Les 262 viols du week-end
Par Mademoiselle le 20/11/09, 11:41 - Les Couteaux
Filed under: Viol
Coup raclée volée roulée beigne
gifle soufflet blessure calotte rossée correction claque châtaigne
bleu tarte tape danse contusion bosse trempe taloche peignée coquard
beignet bastonnade baffe rincée ramponneau pochade pain marron
rouste sanglade valse tournée taquet tannée tampon tabassée
gnon charge bâfre branlée chiquenaude châtiment contredanse
dérouillée
déculottée
viol
En France, on aime les femmes, c'est bien connu... même qu'on en viole 48 000 par an pour leur prouver cet amour sans bornes (selon les résultats de l’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France métropolitaine (ENVEFF), repris hier dans cet article du Monde).
48 000 par an, ça signifie que, statistiquement, plus de 262 femmes vont être violées ce week-end.
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Marie
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Nathalie
3
Isabelle
4
Sylvie
5
Catherine
6
Francoise
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Martine
8
Christine
9
Monique
10
Valerie
11
Sandrine
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Veronique
13
Nicole
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Stephanie
15
Sophie
16
Anne
17
Chantal
18
Celine
19
Patricia
20
Brigitte
21
Annie
22
Julie
23
Aurelie
24
Laurence
25
Christiane
26
Jacqueline
27
Dominique
28
Virginie
29
Michele
30
Corinne
31
Emilie
32
Christelle
33
Elodie
34
Helene
35
Caroline
36
Danielle
37
Florence
38
Laetitia
39
Camille
40
Audrey
41
Claudine
42
Laura
43
Cecile
44
Nadine
45
Claire
46
Beatrice
47
Sarah
48
Elisabeth
49
Delphine
50
Evelyne
51
Lea
52
Melanie
53
Karine
54
Manon
55
Annick
56
Marion
57
Pauline
58
Marine
59
Carole
60
Josiane
65
Lucie
66
Chloe
67
Mireille
68
Jocelyne
69
Bernadette
70
Mathilde
71
Severine
72
Colette
73
Joelle
74
Sabrina
75
Charlotte
76
Agnes
77
Amandine
78
Myriam
79
Alexandra
80
Angelique
81
Michelle
82
Genevieve
83
Josette
84
Anne-marie
85
Maryse
86
Sonia
87
Daniele
88
Emmanuelle
89
Vanessa
90
Amelie
91
Justine
92
Magali
93
Marie-christine
94
Fanny
95
Liliane
96
Muriel
97
Nadia
98
Emma
99
Odile
100
Laure
101
Eliane
102
Morgane
103
Oceane
104
Jessica
105
Jeanne
106
Estelle
107
Jeannine
108
Jennifer
109
Yvette
110
Denise
111
Cindy
112
Gisele
113
Aurore
114
Sabine
115
Aline
116
Clara
117
Alice
118
Gaelle
119
Juliette
120
Ghislaine
121
Francine
122
Therese
123
Nelly
124
Marie-therese
125
Elise
126
Melissa
127
Marie-claude
128
Coralie
129
Ines
130
Lydie
131
Regine
132
Marie-france
133
Noemie
134
Clemence
135
Frederique
136
Sylviane
137
Adeline
138
Nadege
139
Maria
140
Lisa
141
Viviane
142
Louise
143
Carine
144
Simone
145
Andree
146
Eva
147
Maeva
148
Arlette
149
Ginette
150
Madeleine
151
Geraldine
152
Micheline
153
Margaux
154
Celia
155
Ludivine
156
Marina
157
Suzanne
158
Paulette
159
Edith
160
Renee
161
Maryline
162
Claude
163
Pierrette
164
Murielle
165
Marie-helene
166
Solange
167
Ophelie
168
Marie-jose
169
Maud
170
Marie-laure
171
Benedicte
172
Rachel
173
Maryvonne
174
Jade
175
Marianne
176
Alexia
177
Huguette
178
Charlene
179
Yolande
180
Alicia
181
Marie-claire
182
Emeline
183
Claudette
184
Elisa
185
Anne-sophie
186
Marie-pierre
187
Aude
188
Marjorie
189
Laurie
190
Anna
191
Katia
192
Deborah
193
Janine
194
Agathe
195
Romane
196
Elsa
197
Raymonde
198
Margot
199
Solene
200
Julia
201
Marlene
202
Natacha
203
Linda
204
Lola
205
Marguerite
206
Odette
207
Ingrid
208
Cathy
209
Marcelle
210
Anita
211
Lucile
212
Irene
213
Marie-francoise
214
Magalie
215
Blandine
216
Barbara
217
Lydia
218
Lucette
219
Olivia
220
Mauricette
221
Armelle
222
Johanna
223
Fatima
224
Yvonne
225
Charline
226
Zoe
227
Noelle
228
Gabrielle
229
Valentine
230
Jeanine
231
Roselyne
232
Laurine
233
Lena
234
Christel
235
Mylene
236
Claudie
237
Gwenaelle
238
Malika
239
Clementine
240
Kelly
241
Carla
242
Cynthia
243
Lise
244
Leila
245
Cassandra
246
Lucienne
247
Rose
248
Clarisse
249
Marie-noelle
250
Perrine
251
Victoria
252
Maelle
253
Annette
254
Gwendoline
255
Andrea
256
Eloise
257
Anne-laure
258
Axelle
259
Ambre
260
Floriane
261
Dorothee
262
Peggy



Commentaires
Est-ce que ça comprend les viols conjugaux ? Parce qu'alors ce chiffre ne me semble pas assez élevé.
Je suis saisi d'un très vif sentiment de chagrin à l'énumération de ces prénoms que l'imagination emporte immédiatement dans l'horreur où ces vies basculent et à mon tour je me laisserai entraîner dans un gouffre de déréliction, mon ventre resserre d'un vide abyssal, mes yeux auxquels perlent des larmes, mes mains impuissantes à décrire l'informulable sentiment d'amour qu'à chacune on voudrait donner pour toutes dérisoires réparations du tort considérable qu'on leur a fait.
Les violences excèdent largement cette terrible énumération et toutes sortes de violences, privées et instituitonelles nourrissent de plus définitives violences. Il n'en est pas une qui n'y soit pas impliquée et la pire de toutes, la plus sournoise est encore l'ordre en toutes choses qui empêche la vie de débonder et qui la canalise dans un étroit passage où elle n'a d'autres choix que de s'y engouffrer, immanquablement menée dans la fosse à purin de toutes les frustrations de son expression. Quand elle explose elle viole et se livre, en hordes, à toutes sortes de barbaries lesquelles servent mieux encore et consolide l'ordre, par lequel ces barbaries longtemps disciplinées à l'aliénation ont explosés. Ce que Deleuze appelle le néo-fascisme http://dissidence.libre-octet.org/l...
et dont Caraco, "pessimiste", dit « Aucun progrès moral ne vient à bout de nos entrailles, c’est là que la raison de toute chose se ramasse et que les éléments de l’ordre se renferment, avec leur barbarie originelle. Ce qui fut bon avant cinquante siècles est bon à cette heure, ainsi du trône et de l’autel, qui dureront autant que les humains, malgré les intervalles où l’on croit au changement. Le monde est vide et la métamorphose de ce vide, appelée Dieu, ne change rien aux préalables et ne saurait remédier au défaut d’harmonie, inhérent au système, la Providence est une illusion et le progrès moral n’est qu’un délire, l’ordre corrompt l’homme plus qu’il ne l’humanise »
Comme le dit un de vos précieux amis: bien solidairement Mademoiselle.
@GouiMum: Chaque critique est incapable à formuler l'étendu du désastre. On ne peut s'en tenir aux chiffres. La connaissance, la réflexion, l'imagination y suppléaient, si j'ose dire, d'une condition et d'un sujet horrible, avantageusement... Songez à Mademoiselle quand elle a conçu cette "démonstration", à tout ce qu'elle a été contrainte de ne pas laisser paraître, pour ménager les lecteurs et produire un effet, et parce qu'immanquablement elle était "dépassée".
GM ; on est sur une estimation en fait. moins de 10 % des femmes portent plainte donc on n'a aucun moyen de savoir le nb exact de viols en France.
Même l'enveff est entachée de suspicions ; ce sont des entretiens par téléphone sur des femmes entre 15 et 60 ans si mes souvenirs sont bons.
on ne peut donc savoir si une femme, qui n'est peut être pas seule chez elle, a osé parler de l'éventuel viol dont elle a été victime. (et en cas de viol conjugal ben evidemment si le mari est là.. elle se tait).
donc on peut être sur un chiffre très supérieur.
Melle ; c'est étonnant que tu aies posté cette photo de Goldin. La première fois que je l'ai vue, je l'ai postée sur feministes.net ; elle a choquée et je l'ai virée et juste mis un lien en avertissant du contenu. j'ai voulu m'en servir il y a peu sur crepe georgette et j'ai eu peur de choquer encore. (non que je conteste que tu l'aies utilisé hein
).
C'est bien le problème des chiffres du désastre, ils le minimisent toujours...
L'enquête de l'ENVEFF est contestée sur ses 48 000 viols et pourtant on lit aujourd'hui dans Libé que l'observatoire de la délinquance (qui normalement se base sur des plaintes et non des suppositions) annonce :
"*Hors ménage*, ce sont 260.000 femmes qui ont été victimes de violences sexuelles en 2005 ou 2006, dont 130.000 d'un viol"
http://www.liberation.fr/societe/01...
Je ne comprends plus.
valerie : Ma question visait en fait implicitement le critère qualitatif qui fait qu'un rapport sexuel conugal est ressenti comme un viol. Je pense que ces critères ne sont pas exactement les mêmes que lors de rapports non-conjugaux. Et bien entendu le viol conjugal pose aussi les problèmes spécifiques de fiablité statistique que tu précises.
Très bonne idée, cette liste de noms.
Par les visages, les vies qu'elle suggère mais aussi par sa longueur, terrible.
La violence est omniprésente, enracinée, dans la société actuelle, à commencer par la violence d'état.
Et ce sont principalement les femmes et les enfants qui en sont les victimes.
"l’ordre corrompt l’homme plus qu’il ne l’humanise"
a écrit Isa, j'aime bien.
Il faudrait, il faudrait, il faudrait changer tant de choses pour enfin accéder à une société pacifiée où chacune et chacun aurait sa place.
La violence conjugale, domestique, se nourrit du stress, de la violence sociale, de la bêtise, du silence complice de ceux qui savent et se taisent.
margot alors tu vas là : http://www.inhes.interieur.gouv.fr/
"Télécharger la synthèse du rapport"
page 13, on a 150 000 femmes ont subi un viol en 2007-2008. (donc ca fait 75 000 par an).
(la moitié des femmes ont été violées dans leur couple).
il serait quand même bon qu'on nous fournisse la méthode d'enquête (je vais les mailer tiens) ; déjà qu'on ne nous croit pas sur le nb de viols si l'enveff et le ministère se contredisent, on va encore nous dire qu'on invente.
bon là on est sur une tranche d'age plus large que l'enveff (jusqu'à 75 ans).
"Moins de 10 % des actes de violences sexuelles hors ménage ont été suivi d’une plainte et ce taux se situe à environ 8 % pour les violences physiques ou sexuelles intra-ménage. La fréquence des plaintes est plus élevée en matière de viol subi par des femmes mais elle ne dépasse pas 22 %."
je ne sais pas on plus combien est établi ce chiffre.
il nous faudrait vraiment les méthodes d'enquête.
Énumérer tous ces prénoms, toutes ces identités... un des meilleurs moyens pour rendre les chiffres palpables, signifiants. On retrouve le même procédé pour les soldats disparus symbolisés par des croix fichées dans la terre. (pas grand chose à voir je sais bien, quoi que... la vie de pas mal de soldats est "violée" par la logique guerrière et hégémonique de l'état qu'ils représentent)
Ci-gissent l'insouciance, la joie du corps et de l'esprit libre, la confiance en la vie qu'avaient 262 femmes...
Je suis très, très choquée que dans cette longue liste de prénoms il n'y ait quasiment pas de prénoms qui ne soit pas spontanément associables à des femmes non blanches. Il y a Nadia (qui d'ailleurs n'est pas spécifiquement un prénom musulman mais qui peut l'être) et Leila, c'est tout.
Par contre on voit le mélange de prénoms générationnels (par exemple Huguette côtoie Marina) qui montre qu'il y a eu une certaine recherche. Je suppose que personne ici n'oserait prétendre qu'aucune femme portant un prénom chinois, d'Afrique de l'Ouest ou maghrébin ne se fait violer en France. Parce que la France c'est aussi ça : Efia, Assia, Nousara, Bintou ou Jia. On est donc toujours face au même problème : européano-centrisme et oubli des minorités. C'est décevant surtout que je découvrais ce blog en me disant qu'il était vraiment intéressant !
J'ai cherché comme toi Celna. Mais je me suis dit que justement, la société française actuelle n'a souvent envie de voir les problèmes de violence envers les femmes, que du coté des gens bronzés.
Pour fréquenter des forums autres que féministes; je remarque que l'intérêt de défendre les femmes est le plus souvent associé au racisme.
Je trouve ça très bien qu'il n'y ai que des prénoms occidentaux car ça remet les pendules à l'heure.
@celna : En fait, j'ai simplement pris la liste des prénoms les plus portés en France depuis 1940, selon l'INSEE, et j'ai fait un copier coller des 262 premiers.
J'avais pas envie de m'amuser à en trouver 262 moi-même. Ceci dit, je comprends tout à fait ta remarque et ton agacement.
@celna : et ça change quoi au sujet initial : le viol ? J'ai eu le même "réflexe" que toi au départ. Et je me suis dit qu'en l'occurrence ça n'était pas très important.
J'ai des copines noires qui s'appellent Yolande, Murielle, Marie, Barbara, etc. Sont-elles moins noires que leurs sœurs, mères, filles, amies qui s'appellent Bintou, Chikso ou Issia ?
Sont-elles de mauvaises noires ?
Faut-il avoir le bon prénom pour prétendre défendre ses droits ?
Ton agacement, moi, j'y vois de la paranoïa déplacée.
Faut arrêter avec l'essentialisme identitaire et le mythe de la représentativité.
Surtout pour un truc aussi subjectif que le prénom...
(nan pasque moi je trouve que ça manque de prénoms vietnamiens, de Lê, de Anh, de Thuc...)
@ élise : on peut même utiliser ce procédé pour déplorer la perte d'hélicoptères de combat : voir le générique de fin de Black hawk down, de Ridley Scott, où la liste des marines morts dans les combats à Mogadiscio défile, puis celle des blessés, puis celles... de leurs hélicos abattus ! Les Somaliens morts dans l'affaire sont réduit à simple nombre, pas un nom.
Bonjour,
Je me suis permis d'imprimer l'article pour le coller dans mon école (école de commerce, c'est dur...).
J'espère que ça vous va.
Je suis ce blog depuis quelques temps et il est vraiment génial.
Bonne continuation
Lou.
lyhel : Tout à fait d'accord sur les prénoms. Et heureuse d'apprendre que Mlle S les a choisis sur un critère non-personnel (parce que justement je me posais la question de ce critère).
@Loulou : Une école de commerce ? T'es courageuse toi !
@Iyhel et @GouineMum : Sauf que je comprends ce qui a agacé Celna, certainement cette impression agaçante de transparence, d'invisibilité que je, que nous connaissons bien.
@Celna, Lyhel et Mademoiselle: Pour bien connaître ce blog et son auteure je ne l'aurai pas suspectée de retrancher volontairement des prénoms orientaux de sa liste. J'ai dit plus haut que chaque critique éprouve toutes les difficultés à formuler précisement l'étendu du désastre. "Songez disais-je à Mademoiselle quand elle a conçu cette "démonstration", à tout ce qu'elle a été contrainte de ne pas laisser paraître, pour ménager les lecteurs et produire un effet, et parce qu'immanquablement elle était "dépassée". Le temps lui a manqué et c'est pourquoi, sans beaucoup y réfléchir, d'une façon presque instinctive elle a publié la liste des prénoms les plus usités. Maintenant Mademoiselle pourrait nous dire pourquoi l'impératif de temps lui a recommandé cet instinct intelligent? Il se pourrait qu'elle se garde pudiquement de dire qu'elle est encombrée de toutes parts par la fatigue extrême qu'implique ce monde de vitesse, de langue tronquée et la nécessité qu'elle a, quotidiennement, de donner des sujets frais à son blog, d'alimenter des discussions déjà vives. Parce qu'elle sait qu'on tombe vite dans l'oubli...
Un peu d'indulgence pour les rares personnes qui font encore l'effort de la critique. Quelques maladresses ou difficultés d'exprimer la critique qu'on puisse avoir, on ne devrait pas toujours mutuellement nous soupçonner du pire: en l'occurence d'avoir occulté volontairement des prénoms orientaux. Tout concours à nous accuser, l'Etat fait de nous potentiellement et officiellement des ennemis (lois d'exceptions, radars, caméras, traque des fraudes, expulsions et délations etc...), gardons-nous si possible d'être entre nous des "adversaires" (le titre du roman de Carrière et le langage du sport-une langue propre à notre dictature: "l'adversité" et "l'adversaire"- comme s'il s'agissait d'un jeu....)
@Isa : Je ne pense pas avoir fait cela instictivement. :D
Et ça ne me dérange pas du tout la critique, au contraire, bien au contraire, comment d'ailleurs est-ce que ça pourrait me déranger, je m'échine à le faire moi-même. Qui plus est, je comprends tout à fait ce qu'exprime Celna.
Je le redis, j'ai trouvé que la liste des prénoms les plus donnés aux femmes depuis 40 ans en France illustrait mon propos. Les 262 premiers ressemblent à cela.
Alors si ce choix était pesé nous serions heureux de l'entendre justifié. Mais tu dis plus haut "J'avais pas envie de m'amuser à en trouver 262 moi-même". Tu peux comprendre que j'ai cru par "envie" que tu manquais de temps, d'énergie que sais-je? Mais j'ai bien précisé que tu avais eu (je te connais) un "instinct" intelligent, c'est à dire une idée qui était plus ou moins pesée et que tu as trouvé bonne. J'ai cru que temps et idée avaient décidé de ce choix dans le balancier.
Je sais que tu comprends ce qu'exprime Celna, tu l'as dit plus haut.
Je te lis plus attentivement que tu ne crois
Ce que personnellement je trouve précautionneux, et c'est mon interprétation de ton idée, c'est de faire coïncider un chiffre officiel d'une liste officielle. Car ainsi nous savons que le désastre outrepasse le seul chiffre et que les prénoms, pas plus que les chiffres n'illustrent un fait scientifique éprouvé et certain. J'ai perçu immédiatement toute la portée symbolique de ce sujet et les esprits scientifiques devraient parfois consentir à la valeur symbolique d'un sujet comme Deleuze, par exemple, louait sa littérature américaine ou comme Debord, théoricien, s'en remettait à la poésie d'Omar Khayyam.
Mlle S : Disons que la question judicieuse à poser serait de savoir pourquoi parmi les 262 prénoms féminins les plus attribués en France depuis 40 ans figurent si peu de prénoms d'origine culturelle non-européenne.
Cela dit, je trouve quand-même assez secondaire l'origine culturelle de ces prénoms dans ce contexte, un viol restant un viol dans tous les cas.
Je comprends la réaction première de celna, ayant eu la même, mais trouve son indignation hors de propos en l'occurrence. Réaction trop vive, commentaire trop vite écrit. Malika et Fatima, c'est vachement franco-auvergnat comme prénom...
L'outrance ne mène nulle part ("ohlala je suis trop trop déçue").
Je ne comprend pas trop, vous avez eu la même réaction que Celna, mais vous la trouvez hors de propos. Qu'est ce que ça peu vouloir dire ?
(que c'est vraiment hors de propos ???)
Je répète : j'ai eu le même réflexe immédiat, regarder la consonance des prénoms listés et leur origine culturelle apparente ; et j'ai constaté, comme tout le monde, qu'il n'y avait pas une proportion énorme de prénoms d'origine autre que judéo-chrétienne.
Néanmoins ce constat ne m'a pas outré, probablement parce que je suis confit d'européanocentrisme, mais je ne vois pas le rapport avec le sujet initial. D'ailleurs, j'arrête d'en parler, on en est déjà à plus de la moitié des commentaire à côté de la plaque à mon sens (et ma contribution n'est pas la moindre), fin du hors-sujet pour moi.
J'en ouvre un autre au passage : Mademoiselle, je sens qu'il va y avoir du grain à moudre par là... http://madame.lefigaro.fr/societe/e...
oui, c'est moche ! mais ça, c'est quoi ?
http://www.24heures.ch/actu/monde/b...
Quid de la liberté ?
bientôt tout le monde devra être pucé ! monde de merde qui divise et où tout devient sectaire...
@ damien : la liberté de qui ? De l'agresseur ? C'est plus constructif que de le coller en taule et plus dissuasif qu'une simple injonction.
De l'agressée ? Je suppose qu'elle a le choix de refuser le système.
Le principe dans ce cas ne me choque pas. Après, ça reste un traitement à court terme d'un symptôme, pas un remède à la violence. L'article n'évoque pas les éventuelles mesures existant autour de ce dispositif, je ne me prononcerai donc pas ; mais il me semble que l'Espagne a fait pas mal d'effort de sensibilisation sur les violences conjugales et a durci sa législation ces dernières années. Évidemment on peut débattre longtemps de la violence intrinsèque de notre modèle de société et partant de la futilité de toute réponse partielle.
Pour ce qui est du puçage, faut se réveiller, si tu utilises un téléphone portable, une carte bleue ou internet, c'est déjà trop tard.
Iyhel : Et si on faisait enfin un effort pour prévenir la violence sans une fois de plus donner nos libertés à l'État panoptique? Le problème consiste à nous faire croire que ça c'est une solution, et en plus que c'est la seule solution.
+1 GouineMum ...
Point Goldwin:
Tout comme l'interdiction de fumer (c'est un bien n'est-ce pas?)...quelle fût une des premières lois des nazis ?
http://www.noslibertes.org/dotclear...
Faire ce parallèle paraît hors du temps ?
et les puces rfid ? Les nanotechnologies, un bien aussi ?
“La science ne pense pas”, écrivait Heidegger, connaissant son passé controversé avec le régime nazi, on peut se poser des questions.
Que dire de Bilderberg ou encore plus proche de nous (européens) de la fondation Bertelsman (voir Pierre Hillard à ce sujet, livre et vidéo), du Nouvel Ordre Mondial (ou NWO) ?
http://www.youtube.com/results?sear...
Idée cramée de "fous" ?
Allons lyhel, qui dort ?
GM : ah mais moi je suis preneur hein
Je ne dis pas autre chose.
damien nous présente une mesure, je la prends pour ce qu'elle est : un détail. Ce qu'il faut dénoncer me semble-t-il, ce n'est pas la mesure en elle-même mais l'occultation du reste de la problématique par un détail.
Iyhel : Moui, c'est un peu facile ça. Un fil à la patte relié directement à Big Brother, je n'appellerais pas ça un détail. Demande voir aux délinquantEs à bracelet si c'est un détail Le "détail" peut très bien lui-même être un problème, voire la problématique.
damien : Si déjà, c'est Godwin, pas Goldwin, c'est pas fabriqué par Honda division deux-roues hein... Et tu l'emploies mal, le point Godwin se réfère aux trolls, pas aux références objectives.
Je persiste : je commente à courte vue une mesure à courte vue d'une logique pénale à courte vue ; ici une technologie nouvelle ne fait que rendre efficace une mesure classique et répandue, le principe n'a rien de neuf.
Nonobstant, la façon dont une société "gère" ceux qui transgressent, d'une façon ou d'une autre, ses lois, est essentielle et fondamentale - voire fondatrice.
Le bracelet est moins pire que l'incarcération, me semble-t-il ; cependant il reste dans le registre contrôle/domination/coercition et partant, ne résout rien.
Pour ce qui est du six-cylindre japonais (avec un G d'ailleurs enfin, non, sans L mais la moto a un G, quoi), effectivement normalement ça s'utilise plutôt pour dire que la poursuite du débat est impossible.
Ça serait peut-être le cas en balançant cet argument dans un repas de famille, mais je pense qu'ici tout le monde est peu ou prou conscient que le totalitarisme imposé insidieusement par "notre société démocratique de libre consommation", pour caricaturer, n'a rien à envier à celui du IIIe Reich, bien au contraire.
La preuve, il n'a même pas besoin de nous bâillonner. Autre preuve, je préfère vivre maintenant qu'en 1937.
Sur ce, je vais dormir :p
Iyhel : L'ennui est que notre Reich à nous est encore à venir, et qu'on y va drôlement vite. Quant à 1937 dans le IIIe Reich, ma mère y vivait. Pas sûr que nous on sera tellement mieux lotiEs d'ici quelque temps.
@GouineMum :
l'emploi "erroné" était volontaire
...en revanche la Goldwin doit être un lapsus révélateur de ma splendide... virilité ? non je déconne (lol), c'est une faute inhérente à mon empressement ..oups
père de quatre filles23x2, 33, 36ans je suis etonné , sur le cul d'apprendre qu'il y a tant de viols sur les femmes et épouses .vous dites 262 par week end nôtre société est décadente
""nôtre société est décadente""
Je crois que ça n'a pas grand chose à voir avec une "décadence", car le non-consentement des femmes est au contraire dans la tradition de notre civilisation.
@ali : J'allais le dire.
le terme viol est trop fort pour une étude objective. Pour moi un viol c'est quand il y a des sévices physiques avant la pénétration c'est toujours important de savoir de quoi on parle surtout quand on fait un sondage ou quand on manipule des chiffres.Si tous les rapports non consenties étaient rapportés 462 paraitrais ridicule comme chiffre.
@smash : Et un meurtre sans sévices physiques avant de recevoir la balle ou le coup de couteau, est-ce un meurtre ou une simple mort non consentie ?
Non, parce que si c'est le cas, faut revoir les stats.
Sur un autre blog, sur un tout autre sujet je disais:
"Il y a une sérieuse algarade autour de la "théorie du complot". Ce qu'il me semble utile de souligner c'est que la colocation de ces deux mots est une création du régime: de ses psychologues ou de ses intellectuels. Qu'invariablement les critiques du régime butent sur ces mots et se livrent à de violentes disputes, alors que d'évidence ils devraient s'entendre à désigner un ennemi commun qui complote et qui ne complote pas. Notre mal n'est sûrement pas aussi mystérieux qu'il est tenu au secret mais on peut difficilement nier qu'il y a dans la nature de tout pouvoir conspirations et complots. Nous devrions révoquer de notre vocabulaire ce dangereux lieu commun car il sépare et il a été conçu pour cela. Des théories critiques passées il y en a d'assez éclairées pour lever le doute et des complots il y en a peu d'éclairés sinon ceux que fomentent les rêves de millions de personnes dans leurs nuits d'insomnies quand ils songent à embraser le siècle. De toute évidence le spectacle complote contre la théorie quand il s'en tient à sa dérisoire sémantique: la théorie du complot."
Pareillement je dirai des chiffres qu'ils séparent et qu'ils imposent leur diktat à des gens que tout désignerait pour des alliés de classe alors qu'ils se "disputent". Smash vous avez commis l'erreur de négliger la portée symbolique du sujet. 462 c'est déjà intolérable. Vous en voulez 800? 8000? Mieux 6 millions qui renvoient à Auschwitz? Vous aurez de toutes façons sans peine tout loisir de trouver 6 millions de femmes violées. Qu'est-ce que ces chiffres changent du point de vue qui est celui de Mademoiselle?
En revanche votre idée qu'il y a des rapports non consentis d'une autre nature que le crime de droit commun tel qu'il est prévu par la loi, c'est intéressant. Il y a les rapports conjugaux non consentis et les rapports de soumission économique (c'est à dire de classe) qui induisent un non consentement ou tout du moins un consentement arraché par l'exercice de l'oppression.
Pour moi la traitement "symbolique" du sujet par Mademoiselle ne ferme justement pas la porte à ces cas. On les imagine clairement parce que Mademoiselle n'endosse pas sur un sujet aussi sensible l'uniforme de la science absolue ou des proclamations gouvernementales auxquels on force les sujets à croire.
Mademoiselle n'est ni une conne ni une stipendiée. Elle est, comme nous tous sommes, embarassée pour livrer une critique globale parce que l'horreur dépasse et que ses lecteurs sont autant de subjectivités.
''TFLI :
VIOL, subst. masc.
A. − Corresp. à violer A Rapport sexuel imposé à quelqu'un par la violence, obtenu par la contrainte, qui constitue pénalement un crime. Synon. littér. vx violement (dér. s.v. violer).
Académie Française :
VIOL, n. m.
Violence qu'on fait à une fille, à une femme que l'on prend de force.''
Il me semble bien que c'est le rapport sexuel imposé qui est intrinsèquement considéré comme une violence...
Tu serais pas un pote à Polanski, toi ?
Mais j'oubliai, le corps des femmes ne leur appartient pas vraiment, enfin, juste pas leur con ; et quand elles disent non, c'est pas vraiment non en fait.
""Tu serais pas un pote à Polanski, toi ?""
Moi je suis un pote à Polanski et je condamne le viol.
Si cette définition de l'Académie Française est complète, alors elle est affreuse (et je trouve ça incroyable ! ) car elle nie le viol des gens de sexe masculin (adultes ou enfants).
Un rapport sexuel non consenti est une violence physique. Et il n'est pas besoin de donner des coups pour que la victime se laisse faire, car la psychologie aussi peut-être une arme efficace.
Il y a des gens qui croient que la frontière entre le consentement et le non consentement est mince... mais c'est faux.
Excellent coup de gueule ali !
et j'apprécie tout particulièrement ta dernière sentence. Elle mériterait d'être débattue et développée.
Houlà, tu sais, ali, le dico de l'Académie, à "sodomie" il donne pour définition : "mœurs contre nature"...
(voir par ici : http://www.cnrtl.fr/definition/acad... - au passage, le site du CNRTL est une merveilleuse ressource)
C'est marrant les gens qui ne voient pas le rapport entre ma remarque première concernant le choix des prénoms et le sujet c'est-à-dire le viol ou qui ne voient pas ce que ça change. Finalement Mlle S a répondu à mon commentaire en décrivant les conditions dans lesquelles elle avait "choisi" les prénoms. Et elle a aussi utilisé un mot très important selon moi dans toute lutte féministe ou pas : l'invisibilité.
@ali : je comprends tout à fait ce que tu veux dire avec
je dirais plutôt que la pseudo défense des femmes sert à masquer un racisme qui ne veut pas se penser comme tel. Mais par contre, je ne vois pas le fait d'invisibiliser les femmes non blanches victimes de sexisme comme une solution non plus. Les violences faites aux femmes touchent des femmes de toute condition sociale et culturelle et il est bon de le rappeler dans un sens comme dans l'autre.
@lyhel : je ne vois absolument pas en quoi mes propos sont outranciers, là il faudra qu'on m'explique.
@Celna: les grands mots sont de sortie "invisibiliser". Ils ne correspondent pourtant pas à l'esprit et aux convictions de Mademoiselle. Elle aurait dû prendre selon vous la proportion de prénoms maghrébins qui proportionnellement représentent la population de femmes de cette origine violée. Et les Tziganes? Et les juives? Et les africaines? Vous lui demandez quoi à Mademoiselle? De nous prouver à travers une liste ce dont elle a parfaitement conscience et dont elle rend compte assez régulièrement.
Vous feriez bien mieux de revenir au sujet sur l'identité nationale et à d'autres sujets qu'elle a éprouvé et qui traitent du racisme et de vous convaincre définitivement que c'est une "amie" à laquelle vous pourriez justement proposer qu'elle publie un sujet que vous auriez préalablement écrit sur les viols à caractère raciste. Je serai le premier intéressé à le lire. Mais personnellement quand je vois une femme, de quelques origines qu'elle soit, j'ai la conviction qu'on ne peut abuser d'elle, conviction qui n'"invisibilise" sûrement pas les femmes maghrébines. Mais que ces femmes aient par ailleurs à souffrir d'un autre fléau, la discrimination, qu'il se surajoute à la peur du viol, oui parlons-en parce que leur condition est effectivement intenable. Bien à vous
Hier au soir: Deux hommes discutent (africains) de l'africanisation. L'un surtout très docte. Une femme ivre (maghrébine) vient à eux, une femme manifestement meurtrie. Ils se connaissent. Elle prenait à un verre avec l'un de leurs amis, un vieil homme (gascon). Le docte monsieur s'adresse à la femme en parlant du vieil homme "alors il t'a proposé de te baiser". Elle lui colle une gifle. Il lui sort quatre beignes. L'ami du docte s'interpose et son attitude est très correcte. Le docte et l'ami regagne le bar et boivent. Ils sont bien mis. La femme et le vieil homme sont expulsés. Le patron n'a pas assisté à la scène mais dit-il avec ce vieil homme (qui n'y est pour rien) "il y a toujours des embrouilles". Pauvre homme, pauvre femme...
Le docte était un connard, un homme encore qui soulève de grands sujets et l'on trouve dans sa hierarchie: au sommet la discrimination en deça les femmes (auxquelles on peut s'adresser sans respect).
J'en retiens que bien mis, pas assez abîmé par la vie pour soutenir l'alcool et cependant directement responsable d'une algarade, on reste au comptoir.
Femme, vieux, abimés, titubant et victimes on en décampe.
Mais je comprends ce que dit Celna, et je ne l'ai pas ressenti comme une agression. Donc il serait pas mal de lui causer autrement, elle m'a fait remarquer que la liste avec une tronche très franchouille, ce à quoi j'ai répondu en indiquant comment je l'avais constituée.
Le mot invisibilisé, c'est moi qui l'ai écrit, Celna l'a juste repris.
Loin de moi l'idée d'invisibiliser volontairement qui que ce soit, d'autant que dans la liste, il y a plusieurs prénoms portés par des femmes de ma famille, femmes dont les origines et le teint mat ont été le support de nombreuses humiliations.
Malgré cela, ayant moi-même hérité d'une face de visage pâle, je ne vis pas directement ce que Celna ou d'autres peuvent vivre. Et elle a raison de faire remarquer cela, parce que la tendance féminisme européano-centré et blanc est une tendance lourde qui mérite d'être questionnée et baffée.
Donc son message à tout a fait sa place ici. Et je ne le trouve ni agressif, ni déplacé.
Ah, j'avais pas vu ton message précédent Isa.
Ce que j'en comprends, c'est qu'il y a des dominations qui s'exercent entre dominéEs.
Et c'est précisément de ça qu'il s'agit dans le message de Celna, de celles exercées par les femmes blanches sur les non blanches.
Alors effectivement, on pourra me dire que le prénom Marie peut tout à fait être porté par une femme noire. Certes, mais soyons honnêtes, ce n'est pas l'image qui nous vient en premier dans la tête. Hors, c'est ça le souci, avec une liste qui était sensée justement, donner une image à des chiffres.
Je te concède que mon dernier message était confus (les quelques verres de la veille). Tu l'exprimes parfaitement: des dominations qui s'exercent entre dominéEs et j'ajouterai qu'elles obéissent à des priorités dominatrices: en somme à une hiérarchie en bas de laquelle se trouvent: la femme magrhébine ivre et le vieux poivrot. Etablir une hiérarchie des dominations qui s'exercent entre dominés revient à corroborer ton propos sur ce site: la femme y est en bas des marches. (généralement) Et le propos de Celna, la femme magrhébine est encore en dessous. Et le mien, la femme magrhébine ivre et abîmée encore plus bas. A cela tu me répondras que le contexte joue. Bien entendu.
Tiens, puisqu'on parle de domination exercée par des dominées sur plus dominées qu'elles, ça me fait penser à cet article sur les domestiques noires et leur patronnes blanches aux USA. C'est de Judith Rollins. Pour ceux/celles que ça intéresse : lire en pdf ici.
Merci pour l'article de Judith Rollins. Ça a l'air super intéressant. J'ai juste parcouru et je le lirai à tête reposée.
Merci pour le lien vers l'étude... Trés instructif (héhé la blogosphère féministe est une mine d'info).
Pour en revenir au commentaire qui à lancé le débat je suis assez étonnée par les quelque réactions "négatives" puisqu'il n'y avait rien d'agressif dans la remarque de Celna. Je pense qu'on devrait pouvoir pointer des comportements ethnocentrés (même si dans ce cas c'est les stats qui on produit cette impression) sans qu'on soit traité de paranoïa...
Franchement ça fait progresser tout le monde au final. On sait bien qu'en tant que "blanche" ou autre classe dominante/dominée on a tendance à dominer aussi (et bien malgré soit ou non). Bref je pense que la "paranoïa" des dominées en tout genre est plus salvatrice qu'autre chose.
Je trouve ça fascinant (horrifiant) la façon dont on peut à la fois avoir une conscience aigue des mécanismes qui mène à sa propre domination et les nier en bloque quand il s'agit de la domination des autres. En tout cas ces questions me semblent vraiment intéressantes. et d'ailleurs puisque ça répond à ce champ de question merci encore pour l'étude
nanamimp: je vous recommenderai bien de visionner les entretiens de Jacques Ellul sur la technique (voir youtube) si je ne me posais, abusivement peut-être, en passeur de professeurs...
Où avez-vous vu que Celna ait été traitée en paranoïaque?! Qu'on ait infligé à ses arguments une pathologie? Converser ça ne relève pas de la paranoïa. Mais puisque nous y sommes et que vous le supposez c'est peut-être que vous êtes le jouet de la technique. Sur internet (la technique) on ne réfléchit généralement pas on a des réflexes et tout aussi bien des réflexes écrits et on a plutôt des réflexes que de la réflexion parce qu'à l'autre bout l'interlocuteur n'existe pas. C'est la technique qui commande toute entière qu'on imprime vite sur un blog son commentaire. A qui s'adresse-t-on? Quelles questions posent celui auquel on répond? Qui est-il? On en sait à peu près rien et on s'en désintéresse d'ailleurs. Le réflexe qui fut le votre ("la paranoïa) et qui remplace la réflexion est un lieu commun de notre époque qui voit dans chaque critique la manifestation d'une pathologie: la paranoïa. Chaque attitude de repli, c'est à dire la volonté de ne pas participer aux festivités grotesques et criminelles de la société marchande, spectaculaire et technicienne est également une pathologie: "faire son autiste".
Et vous savez ce qu'on finit par faire des malades: on les enferme. Et à certaines époques on les tue...
Ce n'était pas notre intention avec Celna. Nous voulions (moi du moins) converser; c'est à dire échanger des points de vues, des réflexions plutôt que des réflexes.
Isa : Merci de votre réponse. Et bien en fait je n'invente rien... J'ai parcouru les commentaires en diagonale et c'est aux commentaires 14 de lyhel qu'il a été question d'attitude paranoïaque (Si je suis le jouet de la technique c'est plutôt dans le certain irrespect qui consiste à "lire en diagonal" et je ne connais pas l'avis final de lyhel).
Et c'est justement parceque j'ai l'impression que les commentaires de ce blog sont un véritable lieu d'échange (ce qui est probablement trés rare sur le net comme vous le pointez) que j'ai trouvé ces réactions étranges. Et il ne s'agit pas de dire que telle personne est un affreux jojo mais juste de parler de ces réactions qu'on est tous suceptibles d'avoir dans un espace de reflexion virtuel (difficile de critiquer les dires sans donner l'impression de critiquer la personne).
Cela dit la réflexion est intéressant et j'irai voir cette vidéo (je suis ravie de collecter des infos et je me sens pas du tout offensée par ce passage de professeur!).
Par rapport à la "maladie mentale" le dernier billet de mauvaiseherbe vaut le coup d'oeil. Psychiatriasation du mal être légitime...
@nanamimp: Je vous recommande chaudement ces vidéos (fragmentées en six parties) car pour le reste j'ai le sentiment profond que tout s'est passé ces dernières années à l'envers de Bergson (il disait quelque chose d'approchant : plus l'homme aura de puissances plus il aura besoin d'un supplément d'âme). C'est cela une dictature technicienne moderne: la surenchère concomittante des moyens technologiques et leur mauvais emploi. Parce que notamment le savoir technologique va de pair avec son utilisation aux causes du mensonge. Nous sommes effectivement de plein pied dans "la discipline de la haine" (haines de toutes sortes notamment celle de la vérité et de la dialectique, tromperies en tout genre qui toutes perdent le sujet et le livre à la folie, à la haine, à la haine et à la folie disciplinées). Les hommes ne paraissent plus devoir exister qu'en trompant leurs semblables, c'est à dire que ne percevant que des concurrents, ils existent en éliminant. C'est toute l'efficacité du capitalisme...
J'ajouterai qu'Ellul vous plaira car vous verrez il a des réflexions en rapport avec la critique de mauvaiseherbe. Personnellement je renverserai la perspective et dirai à la suite d'Erich Fromm que les personnes suradaptées à notre société sont les fous les plus dangereux. Et en cela on ne peut toujours pas admettre que "tout se vaut" même si l'on déplore dans une société comme la notre que les responsabilités se perdent entre tous. Finkielkraut ne savait pas qu'il donnerait des armes pour le contrer lorsqu'il écrit dans "la mémoire vaine", à propos du procès Barbie, que tous les maillons de la chaîne nazie étant indispensables, la responsabilité était partagée entre tous. Il n'en est pas autrement aujourd'hui et l'on ne se sort de cette responsabilité que par la critique (car il est très difficile, voire impossible, de vivre sans techniques, sans marchandises, sans revenus liés aux maffias affairistes et étatiques). La critique impliquant qu'on se révolte et qu'on refuse le monde tel qu'il va. Qu'en face on nous oppose de détruire nos amours, nos amitiés, nos sentiments humains, nos libertés nous le voyons de plus en plus grossièrement et plus grossier ce sera plus les ennemis apparaîtront clairement et ce qui fut une "victoire" de la dictature sera la défaite humaine de tous les hommes, sans exceptions. La disparition de l'homme viendra donner raison à nos opinions et à nos efforts. Il ne restera que le ciel d'où j'entends les oiseaux. Le reste dans l'agitation du XXIème siècle sera la monstruosité d'une espèce de bipèdes..
ça fait plaisir de vous lire Isa ces derniers temps !
j'ai peut-être une fausse impression
mais j'ai l'impression que votre discours est plus clair...
bon je réagis à ce que vous dites là sortant juste d'un passage sur des forum populo de pseudo rencontres... z'allez peut-être me demander ce que je fais à traîner dans de tels endroits sordides ?
ben j'observe ce que vous décrivez de la victoire du nazisme
tout simplement
la dictature de la médiocrité, de l'incomprhension, de la non observation intuitive du discours de l'autre afin d'en chercher justement la finesse de sensibilité
là
en voit s'étaler lourdement le massacre de toute attention à l'autre
on est en plein dans le réactionnel sur-produit par la technique
mais dans le réel de la communication dans un lieu public
un bar
une réunion municipale
une session de parti locale
etc...
ben c'est du pareil au même
les gens s'observent
et s'écrasent mutuellement de sorte qu'aucun ne relève la tête plus que les autres
là
on est au royaume de la paranoïa
sur des site comme celui-ci
le contraste est fort
les interventions sont longues
on les savoure
on ne réagit pas forcément tout de suite parce que tout simplement il y a beaucoup plus de matière sensée à assimiler
certes à des gens comme vous qui lisez et approfondissez vos sources, le lieu du commentaire d'article vous paraît-il très réactif
mais il y a vraiment l'enfer ailleurs
la débauche de jalousie
de méfiance, de rivalité, de méchanceté gratuite, de bassesse etc...
et la reproduction des valeurs puantes de sexisme tribal traditionnel...
ce qui m'y fait penser c'est votre dernière phrase... le reste dans l'agitation du 20ème siècle sera la monstruosité d'une espèce de bipèdes
qui s'autodétruisent
bon
en attendant
qu'est-ce qu'on fait ?
Isa, Paul : Bonsoir,
J'ai eu le temps de regarder l'ensemble de vidéos d'Ellul . Il faudra surement que je l'ai regarde encore pour en tirer toute la substance.
Je crois que je partage beaucoup de votre point de vue. Effectivement la conjonction de la technique et du consumérisme effréné nous mène vers une socièté inhumaine où la seule exigence légitime est d'amasser toujours plus de gadgets.
Voir les autres comme concurrent... Oui c'est sur... C'est une loi qui s'impose (qu'on nous impose) de plus en plus. C'est une sorte de mythe du mérite...
On nous clame que tout ce mérite même la moindre bribe de respect, même le droit d'être exploité plutôt qu"au chomage... Sinistre
En ce début d'année on m'a dit que je devais être major de mon master pour obtenir une bourse de thèse ce qui est complètement faux . En disant cela (si j'avais décider de me plier au conseil) on détruit mes possibilités d'échanges fructueux avec d'autres élèves, on détruit ma confiance en mon avenir complètement inutilement. Cette exemple est probablement risible tant il vient d'une personne chanceuse.
Les plus adapté à cette société sont les plus fous. Totalement d'acord c'est d'ailleurs terrifiant d'en croiser ... Je ne croyais pas qu'elles existaient , ces marionettes sans empathie, avant de faire les frais que leur fréquentation occasionne.
Mais il y a quelque trucs qui me donne de l'espoir... Les gens sont fous! En témoigne le nombre de dépressifs. Je crois que les gens ne se contentent pas de cette situation même si ils ne sont pas capables d'exprimer pourquoi. Peut-être que le monde changera.
En attendant cette hypothètique changement Je crois qu'il nous reste la marge... C'est le sens que je donne à mon futur métier... La seule voie qui semble éviter de foncer tout droit vers cette vie ranger de bon consommateur. Mais je suis surement trés naïve ici de toute évidence personne ne peut échaper totalement à la socièté technicienne...
Cependant la marginalité c'est tout ce qui nous reste
En aout 2010 ça fera dix ans pour moi, mais c'était dans mon pays d'origine, ça ne compte pas.
Dix années parties en fumée... à l'aube de mes trente ans je comprends que ce jour est celui de ma mort, ou de la mort de celle que j'étais et sans vouloir paraître tarée, je renais en ce moment mais dans la douleur.
J'ai tenté de faire comme si de rien n'étais... mon viol (c'est affreux MON VIOL) c'est ma bosse invisible, elle est là sur mon dos, omniprésente.
Mes parents n'en savent rien, il faut préciser que la chose a été présentée comme une punition.
Et oui à 20 ans j'ai décidé d'écarter mes cuisses (pour un petit abruti d'ailleurs) et je lui en avait parlé parce que figurez vous que nous étions très proches, le cousin cool de la famille, hyper ouvert sur cette question, bla, bla, bla ... et je fais moins confiance aux femmes, de ma famille en particulier.
Je lui ai donc dit que je n'étais plus vierge, assise sur un banc, et là soudainement, une douleur dans le ventre, celle du coup de poing... incapable de respirer cet instant est gravé dans ma mémoire, ces quelques secondes où je réalise que j'ai mal, mais pourquoi? Je lève les yeux je le vois, debout, fou de rage, je mets quelques secondes à saisir, comme si le ciel me tombait sur la tête.
Après m'avoir frappé, insultée et menacée de mort (parce que je souillais l'honneur) pendant deux heures dans un grand parc public où le gardien était venu lui dire d'aller finir son affaire ailleurs. Après que j'aie tenté de me jeter sous une voiture me pensant réellement coincée... après être rentrés pour le grand dîner familiale où il n'a cessé de faire comme s'il allait me dénoncer... j'étais terrorisée (et cela me semble aujourd'hui étonnant moi qui était la grande gueule, rebelle...)...
Il a put user de son privilège de mâle... Sur le "toit terrasse" où nous avions l'habitude de converser et de jouer aux cartes... en forçant un peu, j'ai les bras assez fin et épuisée par tout ce qui s'était passé avant... en fait tout le conditionnement... et oui cette honte qui me suit je n'ai pas réussi à me défendre, je n'ai pensé qu'à fuir cette maison sans faire de vagues.
Le lendemain j'ai pu enfin me laver l'entre jambe, j'ai alors comprit qu'il avait prévu de m'épouser, sa mère savait ce qui s'était passé mais pour elle ça allait me forcer à dire oui. Elle étais venue me trouver et m'a dit d'épouser son fils car il souhaitais venir en France.
Dix ans plus tard cette histoire me suit comme mon ombre, elle passe dans ma mémoire mais il y a des trous noirs, des moments vides... La pénétration entre autre, je ne me souviens pas, je ne me souviens que du ciel et des étoiles à ce moment là, des larmes sur ma joue et de lui qui me regarde et me disait que j'étais... belle.
Belle parce que paillasson, vide couille, outre à sperme. Bonne à marier... et surtout je devais lui dire merci qu'il se contente d'un fruit qu'un autre a touché...
Pendant un an j'ai nié l'évidence, j'ai fait comme si rien ne m'étais arrivée.
Passionnées par l'Histoire j'ai cessé de me rendre au cours, je me suis isolée et enfoncée dans des relations glauques...
Il est venu en France un an plus tard, brillant étudiant, fils parfait... il avait obtenu un visa pour étudier ici. Quand je l'ai apprit mon corps s'est mis à trembler, je ne pouvais plus me voiler la face et le mot viol s'est matérialisé.
Je voulais devenir écrivain, j'ai brûlé tout ce que j'avais... ce désir est revenu depuis quelques années, mais aucune confiance en moi, je dois tout réapprendre... écrire c'est aussi une discipline, un art à maîtriser.
Par contre ce n'est plus la naïveté de mon adolescence ou de mes vingts ans... il n'y a que des prédateurs et des rescapés dans ma tête, du sang et de la sueur, des rêves brisés... Il n'y a que tout ce que je connais bien. La violence est une réelle compagne pour moi depuis que j'ai eu conscience du monde et de mon existence...
Je commence seulement et très légèrement à ressentir quelque chose quand je laisse un homme s'enfoncer en moi et croyez moi j'en ai eu des amants, je pensais chercher l'amour, je croyais vouloir me caser, j'étais devenue soumise... en réalité je voulais ressentir mon corps, je ne le ressentais que dans la douleur...
Un viol ce n'est pas comme dans les films, on y survit comme dit Despeinte, on peut même être heureuse avec le temps, je le souhaite, mais c'est là, toujours là, toujours là...
J'ajoute que je ne condamne pas ma culture d'origine, ni ma religion de naissance, je suis agnostiques mais j'ai grandi dans des valeurs musulmanes... par ma mère, mes grands parents, des oncles aimants... J'ai eu la chance de voir aussi des pères aimants (contrairement au mien), j'ai trois frères adorables, je ne hais pas les hommes. Chaque individu est complexe...
Ce qu'il a fait c'est un acte de prédation, une façon de m'assigner à ma supposée infériorité. Lui même issu d'un milieu violent... La tradition, la religion se ne sont que des prétextes.
Étrange n'est ce pas? Ce besoin de le comprendre, tout comme celui de comprendre mon père (très violent)... si je cède entièrement à la haine je ne survivrais pas je le sais, du coup je cogite mais parfois c'est comme si ça me tuait lentement... l'éternel "pourquoi".
Du coup je me demande si c'est pire quand c'est un inconnu?
Pour moi la misogynie, le machisme... existent dans mes deux cultures. Et tant de femmes y collaborent.
PS: Une femme dit qu'il n'y a pas beaucoup de noms non européens, je ne sais pas si c'est une explication, mais nous parlons peu... ma mère a été mariée à 14 ans et pendant des années elle utilisait le même mot pour dire viol et rapport sexuel... ça se transmet tout ça... J'ai une cousine qui a été violée dans des conditions similaires, j'ai une petite cousine qui a subit des attouchements pas un voisins à l'âge de huit ans... aucun de nos parents ne le savent.
Voilà en espérant ne pas sembler pathétique, c'est un entrainement pour moi, je dois écrire là dessus à la psychiatre que je consulte depuis trois ans (je commence à peine à en parler, bizarrement depuis mon retour de Palestine-Israël). C'est pour me motiver un peu, je ne sais pas pourquoi ça me fait flipper de l'écrire... et de le lui faire lire.
J'aime beaucoup vos entrailles mademoiselle ou mesdemoiselles? ça fait un bien fou! surtout pour quelqu'un comme moi femme, maghrébine en France... que de tares qui s'accumulent!
@Kali : Merci, très sincèrement, pour ce texte. Rien de pathétique à l'horizon, je te rassure. Bienvenue sur le site Kali.
Merci
Pas mal de fautes quand même mais j'ai un mini PC du coup un peu de mal à traquer tout ça.
Bonne journées à toutes et à tous.
@Kali : Oh mais de rien ! Et on s'en fout des fautes ! (j'ai moi même un mini PC, et je confirme, ça peut relever de la chirurgie fine d'écrire un article avec).