Bonjour Naomie ! Pouvez-vous nous présenter votre dernière campagne ?

Bonjour ! (pardon, j'ai haussé le ton). Cette campagne visait, comme vous le dites très bien, à la fois à revaloriser le travail des secrétaires, et à promouvoir celui des femmes au jardin. Nous avons donc planté de jolies fleurs afin de les offrir à de jolies secrétaires.

"La fête des secrétaires remonte aux années 50 et est célébrée le 3ème jeudi du mois d’avril. Même si le rôle des secrétaires a considérablement évolué ces dernières années, cette journée constitue une sympathique occasion de reconnaître leur travail, leur mérite et leur polyvalence : compétences organisationnelles, un grand sens du contact, la pratique de plusieurs langues, connaissances de la bureautique, maîtrise des nouveaux outils internet … autant de cordes que les secrétaires et assistantes ont à leur arc !

Très souvent les secrétaires et assistantes sont des personnes fédératrices et centrales. Tous les jours vous pouvez compter sur elles ! Une équipe qui gagne, c’est une équipe soudée. Ensoleillez leur journée en leur offrant un bouquet de fleurs "

C'est une excellente initiative ça, Naomie.

Je vous remercie ! Nous en sommes persuadées (mais votre avis est capital évidemment, pardon)...

Ce n'est rien, vous êtes une jeune repentie, vous apprenez. Cette campagne a été qualifiée de "réactionnaire" par les féministes... Qu'en pensez-vous ?

Je pense, tout en restant modeste, que ces femmes ont un problème. Elles ont utilisé des mots très durs pour parler de notre campagne. Elles sont violentes dans leurs propos, et ne comprennent pas que les changements de mentalités passent justement par des actions comme celles-ci, des actions positives, colorées et gaies ! Je ne comprends pas l'usage du mot "réactionnaire". Nous ne sommes en réaction contre rien, au contraire, nous positivons. Nous sommes modernes. il y a en France, 1.2 millions de secrétaires, dont 98% sont des femmes, que devrions nous faire ? Nous pensions à "Femmes pour l'égalité au jardin" qu'il est important de remercier et de fêter ces femmes.

Pouvez-vous nous parler de votre association plus précisément Noémie ?

Tout à fait ! (pardon, j'ai été trop sûre de moi). L'association a pour but de promouvoir la mixité au jardin. En effet, nous avons constaté à la lecture de plusieurs études que les femmes, dans leur jardin, ne s'occupaient que de ratisser les feuilles mortes, de nettoyer.... Bien que cela soit passionnant, et que nous en soyons très fières, nous avons pensé, toujours modestement, que la situation pouvait changer.

C'est passionnant Noémie... Mais pourquoi cette situation ?

Permettez... Mon prénom n'est pas Noémie, mais Naomie.

Ne soyez pas agressive Noémie !

Pardon. Je n'aurais pas dû.

Alors, pourquoi ce partage particulier des tâches au jardin, selon vous ?

La société, jusqu'au jardin, est profondément inégalitaire ! (excusez mon ton péremptoire, ça m'a échappé) Disons, un peu inégalitaire quand même, parfois, sans généraliser. 

Nous pensons, à "Femmes pour l'égalité au Jardin", que les femmes devraient, pardon, pourraient avoir le droit de planter des  fleurs, de faire le barbecue par exemple, ou pourquoi pas, tout en restant raisonnables, de planter des arbres ! Elles se cantonnent trop souvent à des rôles précis et osons le mot, peu créatifs. Nous pensons à la fois que leurs activités traditionnelles devraient être revalorisées, mais aussi que les femmes devraient pouvoir accéder au pouvoir de planter des arbres. De gros arbres !

De gros arbres ?

Veuillez m'excuser, je me suis emportée. Évidemment, nous ne pensons pas qu'elles devraient tout de suite avoir accès aux gros marronniers, seules les femmes journalistes ont réussi ce tour de force.

Vous me rassurez, en fait, vous comptez sur un changement des mentalités, progressif ?

Tout à fait ! Enfin, je crois. En douceur, avec l'aide des hommes.

Ah ! Vous n'êtes pas une de ces féministes qui...

Non ! (pardon, je vous ai coupé la parole, de vieux restes).

Une de ces féministes, disais-je, en colère contre les hommes ?

Pas du tout. J'ai changé. J'ai vu les dégâts du féminisme sur les hommes, les femmes, les enfants, et aussi les animaux de compagnie. Savez-vous que certaines associations de défense de animaux ont PROUVÉ que le féminisme avaient eu une influence néfaste sur certaines espèces de chiens ? Eh bien, c'est le cas ! De beaux bergers allemands se sont pris pour des caniches, quel gâchis !

Tragique, en effet... C'est ce constat qui vous a fait quitter votre ancienne association ? Comment s'appelait-elle déjà ?

J'ai honte... Disons que c'était une association de... de féministes qui dénonçaient les violences faites aux femmes, violences physiques et symboliques... Mais j'ai fait pire, dans les années soixante-dix, je parlais même de "patriarcat" !

(Rires) Effectivement ! Vous revenez de loin !

Oui, mais j'ai changé, pardonnez moi d'insister, je suis confuse.

Parlez moi de votre métamorphose, c'est intéressant.

Vous trouvez ? Il y a pourtant des problèmes bien plus intéressants dans le monde...

Certes, mais on m'a demandé de faire un dossier sur les repentis. Le dossier du livre noir des "ismes" en quelque sorte... Alors allez-y Noémie.

D'accord. Euh, c'est Naomie. Pardon. Eh bien, au début des années quatre-vingt, j'ai voté Mitterrand et...

Je vous arrête ! Le chemin est classique. Après quelques hésitations, ce fut un oui à Maastricht, puis la préparation des salades de riz pour les réunions de section et d'un coup, la parité et une place sur des listes aux européennes.

Comment savez-vous cela ? (pardonnez cette intrusive question)

Les hommes sont surprenants !

Oh, oui, je les aime !

(sourire paternel) J'ai appris tout cela en faisant un reportage sur l'association des amies de Jack Lang. Mais parlez moi de cette "prise de conscience" des dégâts du féminisme... comment cela s'est-il traduit ?


D'abord, j'ai fait un régime, puisque comme toute féministe, j'étais grosse. Ensuite, j'ai laissé mes cheveux pousser et je me suis maquillée, puisque comme toute féministe, j'étais masculine. Enfin, j'ai pris conscience qu'il ne fallait pas faire la guerre aux hommes, puisque comme toute féministe, j'étais en colère contre eux.

Voyez-vous, j'ai pris conscience que le féminisme était une colère mal placée, dirigée contre ceux qui pourtant pouvaient être nos alliés, les hommes. Après tout, mon mari fait parfois la vaisselle, il ne ressemble en rien à mon père ! Les hommes ont changé, les féministes ne l'ont pas vu.

Peut-être que ces changements ne leur paraissaient encore pas suffisants ?

Oui, elles en demandaient certainement trop, je vous l'ai dit, le féminisme est allé trop loin. Je m'en suis rendu compte lorsque mon mari m'a dit un soir qu'il n'osait plus affirmer son autorité à la maison ! Vous vous rendez compte ! Bien sûr, il ne voulait pas tout diriger, mais reprendre un rôle de père, de mari : redevenir un homme, sans honte de sa virilité ! j'ai eu peur pour mes enfants, peur qu'ils n'aient pas une image claire du rôle de leur père.

Les féministes ont en quelque sorte pratiqué la Terreur ?

Je n'irai pas jusque là ! Enfin, sans vous contredire et en respectant votre point de vue. En tant qu'homme, vous êtes après tout mieux placé que moi ! En fait, je pense (enfin, je n'impose rien), que le féminisme n'a plus de raisons d'être. Je crois qu'il faut le remplacer par un travail pédagogique sur l'égalité et le respect de chacun.

Des hommes et des femmes, donc.

Oui ! Vous avez raison. Certaines féministes pensent que les femmes sont des victimes particulières, de violences particulières. Je ne le crois pas. Je pense que la violence touche tout le monde, nous le voyons tous les jours, partout, à la télé. En outre, nous pensons (les hommes nous aident) que le corporatisme de certains combats est une porte ouverte au communautarisme.

Pourtant, votre association défend les femmes, Noémie.

Oui, mais les femmes qui positivent ! Pas de celles qui pensent "oppression", "domination". Non ! Nous sommes de celles qui veulent vivre en harmonie avec la nature et les hommes ! Cette association travaille seulement à mieux partager le pouvoir au jardin, non à le confisquer aux hommes ! Nous aimons les hommes à "Femmes pour l'égalité au jardin".

Je suis heureux de l'entendre, le nom de votre association pourrait porter à confusion...

Effectivement, nous avons longuement débattu, pardon, discuté entre nous, mais la frange modernisatrice de l'association a perdu. Ce courant militait, pardon, proposait "Ensemble au jardin". Je ne désespère pas d'arriver à imposer, pardon, à faire partager à toutes cette belle idée.

Nous ne désespérons pas non plus, nous pensons que vous êtes sur le bon chemin, celui qui apaise, qui réconcilie les hommes et les femmes.

Vous m'en voyez très flattée ! Vous pouvez comptez sur nous !

À n'en point douter ! Merci Noémie.

Euh... Merci à vous !



Propos recueillis par Alrick Zammour.




Pour lire d'autres interviews de femmes qui ne sont pas féministes, voir  "On n'est pas en guerre contre les hommes", entrevue avec Isabelle Germain, coprésidente de l'Association des femmes journaliste.

"Vous sentez-vous féministe ?

Pour la plupart des gens, « féminisme » est un gros mot. Il signifie généralement grosse moche mal baisée (sic). Alors, dans ce sens, non, je ne me sens pas féministe."

Vous aussi, soutenez les femmes et les hommes qui vont dans le bon sens.


Encore une preuve de l'utilité et du caractère international de l'association "Femmes pour l'égalité au jardin"