente qui l'autorise à dire des femmes arabes que ce sont des salopes parce qu'elles ça... Mais dans la bouche de mon ami SG, handicapé, dans celle de F., handicapé également, vos propos seraient ressenties comme un deuxième coup, terrible, après la multitude des échecs et la misère affective et sexuelle qui est la leur.
J'attends des féministes qu'elles fassent comprendre, très sûrement et j'ai particlulièrement apprécié l'article sur les gynecos parce que je méconnaissais le problème. Mais j'attend d'elle également qu'elles écoutent; qu'elles discernent, qu'elles perçoivent, avc plus de nuances.
Stedransky : Va leur en falloir vraiment beaucoup, de la place de stockage sur leur serveur, je crois...
nananimp : Tout à fait. Faut surtout jamais culpabiliser, on n'en tirera de toutes façons aucun bénéfice (bien au contraire). Tant qu'à être méprisées, soyons revêches et même pires que notre réputation. Et tant qu'à faire, faisons-leur peur, pas l'inverse : un opresseur mérite tout au pluls qu'on soit son pire cauchemar devenu chair et os. Pas de pitié, pas de Syndrome de Stockholm, pas de concessions : ils nous cherchent, alors qu'ils nous trouvent.
(oui, je sais qu'on devine mon métier..
mais croyez-moi que ça fonctionne)
Quel est donc ce besoin de passer deux heures à écrire un texte qui raconte une anecdote qui a dû durer dix minutes? La faiblesse du physique se trouverait-elle un palliatif dans la force de l'intellect? Force est de constater que ce texte est brillamment écrit.
J'en conjecture que Mademoiselle S ne doit pas être capable de se défendre seule contre un agresseur masculin potentiel, et cherche à nier ce sentiment d'infériorité physique et de vulnérabilité de tous les instants, qui n'appartient qu'à elle, en lui trouvant une cause supérieure indépendante de sa volonté : la société serait machiste et paternaliste.
Peut-être que la pratique d'un art martial pourrait redonner sa confiance au corps et ainsi calmer l'esprit.
Merci de donner du sens à ce blog avec vos commentaires !
Vous êtes ma lumière. Je voudrais arrêter d'être agressive, je voudrais parvenir à être plus pédago, plus douce... mais ma chétiveté me joue des tours !
Bon. Sérieusement...
@Isa : Je suis navrée hein, mais tu ne comprends pas ce qui s'écrit sur le blog. Quand tu écris que tu aimerais te faire draguer, c'est trash comme intervention dans ce contexte, enfin c'est banal et trash. Le sens qu'on donne à ce mot, dans ce billet et dans les commentaires c'est humiliation, violence etc. Et ton commentaire, c'est ce qu'on entend dans la bouche de n'importe quel mec si on en parle. Et j'ai pas envie d'entendre ça ici.
@Grégoire : Je suppose que c'est de la provo.
Donc comme j'ai plus envie d'entendre ça ici, parce que c'est pas un lieu dans lequel j'ai envie de lire ce que je suis obligée de me coltiner dehors, parce que ça me fait violence, il y a deux solutions, soit vous réfléchissez avant de l'ouvrir, soit je ne publie pas.
ellie ; parce qu'un mec qui a la bite à l'air ou le pantalon sur les chevilles est entravé. il expose une partie de son anatomie fort sensible.
Il suffirait d'un geste pour qu'il s'écroule parce que c'est bien evidemment une agression, comme le dit GM.
Mais on nous a conditionné à voir le pénis comme une arme (voir les miliards de métaphores sur le sabre, le coté tranchant etc).
"mais il n'en reste pas moins que quand je rentre seule la nuit j'ai quand même l'impression que la peur que je peux avoir vient quand même d'intentions très clairement exprimées par des mecs."
ah mais evidemment.
sauf quon sait par exemple qu'il y a beaucoup plus d'agressions physiques (non sexuelles) et de meurtres d'hommes par des hommes dans la rue. Donc a priori, un homme risque plus qu'une femme. pourtant c'est nous qui avons été éduquées à avoir peur du loup.
attention car je ne veux pas donner l'impression de minimiser de quelque façon que ce soit les violences faites au femmes. elles existent bien évidemment ! je cherche juste à analyser ce qui fait que, face à des situations comme celles que nous avons toutes décrites, nous sommes parfois paralysées, apeurées etc.
Non mais tu as raison. On a bien intériorisé que la rue n'est pas à nous, surtout à certaines heures. Y être reste une petite transgression donc quand ça tombe, c'est un peu comme si c'était dans l'ordre des choses, et quand ça ne tombe pas, c'est que ça aurait pu tomber.
En parlant d'exhibitionniste, je suis tombée une fois sur un mec pas net du tout, dans un quartier un peu sinistre et de nuit. J'ignore ce que ça a déclenché, mais absolument pas la peur, sur le coup, mais l'énervement le plus total. J'ai jamais été bloquée pour cogner et je suivais des cours avec un prof très bien qui nous apprenait à savoir faire mal rapidement. Je suppose que ça donne confiance... En tous cas, je me suis retournée, et je me suis avancée vers lui en lui hurlant de se tirer, que j'allais lui en coller une sinon. le mec est resté scié, il est parti rapidement. je suis rentrée chez mon copain de l'époque et c'est là que la peur est arrivée, d'un coup. Tremblements etc. Mon ex m'a dit que j'étais folle d'avoir fait ça, que j'aurais pu l'énerver, que j'aurais dû l'appeler sur son portable, que de toutes façons à partir de maintenant, il ne fallait plus que je me retrouve sans lui dans cette rue, ni dans une autre etc. Évidemment, j'ai pas arrêté de sortir de nuit, dans cette rue ou une autre, mais j'avais le sentiment que je prenais un risque exprès.
@Isa > Pour en finir avec tes désirs, ou plutôt, fantasmes de drague (et avec cette formule : "vous avez des efforts à faire, tout se complique")
La peur d'avoir un truc pété sur ta bagnole, parce qu'un gugusse a décidé de jouer avec ses phares (sans même que ça puisse déboucher, d'ailleurs, sur une intéraction "réelle"), t'en veux aussi ?
Et l'insistance, l'envahissement, 1/4h durant (et même plus), d'un ou plusieurs qui t'expliquent qu'ils devraient t'intéresser, te font répéter 30 fois que, non, tu ne veux pas passer la soirée avec, qu'ils ne t'attirent pas, qu'ils rentrent chez eux, et toi, chez toi...
Sans compter celui qui, quand il te demande (après 5mn de quasi monologue) si tu l'importunes, ne comprend qu'au bout de trois fois que la réponse est oui, et se répand alors en déclarations passionnées, du type "reste à ta place" ; "tu peux toujours l'attendre, ton bus, de toute façon tu l'auras jamais..."
Le tout sur une ligne prise, en général, plusieurs fois par semaine, et où je me sens "chez moi".
Dans ce cas précis, pour respecter l'authenticité du détail : c'est le pote du mec qui me trouvait très belle mademoiselle et se demandait ce que je faisais à l'arrêt de bus qui tenait ses propos ; la victime de ma sexytude s'est contentée de répéter que j'étais très-vachement-méchante. Mais un certains nombres deviennent agressifs quand on refuse clairement d'intéragir.
Ca ne remédie en aucun cas à la "misère sexuelle", au passage : même si j'étais + hétéro, ils inspirent autant la confiance qu'une ogive nucléaire, ces types... Pour eux comme pour les emmerdées, ça sent la bredouille à plein nez.
@ Gregoire > l'agresseur potentiel, masculin ou pas, personne n'est sûr de pouvoir s'en défendre... Et il n'est pas toujours, ni même souvent seul, ce serait trop simple.
J'aimerais autant qu'on ne tourne pas en rond sur ces interventions, on sait ce que ça donne. En extraire ce qu'elles ont d'exemplaire, et en parler, pas de soucis, mais il serait pas mal de ne pas personnaliser les réponses, parce que sinon, il y aura le droit de réponse, et ainsi de suite. En fin de compte, ce qui est intéressant n'est pas là, non ?
connotation-jouissance/connotation-souffrance... On ne pourra pas causer sur ces bases.
Mlle S. ; ce qui est "marrant" c'est que, si je sens une intention sexuelle quelconque, je vais avoir tendance à paniquer.
en revanche si c'est pour un vol par exemple ou une agression lambda du tout.
quand un mec a tenté de m'arracher mon sac, je lui ai balancé mon coude ds le plexus (bon apparemment j'ai pas fait ca bien).
Pareil avec un bonehead qui avait insulté une copine, j'y suis allée alors que je ne faisais pas le poids.
Mais le gars qui va me faire des réflexions basées cul, ou comme ce que tu décris, là j'aurais du mal et serais paralysée.
il se joue en + qq chose de différente selon que tu es un mec ou une fille agressée.
si une bande de mecs agresse un autre mec, ca peut evidemment mal se terminer.
s'ils agressent une fille et qu'elle réplique, il peut se jouer quelque chose comme "je dois pas me laisser faire par une femme devant les copains".
La fois où j'ai répliqué, je me sentais tout à fait capable de cogner et légitime à le faire, je me souviens que les entraînements m'avaient rassurés sur ma capacité à taper fort et assez juste. Ceci dit, je ne me suis pas retrouvée en situation d'avoir à le faire réellement. Enfin, si une fois, mais j'ai pas tapé trop fort, je me suis juste dégagée très sèchement de l'accolade cradingue d'un mec qui voulait m'embrasser pour s'octroyer une récompense : il m'avait prêté une carte routière pour que je retrouve mon chemin. ça me dégoute rien que d'y penser, j'avais oublié.
Mais dans le cas de drague décrite dans le billet, je me suis sentie dans l'incapacité de répondre, parce que l'agression n'était pas frontale, ni même perçue comme telle par le mec. Enfin, je ne pense pas. Je n'ai pas réussi à identifier la réponse adéquate en fait, je me suis sentie dépossédée de moi. Regardée, parlée.
Mlle S : "je me suis sentie dépossédée de moi. Regardée, parlée." Oui, on n'apprend pas aux femmes, et ce n'est pas un hasard, à rester en possession de leur image. Ou plutôt, à n'en avoir rien à foutre du regard qu'on pose sur elles.
(et je veux bien vous donner des cours dans cette matière, de transgenre à cisgenre
)
"parce que l'agression n'était pas frontale, ni même perçue comme telle par le mec. Enfin, je ne pense pas. Je n'ai pas réussi à identifier la réponse adéquate en fait, je me suis sentie dépossédée de moi."
exactement. dans l'esprit de ces mecs, c'est de la blague, de la gaudriole. c'est ce genre de choses les + difficile à faire comprendre en fait. qu'on est en n'importe situation - meme dans une dechetterie - sexualisée, vue comme une femme potentiellement dragable.
«Mais on nous a conditionné à voir le pénis comme une arme (voir les miliards de métaphores sur le sabre, le coté tranchant etc).»
Ben je sais pas, moi je verrais aussi ça comme pas d'habitude et une certaine peur de la confrontation physique (qui est effectivement culturelle et conditionnée) ; parce que bon c'est bien gentil de dire qu'il a une partie vulnérable de son corps exposé, enfin je trouve qu'il faut déjà savoir se défendre un peu pour l'exploiter.
«sauf quon sait par exemple qu'il y a beaucoup plus d'agressions physiques (non sexuelles) et de meurtres d'hommes par des hommes dans la rue. Donc a priori, un homme risque plus qu'une femme. pourtant c'est nous qui avons été éduquées à avoir peur du loup.»
Ben j'ai l'impression que les agressions entre mecs dans la rue c'est plus «on cherche la bagarre» alors que les agressions sur des nanas, même uniquement verbales, consistent à rappeler qui domine. Mais je pense que ça fait aussi partie de «l'éducation» pour qu'on ait peur du loup, effectivement.
Je me demande si les agressions verbales sur les nanas par des hommes ne sont pas considérées comme moins sérieuses. C'est "juste" des "petits" rappels à l'ordre. C'est peut-être là qu'est la difficulté, justement, que ça ne soit pas considéré comme une agression, que le côté sérieux ne soit pas visible. Il y a un livre sorti il n'y a pas longtemps d'ailleurs, c'est pas mal, c'est "Genre, violence et espace public" de M. Lieber me semble-t-il.
Elle a fait une série d'articles sur le sujet :
-Lieber Marylène " Quand des faits ’anodins’ se font menace : à propos du harcèlement ordinaire dans les espaces publics " in Jaspard M., Chetcuti N., Violences envers les femmes : trois pas en avant, deux pas en arrière !’. Réflexions autours d’une enquête, Paris, L’Harmattan (A paraître en 2006).
- Lieber Marylène " Les peurs dans l’espace public, l’apport d’une réflexion sur le genre des violences " in Gleyze E., Peurs et risques contemporains. Une approche pluridisciplinaire, Paris, L’Harmattan, 2006.
- (avec Cattelain C., Saillard C., Ngugen S.), " Une nouvelle forme migratoire chinoise en France : les déclassés du Nord ", Revue européenne des migrations internationales, vol. 21, no 3, 2006.
- (avec Condon S. et Maillochon F.), " Insécurité dans les espaces publics : comprendre les peurs féminines ", Revue française de sociologie, vol. 46, no 2, 2005, pp. 35-64. résumé
- "La double invisibilité des violences faites aux femmes dans les contrats locaux de sécurité français". Les cahiers du genre. "La violence, les mots, le corps", n°35, 2003, pp.71-94 résumé
- " Femmes, violences et espace public : une réflexion sur les politiques de sécurité ". Lien social et politiques : Le genre des politiques publiques, no 47, 2002.
- " Le sentiment d’insécurité des femmes dans l’espace public : une entrave à la citoyenneté ? ", Nouvelles Questions féministes, vol. 21, n° 1, 2002.
l'article sur la forme migratoire chinoise n'a rien à voir avec la choucroute évidemment. :D
Ellie : "c'est bien gentil de dire qu'il a une partie vulnérable de son corps exposé, enfin je trouve qu'il faut déjà savoir se défendre un peu pour l'exploiter" Tout le monde sait qu'un coup de pied ou de genou dans les couilles fait horriblement mal et désarme instantanément. Le problème est de passer à l'acte : on n'éduque pas les femmes à cogner, et encore moins dans le génital. C'est encore une inhibition culturelle à surpasser, et ça s'apprend.
Concernant les agressions entre mecs et leur fréquence : 1) dans la rue la nuit ya pratiquement que des mecs (toute nana se baladant la nuit est automatiquement supposée être une pute et traitée en tant que telle) ; 2) la plupart du temps leurs disputes tournent autour d'une nana ou contre un supposé "pédé" ou un "pas-blanc", parfois ya aussi des histoires de fric/business/deal en jeu ; 3) quasi toujours l'alcoolémie et/ou la défonce y est importante. Ça explique pas mal de choses non-dites à cette statistique.
A propos du sujet "les femmes et la nuit", ceci vous intéressera : http://dl.free.fr/t0ziHoET5 (383 méga-octets). On l'a utilisé dans un atelier à Strasbourg en 2006, et vous pouvez en faire autant.
Pour mon unique cas Ellie, autant je suis et ai déjà mis un coup de poing de tête etc dans des situations de vol ou d'agression non sexuée, autant je serais proprement incapable - et ca m'ait arrivé - de mettre un coup de pied dans les couilles d'un exhibo. j'aurais "peur de lui faire mal" (pauvre chou). et j'aurais aussi sans doute peur de toucher ne serait ce qu'avec le genou son sexe.
"Ben j'ai l'impression que les agressions entre mecs dans la rue c'est plus «on cherche la bagarre» alors que les agressions sur des nanas, même uniquement verbales, consistent à rappeler qui domine."
absolument. mais si tu regardes les stats sur la criminalité, tu constates que les meurtres dans la rue, concernent essentiellement les hommes. et personne ne dit jamais à un petit garcon "ne sors pas tu vas te faire tuer" alors qu'une fille a droit au "rentre pas trop tard", "ne rentre pas seule".
mais tout à fait d'accord avec toi, les prises à partie dans la rue surtout la nuit est une manière claire de te faire comprendre que ca n'est pas ta place.
ne serait ce que le banal "vous êtes toutes seules ?" à un groupe de filles qui se baladent.
@Isa : Ce que je voulais dire avec "le concept de misère sexuelle me gonfle" c'est qu'on l'applique à des trucs stupides. Evidemment que s'intéresser aux besoins sexuels des handicapés ou de ceux qui sont véritablement privé de sexualité est honorable. Mais expliquer que les mecs sont lourd (ou pire) parcequ'ils vivent dans la misère sexuelle, c'est faible (c'est les propos de CSP qui m'ont fait réagir)... Je trouve qu'il ne faut pas confondre véritable privation et frustration mal gérée.
Je rentre bien tard de pénibles travaux agricoles. Pardonnez à l'avance mes fautes de syntaxes et une forme contrariée de lourdeurs et d'approximations.
@Arrakis: Oui je l'admets et sans peine. J'admets sans peine que vous ne vous sentez sûrement pas à votre aise. Le coup des phares m’est arrivé quelquefois pour me prévenir d’une présence policière qui n’était pas là ou par pure perversion pour me faire accroire qu’il y avait un souci à ma voiture et je suis un homme… Votre identité de femmes est mise à mal dans ces cas là je l’entends. Mais mon cas et celui de beaucoup d’autres victimes de ces « farceurs » n’est pas pour autant anodin. Nous sommes les « pauvres cons » dont on se paye la tête. Voilà l’identité qu’ils nous donnent. Il se peut aussi que ma misérable voiture suscite leur mépris. Je n’entends sûrement pas pratiquer la concurrence des souffrances sans quoi je ne viendrai pas sur ce site.
@Mademoiselle S.: libre à toi de ne pas tenir compte du très remarquable propos de Pascal. Je sais qu'il est difficile de discerner mais c'est également une attitude liberticide de vouloir bannir à jamais, dans la bouche de tous les hommes, sans discernements, ce que j’ai dit. Tu n’as pu entendre le ton sur lequel j’aurai prononcé ces mots et crois-moi j’avais l’intention d’ajouter à ton dépit, le mien et celui de SG et F. Je cherche S.. Oui je cherche non pas l’attitude congruente parce que j’ai pensé, naïvement, que vous auriez pu comprendre la tonalité de mon intervention. Je cherche plutôt à extraire une voie vitale de ce drame qui compte aux deux extrêmes des femmes harcelées et souffrantes et des hommes affectivement miséreux et souffrants qui n’ont vis-à-vis de vous autres ces lourdeurs qui vous perturbent tant. Comment faire pour nous joindre ? Je ne demande évidemment pas que des femmes se donnent aux « miséreux », je serai le premier à répugner qu’on m’ouvre sa couche par pitié. Je cherche une lutte commune et le moyen de la dire.
P.S../ Bien dramatiquement j’ai noté que SG gênait quelques femmes sinon beaucoup à cause de son handicap et il peut aussi bien le ressentir que se tromper…. Quand à F. il est effectivement collant mais, grandeur des femmes, elles lui répondent invariablement avec le sourire.
Pourquoi nier qu’il existe de toutes façons des situations dramatiques, pour l’heure inextricables ? Pour faire valoir son unique souffrance ? J’ai cédé pour ma part, outre mesure à mon sens à ce travers et aujourd’hui je le regrette.
Je ne goûte pas à la provocation de Grégoire. Mais elle si grossière qu’il n’est sûrement pas si méchant. A vous de l’estimer ?
@namamip: La peur des femmes je peux aisément la comprendre mais de ma propre expérience je la trouve plutôt parfois délirante et c'est également une excellente excuse pour se débarasser d'un "importun"
Je me suis régalé.
en général dans les cas de "t'es mignonne" je souris, voire je dis merci. ou bien je fais une grimace. ça dépend. dans le même genre que la grimace je connais des filles qui se curent le nez ou qui rotent quand on leur dit qu'elles sont belles.
quand le mec s'accroche, veut discuter, veut mon numéro, je réponds pas, je le fixe, droit dans les yeux et je lui fais un grand sourire sardonique et j'attends qu'il arrête. ça les désarme. après deux ou trois "t'as perdu ta langue ?" "pourquoi tu parles pas ?" ils finissent par partir.
par contre parfois je m'énerve.
une fois je marchais dans le métro, et je me suis fait agresser : le mec passe dans le sens inverse, et en arrivant à ma hauteur il tend la main et me chope les seins, puis il continue à marcher comme si de rien n'était. la lâcheté absolue, j'ai pas le temps de réagir, je suis interloquée, le mec est déjà hors d'atteinte dans la foule de l'heure de pointe. je gamberge pendant dix minutes, en me demandant ce que j'aurais du faire, ce que j'aurais du dire.
moins d'une heure après, dans un autre couloir d'une autre ligne, la même chose, un autre mec. il a du tendre la main vers ma chatte, celui-là.
j'ai pas trop compris pourquoi deux fois ce jour-là, alors que ça m'était jamais arrivé avant. j'étais habillée comme une pute, mais bon, je suis souvent habillée comme une pute. peut-être que là j'étais habillée comme une pute de luxe, moins accessible, il fallait me rappeler que je leur appartiens à tous ? mais le deuxième avait la malchance d'être le deuxième. j'étais moins interloquée, et plus énervée. j'ai fait demi-tour sur mes talons de 12 centimètres et j'ai sprinté, je l'ai poursuivi en hurlant "connard, qu'est-ce qui te fait croire que t'as le droit de me toucher ?". évidemment ça lui a pas fait peur, il riait, mais j'ai quand même réussi à le faire courir.
un autre truc qui m'énerve grave, c'est les mecs qui m'abordent ou me parlent pendant que je suis au téléphone.
un mec m'apelle en me disant "jolie !" je suis au téléphone, je réponds pas, il crie "tu dis pas merci ?" je hurle "non je dis pas merci, tu vois pas que je suis occupée ?"
une autre fois, je suis au téléphone en train de descendre dans la bouche de métro, un mec s'approche de moi et marche à côté de moi, il semble attendre que je raccroche, je l'ignore, il continue à me suivre, je lui décoche un regard énervé, il s'obstine. je raccroche, il commence à me demander mon numéro et me dire que je suis charmante. je lui dis que j'ai pas envie de parler avec lui et que j'aimerais qu'il dégage, il me dit "vous êtes méchante", je réponds "si maintenant tu trouve que je suis méchante, t'as encore rien vu, dégage jte dis", il continue à m'embrouiller, il est horriblement insistant, je finis par m'éloigner de lui en criant qu'il me soule, qu'à cause de lui je suis obligée de partir de là où j'étais alors que c'est lui qui aurait dû partir.
sinon récemment un truc rigolo :
je suis aux Etats-Unis, je marche dans la rue pour aller à l'épicerie. devant l'épicerie y a une bande d'une dizaine de mecs, je suis habillée comme une pute, ils sifflent et font des commentaires à mon passage. l'un d'entre eux dit "are you a flower or a butterfly ?" je fais un sourire de Fâme, le sourire timide et charmeur et flatté, en regardant mes pieds et en battant des cils, puis je rentre dans l'épicerie. j'y allais pour acheter des serviettes hygiéniques, des maxi-plus-ultra, je décide de pas demander de sac plastique et je sors en tenant le paquet Always à la main, bien en évidence. ça les a fait débander. moi je jubilais.
I. :
Je ne change jamais de place quand on m'emmerde, je ne recule jamais, je ne cède jamais, bien au contraire (parfois je me rapproche même pour demander des comptes, ce qui leur fait en général bien peur
). Je leur fais piger que, comme chez un animal, là où je me trouve c'est _mon_ territoire, pas le leur, et que s'ils ne se cassent pas dare-dare de là je vais le leur faire comprendre de force. Il paraît que ça fait très mec comme réflexion et démarche
(Diane Torr l'explique d'ailleurs très bien dans le film "Venus Boyz"), mais je n'en ai rien foutre des comportement genrés, et ça marche fort bien.
Par aillleurs, quand on me drague de façon non-sollicitée et particulièrement insistante, je réponds souvent "chuis trop chère pour toi". C'est très blessant et pas dans mes armes quotidiennes (car ça impose un rapport matériel et de classe que je combats dans mes luttes sociales et politiques), mais fallait pas m'imposer le même rapport à l'inverse pour commencer, hein...
Conseil de lecture (mais peut être connaissez vous déjà) :
"Non, c’est non (Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire)" d’Irene Zeilinger (Zones, 2008)
présentation : http://lmsi.net/spip.php?article862
"Tous les mêmes" répond le plus directement à "toutes les mêmes"... Un petit pas pour les femmes un grand pas pour l'humanité....
@Sabry :
http://www.entrailles.fr/index.php?post/2008/07/20/Non-c-est-toujours-non
" et je sors en tenant le paquet Always à la main, bien en évidence"
I. ; là j'ai eu un fou rire. :o)
D'ailleurs, le coup du paquet d'Always ou similaire ne marche pas toujours : une jeune nana que je connais a dit franchement "J'ai mes règles" à un dragueur insistant et a entendu en réponse "Alors tu suces ?"... (et il y a aussi la variante "Alors je peux retenter ma chance dans quelques jours ?") Vaut mieux ne pas leur laisser le moindre espoir dès la première réponse.
Sabry :
Dans l'ordre d'idée du principe "non c'est non", des copines anarcha-féministes locales ont pondu (ou trouvé dans leurs réseaux, je ne sais pas) une affichette qui illustre divers comportements de femmes qui signifient "non" (dans le sens de "je ne veux pas coucher avec toi").
Autant je trouve très bien ce genre d'initiative pédagogique, autant je me suis dit plus d'une fois en la voyant que s'il y a X façons de signifier "non" (ce qui dément d'ailleurs l'apparent univoque du "non c'est non"), il y a aussi X façons de signifier "oui". Et qu'il serait à mon avis tout aussi important de les enseigner. J'imagine l'homme qui lit cette affiche et qui se dit "Mais quand est-ce qu'elles veulent donc dire oui ?"... et qui s'en trouve probablement plus ou mois privé de moyens, n'osant plus rien demander ni faire en l'absence d'un "oui" explicite.
Et je constate la même lacune sur http://lmsi.net/spip.php?article862 dans le chaptire "Parlez-vous féminin ?"
Donc : expliquer ce qui signifie "non" c'est bien. Mais suggérer, ne serait-ce que par omission, que seul un "oui" très explicite signifie "oui" est erroné et risqué. Il faut éduquer dans les deux côtés sémiotiques du paradigme.
Tout ceci vaut d'ailleurs à mon avis pour tous les genres, le consentement devant être le même pour tout le monde. (Donc non, je ne fais aucune allusion à une quelconque misère sexuelle masculine
Misères pour soigner lesquelles il existe d'ailleurs des professionnelLEs qualifiéEs...)
En effet. Le sexisme c'est pas classe, on en a (hélas encore) la preuve tous les jours.
Si je puis me permettre... le "racisme ordinaire anti-vieux", c'est pas classe non plus.
Et je trouve très très dommage de commencer cet intéressant article par un mot d'intolérance envers les retraités (lesquels ? quel label ? quelle étiquette unique et réductrice leur collez-vous ? à partir de combien de cheveux blancs, combien de clignos loupés, ou je ne sais encore quel critère arbitraire, les mettez-vous dans une jolie petite case "retraité qui me fait chier", mmh ? etc).
Donc le sexisme, *d'où qu'il vienne* (donc y compris des gars de gauche, anars, tout ça tout ça, ok on est d'accord), c'est une forme de racisme inacceptable. Comme toutes les formes de racisme et d'intolérance. Et visiblement personne n'est à l'abri de ce genre de dérapage...
Pardon de faire fausse note, mais je suis vraiment soulée de voir l'ampleur du phénomène concernant les personnes âgées. Je devrais peut-être me taire, mais vous savez (oh oui) ce que c'est, hein
Les stéréotypes sur les femmes ont encore de l'avenir.
L'autre jour, un voisin frappe chez nous, mon mari, en train de passer l'aspirateur lui ouvre. Moi je sors du bureau, et le voisin m'accueille par un "Je te réveille ?". Oui, parce que pour un homme passe l'aspirateur chez lui, il faudrait que vraiment madame ne soit pas disponible sinon évidemment c'est elle qui le ferait, non ?
Bonjour.
Situation ordinaire.
Proportionnellement les cons sont plus nombreux, donc plus de chances de tomber sur l'un d'eux. Proportionnellement, les êtres humains des deux sexes ont plus de chances de se comporter comme des cons quand ils sont en groupe. Ceci étant, il n'est pas possible d'en faire une généralité. Il fut un temps pas si lointain où une femme seule dans une déchetterie se serait faîte violée et en plus on lui aurait dit qu'elle l'avait bien cherché.
Il y a des jours où on se retrouve dépouillé de sa maîtrise de soi parce qu'on n'a pas senti et anticipé une situation à risques, qu'on n'est pas en forme ou alors préoccupé et on se retrouve prêt de la tannière d'un prédateur ou d'une fraterie d'abrutis. Il n'y a alors rien à faire à part se tirer de là en ravalant sa fierté, et ça qu'on soit un homme ou une femme.
Je constate chaque jour que parmi les êtres des deux sexes, nombreux sont ceux qui sont passés au travers de notions comme libertés individuelles, respect d'autrui, combat des femmes pour leurs libertés, combats des humains pour leurs libertés, etc...
Dans un monde sur-informé et fortement urbanisé, c'est une chose étrange à constater.
Mais c'est un fait, les idées sont plus rapides que les cerveaux susceptibles de les recevoir.
Donc en attendant que les cons voient leurs gènes dilués dans le pot commun des mélanges humains, le monde reste un endroit dangereux où on ne peut pas compter sur l'intelligence des autres pour garder intacte son intégrités physique et morale. L'été surtout ^^
Cordialement,
Patrick
Votre article est d'autant plus drôle que la réaction de votre ami est pathétique, pathologique, révélatrice, détestable. Enfin, ravi de voir que malgré tout, votre corps frétille encore ; preuve en est qu'il sait moquer les vieux dans l'esprit de tolérance et d'humour qui est le vôtre.
Pour ma part je trouve votre combat honorable ; il faut plus de femmes en entreprise, dans les directions, dans les politicailleries, bref là où on les voit autrement qu'en ménagères sexuellement copulables ou artistes sexuellement inabordables.
A bientôt mes trop chères et peu tendres côtelettes d'Adam.
Violente tempête dans un verre d'eau (forum).
Demandez aux femmes, aux enfants, et aux hommes, en Irak, donnés en pâture aux instincts sexuels bestiaux de leurs geôliers tortionnaires ce qu'ils pensent de vos histoires à 2 balles.
Ne pas oublier non plus que le sexe est bipolaire et que TOUTE l'Histoire humaine gravite autour. Car POUVOIR = sexe et argent.
Le rôle des femmes dans la société ne s'est pas toujours contenté du rôle de la gentille fifille ou de la soubrette de comédie. Le sexe prime depuis les origines !
Beaucoup en ont profité pour influencer le monde politique non ? Et ce ne serait plus le cas aujourd'hui depuis la "révolution féminine" ? Ben tient !
Le vrai problème sexuel contemporain c'est d'un côté la permissivité d'un étalage médiatique quasi pornographique qui pousse à la consommation (il y en a partout, des journaux à la télé), et de l'autre la répression contre la frustration (c'est vous qui en parlé à raison ?).
C'est comme demander à un crève la faim de ne pas dérober de la nourriture à portée de main.
La solution ne passerait-elle pas par une véritable éducation parentale et nationale (les vrais frustrés et complexés)?
Souvenez-vous de Larry Flint (créateur de playboy) qui opposait à ses violents détracteurs des images de sexe et de guerre en leur demandant ce qui leur semblait le plus naturel. Que répondre à ça ?
Dès la scolarité, puisque l'on constate que ces dérives précités agissent de plus en plus tôt.
Tout le monde connait le comportement des jeunes à l'école non ? Du string à 13 ans à la banalisation du X,
comment voulez-vous dans ces conditions de banalisation des choses de la vie ne pas être dépassé par les évènement ?
C'est comme mettre la charrue devant les boeufs.
En vérité c'est la société déglinguée qui nous rend malade, et malheureusement ça marche à donf !
Rentrer ses griffes et sortir ses neurones ? Telle est la question...
Je suis assez vieille maintenant pour que ça me fasse rire, ce genre de choses. Mais je reconnais que c'est (sûrement) parce que c'est devenu assez rare pour paraître tout à fait incongru.
Il m'est pourtant arrivé de me faire appeler "poulette" (à plus de soixante ans!), ou d'entendre un passant prétendre que l'ouverture de ma jupe lui faisait des émotions trop fortes.
Je me marre, et je me souviens de la Lulu, une ouvrière fort bien conservée, ma foi, avec une chevelure magnifique, dont la légende disait qu'elle n'avait pas hésité à envoyer une pièce en fonte au ras des orteils d'un mec qui la faisait chier. Draguée par un jeunot: "Mais, petit trou du cul, tu vois pas que je pourrais être ta grand mère?"
Ah, le piqueur! fameux argument que j'adore, "pense à tous
ceuxcelles qui sont bien plus malheureuses que toi".Mon enfance me revient: "Mange ta soupe, pense aux petits négrillons qui seraient bien heureux d'en avoir une assiette".
Mais, nigaud, ya TOUJOURS plus malheureux que soi. Jusqu'à la tombe. Faut être mort, pour avoir enfin le droit de se plaindre. Ce serait d'ailleurs un beau film d'épouvante, tous ces morts de faim, de froid, du sida, du palu, qui viendraient en procession jouir du droit de parole qu'on leur a refusé de leur vivant.
Et l'autre argument, que j'aime bien aussi: "Plutôt que de faire ça, il vaudrait mieux faire autre chose". Comme si l'un empêchait l'autre, comme si on pouvait pas à la fois s'agacer du harcèlement ET (essayer d')éduquer les enfants (les jeunes, les vieux, les mecs dans la force de l'âge, les femmes et j'en oublie, vaste programme)
Une bonne proposition de réplique au lourdingue "madame ou mademoiselle ?" :
http://nadiageerts.over-blog.com/ar...
Sinon, je suis d'accord avec la remarque de Fabienne (51). Quoique je me demande si ton premier paragraphe n'était pas un clin d'oeil, au second degré, aux clichés sur les femmes en voiture ?
J'en profite pour copier/coller un commentaire intéressant du site mis en lien ci-dessus :
Heureusement qu'on a le piqueur pour montrer qu'on a raison de nous battre...
@cultive ton jardin : "petits négrillons" : tu serais pas la fille d'un ministre ?
Il est possible d'extraire d'un commentaire des propos ou arguments permettant de faire avancer le débat, en revanche, les invectives personnelles ou injures ne seront pas publiées.
ce que tu dis GM me rappelle une histoire. je me faisais virtuellement draguer par un type à qui je n'arrivais pas à dire "non" (j'avais peur de le blesser...). Je lui dis donc que j'ai un copain (ce qui était vrai) pensant que ca clorait le débat. raté.
j'en parle à des copains hommes qui me disent, que, pour eux, ce type de "non" veut juste dire "insiste un peu et ca sera bon". le "non" qui me semblait clair ne l'était donc pas du tout...
le piqueur : l'intéret du féminisme est justement de dégager des convergences entre des situations apparemment très différentes. Tu parles de viols de guerre. le viol en temps de guerre est souvent une manière d'humilier l'ennemi, de dire "ta femme je te la prends". Or, qu'est ce qu'on constate dans le texte de Melle. qu'une femme seule est considérée comme disponible donc sujette aux blagues sexuelles. sans jamais dire que les situations sont comparables, il y a des points de convergence évidents.
l'argument "c'est pire ailleurs" ne fonctionne pas. je peux te dire qu'il est moins grave d'être violée que d'avoir été massacré au darfour. ca change quoi que ce soient pour les victimes irakiennes ?
"C'est comme demander à un crève la faim de ne pas dérober de la nourriture à portée de main."
ceci vaudrait si le viol, par exemple, etait un phénomène récent et qu'on en constatait une augmentation depuis l'apparition du porno. de plus tu confonds sexe et viol. la vision intensive de porno peut peut être pousser à avoir beaucoup de relations sexuelles (j'en doute mais bon). je ne vois pas en quoi le porno pousserait à violer.
quand tu vois un film sur des personnes fortunées, tu vas voler des gens toi ? quand tu vois un film sur des meurtres en série tu vas tuer ?
Bravo !
très belle histoire, enfin je veux dire édifiante et bien contée.
J'ose espérer toutefois que vous ne pensez pas que tous les hommes sont semblables à ces trois-là, et qu'en déchèterie ou ailleurs il vous arrive d'en croiser de plus fréquentables.
Albaran : Il est pour ma part hors de question que j'adapte mon discours à l'incompréhension agressive des autres. Faire ça est leur concéder un pouvoir sur moi. S'ils ne comprennent pas mon "non" (et crois-moi qu'il est très explicite), eh bien qu'ils l'apprennent, c'est leur problème, pas le mien. Et s'il y a impossiblité de communiquer, comme la décrit Christiane Rochefort ( http://www.entrailles.fr/index.php?... ), eh bien je sors le couteau, toujours selon Rochefort. Notre silence ne nous protègera pas (selon Audre Lorde), et nos concessions non plus. Le respect nous est dû, point. Ce n'est pas à nous de faire des concessions là-dessus..
valerie : Je crois que dans tout le débat autour du "non c'est non" on oublie qu'on est très souvent dans une situation d'incommunicabilité à la Rochefort.
sam : On sait bien sûr que tous les hommes ne sont pas comme ça. Mais ça ne change rien à notre vécu inviduel et collectif, ni aux problèmes qu'il pose...
Mademoiselle S
votre texte eset tout à fait descriptif des moeurs que l'on impose par l'éducation aux hommes.
Tous les hommes n'intègrent pas ces schémas mais ceux qui ne les intègrent pas sont très rares : et la "punition" qu'ils endurent est le mépris des autres hommes autant que celui de la plus part des femmes.
Par ailleurs, ce que vous décrivez de la lecture du regard machiste à l'égard du corps d'autrui dans quelque situation que ce soi est aussi vécu par les hommes.
Il se trouve que je fais parti des hommes que les femmes qu'il a croisées avec des intentions affectives de son côté depuis toujours lui ont reproché précisément, et parfois avec un discours forts d'éléments psychologisants et documentés, son manque d'intégration culturelle et sexuelle masculine.
Mais pire encore, je suis chômeur depuis huit ans. et dans toute situation d'entretien je lis dans le regard de l'autre, homme ou femme, exactement ce que vous ressentez de la lecture du regard de ses pauvres types : une vérification hiérarchisantes de l'incorporation dans mes gestes et sur mon corps des schémas de respectabilité virile : Et ça m'est insupportable.
Moi aussi je garde le sourire qui je pense est une défense pour retrouver une force alors que je me sens profondément humilié.
L'histoire de l'alliance et de la question de savoir si l'on est marié masquant la question perverse de savoir si l'on est un rival en puissance, une ouverture de conquête possible, ou une bonne reproduction du modèle patriarcal voulant qu'après un certain âge il FAUT avoir fait des enfants et être en relation avec une personne de l'autre sexe, cette histoire je l'ai vécu dans bien des situations et dans toute situation d'entretien d'embauche : résultat je suis sois rejeté du groupe auquel je tente de m'intégrer, ou je ne suis pas embauché. car je suis probablement très mauvais acteur et le mensonge ne m'a jamais réussi. Alors je dis clairement que non je ne suis pas en relation et que donc je suis disponible et mobile, que je n'ai jamais eu d'enfants et que donc libre de toute responsabilité administrative familiale, donc encore plus délocalisable, et que non je n'ai jamais eu de femme, et que donc je ne suis pas une rivalité... mais pas une possible conquête non plus.
Un amie très connue dans le milieu du net politique d'extrème gauche m'a même conseillé de mettre séparé deux enfants sur mes cv... j'y arrive pas !
Un homme qui n'est pas un homme comme vous le décrivez est moins qu'une femme dans ce système. car il est une négation totale de l'universalité de la virilité.
alors, comme çà, mademoiselle se plaint du sexisme, mais elle trouve normal de faire du racisme envers les retraités.Sachez que je conduis depuis 36 ans sans accident par ma faute , et que ce qui m'énerve le plus, ce sont les minettes qui se trémoussent sur leur siège pour voir si on les regarde, et qui se remettent du rouge à lèvres au feu rouge en oubliant de démarer et retardent tout le monde. D'autre part, je n'ai jamais eu besoins d'un mec pour vider mon coffre, quand on veut être indépendante, on en subit les conséquences.
à disséquer comme vous pourrez, je me refuse à faire une analyse, j'ai pas le temps, chuis femme au foyer, je bosse, moi, hein. ;-P
Jeune j'étais belle. draguée tous les dix mètres en moyenne, harcelée beaucoup. Alors mon critère de choix de mec c'était la musculature de la bête, un gros homme ayant en général l'avantage de virer les petits cons instantanément. En secret je rêvais souvent d'un gros énorme chien molosse à collier en pointes, ou d'un flingue les jours où ça n'allait pas du tout, mais les deux étaient plus contraignants qu'un amant, en fait.
J'ai grandi, je me suis mariée, rien à signaler (nan vraiment rien, un divorce même). Je peux te confirmer Melle S que alliance ou pas le relou il reste relou!
j'en ai vu certains me gonfler une demi heure au motif que mon alliance ça aurait pu être une fausse, un con un vrai ça te sort toujours la connerie à laquelle tu peux pas t'attendre, c'est comme ça qu'on les reconnait...
nan mais là où TOUT a changé grave c'est avec les mômes.
Enceinte, NON, là je rassure tout le monde, tu peux être immonde, énorme avec les nichons qui coulent le bide façon alien ou même carrément en travail, il y aura toujours un gros relou/con/en manque/ dégénéré pour te draguer. Hélas.
Mais alors quand tu as le môme (enfin tant que tu l'as avec toi, hein, sinon ça se voit pas que t'es une mère, of course), c'est énorme, miraculeux, la paix royale qu'ils te foutent. Plus jamais de sifflement aux abords des chantiers. Jamais non plus de relou gravos à la sortie du tabac presse. plus RIEN.
NON, je suis pas devenue moche, non. Qui a dit ça? Brefle.
La maternité apparemment reste un tantinet sacrée, tant que t'as le bébé avec toi, même si comme moi tu allaites et tes nichons sont restés modèle double F alors que ton postérieur est redevenu ce qu'il était (un 36 fillette), ce qui fait de toi un fantasme ambulant, Lara Croft, genre, et bin rien, les mecs ils te calculent même pas!
C'est génial!
On peut s'habiller en pute, il se passe rien! Une pute avec un bébé? leur cerveau percute pas.
C'est super, quoi.
Faites gaffe ça dure que trois ans, après y'a l'école et on se retrouve de nouveau considérée comme une femelle disponible d'office, quitte à en découdre avec son mâle actuel, "il me fait pas peur ton mari pis y'en a assez pour deux" (entendu souvent).
Moi chuis devenue accroc à mon aura maternelle, je re-ponds, hein, ça m'arrange, j'ai toujours un nain accroché au nibard, je ne suis plus une femelle, je suis une môman (mais bon j'aime aussi- un peu, lol- mes gosses rassurez vous, et en privé je suis restée plus ou moins normale, je ne me suis pas mise à me laver une fois la semaine et m'habiller en blouse avec ouverture frontale. ^^).
Après ça ils vont vous dire que l'homme n'est pas un animal...pourtant ces comportements, même vus du fond de ma cuisine qu'a pas fait sociobio...ahem!
(dernier recours pour celles qui ne veulent pas procréer, je peux comprendre: pour vous ce sera plus long, pour sortir du lot des femelles potentielles il faudra attendre d'être moche et vieille. Voire même très vieille et très moche. Je suis désolée. La bonne nouvelle, c'est que tout effort pour passer inaperçue est inutile, vous pouvez vous habiller en pute, de toute manière pour le con moyen qui vous vise vous êtes toujours nue!)
Très bien racontée, cette histoire.
A propos des généralités sur les mecs... tout dépend de qui vous fréquentez.
paul : Oh oui, j'en connais des hommes rejetés par le système hétéropatriarcal.
pupuce : C'est bien gentil et amusant tout ça, mais pourquoi ce serait aux femmes de s'adapter à la connerie des hommes sexistes ? C'est pas comme ça qu'on avancera dans nos luttes.
Bravo mémé! Véridique: elles se trémoussent ou se repeignent devant le retro intérieur et alors on se demande si elles n'en profitent pas pour reluquer le mec derrière. Ah ces saintes!
Le témoignage de pupuce est très appréciable. On distingue sans trop de difficultés qu'il y a d'un côté le très méprisable relou/dégénéré/ en manque et de l'autre le gros musclé qui est lui le bienvenu. En général le premier cité est par conséquent laid, maigrichon ou obèse et sans muscles. Le second passe ses journées à se muscler et par la grace d'on en sait quel miracle il est également le plus raffiné, le plus nuancé, le plus délicat des dragueurs. Où trouve-t-il le temps de lire et de se cultiver (pas de se culturisme...ce n'est pas un verbe).
A moins plus prosaïquement qu'on ait à faire avec le très fasciste raisonnement: que vienne le beau et musclé et que toute ma haine je la déverse sur l'homme juif des temps modernes: le laid.
Publiez, ne publiez pas mon commentaire. J'ai ,la confirmation de ce que je vois: l'homme viril du XXIème siècle ressemble assez souvent traits pour traits à celui que représentait les affiches de propagande de Mussolini.
Et je dis ceci bien davantage pour le regard des femmes parce que ces hommes ne sont pas, eux, nécessairement mussoliniens et ils ont une responsabilité limitée dans ce que le regard et le désir de certaines femmes est décidément bien mussolinien...
Opposez moi le regard des hommes pour les jolies poupettes et probablement je serai de votre avis. Mais je vous ai aimé mesdames et vous n'aviez ni l'apparence, ni la personnalité d'Eva Braun....
pupuce :
Ah oui, en passant : les lesbiennes font comment sans protecteur musclé ? Elles n'ont qu'à se faire massacrer ?
Il serait bon de sortir du schéma hétérocentre/ciscentré et de comprendre que tout le monde doit avoir le même droit à la non-agression et au respect, qu'on entre ou non dans le schéma (totalement gratuit) de la soi-disant "norme".
Je rappelle à toutes fins utiles que ce billet parle de la difficulté à réagir face à un harcelement sexiste et comment une femme peut être objectivée dans n'importe quelle situation.
je ne vois donc pas BIEN ce que viennent faire des histoires de beauté; ni non plus, la comparaison des hommes avec les juifs.
pupuce ; je ne comprends pas bien ton obsession pour la beauté. penses tu que seules les jolies femmes sont harcelées ? je trouve d'ailleurs certaines de tes expressions particulièrement insultantes pour les personnes obèses.
Comme GM, je me demande donc bien ce que tu nous conseilles, certaines ne veulent pas procréer, d'autres veulent sortir sans être avec un homme ? as tu une solution ? Prendre 40 kilos peut être ? (tout le monde sait bien d'ailleurs que les personnes obèses, femmes comme hommes ne sont jamais moquées, harcelées etc).
"Après ça ils vont vous dire que l'homme n'est pas un animal...pourtant ces comportements"
ah. tu as vu beaucoup d'animaux se comporter ainsi ? Je rappelle que ce sont des systèmes qui sont étudiés, et que je ne vois pas l'intéret de taper de cette manière là sur les hommes.
@valerie : Merci.
paul : oui, c'est vrai que ne pas être le mec viril et bien normé ne doit pas être beaucoup plus agréable que sont équivalent féminin. En plus vu qu'on présente l'homme blanc comme un winner à qui rien ne résiste si on a la malheur de ne pas "réussir" (au sens avoir un boulot+un bonne femme et des gosses j'y met pas de jugement de valeur) on doit se prendre un sacré claque. Me reste plus qu'à te souhaité bon courage et que les choses finissent par bouger un peu.
Isa: "l'homme juif des temps modernes: le laid"
surement assez vrai (quoi que j'aurai mis le pas-viril mais bon) mais pitié cesse d'être haineux . D'ailleurs si mec me fait des avances insistantes et grossières il aura beau être un appolon il aura mon coup de pied au cul.
D'ailleurs on pourrait s'interroger sur la fonction avances puisqu'à mon avis la très large majorité de ces types subissent un refus. A mon avis il s'agit plus d'une façon de te remettre à ta place (toi je peux te baiser) qu'autre chose . Voilà pourquoi elles sont formulées d'une manière si vulgaire et irrespectueuse à mon avis...
L'ennui c'est que les personnes qui voudraient vraiment communiquer dans la rue ne le font pas de peur d'être pris pour un-e pervers-e
Raison de plus pour remettre empecheur de vivre à leur place et peu importe leur physique
On se calme sur les comparaisons douteuses.
Tin y'a des jours.
"D'ailleurs on pourrait s'interroger sur la fonction avances puisqu'à mon avis la très large majorité de ces types subissent un refus. A mon avis il s'agit plus d'une façon de te remettre à ta place (toi je peux te baiser) qu'autre chose ."
Oui, je suis assez d'accord.
À propos du refus, il y a un billet au sujet de la réponse "mal baisée va".
http://www.entrailles.fr/index.php?post/Mal-Baisee
heu ouais.... Comparaison bien pourrie à y réfléchir plus de deux secondes ... Désolé de l'avoir reprise
Comme quoi il faut se surveiller aussi pour éviter de sortir des trucs bien moches
Merci pour le lien sinon
@nananimp : OK.
Concernant celles et ceux dont je ne publie pas les commentaires : n'insultez personne et évitez le hors sujet et ça ira tout de suite mieux.
"D'ailleurs on pourrait s'interroger sur la fonction avances puisqu'à mon avis la très large majorité de ces types subissent un refus."
je ne suis pas sure que cela soit pour autant des avances (dans le cas précis de la déchetterie). C'est vraiment du small talk hommes/femmes. je suis ok sur la remise en place mais je ne suis pas sure qu'elle soit d'ordre sexuel. Elle est plus à mon sens de type "tu n'es pas dans un espace pour les femmes, tu es chez nous, donc on te le dit".
et il est très probable d'ailleurs que si Melle était "restée a sa place" soit arrivée timidement, en demandant de l'aide, l'air un peu perdue, en faisant tourner une boucle de cheveux d'un air un peu effaré, elle aurait eu une cohorte de chevaliers servants. (attention, je ne conseille pas de faire cela, et c'est tout autant insupportable !).
valerie : Oui, il s'agissait manifestement bien d'un rituel de définition du territoire et des rapports de force, pas d'avances réellement sexuelles. Je suis même certaine que si Mlle S avait dit quelque chose comme "Alors il vous plaît mon cul, les gars ? Ok, on va se faire une petite partouze là sur place tout de suite, allez, tout le monde à poil, montrez-moi de quoi vous êtes capables !" ils auraient été très gênés et n'auraient pas assumé. (j'ai testé plus d'une fois
)
Tout le problème est justement que le sexuel sert à tout à fait autre chose dans ces rituels.
Ouais c'est vrai que dans ce cas c'est pas strictement sexuel.
En fait je pense qu'on peut rapprocher les "avances" (si on peut appeler des agressions verbales, du pelotages et du harcèlement comme ça ) de ce type de discutions. Dans tout les cas le type prend une jouissance sadique soit à te diminuer soit carrément à te réifier parce que t'es pas où il attend que tu sois ou juste parce que c'est comme facile de se faire mousser comme ça
"le sexuel sert à tout à fait autre chose dans ces rituels."
je pense qu'en effet c'est bien de souligner que le sexuel est là plus pour humilier et que ces "avances" ne sont en aucun cas la traduction d'un besoin
Du bonheur !
Je ne fais pas de distinction homme femme aussi stricte que ce que vous semblez faire. Pour moi ce sont des humains différemment sexués mais avec les mêmes aspirations, les mêmes forces potentielles, les mêmes faiblesses potentielles. J'analyse donc les choses en tant que rapport entre êtres humains.
Je suis assez concret comme garcon et quand on m'exprime un probleme je cherche une solution. Parce qu'on peut parler longtemps de la bétise sans en faire le tour, alors que l'intelligence est souvent concise et claire. Tendant à l'intelligence, j'essaie donc d'exprimer une réponse simple et audible à un problème complexe et subtil. Je vous prierais donc de bien vouloir m'excuser si j'ai l'air péremptoire dans mes affirmations (je considère avoir raison jusqu'à ce qu'on me démontre que j'ai tort).
Je me place donc en, situation. Mlle arrive avec sa voiture, trois hommes sont la, désoeuvrés. La, les deux entités se repèrent mutuellement:
-Eux : "une femelle :-)"
-Elle : "des males :-("
Vu d'ici, Mlle sait à quoi s'attendre, les mâles en groupe sont extrêmement prévisibles. Eux sont contents de voir une jolie fille et sont sous le regard de leurs congénères.
Donc, à ce moment concret, la seule entité susceptible d'orienter le cours des choses de manière réfléchie, c Mlle. Soit, jusqu'ici tout va bien.
Premier contact: les grands gestes pour te garer. Qu'est ce qui t'oblige à en tenir compte ? Tu peux tout à fait garder la maîtrise de la situation en définissant seule l'emplacement et la manière pour se garer. C'est toi qui accepte de te fier à ses conseils. Et c'est toi qui acceptes d'accorder de la valeur à leur appréciation de ton action.
Puis lorsque tu descend de la voiture et qu'ils te parlent, qu'est ce qui t'oblige à y répondre (au dela d'un bonjour)? il me semble qu'à ce moment la tu es entrain de vider ton coffre (à moins que tu ai prévu une pause pic-nic). Tu garde la maitrise de la situation, c'est à toi de fixer le rythme, d'attribuer les roles (qui souffre, qui jouis). Tu a pour toi 2 atouts: la séduction et l'esprit, tu veux quoi de plus ?
Plus généralement, l'humain ne sait ni d'ou il vient ni ou il va. Quelle curieuse idée que la vie sur terre ! L'humain est paumé. Donc il se donne une posture, pour que ca ne se voit pas que LUI il ne sait pas ou il va. Les gens passent leurs temps à se regarder mutuellement et à s'inquiéter du regard d'autrui mutuellement pour se rassurer qu'ils sont normaux. Si tu t'en était battu les reins de trois pauv' mecs dans une décharge et si eux n'avaient meme pas tourné les yeux sur une petite bourgeoise qui vient jeter ses poubelles rien de ceci ne se serait produit.
Concretement: je conseille aux filles 1-garder le controle 2- lire un bon bouquin sur les méthodes de réthorique dissuasive (et toute forme d'élévation intelectuelle ) 3-bombe lacrymo ou autre arme de proximité (associé à des cours)
Il faut tout de meme regarder le monde tel qu'il est mesdemoiselles : une jungle.
Ca n'est pas valable que pour vous, à chaque fois que je m'adresse à un homme que croyez vous qu'il me renvoie? méfiance, mépris, jalousie, trahison, mensonge, violence (si des yeux pouvaient tuer je serais mort des centaines de fois)... c'est un monde d'hommes. Il est brutal et primitif, d'ou la necessité que vous vous sortiez les c...
La différence physique peut etre largement compensée par l'utilisation (maitrisée) d'une arme. Vous vous retrouvez meme mieux protégée que moi ...
Vous pensez souvent etre plus fines que les hommes (ce qui est vrai) mais ca ne vous rend pas plus efficace à survivre dans le monde réel, celui auquel vous avez eut accès le jour ou les femmes ont obtenu l'égalité. Ce serait meme presque un inconvénient si vous n'arrétez pas de réfléchir à défaut d'agir.
De plus, vous êtes dans une situation paradoxalement inconfortable. J'entend par la que jusqu'à récemment, le seul outil pour améliorer sa condition de femme était le charme (et vous en avez clair'ment le monopole). Mais aujourd'hui vous vous retrouvez avec les armes des hommes à vos pieds dans une grande arène ou des hommes sont entrain de s'entre déchirer. Dans ces circonstances il semble logique de tenter de recourir à cet outil qui fonctionna pendant des millions d'années (choix cornelien s'il en est).
Je suis peut etre dur, mais j'attends des femmes proportionnellement à ce que je les estime.
je confirme pour ma part que je "lis" bien cette histoire effectivement comme la répétition redéfinition d'un territoire culturel typique du système patriarcal machiste imposant aux hommes et aux femmes des comportements stéréotypés montrant que tous et toutes s'y conforment.
Ce que je vis personnellement est précisément de ne pas être capable de reproduire ce genre de comportement de reproduction de la soumission incorporation d'un ordre culturel.
J'ai connu ça très tôt dans mon enfance. quand j'étais enfant je n'acceptais pas et je l'exprimais parfois de façon violente verbalement de ne pas jouer le jeux du garçon stéréotypé.
Dans mon adolescence j'ai été ensuite pris entre deux feux : celui de la souffrance de sentir le rejet et celui de la tentation de devenir autre chose que ce que je suis.
Puis dans les âges suivants, il m'a fallu endurer malgré ma prudence et mes tentative de théätralisation, le fait qu'on ne chasse pas sa nature culturelle quand on est réellement différent culturelement de son environnement.
Je précise que j'ai presque cinquante ans.
alors merci pour le bon courage et l'espoir que quelque chose bouge. Car en même temps il y a la fatigue de vivre dans un univers qui vous rejete et qui vous nie toute adaptation.
Ensuite il y a la malchance...
Par ailleurs en lisant d'autres sujets sur votre site, une question m'inquiète.
Comment acceptez vous de rencontrer un homme, selon quelles modalités... puisqu'il semble que vous ayez des relations d'amantes avec certains hommes tout de même.
Pour ma part, j'ai accepté "la coure" que m'ont faite des femmes dont je voyais bien qu'elle n'avaient pas de sentiments affecteux profond à mon égard et qui manisfestaient simplement de la curiosité pour mon étrange façon d'être, de la domination conformiste (le genre grande éducatrice qui veux vous remettre dans le droit chemin)... et qui donc m'indiquaient régulièrement d'avoir à reproduire des comportements qui me sont étrangers voir que je trouve mauvais...
A chaque fois, bien que très rare, je me laisse prendre, par espoir d'autre chose... mais évidemment ça fait très mal : non seulement on se sent coupable d'avoir succomber à la tentation de s'intégrer, contradictoirement, coupable d'avoir espérer faire découvrir quelque chose à l'autre, peut-être de la changer... en fait on se sent humilié d'avoir participer malgré soi à l'entretien d'un modèle culturel que l'on réprouve radicalement.
Et je pense que cela rejoint peut-être les doutes et interrogations émise par le personnage féminin dans l'histoire de la déchèterie.
Dans toutes ses situations, on ne sait même plus à certains moments comment rester soi-même tant l'induction de l'autre et de sa culture sont puissants. Et je pense notamment aux situations extrèmes comme celles d'entretiens d'embauche. qui pour moi sont les moments les plus faux que je connaissent... rarement aussi... vu mon profil désastré !
@anthony : Tu pars déjà avec une base un peu curieuse :
"Je ne fais pas de distinction homme femme aussi stricte que ce que vous semblez faire. Pour moi ce sont des humains différemment sexués mais avec les mêmes aspirations, les mêmes forces potentielles, les mêmes faiblesses potentielles. J'analyse donc les choses en tant que rapport entre êtres humains."
J'aimerais aussi ne pas avoir à faire la différence. Mais il se trouve qu'elle est crée, réaffirmée en permanence, fortement intériorisée et que la relation est inégale.
En parlant d'élévation intellectuelle, je suis en train de créer une page avec un ensemble de références de lectures féministes. Je pense que tu pourras y faire un tour.
Concernant la réaction avec les types, certainement que ce n'est pas clair, mais dans une déchèterie, il y a toujours des mecs qui y bossent, soit en triant, soit en conseillant les gens s'ils ont un problème. Le dodelineur dans mon texte semblait bosser là, bien qu'il n'était pas clairement identifiable. En général, en arrivant, s'il y a un peu de monde, ils te font un signe pour te montrer où te garer. Mais un signe vague, rapide. Moi j'ai eu droit à la leçon de conduite.
Alors j'aimerais ne pas avoir le droit à une leçon de pensée avec toi... donc le ton paternaliste, que ce soit à propos de l'endroit où se garer ou de la façon dont on doit penser... Ben tu vois, c'est pas très différent.
@paul : "Comment acceptez vous de rencontrer un homme, selon quelles modalités... puisqu'il semble que vous ayez des relations d'amantes avec certains hommes tout de même."
rire nerveux.
En général, la modalité "je ne t'agresse pas, je ne t'humilie pas, je ne m'impose pas quand tu dis non" est une bonne base de départ. Assez classique.
J'ai eu d'ailleurs beaucoup de commentaires assez violents me disant pour résumer "vous êtes jamais contentes espèces de s..." etc. Ils avaient visiblement de la difficulté à différencier une rencontre d'une agression. C'est assez flippant.
Je n'ai pas encore commenté parce que cet article réveille un souvenir douloureux. Après un auto-conditionnement impitoyable, je réponds fièrement "Madame" ou "Plaît-il ?" quand on me demande : "Madame ou mademoiselle". Et ce, même à un homme qui me plaît, en espérant qu'il comprenne que c'est la réponse d'une féministe libérée de l'obligation de se positionner en femme mariée ou non, et non celle d'une femme "casée" qui veut qu'on lui fiche la paix. Alors rembarrer les gros lourds, j'y arrive, mais signifier mes tendres sentiments, c'est pas franchement gagné...
Mlle S :
"Ils avaient visiblement de la difficulté à différencier une rencontre d'une agression."
Ça me semble justement symptômatique.
Malheureusement, oui. D'autres avaient moins de difficulté, en revanche, l'agression était clairement assumée. J'ai eu une nuée de commentaires sympathiques ce matin...
anthony : "J'analyse donc les choses en tant que rapport entre êtres humains." C'est un luxe qu'on peut se permettre quand on est dominant, pas quand on est la dominée à qui le dominant rappelle sans cesse qu'elle est "juste une femme". Vois-tu ?
Mlle S : S'il y a commentaires, au moins ton post a-t-il touché...
paul : Moi aussi j'ai presque cinquante ans. Et je suis, entre autres et notamment, trans', gouine, étrangère et pauvre. Ce qui n'arrange rien dans cette société basée sur l'exclusion et persécution systématique de tout ce qui n'est pas visiblement mâle, blanc, riche, cisgenre, hétérosexuel et bien-portant. Et je suis pute, par choix : des hommes dans ma vie personnelle il n'y en a qu'en tant que clients d'une prestation professionnelle précise, pas dans ma vie privée. Voilà ma façon de résoudre le problème que tu évoques. (je ne prétends bien sûr pas que tu devais en faire autant)
On va tourner en rond. C'est slt la deuxième fois que je le fais depuis la création du blog, mais je pense qu'on va s'arrêter là au niveau des commentaires, ça calmera les excités qui m'écrivent... Je dois vider la poubelle de mon interface blog régulièrement là.
Concernant ceux qui ont gentiment publié, navrée. Écrire pour donner des conseils à des féministes sur un blog féministe, sans avoir jamais rien lu de féministe et tout en ignorer, ou croire pouvoir s'en passer et s'exprimer à coup de "Vous ne comprenez rien, moi je parle de Lhôme et Lafâme, d'amour et de respect, d'universel blabla", c'est pénible à lire... et à commenter. J'ai pas le courage moi en tous cas.
Comme je te comprends ! Y a un moment où la vague de conneries plus ou miens bien intentionnées devient juste pas acceptable, et rien ne t'oblige à faire avec au-delà de cette limite.
Comme GouineMum, on dira que ça réagit, c'est que c'était réactif... !
Bon dimanche
Bonjour,
La semaine dernière, un soir, je rentrais d'un concert vers 2 h du matin. J'avais un long trajet à faire à pied en centre ville, ma voiture étant garée à tataouine. Je suis une croulante de 42 ans, physiquement petite, grosse, ridée et cheveuxblantée, j'étais plutôt confiante quant à mon retour sans encombres à ma voiture. A vrai dire, je ne me posais même pas de question.
J'ai croisé un groupe de
connards avinésmecs qui discutaient fort avec des grosses voix et des gros rires. Je me croyais donc naïvement protégée de tout risque d'interaction avec les animaux susdécrits grâce à ma mochitude soigneusement entretenue. Mais comme, en féminité, on ne gagne jamais, l'un de ces machins a décidé en me croisant de pousser un cri bien cromagnonesque en lançant brutalement ses bras vers mon visage pour me faire peur.Au lieu de lui écraser le nez et les couilles comme j'aurais dû le faire, j'ai juste continué ma route sans rien dire, avec la satisfaction bien maigre d'avoir été si totalement paralysée par ma peur réflexe que mon corps n'a eu strictement aucune réaction visible, si ce n'est un léger fléchissement de la taille pour éviter les bras du connard.
Intérieurement, par contre, j'ai frôlé l'overdose d'adrénaline, j'ai vu plein de jolies étoiles sur fond noir pendant quelques secondes et je suis monté à 200 ou 300 pulsations minute.
Je hais ce genre de singes qui se croient autorisés à me faire risquer l'infarctus, juste parce qu'ils estiment au fond de leur cerveau reptilien qu'une femme, ça ne doit pas être dehors à 2 h du matin. Trous du cul.
Merci, ça fait du bien.
@Louise : Merci pour ton commentaire. il m'a fait rire et m'a rappelé des souvenirs. On les alignerait dans la cour de récré pour leur apprendre le coup du "Bouh" avec les bras en avant que ça m'étonnerait pas.
C'est certain. D'ailleurs, ce serait vraiment sympa qu'on nous aligne en face pour nous apprendre le coup du "Pan dans les couilles" avec le genou, par la même occasion. En ces temps sarkoziens, ça rentabiliserait efficacement l'alignement.
@Louise : On va les monter ces cours, on va les monter... GouineMum est ok je crois...
Mlle S : Ouaip.
..; et pour bosser la répartie, il y a des cours aussi. Par exemple, avec les techniques du théâtre de l'opprimé.e (Augusto Boal et suivant.e.s).
Prends une scène comme celle de la déchetterie décrite ci-dessus, et rejoue la. C'est à dire que tu prends des ami.e.s pour jouer les autres personnages, et vous rejouez la scène ensemble. Donne les clefs des personnages aux joueurs pour que ce soit réaliste, et que ça parle bien de ce que tu as gardé comme ressenti - que tou.te.s les présent.e.s travaillent sur la même agression.
Puis, tu peux essayer plusieurs stratégies de défense/appel à la solidarité, etc. Ca marche pas? L'oppresseur est trop fort? Rejouez. Trouvez la faille du pov mec numero trois qui sort la vanne, ou la faille de celui qui s'en marre le premier... Si tu ne trouves pas, joue-le toi-même, tu verras apparaître ses ficelles internes ... de manière à les cisailler recta.
Il y a des stratégies que j'ai vu des filles trouver en simulation comme ça il y a des années, et dont je me ressers toujours.
Comme vous le dites, les filles, si notre manque de fight est culturel, ben remédions-z-y donc culturellement!
(en plus c'est fendart)
Joli billet...
"...J'aime pas devoir me dire que le fait de regarder est pris comme une provocation ou le fait de sourire comme une avance sexuelle..." Ca c'est juste dans la tête des gros frustrés...
Misère...
ps: Félicitation pour votre publication dans CQFD
Pourquoi la collocation de gros et frustré? Pourquoi pas "frustrés à l'excès" ou "très frustrés"? ça fait de la frustration un état coupable car ce qui est gros c'est bien connu l'est par sa faute. Aussi déchirant et insoluble que ça puisse être la frustration échappe à la responsabilité de quiconque: ni de la personne à tort convoitée ni de celle, qui à l'excès, convoite. C'est effectivement une misère...
DPM : Alors faut croire que 90 % des mecs sont de gros frustrés... Toujours mon conseil classique : faites-le ,les gars, sortez en femme ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, et faites l'expérience de ce que les personnes vues comme femmes subissent 24h/24 pendant toute leur vie. Ça aide drôlement à comprendre le féminisme, vous verrez.
@GM: j'ai vu un seul homme en robe indienne, c'était un copain. Nous n'avions pas fait 500mètres qu'une voiture s'est arrêtée à notre hauteur et un "pédé" a fusé....
Isa : CQFD. Et ça explique aussi pourquoi les luttes des pédés sont issues des luttes féministes (voir le FHAR). Et pourquoi les pédés feraient bien de s'en souvenir.