Fait chaud, hein.
Par Mademoiselle le 23/08/09, 14:14 - Les special guests
Filed under: Bulbe
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C'est violent un retour de vacances. Pas violent comme une information pertinente, une analyse tranchante, une critique acérée. Non, juste violent comme une collision avec un marronnier, sur une route Nazionale bien Drrroite, en pleine vitesse.

Mets ton bob sur la plage, abruti.

Garde tes miasmes pour toi connasse.

Cultive toi avec le père Fouras.

Fais tes courses de rentrée à UMPermarché.
Ceci n'est pas un allume barbecue !
Au milieu de toutes ces informations capitales, on a pu également se détendre un peu le soir -sans pubs-.
Mardi : Les Experts Miami
Mercredi : Esprits Criminels
Jeudi : R.I.S Police Scientifique
Vendredi : Les experts Manhattan
Avec en prime quelques reportages sur le travail des gardiens de la paix.
Alors, faire un billet de retour de vacances, je vous raconte pas comme c'est coton. J'ai bien pensé faire quelque chose sur la difficile condition du blogueur, du genre :
"Penser, c'est dur."

J'aurais aussi pu vous parler de mes vacances terrifiantes dans un département français inhospitalier, au milieu des insectes, ou me lancer dans une classification passionnante des accessoires in de la rentrée, comme Cosmo ("Parce que le sac à main est l'accessoire mode indispensable !" hihi !).
Mais non. Je vais juste vous raconter ce que j'ai bouquiné cet été. Pour ceux que ça n'intéresse pas -je vous comprends-, vous n'aurez qu'à faire des hors sujets dans les commentaires, je vous connais, vous êtes bons pour ça.
Aloooors.
Tout d'abord, perdue dans un univers inconnu (les plus de 80 ans), et n'ayant pas lu de romans ou nouvelles depuis longtemps, j'ai attrapé ça chez une grand-mère fort sympathique qui se couchait tôt. J'ai repris l'habitude de lire un roman avant de m'endormir. Merci mamie.

C'est pas cher et c'est bon. (Oui, je suis expéditive)
"Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Médéri, partit à l'heure ordinaire de la maison de poste de Roüy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bord de la Brindille qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution.
Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elles un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en noeud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pied, souvent invisibles, qui faisaient sous les feuilles, sous les lianes, sous un toit de verdure, un gros bruit colère et doux ; puis plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi toute cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes."
Ensuite, je suis retombée là dessus, en fouillant dans mes livres.

Figurez vous que c'est drôle et que je ne m'en souvenais même pas.
Ensuite, logiquement, je suis allée voir une auteure qui n'avait pas de chambre à elle.

Et même qu'elle a sauvé ma semaine difficile, dans le département inhospitalier.
Puis je suis revenue à la civilisation, mais je n'avais plus envie de lire de romans et puis surtout, j'avais besoin de vérifier deux ou trois trucs. Alors j'ai réouvert ça et je me suis bidonnée.

Oui, alors, j'étais de bonne humeur, parce qu'on ne se bidonne pas tous les jours avec Pierrot. Mais là, c'est que du bon, surtout si vous revenez d'une soirée chez l'Ambassadeur.

Ensuite, j'étais en condition pour continuer à me poiler, j'ai tourné quelques temps devant ma réserve, et j'ai tapé là dedans.

J'ai appris que Weber avait de l'humour. Je ne pensais pas dire cela un jour. Faut dire que sur la couverture, il a l'air aimable comme une porte de prison.
"Or nous pouvons observer clairement que, dans de nombreux domaines de la science, les développements récents du système universitaire allemand s'orientent dans la direction du système américain. Les grands instituts de science et de médecine sont devenus des entreprises du "capitalisme d'État". Il n'est plus possible de les gérer sans le secours de moyens considérables. Et l'on voit apparaître, comme partout ailleurs où s'implante une entreprise capitaliste, le phénomène spécifique du capitalisme qui aboutit à « couper le travailleur des moyens de production ». Le travailleur - l'assistant - n'a d'autre ressources que les outils de travail que l'État met à sa disposition; par suite il dépend du directeur de l'institut de la même façon qu'un employé d'une usine dépend de son patron – car le directeur d'un institut s'imagine avec une entière bonne foi que celui-ci est son institut : il le dirige clone à sa guise. Aussi la position de l'assistant y est-elle fréquemment tout aussi précaire que celle de toute autre existence « prolétaroïde » ou celle de l'assistant des universités américaines."
Le texte est en ligne ici, mais la traduction est vraiment bizarre.
Comme j'étais bien lancée, et que le cerveau ne dégoulinait pas encore par les oreilles, j'ai pris ça :

Et là, j'ai lu une première fois en murmurant "l'enfoiré" et une deuxième en bougonnant "le salaud". Non, j'ai pas l'esprit d'à-propos. Je voulais juste exprimer mon profond respect et le plaisir que j'avais à le lire.
Je viens d'entamer une troisième lecture, avec mon petit crayon de papier. Un peu comme ça :

J'ai aussi parcouru ça :

Passionnant, même si j'avoue m'être perdue parfois dans les explications pointues ("Dans la portion proximale de Yp, l'antigène d'histocompatibilité (H-Y)..." blabla) Un résumé ici, pour ceux que ça intéresse.
Sinon, il y aurait aussi cette lecture :

... que j'ai eu le malheur de réellement lire après Foucault, donc... Comment dire ? Après lui, c'est toujours dur de passer. D'ailleurs, faudrait y revenir sur Foucault, mais là, j'ai des restes de crème solaire dans le cerveau, c'est pas le moment.
Je vous laisse donc provisoirement sur une information de dernière minute :
Cohn-Bendit continuera à porter des shorts, mais pas la France en 2012.
Si c'est pas bon de se retrouver, hein ?!



Commentaires
Du premier coup j'ai lu "Les sciences et la lubrification du féminin et du masculin". C'est sûrement dû à la semaine très hot que je viens de passer.
"J'ai appris que Weber avait de l'humour. Je ne pensais pas dire cela un jour."
huhuhuu (pardon, c'est nerveux.)
Au sujet de l'histoire de la sexualité de Foucault, j'ai quand même râlouillé, moi, parce que au final, les femmes y sont quand même 'la' femme en tant qu' 'autre'.
Et ça m'agace.
Mais bon, faudrait que je relise, depuis le temps, p'têt que je me plantais....
@GouineMum : ça en jette comme titre !
@mebahel : Oui j'ai râlouillé aussi. Mais je n'attendais rien de ce côté là. Je l'ai plus vu comme un point de départ je pense.
Je ne décolle pas de "Tom Jones" d'Henry Fielding depuis deux mois. Impossible de lire... Aussi je suis admiratif de la discipline à laquelle tu t'es astreinte Mademoiselle.
Avec bonheur j'ai lu "Un peu d'air frais" d'Orwell. "Il est mort mais il persiste" dit une chanson populaire anglaise... Dans ce roman d'Orwell la guerre arrive plus tôt que ne le croit le narrateur. C'est sur cette note que se termine le roman. Les drames viennent très vite...
J'attends la publication très prochaine d'un Swift...
J'ai peu lu mais j'ai entretenu d'assez passionnantes correspondances.
Mademoiselle tu as oublié le retour d'Armstrong, la confirmation d'Usain Bolt et la proposition d'augmenter de 80% les amendes et les factures d'électricité... A part quoi quelle était cette terre inhospitalière? Neuilly?
@Isa : J'exagère, c'était plus Bordeau Chesnel que Neuilly.
Effectivement, j'ai zappé le sport et les factures. Certainement le résultat du syndrome du sédentaire qui accumule les impayés parce qu'il a la flemme de marcher jusqu'à la boîte aux lettres. M'enfin, j'ai payé Internet visiblement.
Alors
pour la liste complete des livres que je lis et des films que je vois : http://yrys.blogspot.com/
sinon je viens d'acheter un livre de self-help sur la polyamorie, The Ethical Slut, 2e edition, par Dossie Easton & Janet Hardy.
ainsi que Godspeed de Lynnee Breedlove, et Cool for You de Eileen Myles.
quelqu'un m'a offert Kushiel's Dart, de Jacqueline Carey.
et j'ai trouve par terre dans la rue Running with Scissors, d'Augusten Burroughs, et Send in the Idiots, de Kamran Nazeer.
@I. : Tu te promènes où dans la rue pour trouver des livres par terre ? En plus avec deux titres comme ceux là, si tu veux, je suis pas certaine que je ne me ferais pas une psychose.
Merci pour le lien, surtout pour les films. Parce que moi niveau cinéma quand je me concentre, je ne suis capable de citer que la grande vadrouille et éventuellement un Hitchcock (et je dis, "tu sais, celui avec les moineaux partout").
@I: Qui est Thea Hillman?
@ Mademoiselle S.: j'ai un certain nombre de films à te recommander. Le puis-je? Des films évidemment plutôt confidentiels et dont la forme est toujours très singulière.
Mlle S : je suis a San Francisco, cetait dans une rue ou y a plein de librairies, j'ai trouve les bouquins par terre dans une boite en carton.
Pour le cinema ouais dans ma liste y a de tout...
Isa : google is your friend.
Thea Hillman http://www.theahillman.com/
C'est une femme intersex qui est aussi ecrivain et activiste.
Mlle S, tu m'as régalée avec ta balade livresque estivale !
Et que du bon dans ta réserve... m'a donné envie de retourner farfouiller dans mes "classiques"... (Pierrot, Maxou, Mimi...) quoique ce soit davantage des lectures hivernales à mon goût, va savoir pourquoi !
Un seul à mon tour : un recueil de nouvelles SF (s'il faut donner un genre, mais comme la bonne littérature de genre, ça dépasse carrément le cadre) : L'anniversaire du monde, de Ursula K Le Guin, réflexion très fouillée et complètement barrée sur les relations sexuelles et affectives entre humains.
Enfin, Mademoiselle S., tu es de retour.
J'ai eu la mauvaise (ou peut-être la bonne, après tout) idée de découvrir ton blog au début de l'été. Frustré par l'absence de nouveaux billets, j'ai lu à peu près toutes les archives en attendant la reprise des hostilités.
J'adore. Le ton, les sujets abordés, les commentaires (et les commentateurs/trices), la présentation, les illustrations. J'en passe.
Je suis tombé, par je ne sais plus quel canal, sur cet article désopilant et redoutablement efficace. Coup de foudre.
En m'aventurant un peu plus loin dans les méandres et recoins de tes entrailles virtuelles, j'ai eu l'étrange impression de lire noir sur blanc les propos dont me régalent les ami(e)s imaginaires qui s'entrechoquent dans la purée de pois pourpre et opaque qui occupe l'espace où se trouvait naguère cette bouillie flasque et douloureuse qui devait probablement être un cerveau. Un machin tellement vulnérable, tellement perméable à tous les conformismes qui passaient à proximité que j'ai fini par le laisser choir sans regrets dans la cuvette des chiottes un soir où j'avais bu (encore) plus qu'à l'accoutumée.
J'ai moi-même quelques difficultés à cerner mon identité, mon orientation sexuelle et toute cette sorte de choses. Une histoire un peu compliquée, douloureuse mais enrichissante.
Merci d'exister. Salut à toutes et tous qui fréquentez régulièrement cet établissement, qui entrechoquez vos points de vue comme des buveurs d'absinthe trinquant avec des éponges à bière belge au petit matin.
@ko : Merci ! Je note le conseil de lecture.
@Candy says... : Ton message me touche. Merci ! Alors bienvenue à toi et ta purée de pois pourpre. Ravie de te lire et de voir qu'on fait un peu de bien.
et moi j'ai tenté de relire judith butler Le Pouvoir des mots. Politique du performatif en sautant les passages auxquels je ne comprends rien.
j'ai donc lu deux pages. :p
I. : je vois que tu as lu Peggy Sastre. c'est comment ? (j'hesite à acheter si c'est pour m'énerver).
et rien à voir mais je vous conseille delicieuses pourritures de Oates.
Le Pouvoir des Mots de notre chère Judith est posé à côté de mon lit depuis des mois. Je l'ai pas encore ouvert.
Je viens de finir The Ethical Slut et c'est vachement bien (un peu hippie mais tout plein de conseils pratiques pour envisager différemment les relations non-monogames et pratiquer la communication non violente et se faire plaiz').
Une copine américaine vient de m'envoyer un colis dans lequel y avait des bonbons à la barbapapa en forme de tétine, des petites culottes violettes à petits coeurs, des autocollants avec des arc-en-ciels et des licornes qui brillent, et aussi un bouquin : Bottle Rocket Hearts, de Zoe Whittal. Jvous dirai.
Peggy Sastre bon c'est sûr elle va t'énerver. Il m'a énervé son bouquin. Mais c'est une copine, et puis il y a un article de moi dans ce livre. Je lui ai dit que j'étais pas d'accord avec des tas de choses dans ce qu'elle a écrit, et que son sous-titre ("pour en finir avec le féminisme") m'emmerdait. Mais c'est intéressant, stimulant, et très facile à lire. Je l'ai lu en moins de 2 heures sur les bords d'un fleuve en attendant un train. Si t'as les nerfs en pelote, saute le chapitre sur le viol. Mais franchement je suis contente d'avoir lu ce bouquin, ça apporte une perspective nouvelle à plein de questions et c'est pas idiot.
ah, et voici le blog de Peggy Sastre :
http://peggysastre.blogs.nouvelobs....
elle y parle de plein d'autres choses que de féminisme darwiniste.
son article "Cagoule, burqa et paternalisme" par exemple, est assez proche des opinions qu'on apprécie ici, dans les Entrailles.
merci ; oui j'ai aussi tiqué sur le titre (et a priori sur sa vision très naturalisante qui me fatigue). je vais quand meme acheter.
Pour butler... bah si tu as lu des bouquins sur le langage, ca ira. si comme moi ca n'est pas le cas, tu vas avoir du mal.
A noter pour celles et ceux qui voudraient des bouquins féministes en anglais et qu'ont pas de copine la bas ; allez voir sur ebay.us. autant il y a peu des bouquins féministes sutr ebay.fr, autant ca regorge sur l'US.
@I. : et @valerie : Merci. Vais me l'acheter alors. Le titre et les quelques notes que j'ai lu ne m'avaient pas franchement donné envie. J'avais peur de me faire tourner le sang en eau de javel comme dirait mamie.
valerie : Pour les livres anglophones, voir aussi amazon.co.uk et amazon.com . Et aussi http://www.greenmetropolis.com/
j'ai commencé Ex utero. 3 ulcères, 4 crises cardiaques.
Melle S ; tu vas ADORER le passage ou on nous explique que ca s'explique biologiquement le fait que les femmes aient moins besoin de rapports sexuels.
bon dés que j'ai fini j'en ferai une critique.
@valerie : je sens que ça va me plaire. Je le commande ce week-end... depuis le temps que je le dis, vais le faire. J'attends ta critique avec impatience.
Chuis peut-être un peu trop keupon, mais pourquoi vous voulez _acheter_ un bouquin qui risque de vous faire enrager ?... Autant ne pas engraisser ceux/celles qui pondent ça, non ?
Ouais faut dire je l'aurais peut-être pas acheté si j'avais pas eu un exemplaire gratuit.
@I. : Tiens, on en parle chez Valérie : http://www.crepegeorgette.com/2009/09/07/critique-de-peggy-sastre-ulcere-inside/
T'as pas d'autres exemplaire gratuits ? (une montée subite de l'hormone millénaire de la radinerie.ahah)