L'esprit de Noël
Par Mademoiselle le 23/12/09, 20:47 - Les Couteaux
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plaies
Purement technique
Les occidentaux que nous sommes ont un terrible souci à cette époque de l'année : se préparer au traditionnel repas de Noël, bien gras, bien long, bien familial. Entre la
poire et le fromage, il est possible que tonton remarque que les
noirs ont le rythme dans la peau avant que tata rétorque qu'en plus
ils courent vite. Peut-être aurez vous également droit à de cruciales réflexions sur l'identité nationale et le vivre ensemble, au sein d'un monde complexe, en mouvement, et d'une Europe vachement chouette quand même tellement que c'est la paix.
Tout d'abord, l'arrivée. Il faut être vigilante dès le départ. Il est possible que la nouvelle femme de votre cousin vous saute immédiatement dessus pour vous parler de fâme à fâme. Elle s'est mariée récemment, alors évitez-là dès le départ. Si vous ne le faites pas, vous aurez le droit à l'interminable récit de cet éphémère moment de gloire que fut son mariage. Si elle vient d'avoir un enfant, soyez encore plus prudente. Sachez qu'elle risque de vous coller son gamin dans les bras comme si c'était un cadeau. Elle se mettra ensuite à vous raconter tout un tas de trucs dégueulasses sur les troubles digestifs de son bèbè, ce dont vous vous foutez complètement. Si vous voulez survivre, il faudra rapidement assumer votre monstruosité, montrer clairement que ça ne vous fait pas vibrer l'utérus du tout. Pour cela, prenez un air extrêmement maladroit lorsque vous aurez le gamin dans les bras afin de faire peur à la mère, ajoutez au tableau un air vaguement dégoûté et tenez l'enfant loin de vous. Lorsque la petite lumière du mépris viscéral luira dans l'œil de la môman, vous aurez gagné, elle vous foutra désormais la paix durant tout le repas. Cette technique peut vous paraître un peu radicale, mais sachez qu'elle vous permettra d'échapper à une longue discussion de femelles complices sur le tic tac de l'horloge biologique et la beauté du don de soi à travers l'enfant, ciment du couple.
Attention, vous avez évité ce premier piège rose gluant, mais c'est loin d'être terminé.
Vous pouvez également être confrontée au mari priapique de tata. Ça fait des années que vous le pratiquez celui-là, son amour pour vous à grandi avec la taille de vos bonnets de soutien-gorge. À Noël dernier, il vous a reluqué les seins pendant deux heures en répétant qu'il aimait les femmes comme vous, avec de l'esprit -pour ceux qui ne savent pas encore, l'esprit féminin est équipé de tétons-. Pour que le repas soit moins pénible, amusez vous à donner quelques petits coups dans son entre-jambe mental en vous attribuant toutes les tâches estampillées masculines. Commencez par le vin. Débouchez vous-même la bouteille, servez le vin et critiquez ses choix. Vous pouvez également lui donner quelques conseils sur l'ouverture des huîtres, pour éviter ces désagréables petits morceaux de coquilles cassées.
Si vous voulez vraiment l'emmerder, lisez Auto Plus avant le repas pour lui couper l'herbe sous le pied lorsqu'il se penchera en arrière, repus, pour causer du dernier moteur hybride.
Si vous êtes affublé de testicules, et que vous voulez éviter absolument l'épreuve de la réunion des mâles devant la maison, à causer de la bagnole de tonton machin ou le traditionnel appel des femelles aux mâles pour brancher le dernier équipement hi-tech, ouvrir les huître ou découper la dinde (pas la belle sœur, le volatile), optez pour la technique infaillible de mon père : prenez le premier livre qui vous tombe sous la main (un télé sept jours fera très bien l'affaire en cas d'urgence), et absorbez vous dans la lecture, en faisant mine de tout oublier autour. Prenez un air obtus, enfoncez-vous dans le canapé, normalement ça marche.
Enfin, pour les plus fatiguéEs de l'année, pour ceux/celles qui ont morflé chaque fois qu'ils/elles ont allumé la télé ou la radio, ouvert un journal ou entendu causer le buraliste, BUVEZ de l'alcool en quantité, et lâchez-vous un peu. Allez-y, surenchérissez aux propos de tonton machin, qui croit que dire maghrébin à la place d'arabe et voter PS le protège du racisme. Foutez-lui le nez dans sa merde. Tapez sur votre connasse de cousine Angélique qui minaude en bavant que les hommes et les femmes sont différents quand même, y'a qu'à voir biologiquement. Dites lui d'aller faire la vaisselle avec ses ovaires, que ça vous permettra de terminer votre cognac tranquillement. Chauffez-vous, montez en puissance, n'hésitez pas à salement tacler à la cheville, méchamment, pour casser de l'os... parce que c'est ça aussi l'esprit de Noël, un moment hors du temps pendant lequel on peut se permettre de rêver un peu.
Allez, bon courage à tous et toutes, encore une grosse semaine et c'est terminé.



Commentaires
allez, dodo et puis hop, dés demain je met vos conseils a exécution : je cause auto-moto en picolant et en refourgant mon gosse a ses tatas pendant que je reluque les trois autres, jalouses font ma vaisselle. Et avec un peut de chance il y aura une photo de miss france en bikini dans le télé 7 jours...
<- papa heureux après avoir lu les bon conseils de mademoiselle
La dinde dans la gueule de tonton Marcel lorsqu'après un cul sec de bon rouge, il lancera un "Toute façon les femmes ont tout de même un instinct pour la cuisine, y'a qu'a voir ma petite Lili, regardez, elle a commandé une cuisinière pour Noël! Hein Lili tu aimes ça faire comme Maman ?"
J'ai des tétons _et_ des testicules, pas de famille, pas de fêtes, pas de religion de toutes façons, et donc plein de temps pendant ces jours de torture mutuelle des beaufs pour faire ce que j'ai envie de faire (et sûrement aussi un client ou deux : ils savent que je suis disponible, contrairement à la plupart de mes collègues, quand ils ont besoin de changer d'air aux alentours du 26-28 décembre)... Z'êtes jalouses/-x ?
Cela dit, même si j'avais une famille etc, il serait hors de question de je la voie et/ou que je m'abaisse à ces foutaises de dressage social : je ne ferai plus jamais ce genre de compromis(sions), quoi que d'autres en pensent. Et rien à foutre si ça devait filer une syncope à une vieille tante ou similaire : c'est ma vie, pas la leur, je ne leur dois absolument rien.
La famille est la cellule de base du système d'oppression sociale. Qu'elle crève donc.
@GouineMum : y' en a légion à avoir tétons et testicules.
Ceci étant dit, attaquer par "la famille la cellule de base du système d'oppression sociale. Qu'elle crève donc." offre une alternative non négligeable à la discussion "sortie de Johnny de l'hôpital".
Excellent! On ne saurait mieux résumer cette tragédie grotesque qu'est Noël! La gosse est trop petite pour que je m'esquive encore de cette crétinerie sans nom, mais j'y pense!
héhé... j'ai bien rigolé... j'ajoute à l'étude de cas l'étiquette "mouton noir grande gueule radicale", qui fait que tout ce que tu peux dire ne choque plus, puisque tu es rangé-e dans cette case (on ne t'écoute plus vraiment en fait, ce qui est bien dommage parce que tu ne peux même plus choquer, ce qui serait au moins amusant), et en plus ça se complète dans certaines familles qui se veulent plutôt de gôche et ouvertes d'esprit d'un petit côté "achat de bonne conscience".
> Puisqu'on a pondu une fille aussi grande gueule et engagée, on n'est pas si complètement largués qu'on le craignait, alors laissons-là s'agiter avec bienveillance...C'est là que tu te rends compte de la vacuité de ton emballement, que tu te rassieds, te ressers un bon coup de cette fine de marc du Languedoc qui est ma foi excellente, et que tu souries bêtement au tonton qui hoche la tête devant la grande fille, un peu excessive, mais passionnée, que tu es devenue... plus que deux jours à tenir... :-)))
ah ben mince alors...
ben... j'avais pas pensé que le truc c'était de se mettre à parler voiture et tout et tout...
faut dire que moi j'ai pas eu la chance de naître avec des attributs féminins...
donc forcément...
mais bon...
ce genre de situation se rencontre aussi un peu partout en dehors du repas de noël...
en fait dans tous les repas de société...
maintenant, même en dehors de la famille, il faut être "famille", johnny, maison bouygues, windows, alcool, ipode itrucmuch, sms, msn, emule, sexe, voiture, moteur, marque,...
en fait je sais plus, tellement y'a de trucs qui ne m'ont jamais tenté, tellement les gens qui s'y réfèrent sont médiocres, puants, dominateurs,...
bref
je fais du désir mimétique inverse : moi, le médiateur du désir, me dégoûte de tout objet de désir...
du coup
comme les médiateurs s'emparent de tout...
il ne me reste plus grand chose à aimer de la vie...
en fait si
du coup j'en parle pas, pour pas qu'ils se les approprient...
Mlle S : Tout à fait (pour les deux points)
Par ailleurs, il y a une chose qui m'a toujours énervée encore plus que tout ce tralala oppressif de décembre : le fait que quand j'étais encore commerçante (dans un magasin, j'entends
), on me balance des voeux de nouvelle année (quelle année ? le décompte du temps et les calendriers sont absurdes et ne servent à rien ; et ma santé c'est pas vos oignons) pendant au moins tout la mois de janvier, en exigeant évidemment que je les rende, en bonne esclave de la "norme" sociale. Heureusement ça au moins c'est fini pour moi.
Antisociale, out and proud !
il y a une "nouveauté" (le neuf tient à la manière talentueuse avec laquelle s’affirme cette nouveauté). Je l'observe depuis quelques années, je l'observe et j'en joui. Mademoiselle, Hikiko, Coline Honoré, quelques autres ont en commun d'être des jeunes femmes et d'avoir un humour détonnant, corrosif, jouissif, un humour de plume, de belles plumes car elles sont à l'écrit comme à la vie vivantes.
Excess of sorrow laughs, excess of joy weeps écrivait William Blake.
En même temps qu’il aura tué les dernières lueurs d’humanité le fétichisme de l’argent aura consacré son triomphe absolu sur le plus petit sentiment de prééminence de la vie sur sa corruption déployée et écrasante. Pasolini confiait qu’il y a des gens qui souffrent et se taisent (il les aime), des gens qui ont des solidarités pour les premiers (il les respecte) et les autres, sans concessions, il les hait. C’était il y a quelques décennies depuis lesquelles une haine disciplinée, avec ses grandes négations et sa seule ambition, l’argent, fauche des vies aussi tôt que possible. Les enfants naissent dans des propriétés privées. Tout est déjà là, privé d’intimité sensible et de propriétés macérées dans les concussions pécuniaires de la philautie*, qui prépare la vie à sa monstruosité.
Car pour le reste si la « vie est courte » la conscience qu’on doit à Shakespeare** autant qu’à soi peut tout aussi nous vouer à cette dignité qui est encore « la meilleure façon de marcher sur la tête des rois ». Autrement dit attachés à un frère, à une sœur, à quelques parents, on peut en toute conscience qu’à tous moments la vie peut nous être ôtée, marcher ensemble sur la tête des rois. C’est ainsi que j’envisage ces repas du moins…
Sagesse, p. 233, dans LACURNE
Citations de CHARRON
** « Ô gentislhommes, la vie est courte, si nous vivons nous vivons pour marcher sur la tête des rois » (Shakespeare)
"prenez le premier livre qui vous tombe sous la main (un télé sept jours fera très bien l'affaire en cas d'urgence), et absorbez vous dans la lecture, en faisant mine de tout oublier autour. Prenez un air obtus, enfoncez-vous dans le canapé, normalement ça marche." ... excellent conseil qui permet en + de passer pour un-e intello à peu de frais ;o)
j'adore ! J'ai approuvé mentalement les première techniques ("softs") mais suis littéralement entrée en transe à la lecture de la dernière partie.
Rester civilisée, un minimum compréhensive et sociable (y compris avec les pires ...) mmm certes, mais RÊVER qu'on débride un peu ses pulsions et ses pensées brutes, c'est bien meilleur!!!! Bon Noël aux damoiselles et aux damoiseaux de ce site =)
Ne pas fêter Noël en famille c'est passer pour l'ingrate mais ça repose.
Le mélange orgie de bouffe et réunion de famille est plus qu'indigeste.
Ne pas fêter Noël.
Se réserver pour le 31, et donner un bon coup de talon dans l'année passée pour s'élancer dans la nouvelle, en espérant ne pas se vautrer comme une merde...
Ouf, ici, pas de Tonton libidineux, de vieille tante ou de nouvelle belle-soeur, d'échanges sur l'identité nationale ou Johnny! Pas de rire gras ou de coup bas.
On a fêté ça en petits comités (une fois avec des amis très proches, une fois avec la famille très proche). Tout le monde donne un coup de main, on boit du bon vin(pas mal), on mange de bonnes choses (ouais, trop)et on rit beaucoup. Bref, pas de chichis. La fête jusqu'à l'aube avec ceux qu'on aime.
Bon, allez, j'espère que je ne m'avance pas trop, il me reste un Noël ce soir...
Je suis assez atterrée de constater que tout le monde ici semble s'ingénier à trouver des échappatoires/remèdes au côté oppressif et destructeur de ce rituel social soi-disant obligatoire : mais p*tain de b*rdel, pourquoi vous ne le boycottez pas tout court ? Vous en avez parfaitement le droit, just do it. Chaque seconde de votre vie donnée à cette merde est une seconde perdue et qui vous détruit. Il n'y a aucune raison d'accepter ça.
Je n'accepte du rituel que ce qui me permet de me remplir l'estomac. Comme ça, mon estomac est content, moi aussi, le temps que l'alcool fasse son effet et, pour le reste, je vois plutôt moins de monde que lors d'un repas entre amis, je ne fais pas la fête (même si je voulais, j'aurais du mal vu mon cercle social étriqué)...
On a moins de coeur qu'à l'allé GouineMum n'est-ce pas? L'aventure est finie....
Il s'est passé que sous la "contrainte" nous avons été entendu. Nous le supposons du moins. Nous avons été entendus de gens qui nous entendent moins d'ordinaire. Nous ne vivons pas "entre nous" et ce serait entre vous et nous, GouineMum, à couteaux tirés. P*tain de b*rdel aussi est-il de trop. Pour le moment...
Si l'on additionne toutes les cousines neo mariées, les belles soeurs jeunes mères, les tontons pervers, les cousins automaniaques, les beaux dabes pas cistra mais quand même, etc etc... ça commence à en faire un bon gros tas de glandus, non ?
Alors moi, sérieux (je suis toujours sérieux) (sauf des fois) avec mon fond d'utopiste révolutionnaire (car après tout l'utopie d'aujourd'hui c'est la réalité de demain) (n'est-ce pas), je me demandais... comment est-ce qu'on va la faire la société révolutionnée, avec tout ce gros tas de glandus qu'on peut pas blairer ? C'est juste une question que je me pose heing. Est-ce que vouloir éviter, boycotter les gens qui nous font chier (et qui sont avouons le, ultra majoritaire) ce n'est pas finalement une attitude méprisante envers "le peuple" quoi ? En gros, si on est pas foutu de trouver sa place au sein d'un groupe qu'on a pas choisi mais aussi restreint qu'une réunion de famille, c'est quoi la gueule du projet révolutionnaire (et de la société qui va avec, donc) ?
Je sais pas si je suis clair mais j'avais envie de le dire. :o)
(après relecture, je ne suis pas sûr que mon commentaire appelle vraiment une réponse, et comme c'est mon premier ici, je voulais dire que j'aime beaucoup ce que vous faites) (comme ça mon intervention n'aura pas été totalement inutile)
Isa : Je n'ai aucune idée de quelle aventure tu parles. Pour ma part je fais ce que je dis.
faydit : Je ne crois pas qu'être révolutionnaire implique de se plier aux délires de connardEs réactionnaires. Ça reviendrait plutôt à ne jamais la faire, la révolution... Etre révolutionnaire ne consiste pas à jouer les nounous, mais, entre autres choses, à botter des culs.
Super ce rêve de Noël ,bonne continuation ...
@ Isa, GouinMum et Faydit...
ben voilà...
Moi ça fait très longtemps que je n'ai jamais fait de repas de Noël ou du premier de l'an.
En fait ça date de tellement loin que je ne sais quand ça a commencé...
En même temps, ben ça fait très longtemps que je n'ai plus grand chose en commun avec mes contemporains, et que en vieillissant, je n'arrive plus non plus à être embauché pour gagner ma vie...
Alors, faut bien reconnaître que c'est perçu comme une désolidarisation affective des congénères et sociale des concitoyens...
donc à partir de là, ben on ne marche même plus sur la tête des rois, et même si on ne "méprise" pas le peuple, le peuple considère qu'on le méprise, parce que le peuple, c'est avant tout une généralité à la fois factuelle et abusive de gens, toutes classes sociales confondues, reproduisant tacitement des règles d'identification commune dont les fêtes sont les éléments clés !
Les fêtes ont toutes une origine sacrificielle. On reproduit symboliquement un événement fondateur de l'identité du groupe. On a évidemment complètement oublié dans la plus part des cas l'événement symbolique donnant le sens de la fête.
Sur un forum de discussion populaire, je suis tombé sur la réflexion d'une pauvre femme priant, au nom de l'esprit de Noël, le Père Noël d'apporter réconfort à une personne de sa connaissance ! Le père Noël remplace maintenant Dieu ou Jésus dans l'esprit de cette personne ! Et presque tout le monde de l'applaudir sur le forum !
Donc le symbole ou le personnage symbolique central de cette fête à disparu, remplacé par un autre...
Mais le geste de réaffirmation inconsciente de liens de société est toujours là !
Il y avait une époque où quand on me demandait ce que je faisais pour Noël, je répondais que je ne le fêtais pas... tout simplement !
Ben même en en discutant sans animosité ni critique, en exposant le simple fait que ça tient au fait que je vis seul par exemple, c'est déroger gravement dans l'esprit des gens à des convenances radicales populaires.
Alors je me tais !
Parce que je me suis aperçu que ça ne servait à rien de dire quoi que ce soit.
On est à un siècle où la propagande issue du Nazisme a réussi totalement à reformater les esprits et ou le peuple est devenu l'instrument de sa propre surveillance.
Alors révolutionnaire, en quoi cela peut-il constituer ?
Ben faut d'abord prendre conscience que ça ne peut plus être comme avant...
Donc qu'effectivement, maintenant, dans les pays occidentaux, le révolutionnaire est forcément contre le peuple... en plus de contre ceux qui ont éduqué le peuple à être cette masse immense d'esprit sans esprit...
Le point important c'est que être contre quelque chose ce n'est pas forcément avoir du mépris.
@ GouineMum : je ne pense pas que faydit parlait de . Plein de gens qui s'adonnent à ce rite ne sont ni connardE, ni réac', ils ne se posent simplement pas la question du pourquoi du comment. Etre avec eux permet aussi de lever le voile sur nos réflexions, sur pourquoi on trouve ça débile, de partager ça avec eux, au moins un bout de ça.
Toi, tu choisis de leur donner des pieds au cul et de te couper d'eux, je respecte ton choix, mais je le trouve pas opérant du tout, de façon générale, et quoi qu'il en soit c'est TA solution, et il n'y a aucune raison de vouloir l'imposer à toustes.
D'autres choisissent de participer, en ce qui me concerne c'est d'abord par amour (hiiiiii) pour mes parents, ma soeur, ma mamie, et pas un amour obligé, social, automatique, mais parce que ce sont des êtres avec qui j'interagis vraiment, on se parle, on s'engueule, on s'entraide, on s'amuse. Ils savent ce que je pense de noël, de la fête des mères, etc., je suis là et je leur dis, mais je ne leur crache pas dessus, et petit à petit certains de mes arguments font leur chemin (on ne fête plus la fête des mères ; on n'inonde pas de cadeaux le seul petit bout de la famille).
Et comme dit faydit, ça sent un peu le mépris social pour celleux qui sont moins éclairéEs que soi, ton commentaire 14...
ko : faydit disait, en somme, que si on se prétend révolutionnaire il faudrait se plier à ces rituels sociaux absurdes (et tout à fait violents, d'ailleurs) uniquement pour ne pas exclure du futur projet de société ceux/celles qui nous les imposent, ces rituels. Ce genre de pensée tient pour moi du Syndrome de Stockholm, pas de la pensée révolutionnaire : une révolution est par définition une transgression du système en place, afin de l'abolir, pas le respect des oppressions existantes.
Par ailleurs, on est là dans un pensée politique, pas individuelle, donc il ne s'agit pas de '"moi" ou "toi". Et ce n'est pas moi qui ai parlé de révolution la première.
Du reste, si vous vous sentez agresséEs ou mépriséEs par la simple question "Pourquoi vous ne boycottez pas ces conneries qui vous font chier ?" (question à laquelle j'attends toujours des réponses autres qu'individuelles, donc politiques, puisque ma question est politique), c'est vous qui vous dévalorisez et méprisez, pas moi.
Je n'ai pas eu l'honneur d'être invité par Mademoiselle, ni par aucun des réprobateurs de la fête obligée. Aussi je m'en suis tenu, comme tous, à la passer, plutôt que seul, en compagnie des rares personnes qui manifestent le besoin de ma présence; et encore l'on passerait sûrement bien de nous, c'est à dire de moi (!), s'il venait à y avoir des "complications" ainsi que j'en ai connu il y a deux ans lorsque j'étais bloqué, seul, à 950km des miens à cause d'un étrange "dysfonctionnement" bancaire... J'ai pensé quelquefois alors au suicide... Je ne compte pas bien pour GouineMum ni pour aucun autre, laudateurs ou réprobateurs des fêtes. A partir de quoi je peux tout aussi bien épouser le destin de Stig Dagerman (suicidé à 33 ans) que celui de Caraco (qui a toujours dit qu'il se suiciderait à la mort de ses parents, les seules personnes qu'il vit jamais. Ce qu'il fit) ou encore me laisser mener, sans guère de de grandeurs mais également sans en rétrocéder aux conformismes marchands, dans ce grand rien sans amours et sans perspectives révolutionnaires puisque c'est oublié pour une part GouineMum, ce dont Ko a quelques consciences pour cette part: "Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu'il y a de subversif dans l'amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre. » (Raoul Vaneigem, Traité de savoir vivre à l’usage des jeunes générations)
paul : Ben si, ça sert à quelque chose de parler. La preuve s'en trouve entre autres ici-même.
Sans parole aucune pensée et aucun changement ne sera jamais possible. Et d'ailleurs : nos oppresseurs parlent sans cesse, donc il n'y a aucune raison pour que nous nous taisions.
Tiens, une variente : http://www.yagg.com/2009/12/26/post...
Tiens pour une fois je suis d'accord avec GM !

@robesp..euh GouineMum : "faire la révolution c'est botter des culs". Oui mais c'est aussi en tripoter ; lucha y fiesta comme disait le poète.
> "faydit disait, en somme, que si on se prétend révolutionnaire il faudrait se plier à ces rituels sociaux absurdes (et tout à fait violents, d'ailleurs) uniquement pour ne pas exclure du futur projet de société ceux/celles qui nous les imposent, ces rituels. "
C'est bizarre mais j'avais pas vu mon commentaire exactement comme ça... :o))
> "Et d'ailleurs : nos oppresseurs parlent sans cesse, donc il n'y a aucune raison pour que nous nous taisions."
...je l'avais plutôt vu dans ce sens, moi.
Boycotter un repas de famille c'est choisir de se taire, et de laisser des gens chez qui tu pourrais semer le doute, baigner dans leurs certitudes qui elles font partie intégrante du système d'oppression.
Je ne suis pas un intellectouel alors j'ai un peu de mal à concrétiser ce que je veux dire. Cette société, c'est comme ta famille ; tu l'as pas choisie et c'est rempli de glandus. Mais si tu veux imaginer une société idéale, faut bien faire avec (ou alors on a pas la même vison d'une société "idéale" :o)) (d'ailleurs quand tu dis "uniquement pour ne pas exclure du futur projet de société ceux/celles qui nous les imposent, ces rituels", tu me fais un peu peur, mais passons..). Alors soit tu retrousses tes manches et tu vas défendre tes points de vue, tes opinions, etc.. c'est à dire semer le doute (avant de renverser leur façon de penser) soit tu évites tout ce qui ne te plais pas, tu ne te frottes pas à ces gens dont la façon de penser, de vivre et de voir les choses te révolte. Mais dans ce cas rien ne change et les glandus resteront glandus, ils continueront à alimenter le système de pensée dominante qui te fais horreur, etc...
Bon je sais que si on en reste à la cellule familiale et au rituel de noel, je vais juste réussir à crisper les opinions déjà tranchées. Dans "Chomsky et compagnie" (Dvd sorti récemment chez les mutins de Pangée), Chomsky explique que la seule pratique qui effraye les dominants (je raccourci heing) c'est la re-appropriation de l'outil de travail. Les patrons préfèrent déposer le bilan, couler et raser des usines plutôt que de les voir passer sous gestion ouvrière. La gestion par le peuple de l'outil de production est révolutionnaire. Dis GouineMum, est-ce que t'as une idée de la gueule du peuple qui actuellement représente potentiellement la plus grande menace contre le "capitalisme" ? Ouais, à la louche il doit pas mal ressembler à ces glandus qu'il faudrait boycotter. Une AG d'usine, ou de tout "outil de production" à mon avis ce doit être quelque chose, et les réunions de famille à côté un pur moment de détente.
Bref, à moins d'être dans une famille medef, scoute, ou faf, y'a des chances pour que tu te retrouves avec un échantillon de la population, dont certains seront peut-être révolutionnaires -de fait- avant toi. Mais toujours des gros cons parce que tu ne leur aura pas semé le doute
(finalement je sais pas si j'ai été bien plus clair là :o))
Je vais m'arrêter de parler à la place de faydit, hein, mais je ne vois pas où il aurait dit que pour être révolutionnaire, il fallait se plier à ces rituels sociaux. Il se demande comment être révolutionnaire sans se couper du monde ici et maintenant. Et la citation de Vaneigem apportée par Isa me paraît très à-propos.
En termes de réponse politique, l'exemple que je donnais à titre personnel peut s'extrapoler sans problème. Il s'agit de définir une ligne au-delà de laquelle la concession est incompatible avec ses propres principes, et je crois que cette ligne dépend de chacun (autonomie de la personne).
Sinon, puisque tu t'adresses à nous ("pourquoi vous ne boycottez pas..."), je te réponds pour moi, parce que je ne parle pas à la place des autres (enfin, j'essaie) (encore un principe politique) (qui n'empêche pas l'action politique collective, me faites pas dire ce que j'ai pas dit). Et ma position individuelle s'appuie sur un principe politique, que je tente de suivre là comme ailleurs : dans ce domaine (les rituels sociaux festifs) je fais avec les gens, pas contre eux. J'entre pas dans une église pour un mariage ou baptême, mais je participe au repas. Je ne me situe pas en rupture totale avec le monde, mais en rébellion et en contestation parfois interne, parfois à la marge, parfois en rupture absolue. Là où j'estime que c'est nécessaire.
Sous la question que tu poses, qui me paraît formulée de façon personnalisée (tu t'adresses à nous), la question politique que je devine est celle de la perpétuation des rites sociaux, et de la participation à ces rites de personnes n'y croyant pas forcément. On parle de ciment social, donc. D'usages ritualisés. Ta réponse politique semble être de les éliminer right now, la table rase en quelque sorte. Ce qui se passe souvent, après une table rase, c'est un sacré retour du refoulé en bien pire. On arrache pas ainsi des siècles d'habitudes, l'histoire montre bien que ça ne marche pas. Peut-être faut-il inventer une autre façon de les remplacer. Que des électro-chocs radicaux soient salutaires et nécessaires pour mettre à jour l'absurdité de ces rites et rendre une évolution possible, j'en suis la première persuadée. Mais je ne crois pas qu'on puisse les extirper avec des réactions brutales et définitives.
Et il ne faudrait surtout pas croire que tous nos actes sont purement guidés par nos principes politiques conscients. Il y a tout l'indicible, le sensible, le plaisir, l'abandon, la lâcheté, l'arrangement avec soi-même, avec les autres... rien que de très humain
J'ai de la dinde qui me coule par les oreilles, vous m'en voudrez pas si je vous laisse causer tranquillement sans intervenir ?
Il faut que je retourne bosser, j'ai trop joué avec mon cadeau de Noël (vous aurez peut-être des photos maison pour illustrer certains billets un de ces quatre, si le temps me le permet -et si j'ai pas trop honte de mon art moyen-. En attendant, je suppose que personne ici ne souhaite voir la photo de mon chat, mon grand-père ou mes tests en macro...)
Ah oui, et puis merci à tous/tes pour les messages, et bienvenue aux nouveaux/lles commentateurs/trices.
faydit :
Je ne trouve pas du tout que boycotter égale se taire : non seulement on peut très bien dire haut et fort qu'on boycotte et pourquoi (et par là, dénoncer), mais en plus, ta thèse revient à dire qu'il n'y a pas de parole ni de communication possibles en-dehors du cadre qu'on nous impose (personnellement je partage plutôt l'avis, une fois de plus, de Christiane Rochefort : que ce sont les oppresseurs que rendent le dialogue verbal impossible et que ça ne sert donc pas à grand-chose de le chercher à tout prix). Cette thèse nie en fin de compte aussi toute possibilité de parole révolutionnaire, justement. (faire la réviolution sans dénoncer ni refuser, je ne vois pas comment ça pourrait fonctionner)
ko :
Merci de cette réponse politique
Sur le fond de ce que tu dis : tu ne crois pas qu'il y a un moment où on ne peut plus "faire avec les autres" parce que la situation qu'ils nous imposent n'est plus acceptable/vivable ? Et qu'on a un droit au refus ? Quand je lis le post originel de Mlle S, je me dis "Mais pourquoi elle accepte donc de subir toute cette agression, pourquoi accepte-t-elle de la transformer en autodestruction, en toute conscience en plus ?" Elle peut bien sûr avoir ses raisons, mais je pense que savoir dire "stop", savoir refuser, ça s'apprend, et que c'est même un Droit Humain fondamental. Que c'est très souvent vital, dans le sens de "nécessaire à notre survie". (et que justement le système politique dans lequel nous vivons cherche à nous le désapprendre systématiquement, afin de préserver le faux consensus, à sens unique, qu'il nous impose de force)
Donc, je suis pour l'exercice du droit fondamental et absolu au refus de chacunE. D'autant plus quand on est dans un rapport de force défavorable comme en l'occurrence. Car le refus est alors souvent la seule arme immédiatement disponible en notre défense (quitte à en construire d'autres par la suite, mais c'est un autre débat). Bref : "Qui ne se défend pas vit de la mauvaise façon" (slogan anti-autoritaire des années 70, en version originale : "Wer sich nicht wehrt lebt verkehrt").
Quant à ce que tu dis sur les faiblesses humaines, ko : ben oui, mais c'est justement un travail politique nécessaire d'apprendre à les surpasser.
P.S. pour faydit, qui va lui plaire, je le sens
: « La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte. » (Robespierre ; qui n'est d'ailleurs pas du tout une référence pour moi, ne serait-ce que parce que je ne suis pas de culture française et que je ne connais quasi rien à la Révolution Française, ce qui est d'ailleurs sûrement une grave lacune)
Salut,
Mes conseils pour passer un bon noël :
-Pour le tonton baveur, il faut lui offrir une brochure d'infokiosques.
-Pour la famille réactionnaire, venez avec un, une amie noire et/ou arabe. Les asiatiques et les slaves, cela marche moins bien. Je ne comprends pas pourquoi. Ben alors papa/tonton/cousin (au choix), c'est quoi déjà ton histoire que tu nous racontes tous les ans. Tu sais celle où tu nous expliques que la france est un modèle de civilisation qui apprend à ses ouailles à ne pas vivre au crochet de la société....
-Pour vous, monsieur, madame, mademoiselle, expliquez à votre famille que vous avez l'intention de cambrioler une banque. Ou, plus pervers, que vous avez été contacté-e par les services secrets français pour une mission de la plus haute importance et d'ailleurs c'est pour cela que vous vous comportez de façon étrange ces derniers temps, etc.
-Enfin let's do it a dada
Oui, les fêtes en famille de fin d'année c'est chiant mais on peut aussi s'amuser. pourquoi les cons auraient-ils ce droit et pas nous ?
-
ko : "Il se demande comment être révolutionnaire sans se couper du monde ici et maintenant. Et la citation de Vaneigem apportée par Isa me paraît très à-propos."
+1 et je pense aussi que la citation de Raoul était fort pertinente.
"dans ce domaine (les rituels sociaux festifs) je fais avec les gens, pas contre eux. J'entre pas dans une église pour un mariage ou baptême, mais je participe au repas. Je ne me situe pas en rupture totale avec le monde, mais en rébellion et en contestation parfois interne, parfois à la marge, parfois en rupture absolue."
+1
(en gros je voulais pas dire "je" dans mon commentaire mais si j'avais voulu le faire et si je savais écrire j'aurais écrit gzactement la même chose)
@GouineMum : "ta thèse revient à dire qu'il n'y a pas de parole ni de communication possibles en-dehors du cadre qu'on nous impose"
C'est pas faux. Je serais pas aussi radical (heureusement) mais jusqu'à preuve du contraire, la communication se fait à plusieurs. Et si les autres sont soumis à certains cadres, ben de fait, les espaces de communications imposés aux autres le sont pour toi aussi. Maintenenant la notion de "cadre imposé", elle est vaste et n'implique pas toujours les mêmes conséquences. L'école, le boulot, les fêtes sont des cadres imposés. Le débat démocratique est aussi un cadre imposé. Et c'est pas la même portée ni les mêmes objectifs (encore que cela puisse se discuter, j'en conviens). J'ai plutôt tendance à voir les fêtes comme des occasions de rencontrer des gens (même s'il ne s'agit que de tata yvette) que tu ne vois pas en dehors de cette période. Cela a un caractère imposé indéniable, mais sans ses occasions tu ne les verrai pas (et pour cause !). Et pourtant ils existent, et pourtant ils font autant partie de la société que toi, etc, etc... mais là je crois que nos points de vue respectifs sont à peu près clairs maintenant
PS : A propos de la citation de robespierre, la rumeur dit que le monsieur avait la suspicion plutôt facile
Vite fait en passant (je n'ai pas le temps de lire, ni de commenter, tranquillou, j'y reviendrai) : sisi, GouineMum, je crois tout à fait qu'on a un droit au refus, et même qu'il est vital parfois ! Ce que j'essayais de dire avec l'idée que chacunE définit sa ligne de concession où ille veut...
Je reviens plus tard plus en détail
@ Mademoiselle : oh, ben, moi je trouve qu'une photo de chat pour illustrer ton blog serait tout à fait adaptée ! avec un ruban rôse autour du cou :-))))
Je penche franchement du coté de GouineMum dans cette histoire.
Ce débat ressemble furieusement à celui sur l'abstentionisme. "mais si tu votes pas, tu laisses le champ libre à la réaction" contre "mais si tu votes, tu légitimes les institutions réactionnaires". Et ça fait un petit moment que j'ai plus envie de voter (ce que je n'ai fait qu'en de rares occasions de toute façon...).
Mais il y a une troisième option parfaitement invisible mais excellente pour la santé : chier dans l'urne. Pour de vrai.
J'ai même eu l'occasion de la faire en vrai pour les européennes en trempant par avance mon bulletin de vote dans une solution de poisson séché qui pue très très méchamment. Tant qu'il y'aura des volontaires pour dépouiller, ça vaudra la peine de leur pourrir leur soirée.
Et en famille, ça donne des bonnes grosses bastons, avec lancer de trucs divers en options. Si on s'est bien préparé aux conséquences plus ou moins prévisibles (la répressions sociale de proximité), ça peut tout à fait être une poilade de compétition. Les solutions de jmj sont pas mal dans le genre pour des préliminaires.
Quelqu'un plus haut a déploré le contrôle socialisé 'démocratiquement', où le citoyen est le flic des autres citoyens, finalement. Face à ça on n'a pas tellement d'options : désertion et/ou terrorisme, le 'débat' 'démocratique' étant une farce, comme beaucoup l'ont sans doute noté. Bien sûr, poser une bombe chez sa maman n'est pas recommandé par les nutritionnistes, mais on peut avoir un peu plus d'imagination que ça non?
Sinon la citation de Vaneigem me semble porter dans le sens du refus plus que de la soumission politiquement intéressée : quelqu'un qui prône la jouissance sans entraves ne peut pas sérieusement dire que la vie quotidienne réactionnaire (parce qu'elle existe) soit acceptable à quelque niveau que ce soit. A mon sens, il veut plutôt dire qu'il faut porter le conflit dans la vie quotidienne au lieu de rester dans les conflits idéologiques abstraits qui se noient dans la critique impuissante, ou se transforment en parti autoritaire chargée des excommunications. Ou les deux.
Bref, le dialogue social se mène à coup de pompes dans le cul, pas en étant de bons citoyens responsables prêts à discuter avec tout les cons de la terre sous prétexte que l'exclusion, çay le mal.
faydit :
Outre le fait que la communication n'est pas obligatoire (la preuve en est fournie justement par les oppresseurs, voir Rochefort...), et qu'elle peut, comme dit, prendre beaucoup de formes, pas seulement verbales : As-tu remarqué qu'un cadre de communication (aussi vague et vaste puisse être cette notion, mais c'est secondaire dans l'immédiat) peut a) se refuser et/ou b) se (re)définir ? Cela signife que rien n'oblige personne à subir la façon de communiquer que d'autres cherchent à lui imposer, et que tout autorise chacunE à créer et proposer sa propre façon de communiquer. Mais en l'occurrence, et très souvent, c'est la (soi-disant, car autoproclamée) majorité, du haut de son rapport de force, qui entend proposer, ou plutôt imposer, sa façon de communiquer. C'est précisément ce que je conteste. Et j'oppose à ça mon droit de faire ce que je veux de sa communication à elle : p.ex. la relever, le refuser, la remplacer, la détourner, la détruire... rien ne m'oblige à faire comme ceux d'en face. C'est mon choix souverain, en fonction d'un droit inaliénable.
ko :
Oui, bien sûr que chacunE définit ses éventuelles concessions. Mais primo, il n'existe aucune obligation à faire à tout prix des concessions, quelles qu'elles soient. Et secundo, il faut à mon avis surtout se demander à quoi nous avancent les concessions. Moi personnellement elles ne m'avancent à rien, elles me détruisent, et je les refuse donc. Tout en cherchant à inventer des moyens de faire disparaître un de ces jours ce qui m'opprime.
kaos :
"Chier dans l'urne", oui, on peut faire ça (et je l'ai pas mal fait, sous pas mal de formes). Mais personnellement j'en suis arrivée au point, concernant la Terreur-de-Fin-d'Année, que je ne ferai même plus ça, car même ça me fait perdre du temps te de l'énergie au profit de cette oppression : ça ressemble trop au dialogue de sourdEs de Rochefort, puisqu'il y a refus de dialogue du côté des oppresseurs. Opposer un refus catégorique (de se faire convertir en bourrique qui tourne au service de l'oppression p.ex.), dans un premier temps, et, dans un deuxième temps, sortir les couteaux, toujours d'après Rochefort, me semble bien plus utile.
Concernant le dialogue social qui se fait majoritairement à coup de pompes dans le cul : ben oui, et surtout du haut vers le bas. Et c'est curieux comment on ne veut jamais percevoir comme une violence, ou alors comme une violence soi-disant "légitime", les coups de pompes qui viennent d'en haut, et toujours comme violents et illégitimes ceux qu'on essaie de donner depuis le bas en auto-défense contre ceux d'en haut...
Dans l'absolu, je suis plutôt d'accord avec GouineMum, et je girlcotte cette dite festivité depuis bien des années. Mais (il y a un mais, et sans doute pas des moindres), mon conditionnement me pousse à une certaine culpabilité qui m'incite parfois à mentir (nooon, je ne suis pas toute seule pour LA fête de l'année, je m'amuse ailleurs, haha !), ou à offrir "quand même" quelques menus présents. Remarquez, on peut aussi faire passer des messages avec des offrandes (d'infokiosques.net... entre autres). Plus qu'entre le trou Normand et l'énième morceau d'animal mort sauce chasseur, pour ma part. D'autant plus que l'effet de groupe (familial qui plus est) annihile toute tentative d'échange réel sinon d'échange tout court.
Jamed Lavy : "girlcotte"
Concernant la culpabilité : oui, on connaît toutEs ça (et les oppresseurs font tout pour), mais ça peut également se déconstruire. Et par ailleurs, ce n'est pas parce qu'on... boy/girlcotte (ça y est, faut que je trouve un synonyme non-genré, et merde...) ces rituels-là qu'on est obligéE d'être seulE : on n'est justement pas seulEs à agir de la sorte.
(Tiens, ça me rappelle une très vieille BD de Reiser, je crois, où des pauméEs court-circuitent, je ne sais plus si c'est à Noël, la ligne d'appel de SOS Amitié pour se faire une fiesta bien plus réparatrice entre eux/elles : "apportez votre bouteille" ; non, je ne confonds pas avec "Le Père Noël est une ordure," ça date d'avant ; oui, chuis vieille
.)
@GouineMum : sans doute que je ne me suis pas encore lassé. Je suis jeune après tout.
Mais de temps en temps, je me dis que c'est un bon terrain sur lequel sur lequel se battre. Mais peut-être que c'est un sous-produit de la nostalgie de l'unité (rêvée). Comme une sorte de combat dans un cadre exclusivement national. Pourtant ça paraît être un bon point de départ. Ou alors, il faut que j'apprenne à déserter les combats inutiles pour mener ceux qui sont possibles.
No se.
kaos : A mon avis, il ne sagit de rien de national ni de rêvé : après tout l'oppression en face n'est pas nationale ni rêvée, mais internationale et parfaitement réelle... Pour ce qui est de combats "inutiles" et/ou "possibles" : "Soyons réalistes, demandons l'impossible" (je parie que tu sais qui a dit ça
). On a p.ex. fait ceci ici il y a deux ans, on peut très bien continuer : http://off67.org/html/fr_archive_jz... (et bien sûr imaginer plein d'autres choses)
Noël, c'est fait et ça c'est bien passé...
Deux de mes enfants sont allés chez leur père - détail amusant cet individu qui en aucun cas ne s'est préoccupé de leur éducation et a toujours fait en sorte de payer la pension alimentaire la plus infime qui soit, adore, à Noël, jouer les patriarches, tout y passe, le sapin, les guirlandes, la dinde, le foie gras et le champagne haut de gamme- nous avons donc paisiblement dîné avec fils du milieu et sa charmante copine, suite à quoi nous avons joué aux cartes....tranquille mimile
j'ai aussi la chance d'avoir des parents réfractaires aux fêtes organisées et particulièrement lorsque elles sont religieuses.
Allez, la comédie du nouvel an a au moins un avantage, elle permet de souhaiter des choses gentilles à celleux qu'on aime bien
alors, bonne année mademoiselle
"Par ailleurs, on est là dans un pensée politique, pas individuelle, donc il ne s'agit pas de '"moi" ou "toi" (GouineMum, 23):
Ah ben si, justement, si on se met à exclure "toi et moi" (et les autres) de la politique, il reste qui?
CTJ : La politique c'est collectif, pas individuel. Ce n'est pas parce qu'elle est faite _par_ des individus qu'elle doit être faite _pour_ des individus. Du reste, personne n'a parlé d'exclure ici.
Ma famille habite très loin et depuis que je suis en france, je ne suis pas rentrée pour la période fêtes. Je passe avec des amiEs, notamment celles et ceux qui sont dans cette même situation de sans-familles-près. J’ai aussi été invitée dans des familles d’ici et de par là. Cette fois, c’est les familles de mes copains que je refuse de fréquenter à l’époque grasse.
Pour fêter noël, prévoyiez : 1- des heures et des heures assise à table, 2- des cadeaux pour les nanas (« je sais cuisiner » un livre avec les meilleures recettes bien françaises), 3- des cadeaux pour les mecs (L’encyclopédie du Bricolage), 4- des lectures pour préparer le débat sur la politique médiatique (ne négligez pas les exploits – pour nuancer le discours – et les échec de chacunE des ministres, de éluEs locaux, 90,5%% des médias pourrons vous aider), et finalement, 5- des questions et des arguments bateaux en béton de la part de vos interlocuteuTrICEs à propos de leur conception de la vie en société et de la famille ; ∂ / ne pas voter, mais pourquoi ?, tu ne propose donc aucune solution ! Refus ?, Je vote, je vote, car je suiiiiiis un vO(eau)… Et tous les vO(eau)x votent… Et les enfants, c’est pour quand ? non, ça ne risque pas n’en plus, pas plus qu’y a cinq minutes d’ailleurs. ∞ / Et plus tard ?
Plus que pénible, c’est contreproductif ! Soyez rationnelLEs : refusez tout type de rencontre lorsque le manque à gagner qui lui est associé (voir plus haut les éléments de prévision), est d’évidence très élevé, par rapport à tout ce qui peut être fait un jour normal de travail ou de toute autre occupation militante, plaisante, polluante (oui, le bien être de la nature modifie vos préférences !). Par contre, si personne dans la grande famille qui vous accueille ces jours de cérémonie ne correspond en rien aux éléments de prévisions cités, alors des deux choses l’une : soit 1. elle n’est pas représentative de la masse (celle qui vit au rythme des 90,5%% des médias et de 100% des individu€s des enquêtes statistiques sur le climat des affaires familiales), soit 2. d’une façon ou d’une autre elle s’impose ‘irrationnellement’ (on parle dans ce cas du pouvoir de.dans la famille). Pouvoir économique aussi ; mais les chèques de noël, peuvent s’envoyer par la poste !
Pour l’année prochaine (le père noël m’a offert cette décision-là), je vais fêter avec mes amiEs, (pour en faire d’autres retrouvailles, tant pis si ça coïncident au niveau du calendrier seulement, avec ce que l’on nomme l’esprit de noêl - escroc du ciel - en famille, arbre et cheminée), je ne perdrais certainement pas mon temps !
Ben voilà, c'est le 31...
Là encore un peu partout ça y va du "bonne année" habituel...
Alors que bon...
Sur les forum de discussions, qui n'ont de sens de la discussion que le terme, en très gros, ça se partage entre les gentils qui souhaitent quelque chose plein d'espérance, et les autres qui crachent allègrement sur les premiers en prétextant que ça sert à rien, que c'est hypocrite, que c'est de la daube etc... et tous de se renvoyer dans la gueule des insultes révélatrices des valeurs rivalitaires, dominatrices, sexistes etc... qui font leur unité globale et la génération de problèmes inhérents à tous ceux de toutes sociétés !
Alors dans tout ça, il reste à l'honnête coeur de sentir la douceur qui est sienne à l'égard du monde, de s'effacer, pour ne faire que les gestes simples et discrets, à l'égard de l'autrui croisé, qui n'exciteront pas la jalousie destructrice des autres, indifférenciés par leur assimilation de groupe...
et mine de rien, on peut encore croiser souvent des douceurs de coeurs simples.
Vous souhaiter l’évidence ne relève pas d’un truisme sentimental mais d’un réel attachement à ce que l’année qui vient, moins éprouvante que celle-ci, vous réserve beaucoup de meilleurs.
A vous, aux vôtres car nous avons tous cette conscience aiguë de ce dont on convient, naturellement presque viscéralement ; le bonheur de chacun n’est pas possible sans celui de tous, pas seulement pour la haute raison morale qu’on lui suppose mais aussi bien très pragmatiquement parce qu’il y aura autant d’ennemis au bonheur de chacun qu’il y aura peu de contentement général et qu’ainsi les rivalités s’excitent et s’entretiennent.
Nous ne cesserons pas de tendre vers cet effort ainsi que nous demeurerons dans l’authenticité les alliés de la vie.
Bien à vous
Salut,
En lisant vos derniers messages, on voit transparaitre le projet réel de la renaissance (l'italienne plus particulièrement) qui était celui de propager la douceur, la connaissance et l'unité humaine au plus grand nombre sous la forme du don.
Projet qui fut habilement détourné par les marchands pour les mêmes raisons que vous expliquez tous et toutes de manière si juste.
@GouineMum :
Pourquoi est ce que je participe à une fête de Noel en famille alors qu'avant ça me faisait de plus en plus chier?
1)Parce que ce sont mes enfants et mes neveux qui lancent le truc et seraient tristes de mon boycott
2) leur but étant de créer l'unique occasion annuelle de retrouver leurs cousins tous ensemble
3) parce que c'est une occasion à ne pas manquer de botter le cul des nounous, justement ,et interroger dans la joie et la bonne humeur les pratiques parentales éventuellement maltraitantes et nouer des liens avec les seuls enfants petits de la famille
notamment pour leur faire sentir que si leurs parents les font chier, il pourront toujours s'appuyer sur leur grand-tante, leurs cousins, ne serait que comme témoins etc pour dire merde à leurs parents
Et là je me rends compte en écrivant ça que justement en exploitant cette occasion pour être révolutionnaire en "famille" (sans en avoir l'air, parce que l'air on s'en fout), on est pile dans l'efficacité révolutionnaire.
On peut mettre les pieds dans le plat sans en avoir l'air, et c'est encore meilleur.
C'est une vraie chance pour des bouts de choux de se découvrir des alliés et des témoins incorruptibles et accessibles. Le risque que les parents fassent la gueule est atténué par le bon vin, la bonne chère et le fait que la compagnie nombreuse leur procure un repos indispensable.
Si on sait s'y prendre, ils en sont plutôt soulagés d'ailleurs, d'être boutés hors du pouvoir sur leurs enfants.
Finalement je rejoins jmj, le sens de la fête hivernale ancestrale, née bien avant la fête des marchands, c'était d'expérimenter la joie d'être ensemble autour d'un bon feu, pendant que ça caille dehors. Tout enfant est d'abord sensible à ça et adore les occasions de réunion nombreuse et intergénérationnelle. Il est libéré d'être la chose de ses parents, devient humain parmi les humains donc solidaires de lui, par définition. Si on est pas fichus de passer des bons moments ensemble, comment pourra t-on jamais agir ensemble contre nos oppressions? Même déjà les voir.
Salmonelle :
- Si on croit à la subversion de la Famille en famille (ce qui est à mon avis très naïf, mais ok, à chacunE ses convictions), se pose la question pourquoi s'infliger tout ça pour ça ? Ça tient du masochisme, on peut trouver des moyens bien plus marrants (et efficaces) de subvertir la Famille, y compris avec les enfants (qui seront de toute façon illico presto remis dans le droit chemin après les fêtes si tu y vas les indoctriner, fais confiance pour ça aux oppresseurs qui les indoctrinent toute l'année...). En tant que révolutionnaire anti-familialE dans une fête de famille, notamment en fin d'année, tu seras en territoire ennemi et sur un poste perdu d'avance, quoi que tu fasses de révolutionnaire. C'est un combat asymétrique, donc Carlos Marighella s'applique...
- Pour ce qui est d'agir contre nos oppressions, je ne crois pas du tout que cela puisse passer par savoir passer de "bons moments" avec nos oppresseurs (déjà que le seul "bon moment", à mon échelle, qu j'imagine avec un oppresseur c'est de le laminer, mais passons...). Ne serait-ce que parce que ce qui est un bon moment pour nos oppresseurs est quasi toujours un très mauvais moment, de souffrance ou du moins de non-communication frustrante, pour nous, opposantEs, parce qu'il n'y a pas de dialogue possible. On ne convaincra jamais unE oppresseur/-se de ne plus opprimer : il/elle n'a aucune raison de cesser d'opprimer et il/elle a la force/violence de son côté. Et si tu parles de créer des connivences et de l'empowerment entre opposantEs à l'oppression, on peut faire ça n'importe quand, bien loin du cadre des rituels sociaux oppressifs et des oppresseurs, et je pense qu'on y a même grand intérêt.
Bref, la Révolution ne pourra jamais être immanente au système oppresseur en place, ça n'a jamais fonctionné et ne pourra jamais fonctionner (et c'est d'ailleurs même sa définition, par opposition à la Réforme ; qui elle ne fonctionne jamais face àun rouleau compresseur : la "Longue Marche à travers les institutions" des 68ardEs, p.ex., on en voit les résultats corrompus et contre-révolutionnaires aujourd'hui, elle contribue même largement à l'essor et à la persistance de la barbarie qui est au pouvoir en France actuellement). Ça ne pourra jamais fonctionner tout simplement parce qu'on ne peut pas créer un nouveau rapport de forces sans briser le carcan de l'oppression.
Donc, trouvons autre chose...