Une femme qui conteste quelque chose, qui n'est pas d'accord, n'est pas une femme qui affirme une réelle idée contestataire, mais une femme qui est frustrée sexuellement : un bon coup de b... lui remettrait les idées en place.

L'expression "mal baisée", c'est comme un vaccin contre les éventuelles velléités contestataires, une petite piqûre de rappel... un concentré à la fois de :

Tu es un objet, à la sexualité passive (être baisée), un réceptacle, tu es donc très dépendante de notre bon vouloir (on peut aussi te baiser de force ma caille) et de notre talent. Tu dois être tenue à ta place, et pour cela il te faut un maître qui te donne le minimum vital (les cacahuètes du singe en cage, le coup de b... pour cette petite animale.)

Il y a une norme du "bon baisage", celle que moi je maîtrise (type «petit ramoneur», qui ne s'encombre pas de fioritures – non viriles-)
Tu as l'outrecuidance de faire croire que tu peux te passer d'un pénis pour avoir une sexualité que tu dis épanouie... Je vais te faire aimer les hommes moi tu vas voir...


Tu n'entres pas dans les normes définies pour ta catégorie : tu n'as pas l'air de te sentir obligée de me plaire.

Tu ne peux que réagir et non penser, tu réagis par exemple à tes pulsions sexuelles non assouvies. La traditionnelle animalité de la femme, plus proche de la nature que l'homme...

Tu es baisée, normalement, donc par un homme, c'est bien... mais tu es frigide, pas assez sensuelle, pas assez femme, donc tu ne ressens rien et tu es frustrée, énervée. Peut-être parce que tu penses trop ? Peut-être parce que tu ne te laisses pas assez faire ? Peut-être parce que tu ne restes pas à ta place de femme ?

Mon pénis est ton dompteur, tu en as un peu peur et en même temps tu ne peux te passer de lui. La terre n'est pas ronde, elle est phallique, et son centre c'est mon caleçon chérie.

ET, double punition... Comme les femmes, objets et non sujets, sont définies -et se définissent- à travers leur mec.... Si on retourne un peu l'expression, il n'y a de mal baisée que s'il y a un mauvais baiseur. Il y a donc une double disqualification : En disqualifiant l'homme choisi par la femme traitée de mal baisée, l'expression souligne ainsi que la femme est inapte à se trouver de bons amants, inapte donc à une vie amoureuse « normale », à la vie de couple "épanouie", la vie "normale" quoi !...


Et en même temps encore on rejoint la définition des femmes en tant qu'objets passifs : si ton mec te baise mal, je vais moi te montrer ce qu'est un vrai mec : si un homme ne sait pas utiliser correctement un objet, un autre pourrait le faire mieux que lui, et l'autre c'est moi poulette.