LA POESÍA ES UN ARMA CARGADA DE FUTURO
Par Mademoiselle le 15/08/08, 14:13 - Les special guests
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Couteaux
Maldigo la poesía concebida como un lujo
cultural por los neutrales
que, lavándose las manos, se desentienden y evaden.
Maldigo la poesía de quien no toma partido hasta mancharse.
LA POESÍA ES UN ARMA CARGADA DE FUTURO
Cuando ya nada se espera personalmente exaltante,
mas se palpita y se sigue más acá de la conciencia,
fieramente existiendo, ciegamente afirmado,
como un pulso que golpea las tinieblas,cuando se miran de frente
los vertiginosos ojos claros de la muerte,
se dicen las verdades:
las bárbaras, terribles, amorosas crueldades.Se dicen los poemas
que ensanchan los pulmones de cuantos, asfixiados,
piden ser, piden ritmo,
piden ley para aquello que sienten excesivo.Con la velocidad del instinto,
con el rayo del prodigio,
como mágica evidencia, lo real se nos convierte
en lo idéntico a sí mismo.Poesía para el pobre, poesía necesaria
como el pan de cada día,
como el aire que exigimos trece veces por minuto,
para ser y en tanto somos dar un sí que glorifica.Porque vivimos a golpes, porque apenas si nos dejan
decir que somos quien somos,
nuestros cantares no pueden ser sin pecado un adorno.
Estamos tocando el fondo.Maldigo la poesía concebida como un lujo
cultural por los neutrales
que, lavándose las manos, se desentienden y evaden.
Maldigo la poesía de quien no toma partido hasta mancharse.Hago mías las faltas. Siento en mí a cuantos sufren
y canto respirando.
Canto, y canto, y cantando más allá de mis penas
personales, me ensancho.Quisiera daros vida, provocar nuevos actos,
y calculo por eso con técnica qué puedo.
Me siento un ingeniero del verso y un obrero
que trabaja con otros a España en sus aceros.Tal es mi poesía: poesía-herramienta
a la vez que latido de lo unánime y ciego.
Tal es, arma cargada de futuro expansivo
con que te apunto al pecho.No es una poesía gota a gota pensada.
No es un bello producto. No es un fruto perfecto.
Es algo como el aire que todos respiramos
y es el canto que espacia cuanto dentro llevamos.Son palabras que todos repetimos sintiendo
como nuestras, y vuelan. Son más que lo mentado.
Son lo más necesario: lo que no tiene nombre.
Son gritos en el cielo, y en la tierra son actos.Gabriel Celaya
Interprêté par paco Ibanez
(traduction approximative ici)



Commentaires
C'est magnifique. Notamment ;
"Je maudis la poésie conçue comme un luxe
culturel par ceux qui sont neutres
Ceux qui, en se lavant les mains, se désintéressent et s´évadent.
Je maudis la poésie de celui qui ne prend pas parti jusqu'à la souillure."
Cela me fait penser à cette phrase de Berl, citée dans les excellents Chiens de garde de P.Nizan, et qui s'applique au champ de la philosophie académique :
"Philosophie d'abstentionnistes. Philosophie dont le but est de montrer les choses à tel point compliquées que nul ne puisse les imaginer modifiables et qui tâche d'accumuler autant de difficultés qu'il faudra pour ne rien résoudre. La réflexion n'est plus ce qui permet de juger, mais ce qui permet d'ajourner le jugement. Il s'agit d'abord devant un pb de trouver le biais grâce auquel on s'éloigne du centre vivant où ce pb comporte un oui ou un non."
Magnifique... Merci Mademoiselle S.
Belle traduction La sonate de Kreutzer et si les mots que vous adressiez dans un précédent commentaire m'étaient destinés, je vous en suis très reconnaissant. Très sincèrement.
Dans cette aube noire vous aurez distingué une clarté particulière et c'était le sourire de Mademoiselle en personne... :). Celui-là manque cruellement...
Le problème ce n'est plus même l'évidence de la répression des polices sécuritaires mais, les autres étant de toute façon perdus, la généralisation des polices du sensible à des êtres qui, a priori, se situaient dans les résistances.
Je viens de trouver cet étonnant parallèlisme avec Berl, au fond, toujours ds votre aube noire.
"C’est assez dire d’un enseignement qui ne vise que la carotte que le bâton n’est jamais loin et comme sans créations, ni critiques envers le maître, un tel enseignement n’est pas voué à la révolution créatrice mais à la régression du faux. Dans une telle logique le vrai est remplacé par le faux qui à son tour est remplacé par le faux du faux etc."
La traduction n'est pas de moi.
Oui sans doute et c'est assez Debordien également. C'est ce fameux miracle de la pensée lorsqu'elle s'approche au plus près du réel, il y a des points de confluences dont l'épicentre est la vie-même...
Je suis convaincu que vous apprécierez beaucoup cette magnifique chanson (si déjà vous ne la connaissez pas?)
http://www.youtube.com/watch?v=d2Kp...
Mademoiselle et son ami c'est aussi à votre attention que je poste un lien vers cette chanson
Un déjà lointain moment de fraîcheur :
" « J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques à voter pour moi, à s'inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle.
Coluche reçut des soutiens hétéroclites, dont Deleuze et Bourdieu. Ce dernier écrivait au sjet de cette "candidature" :
"Les clercs défendaient ce que Max Weber appelle leur "monopole de la manipulation légitime des biens de salut" et dénonçaient l'exercice illégal de la religion. Quand on dit à un simple citoyen qu'il est irresponsable politiquement, on l'accuse d'exercice illégal de la politique. Une des vertus de ces irresponsables - dont je suis - est de faire apparaître un présupposé tacite de l'ordre politique, à savoir que les profanes en sont exclus. La candidature de Coluche fut l'un de ces actes irresponsables. Je rappelle que Coluche n'était pas vraiment candidat mais se disait candidat à la candidature pour rappeler que n'importe qui pouvait être candidat. Tout le champ médiatico-politique s'était mobilisé, par-delà toutes les différences, pour condamner cette barbarie radicale qui consistait à mettre en question le présupposé fondamental, à savoir que seuls les politiques peuvent parler politique. Seuls les politiques ont compétence (c'est un mot très important, à la fois technique et juridique) pour parler de politique. Il leur appartient de parler de politique. La politique leur appartient. Voilà une proposition tacite qui est inscrite dans l'existence du champ politique. »
A tous et à chacun, Isa l'obséquieux, La Sonate à Kreutzer en particulier qui passe son temps à maudir,
Bourdieu.... je me marre ! Vous me fatiguez.
Il n'a rien inventé celui-là, quand bien même il est de bon ton de le citer.
Côté philo, la période est creuse. Faut dire qu'il n'y a rien d'autre à se mettre sous la dent, sauf...Mademoiselle, qui cuisine l'érotisme et dont le fruit défendu est la cerise. Dénoyautée ?
Quelle équipe !
Prétentieuse, arrogante, violente, néo fasciste quand bien même elle s'en défend, ou extrême-gaucho primaire. Les deux ensemble aussi.
Elle apprécie tâter le genre littéraire mais se vautre lorsqu'il faut argumenter.
La plupart des commentateurs de ce blog sont d'une ignorance crasse.
Des A F F R E U X.
Vous ne savez rien ou pas grand chose. Vos discours sont stériles.
Vous empruntez à vos ascendants des idées que vous êtes incapables d'assumer.
Vous solliloquez...ah ça oui ! Qu'est ce que vous solliloquez !
Vous êtes obséquieux et suffisants.
Pouah !
Madame poëte-pouah, bien le bonsoir.
Bonne soupe et bonne nuit.
Bof, dans le commentaire n° 10, je ne vois qu'un personne en face de son miroir ("vous me fatiguez"). "Madame" est peut être de droite. Personnellement, quand je vais sur des forums ou site de gens que je n'aime pas, j'essaye toujours de comprendre le fond.... personne n'est ignorant, et de toute manière, je ne vois pas pourquoi on devrait reprocher avec des insultes, à quelqu'un son ignorance.
Moi je découvre ce blog et ces gens, j'ai horreur de l'arrogance, de la prétention, de la violence, du néo-fascisme, et des gens qui se disent d'extrème-gauche par moutonisme ou par snobisme (quoi que je les préfère quand même aux gens de droite)....et comme "Madame" peut-être, j'ai tendance à voir celà un peu partout. Mais non, il faut du temps pour juger les autres. Pour le moment je ne vois que de la sincérité.
Peut-être qu'il faut- aussi bien comprendre ce poême.
Je n'ai lu que la traduction.
Je déteste les marchands d'art, et l'art et la culture en général qui sert à se démarquer du peuple.
Mais je me demande tout de même si parfois la poésie ne peut pas servir de bulle pour échapper à la souffrance. Dans ces cas là, la poésie n'est plus tellement en relation directe avec la souffrance ? Et n'est plus tellement politisée ?
Madame, j'ai deviné qui vous êtes :)....(à cause de l'expression "ignorance crasse") C'est que vos conversations de salon on l'air de voler beaucoup plus haut...
(bon, pardon de jouer ce jeu idiot ici...mes ces gens me font trop rire...)
Vous voyez comme vous êtes : Paco a chanté des poètes sublimes, et vous trouvez le moyen d'aller exhumer cette bouse du pitoyable Celaya, qui prouve en quelques vers mazlhabiles et scolaires qu'il n'a jamais rien compris à ce que pouvait être la poésie : l'antifranquisme n'excuse pas tout. Plus nul que lui, dans le choix fait par Ibañez, je ne vois guère que Guillén...
Voilà un message qui n'a pour but que d'être méchant.
Et à mon sens idiot, parce qu'on ne peut pas traiter de "bouse" quelque chose que d'autres considèrent comme magnifiques.
C'est considérer l'art comme une compétition. Vous êtes nul, et votre culture ne vous sert à rien, si ce n'est à frimer (c'est du moins l'impression que vous donnez à travers vos quelques phrases de ces derniers jours)
@ Ali : vous êtes totalement dans l'erreur. Vous pouvez bien sûr trouver mon commentaire méchant, mais ce n'était nullement son but. Il se trouve que l'art est essentiellement hiérarchique, même si cela déplaît à notre époque. Il se trouve aussi qu'un Gabriel Celaya n'arrive pas à la rotule d'un, par exemple, Luis Cernuda, ou même d'un Miguel Hernandez. Pour ne rien dire de Jorge Manrique ou d'Antonio Machado, tous poètes mis en musique et chantés par Paco Ibanez. Pourquoi me serait-il interdit de le signaler ? Ou, du moins, d'exprimer mon opinion à ce sujet ?
Vous dites ensuite qu'on ne peut pas traiter de bouse quelque chose que d'autres admirent. Mais si, on peut très bien ! Est-ce parce que le "Da Vinci Code" a eu des dizaines de millions de lecteurs que je dois m'interdire d'affirmer que c'est une sombre merde ? Poussons encore un peu votre raisonnement : sous prétexte que des millions de Français trouvent que la politique de Nicolas Sarkozy est bonne pour la France, on devrait faire taire les critiques qu'elles peuvent inspirer à d'autres ?
Pour revenir à l'art, s'il n'est pas, en effet, une compétition (encore que, il y aurait à dire...), il est en tout cas, toujours, affirmation d'une singularité et, le plus souvent, d'une supériorité. C'est ce qui le rend souvent désagréable et, par là même, précieux.
Quant à la prétendue culture dont vous faites mine de me gratifier (à charge, bien entendu), mieux vaut n'en pas parler tant elle est essentiellement faite de trous.
Les ficelles sont grossières...C'est fatigant. Mais soit, cela m'a fait penser à cette letrilla de Gongora :
Letrilla "Andeme yo caliente Y riase la gente"...
Luis de Gongora Place de la Trinité (Cordoue)
Ándeme yo caliente
Y ríase la gente.
Traten otros del gobierno
Del mundo y sus monarquías,
Mientras gobiernan mis días
Mantequillas y pan tierno,
Y las mañanas de invierno
Naranjada y aguardiente,
Y ríase la gente.
Coma en dorada vajilla
El príncipe mil cuidados,
Cómo píldoras dorados;
Que yo en mi pobre mesilla
Quiero más una morcilla
Que en el asador reviente,
Y ríase la gente.
Cuando cubra las montañas
De blanca nieve el enero,
Tenga yo lleno el brasero
De bellotas y castañas,
Y quien las dulces patrañas
Del Rey que rabió me cuente,
Y ríase la gente.
Busque muy en hora buena
El mercader nuevos soles;
Yo conchas y caracoles
Entre la menuda arena,
Escuchando a Filomena
Sobre el chopo de la fuente,
Y ríase la gente.
Pase a media noche el mar,
Y arda en amorosa llama
Leandro por ver a su Dama;
Que yo más quiero pasar
Del golfo de mi lagar
La blanca o roja corriente,
Y ríase la gente.
Pues Amor es tan cruel,
Que de Píramo y su amada
Hace tálamo una espada,
Do se junten ella y él,
Sea mi Tisbe un pastel,
Y la espada sea mi diente,
Y ríase la gente
Luis de Góngora y Argote, 1581
Comme quoi il y en a qui font du burlesque avec talent
Ben oui, avec tous ces ouvriers qui ont appris à lire, à notre époque la pensée est nivelée par le bas...
La pensée est en effet tragiquement nivelée, mais je ne pense pas que les ouvriers y soient pour quelque chose.
Néanmoins, s'il vous amuse de manier l'ironie lourde, ne vous gênez pas pour moi...
Et arrive, parfois, que le nivelé soit pensé par le bas...
Mademoiselle je maintiens: ce poème-ci de Celaya était digne d'une belle interprétation.:)
Je vous recommande chaudement Manoel Serrat chantant Antonio Machado.
Je renonce à répondre à Madame. On ne s'abaisse pas à répondre à la bêtise sans prendre le risque de perdre l'équilibre...
Merci Isa, ça faisait longtemps que je ne avais pas écouté J. Manuel Serrat.