Femme des années 80
Par Mademoiselle le 13/05/09, 09:57 - Le privé est pathétique
Filed under: Cerise
Petite Rengaine
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Quand je suis née, tonton venait d'être élu. L'ouverture de la parenthèse s'est faite lorsque celle de mes couches s'est fermée, et mes parents sont entrés dans l'ère des responsabilités et du réalisme. J'ai biberonné au Monde et à L'heure de vérité, alimentée par l'énergie d'un Bernard Tapie à piles, bercée par la douce monstruosité d'une boîte à rythme.
Je suis une femme des années 80, une femme jusqu'au bout des seins, comme dirait Michel S., le poète.
En 1988, tandis que mes parents chantaient "On a gagné", je me suis appliquée à siphonner le fond des verres avant de me planquer sur le balcon pour tapisser la façade du voisin de papier toilette mouillé. Comme si j'avais pressenti la chienlit, comme disait un grand homme. Comme si je le sentais grâce à mon instinct de femme, ce sixième sens qu'ont les êtres vivant "l'étrange drame d'être une femme". (Merci à Michel S. de mettre des mots sur mes sentiments les plus profonds).
Moins Colombine qu'Arlequin
Sachant pianoter sur la gamme
Qui va du grand sourire aux larmes
La vie s'ouvrait donc pour moi grâce à l'invention de la pré-adolescence. J'ai connu Milan grâce à Marseille, Maastricht grâce à Latche, les japonais grâce à Cresson. J'ai participé à tous les dépouillements, citoyenne en puissance, tellement imbibée de civisme que j'en ai tremblé au premier vote. Je suis passée par une période rebelle, le portrait de Kurt au dessus de mon lit, sa mort, puis celle de tonton. Le drapeau était en berne au dessus de mon établissement, je suis restée digne, mais j'étais si triste. J'avais l'avenir devant moi, et le MJS pour commencer.
Etre un P.D.G. en bas noirSexy comm'autrefois les stars
Etre un général d'infanterie
Rouler des patins aux conscrits
Enceinte jusqu'au fond des yeux
Qu'on a envie d'app'ler monsieur
Etre un flic ou pompier d'service
Et donner le sein à mon fils
J'avais de la chance d'être née ici et maintenant, comme disait feu tonton. Je ne doutais de rien. Je serai soignée, instruite, on avait une sécu, un hôpital, plus tard l'université, ouverte à tous, temple du savoir. Les rapports de force avaient disparu, nous étions devenus modernes. Plus de classe populaire, une grande classe moyenne, plus d'intérêts contradictoires, mais des points de vue en évolution, des ajustements à penser et des chartes éthiques à écrire. Plus d'idéologies, plus d'ismes ni de luttes, mais des mentalités, en mutation. Plus de femmes opprimées, des restes archaïques, mais rien qui me concerne, toute la gamme des possibles s'ouvrait à moi.
Femme cinéaste écrivain
A la fois poète et mannequin
Femme panthère sous sa pelisse
Etre femme banquière planquée en Suisse
Femme dévoreuse de minets
Femme directeur de cabinet
A la fois sensuelle et pudique
Et femme chirurgien esthétique
Etre un major de promotion
Parler six langues ceinture marron
Championne du monde des culturistes
Aimer Sissi impératrice
Et puis j'ai trahi, j'ai glissé, j'ai dévié. Ça a commencé doucement, par une petite trahison qui n'en était pas vraiment une grâce à la gauche plurielle. La première fois que j'ai voté, c'était communiste. C'était pas méchant, mais je n'avais aucune raison de le faire.
En couple, mon envie de donner le sein à un quelconque fils a disparu. Je n'ai jamais regardé Sissi non plus. J'ai juste trouvé ça étouffant. Je n'ai pas non plus eu envie d'aller me planquer en Suisse ou d'être un PDG en bas noir. J'ai trahi, sciences po m'ouvrait pourtant les bras.
Maîtriser à fond le système
Accéder au pouvoir suprême
S'installer à la Présidence
Et de là faire bander la France
Dans les moments de doute, j'ai bien essayé de me racheter, je suis même allée au PS, pour le changer de l'intérieur, prendre la relève. Terminées les positions critiques, place à l'action. Mais rien n'y a fait, je suis passée du côté obscur de la force.
Le dernier bouquin de Jacques Attali est allé caler une armoire, Charlie Hebdo n'est plus venu s'empiler chez moi, j'ai voté blanc, puis un matin, je ne suis pas allée voter du tout.
J'ai eu peur au début, mais je me suis rassurée en me disant que j'avais la journée pour changer d'avis. Et puis j'ai relu les professions de foi, j'ai pensé à l'enjeu de l'élection, je me suis servie une bière et je n'ai pas bougé. Exprès. J'ai pris le temps d'écouter, de penser aux alliances que j'avais vues se faire et se défaire. Je me suis demandée ce qui m'avait poussé à y croire et ce que ma croyance m'avait empêché de voir.
Quand je me suis réveillée, les militants pour les droits de l'homme s'étaient transformés en droit de l'hommistes, les défenseurs du service public en réactionnaires, les futurs retraités en fainéants exigeants, les pacifistes en terroristes, les jeunes en barbares, les chômeurs en verrues, les malades en onéreux boulets, les grévistes en preneurs d'otages ; le code du travail était devenu un frein, la recherche un repaire d'improductifs, la sécu un piteux gouffre, l'université était inadaptée au marché, la politique une question d'experts, et l'économie, la reine des sciences.
CertainEs avaient tout de même su s'adapter en créant des groupes de réflexion modernisés, saisissant ainsi tous les enjeux d'une monde ouvert. Le féminisme moderne s'appelait à présent "genre" et avait doucement intégré les comités d'experts européens, gardiens de la paix et d'une saine concurrence.
Les élections européennes se profilent. Il est donc important, citoyens responsables que vous êtes, d'aller vous informer sur cette élection qui est la votre. Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici quelques extraits, en guise de bienvenue dans un monde moderne.
Extrait de la "feuille de route pour l'égalité entre les femmes et les hommes (2006-2010)".
La conciliation de la vie privée et professionnelle
Le déclin démographique a comme conséquence que l'UE ne peut se permettre aucun gaspillage de capital humain. De meilleures structures de garde d'enfants permettent de trouver un nouvel équilibre entre le travail et la vie privée.
Ou encore : ÉDUCATION ET FORMATION DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE DE LISBONNE
Il semblait logique qu'une femme des années 80 finisse par accoucher d'un attaché case.Les comportements et les références culturelles se formant dès le plus jeune âge, l'enseignement peut contribuer de manière déterminante à la réussite du défi entrepreneurial.
L'enseignement doit ainsi sensibiliser dès le plus jeune âge à l'esprit d'entreprise. L'initiation des jeunes à l'esprit d'entreprise contribue à développer leur créativité, leur esprit d'initiative, leur confiance en eux dans ce qu'ils entreprennent et les incite à se comporter d'une manière socialement responsable.
C'est pourquoi la Commission européenne accorde une attention particulière à l'apprentissage de l'esprit d'entreprise depuis l'école primaire jusqu'à l'université. Il s'agit d'encourager les jeunes Européens à devenir les entrepreneurs de demain.
L'intérêt de la formation à l'entrepreneuriat ne se limite toutefois pas à l'accroissement du nombre de nouvelles entreprises. L'esprit d'entreprise est une aptitude qui se révèle également utile dans la vie de tous les jours, tant au niveau personnel que social.






Commentaires
Quelle horreur, cette feuille de route!
"l'UE ne peut se permettre aucun gaspillage de capital humain."
capital humain, ressources humaines...
l'être humain assimilé à la marchandise...même pas, celle-ci peut circuler au gré des intérêts financiers de la classe dominante alors que tous les humains n'ont pas cette possibilité, les pouvoirs en place préfèrent et de loin, qu'ils meurent de faim (ou sous les bombes, dans les prisons) chez eux.
Autre point affligeant de bêtise, nous avons mis la planète en danger à cause, justement du néolibéralisme effréné, cette ronde absurde, insensée.
Alors continuer aujourd'hui à radoter avec "l'entreprise", le "travail", la "production", le "rendement", la consumérisme comme solution, c'est désarmant de connerie!
Pire, c'est générateur de frustrations, de discriminations (sexistes, ethniques), de violences.
J'aime beaucoup ton texte.
Tu as l'âge de mes enfants.
Mon fils aîné a suivi une voie très alternative, études universitaires et voyages dans le monde entier puis apprentissage d'un métier manuel (ébéniste).
C'est un choix que j'aime.
Très bon texte Mademoiselle. Toutes mes féllicitations.
Tu t'es éveillée tôt. Plus que la plupart. Certains jamais ne s'éveillent. Ils en restent pour plagier Deleuze "au premier genre de connaissance" de la chose politique spectaculaire et marchande...
Comme dirait Sonate de Kreutzer: solidairement Mademoiselle
Tres joli texte, qui montre bien les conditions, souvent douloureuses, des renversements de point de vue qui permettent la distance et, disons le mot, le salut (mazette, sciences po...).
Quant aux cabris européistes... que dire ? Rien.
Bien solidairement. Et que la déviance soit, un moment encore, envisageable.
Merci... souvent douloureux, et désarmant en effet...
Une belle dédicace tout de même à une grande partie de la génération de mes parents qui continuent à voter "réaliste" tout en plaignant la précarité de leurs jeunes, mais en craignant la radicalisation et le désordre, entre le rôti et la tarte aux pommes du dimanche. raisonnablement.
Petite anecdote : un de mes premiers souvenirs vivaces est la première élection de Tonton, grosse fête chez mes parents, eux et leurs potes à poil dans la piscine du voisin (résidence secondaire d'un richard de Neuilly). Je me souviens aussi très bien du pas lourd de mon père se levant pour éteindre la télé à 20h01, en 88. Silence morne autour du repas du soir. J'ai mis quelque temps à comprendre le pourquoi du contraste... Mais j'avais compris avant d'être en âge de voter (ce que je fais assez peu, du coup
) (tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes 
J'aime beaucoup la chute de ton texte.
La chute du texte vaut bien une belle chute de reins
Mon père a gagné. En 81 il votait Le Pen. Depuis lors le sécuritaire est dans le programme PS, UMP et les expulsions sont terribles. Le Pen a gagné. Mon père qui votait dernièrement Sarkozy a gagné depuis 81. Evidemment il ne lit que L'Equipe. Jamais un livre, jamais un texte. En somme il est bien informé...par sa fiche de paye...
Notre problème est bien l'attachement à nos parents. C'est un ressort affectif sur lequel compte énormément le pouvoir. Sans quoi, sans attaches trans-générationnels, sans rotis, sans tartes aux pommes... La responsabilité incombe évidemment à ceux qui ont bénéficié à plein des "trente glorieuses" et qui ont laissé s'installer un tel monde. Il conviendra un jour de les mettre en face de leurs responsabilités car leurs craintes sont corrélées à leur refus d'admettre qu'ils sont accommodés de façon éhonté du revirement évoqué par Céleste. Sans quoi les temps qui viennent seront effroyables...
merveilleux flashback existentiel mlle, ma mere ayant longtemps espere et meme cru dans la doctrine du "changement" , elle qui malgre sa desillusion amere, nomme aujourd'hui encore "tonton"son espoir electoral, fuit dorenavant les urnes, aussi violement que moi je ne les ai jamais approchees. mon enfance est teintait de cette croyance absurde.
pour finir, tu continus a demontrer ton potentiel creatif,
"agreable constat"
Enfin un hommage à Michel, malheureusement incompris par une bonne partie des bien-pensants.
Union Européenne et Michel S., nos "parents" idéologiques !
D'ailleurs tiens, c'est marrant ça. Michel S., Mademoiselle S... Ah ouais d'accord... Ah ok.
Sinon pour changer de sujet, moi ce que je comprends pas, c'est la présence de ce fauteuil en cuir...
Merci, je me retrouve dans ce texte, à part des petites différences, je suis un homme jusqu'au bout du téton et je suis des années 70, mais là sur ce point, ça ne compte pas ...
Sacré vie hein ?
@Jean-Pierre Martin : Si le fauteuil ne te dis rien, c'est que t'es pas un vrai fan de Michel S.
Mon spectateur du premier jour
Comme un père débordant d'orgueil
Pour celui qui prenait son tour
Il était là dans ce fauteuil
Premier témoin de mes faux pas
Le coeur tremblant comme une feuille
Croyant que je ne savais pas''
@damien : Je te trouverai une chanson de Michel S. plus adaptée la prochaine fois, juré...
Nan mais déjà qu'on fait l'effort de lire le Figaro, si en plus faut se farcir la musique qui va bien avec...
Je vous laisse l'occasion de vous amuser d'une chose légère et sans guère d'importance au regard de la manière dont vous et moi sommes (heureusement) maintenus à l'écart des turpitudes du spectacle...
Une internaute cite Joey Starr : "la femme c'est pas une science exacte". Une autre internaute répond "les hommes sont une science trop exacte"...
Je vais au hasard sur sa page déterminé à lui répondre... Elle est très belle, c'est inattendu. Probablement a-t-elle avancé ce propos légérement mais je me décide tout de même, en dépit de sa grande beauté (et l'assurance donc qu'elle ne répondra pas), à lui faire ce mot.
"Les hommes sont une science trop exacte"
Je me rends sur votre page tout à fait par hasard à partir de votre intervention. Je suis immédiatement frappé par votre grande beauté. Très inattendue... C'est tout le caractère et l'exactitude d'une science que je partage avec la plupart de mes semblables.
Je connais par avance votre réaction à ces mots...
Nous sommes tous bien malheureusement prévisibles dans une large mesure. Nous avons été entraîné à cela. La question que je me pose, s'il s'avère qu'il y a effectivement (c'est ma conviction) un marché des plaisirs avec une quotation des sujets, c'est de savoir en quoi la beauté est une donnée acquise ou innée. Votre beauté dépasse-t-elle le siècle? Je ne suis pas en mesure de répondre sinon qu'on sait sûrement des rondeurs qu'elles étaient davantage appréciées à certaines époques. Mais votre visage sûrement aurait trouvé en tout temps de vifs partisans. Il y a des époques, récentes (les années 70), où la virilité n'était pas un atout masculin décisif. La quotation en passe bien entendu par d'autres modes d'étalonnages (la visibilité sociale, la position sociale, l'argent et plus généralement l'apparence) et tous convergent dans une direction assez communément admise: les efforts qu'on fera pour vous faire passer de sujets à objets vous consentiront, bien paradoxalement (pour qui prétend aux humanités), de francs succès sur le marché des plaisirs... Je suis à ce point pessimiste... et probablement assez peu courtois de vous infliger, nuitamment, une prose aussi peu légère...
Bien à vous
Son adresse: http://www.myspace.com/lauramayabro...
Michel S j'y connais strictement rien (et m'en porte très bien), mais les années Tonton je les ai vécus, en France, depuis une culture étrangère, et avec une vingtaine d'années d'âge de plus que Mlle S. Et je ne vois que trop bien ce que ces années ont détruit pour qu'on en soit là aujourd'hui. "Wer hat uns verraten? Sozialdemokraten!", eh oui, encore.
GouineMum, génération 1960 de Bochelande
@Mlle S. : Peut-être pas jusqu'au bout des seins, non... mais bon je ne suis pas sa fille non plus.
Bravo ! Excellent résumé !
oui enfin l'indécrottable cynique que je suis dirait qu'avoir voté ou pas pendant toutes ses années n'aurait de toute façon rien changé. du tout.
pourtant je persiste à voter.
va comprendre.
J'admire une telle qualité d'écriture.
Concernant les élections européennes, je compte voter Europe-Démocratie-Espéranto, comme en 2004, parce qu'au moins ils ont une proposition concrète pour faire avancer l'Union Européenne.
@T. : Ma grand-mère me disait la même chose, mais pas exactement sur le même sujet... Elle, elle continuait à prier.
@Grégoire : Comment on dit merci en Espéranto ?
@YR : Si seulement je pouvais en faire un plus... moins... un qui ne nécessite pas de gober un prozac quoi...
@Jean-Pierre Martin : Tsss, Michel S. pour moi est un idealtype vivant (et bruyant), il aborde tout, il ose tout. Un phénomène. Musicalement, ben tout de suite, il m'enchante moins déjà... certes.
La plupart des textes de Michel S. étaient écrits par Pierre Delanoë lequel était notoirement favorable à la peine de mort, entre autres opinions réactionnaires qui furent les siennes...
Le sommet du grotesque a été atteint avec ces vers mémorables:
" si les ricains n'étaient pas là
nous serions tous en Germanie"...
Il fallait oser...
Celle intitulée le temps des colonies vaut son pesant de cacahuètes quand même... Les ricains en paraîtrait presque soft à côté...
J'ai un fils né en 81, dont je n'ai pas honte.
J'ai eu un grand-père, né en (18)94, dont je n'ai pas honte, heureux comme tout d'avoir été fait prisonnier en 17 pour échapper à la boucherie.
J'ai eu un père, mort l'an dernier, dont je n'ai pas honte, malheureux comme tout de travailler en Allemagne à partir de 42 (la résistance se méfiait à juste titre des "nouveaux candidats" à l'époque)
Le point commun des 3 (+moi = 4) ?
Ben ouais, on est / a été des mecs, et alors?
Mais surtout, on n'a ni n'a eu jamais la moindre illusion sur le PS, ni sur le Marché Commun !!!!!
Et vous êtes/étiez tous fans de Michel S ? Parce que sans ça c'est pas crédible.
Le marché n'a rien de commun.. C'est encore un oxymore. Il n'est commun que pour une poignée et il n'est peut-être plus communément admis comme une nécessité par une majorité... Nous devrions parler de "marché général forcé" ou de "dictature généralisée du marché"...
@mademoiselle: connais pas le temps des colonies. Tu peux la chanter voir si t'as la voix?
Hors sujet mais redoutable de vérité: le vin rosé par beau temps c'est bien
Ah ça c'est intéressant mais je ne suis pas sûre de comprendre, je ne comprends jamais les allusions. Alors. veux-tu dire que tu ne votes pas parce que les idéaux ne sont pas fiables, aprce que les hommes politiques sont pourris ou quelque chose comme ça? Parce que je comrpends, je fais pareil, mais ce faisant, on laise le pouvoir, je veux dire la gestion des affaires, dans ce que ça a de concret, de bêtement pragmatique, à ceux qui la prennent, et la prennent pour quoi? pour eux. Pour le pouvoir. peu importe les camp politique, il faudrait pouvoir connaître ses hommes politiques locaux et voter comme ça, en les connaissant eux, en sachant très pragmatiquement ce qu'ils veulent ou vont faire (une école, un stade, une usine). Je ne parle vraiment pas d'idéal, hein, mais de vie locale.
Ou alors je n'ai rien compris à ton texte? Possible hein.
@Isa : Pour chanter, il me faudrait le verre de rosé.
@GouineMum :
@Sylvie : Euh... Déjà la question du local, ben comment dire. En fait, tu opposes idéal à pragmatisme, je pense que c'est déjà une opposition idéologique, mais invisible comme telle...
Je ne parle pas d'un point de vue individuel (connaître ses hommes politiques) mais bien de ma croyance, de mon désenchantement et du glissement vers la droite (pour dire vite) des prises de positions politiques, des représentations... Est-ce plus clair ?
Quand l'industrie veut formater les jeunes à ses besoins
Par Agone le mardi 12 mai 2009, 13:58 - Chroniques européennes - Lien permanent
Avec la bénédiction de la Commission européenne, la Table ronde des industriels européens (ERT) souhaite développer des synergies entre l'école et l'entreprise en réponse à la pénurie de diplômés dans le domaine des mathématiques, des sciences et de la technologie (MST) tout en développant l'esprit d'entreprise de la maternelle au doctorat.
La Table ronde des industriels européens est un des lobbies les plus puissants à Bruxelles, réunissant les 45 dirigeants des plus grandes firmes européennes (Total, BASF, Nestle, E.ON, Shell, Renault...) [1] L'ERT a détaillé ses propositions le 2 octobre 2008, lors d'une réunion «multi-parties prenantes» qui s'est tenue à Bruxelles. [2] Environ une centaine de représentants du monde des affaires, de l'Université et gouvernementaux assistaient à l'événement, et notamment le Pt de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso et le Commissaire européen pour la science et la recherche, Janez Potočnik.
Les journalistes n'étaient pas autorisés à assister aux discours et aux débats, devant se contenter d'un communiqué de presse diffusé à la fin de la journée [3] . «Les mondes des affaires et de l'éducation sont deux univers qui ne se connaissent pas bien. Nous préférons que ce premier contact ait lieu dans une certaine intimité» expliqua la porte-parole de l'ERT, Abigail Jones.
Diffuser le «modèle Jet-Net» au niveau de l'UE
Mais que préconise l'ERT exactement? Recourir massivement au niveau de l'Union européenne ce qu'on pourrait appeler «le modèle Jet-Net» (Réseau Jeunes Technologie) qui consiste à envoyer des salariés des compagnies dans les écoles pour présenter les opportunités de carrières techno-industrielles et accueillir des visites scolaires et des projets concrets.
Lancée en 2002 par une poignée de multinationales hollandaises (Shell, Philips, Unilever, AkzoNobel...), la Jet-Net initiative touche aujourd'hui environ 33 000 élèves et 300 professeurs de mathématiques et de sciences dans un tiers des établissements du secondaire hollandais, soit 150 établissements.
En Allemagne, un programme similaire baptisé WissensFabrik («la fabrique du savoir») a été lancé en 2005 par de grandes multinationales allemandes comme BASF, Bosch, ThyssenKrupp, etc. Sa cible est cette fois les élèves âgés de 6 à 12 ans.
Des enfants expérimentant le matériel pédagogique de WissenFabrik
«Camps de l'innovation» et «boîtes d'éveil»
L'ERT soutient aussi des initiatives promues individuellement par ses membres, généralement au titre de leurs programmes de «responsabilité sociale des entreprise». Nokia, par exemple, organise des «camps de l'innovation» pour des jeunes de 14 à 19 ans en partenariat avec Junior Achievement Young Enterprise(JA-YE). Élevé au rang exemplaire des «meilleures pratiques d'éducation à l'esprit d'entreprise», JA-YE Europe se présente en ses propres termes comme «le plus grand fournisseur européen de programmes éducatifs» et se vante d'avoir touché 2,6 millions d'enseignés dans 40 pays en 2007. Né aux États-unis pendant la Ière Guerre mondiale, ce programme est aujourd'hui soutenu par plus de 100 transnationales dominantes (Coca-Cola, Microsoft, Toyota, McDonald’s, Citigroup, ExxonMobil, EDF, Ernst & Young...), des gouvernements (États-unis, Suisse ...), la fondation Soros, la Banque mondiale et la Commission européenne. [4]
Quant à Siemens, la société distribue gratuitement sa «boîte d'éveil Siemens», du matériel éducatif pour les maternelles pour initier les enfants d'âge préscolaire (3 à 6 ans) à l'électricité et l'énergie. Le géant allemand de l'électronique et de de l'engineering a aussi produit des CD-ROMS sur des sujets tels que la lumière, l'audition ou Einstein pour les adolescents qui ont tous été légitimés par l'Association allemande de pédagogie. [5]
Des cursus scolaires correspondant aux besoins des employeurs
«Les compagnies membres de l'ERT sont déterminées à renforcer leurs engagements à long terme pour soutenir les écoles, les professeurs et les universités européennes» déclara le PDG de Volvo et vice-président de l'ERT Leif Johansson. «Le monde des affaires doit travailler étroitement avec l'école, proposer des emplois modèles, tenir informés les enseignants de ce que sont les carrières dans le domaine des sciences et techniques» ajouta-t-il. Dans le but de toucher «plus d'élèves et d'enseignants» il insista sur la nécesité de «construire sur ce qui existe déjà» comme les initiatives Jet-Net et WissensFabrik.
Le Pt de l'ERT et PDG de Nokia en appela à «la mise en place d'infrastructures nationales et européennes pour soutenir les meilleurs pratiques». En d'autres mots, l'industrie qui finance la plupart de ces programmes, principalement pour promouvoir son image publique, aimerait bien que Bruxelles les finance...
Rien n'interdit que cela devienne réalité dans les mois ou années qui viennent. [6] La Commission européenne soutient en effet la stratégie de l'ERT. «Un dialogue permanent entre les mondes des affaires et de l'éducation s'impose pour s'assurer que les programmes répondent aux besoins des employeurs», déclara Barroso dans son discours. Et d'ajouter: «mais aussi faire en sorte que les idées de nos jeunes étudiants soient plus facilement transformées en valeurs économiques et sociales.» [7]
Une éducation au service de la compétitivité
Le Pt de la Commission européenne a aussi donné sa conception de l'éducation au XXIè siècle: «Donner à chaque jeune une chance de développer ses talents et capacités pour nous aider à construire une Europe compétitive.» Une vision utilitariste qui pourrait parfaitement sortir d'un memorandum écrit directement par l'ERT.
En 2007, pour lutter contre le désintérêt apparent pour la science, un «groupe d'experts» mis sur pied par la Commission recommanda de remplacer l'approche déductive dans l'enseignement des sciences par une approche basée sur la recherche. Cela créerait «l'opportunité d'impliquer des firmes, des savants, des chercheurs, des ingénieurs, des universités, des acteurs locaux comme des villes, des associations, des parents et d'autres sortes de ressources locales» concluait le groupe présidé par Michel Rocard [8] . À ce jour, seuls les industriels sont parvenus à être impliqués dans ce nouveau paradigme européen de l'éducation...
Observatoire de l'Europe industrielle, 10 octobre 2008,
traduit de l'anglais par Benoît Eugène - La version originelle de ce texte est parue sous le titre «Industrie wants to shape EU Youth to its needs. Commission agrees» sur le blog du CEO, Inside the Brussels's Bubble.
L'Observatoire de l'Europe industrielle (CEO) a publié aux éditions Agone, ''Europe Inc. Comment les multinationales construisent l’Europe & l’économie mondiale'',
Note du traducteur : La promotion de l’esprit d’entreprise à l’école souhaitée par les milieux industriels a depuis longtemps l'intérêt plus que bienveillant de la Commission. La DG Entreprise avait en son temps sélectionné et promu la bande dessinée «Boule et Bill créent leur entreprise» diffusée dans les écoles primaires luxembourgeoises et sponsorisée par l’Institut de l’entreprise, un think-tank bruxellois, au titre des «bonnes pratiques» dont les États membres doivent s’inspirer. Elle était allée jusqu'à en cautionner un remake «L'entreprise de Boule et Bill en Europe». Ce «matériel pédagogique» comportait sur chaque page, outre le logo de la Commission, celui de la compagnie d’assurance sponsor.
illus. Courtoisie du Musée de l'Europe
On est allé beaucoup plus loin depuis : au titre du partenariat avec le JA-YE, ne reculant pas devant le sexisme, c'est carrément un porno soft que la Commission européenne propose désormais de diffuser dans les classes pour promouvoir l'esprit d'entreprise.
Notes
[1] Consulter la liste en ligne sur le site de l'ERT Pour l'Observatoire de l'Europe industrielle, ce lobby a été, depuis la Commission Delors, le principal architecte de l'Union européenne telle que nous la connaissons. Lire «Rédaction du script. La Table ronde des industriels européens» in Europe Inc., Comment les multinationales construisent l'Europe et l'économie mondiale, Agone 2005.
[2] On peut télécharger le programme sur le site de l'ERT
[3] Consultable en ligne
[4] voir la liste complète sur le site de JA-YE
[5] Voir en ligne sur le site de la fondation Siemens
[6] La DG Entreprise a établi «un partenariat collaboratif avec JA-YE» (voir le site officiel) en vertu de quoi elle diffuse sur son site une vidéo sexiste promouvant l'esprit d'entreprise
[7] José Manuel Durão Barroso, Inspiring future generations, European Round Table of Industrialists, Bruxelles, 2 octobre 2008. Voir en ligne
[8] High Level Group on Science Education, Science Education now:A renewed pedagogy for the future of Europe, Directorate-General for Research Science, Economy and Society, 2007 disponible en ligne
Ce film est absolument incroyable! C'est quand même la Commission Européenne qui est à l'origine de ça, il faut se pincer pour y croire! Alors donc une "entrepreneuse" (sûrement imaginaire) entre dans les douches des hommes et se retrouve à la limite de faire une fellation, mais finalement répare une douche qui fuit. Moi j'interprète ce "scénario" comme ça : jeune fille, deviens entrepreneuse, car ainsi tu seras sur le terrain des hommes, tu seras sexuellement attirante pour eux mais tu n'auras même pas à sucer pour réussir dans la vie... Le sous-entendu sur la fellation "nécessaire pour réussir" me paraît vraiment évident, peut-être ai-je l'esprit mal tourné?
Il se trouve que j'ai discuté avec trois "indépendants" ces dernières semaines (chômage aidant, je parle beaucoup boulot avec les gens que je rencontre). Aucun ne m'a dit que c'était facile. L'un m'a dit : "indépendant c'est un très joli mot mais il est écrit en lettres d'or, on paye notre liberté super cher". Deux de ces indépendants n'ont touché aucun salaire depuis plus d'un an (secteur informatique, l'un en prestations logicielles, l'autre en installation de réseaux). Le troisième gagne sa vie dans la maintenance de machines industrielles, mais ne compte ni ses heures ni ses kilomètres. Il a fait 70 000 euros de chiffre d'affaire en 2008. Sachant qu'il paye 50% de cotisations, ça lui laisse en gros 35 000 euros nets sur l'année. On pourrait se dire "c'est déjà bien", mais gagner que ça pour s'enfiler les kilomètres à travers la Bretagne et bosser souvent la nuit, je trouve pas ça soit l'eldorado.
Je n'en peux plus de ces mecs de l'Union Européenne, tous vendus à l'idéologie anglo-saxonne (langue anglaise dominante, donc forcément les idées anglo-saxonnes s'imposent), qui repose officiellement sur la libre entreprise et de la concurrence libre et non faussée, mais qui en réalité est basée sur les relations, les pistons et la corruption.
Je mets la vidéo ici :
Z'auriez le lien vers le clip sur TouYube ?
Gregoire : Z'ont bon dos les Anglo-Saxons. Je ne suis absolument pas convaincue que l'UE serait moins social-darwiniste heu... ultra-libéraliste sous la houlelte du MEDEF franchouillard et des potes à Sarko qui y siègent, tu sais.
@GouineMum : Il est dans le message de Grégoire... ou ici.
@Gouinemum : bah écoute, je suis pas spécialiste de ces questions, mais il me semble que c'est le modèle reagano-thatcherien qui s'est répandu partout... À une époque le modèle dominant en France, c'était l'entreprise privée possédée par une seule famille (Peugeot, Michelin, L'Oréal, etc).
Ben justement, l'oligarchie des familles riches est toujours le modèle dominant des grandes entreprises françaises. Arnault, Pinault, Mulliez & Co. On est en France très loin du modèle américain où un P-DG n'est qu'un employé que le "board" des (gros) actionnaires peut virer à tout instant, si le dernier trimestre à rapporté moins qu'ils ne voulaient. La société française est féodale.
Certainement GouineMum. De plus ces familles d'oligarques n'ont cessé de nouer des alliances depuis la fin de la guerre. Alliance par le mariage (L'héritière Wendel avec Jean François Poncet, proche tous de la famille Seillière, par exemple). Des familles qui n'avaient pas souffert de la guerre.... C'est un héritage Vichyste que nous avons...
http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
-pas-homme_1194052_3232.html
Après Céline Dion les artifices canadiens de la pensée version Nancy Huston
@Isa :
sauf que le lien vers la page ne marche plus...
à la place, on peut toujours aller lire "Féminisme utérin" chez Elly...
http://www.lemonde.fr/opinions/arti...
(Ainsi est-ce mieux parce que je parviens à lire ce texte... si ça ne fonctionne pas essayez "on ne nait pas homme + Nancy Huston + Le monde)
Vous trouverez entre autres perles de l'incontinentes verbeuses canadiennes:
"C'est tellement énorme qu'on ne le voit même pas : les hommes constituent, de par le monde, entre 90 % et 100 % des criminels, des pédophiles, des violeurs, des généraux, des chefs d'Etat et des grands leaders religieux."
"Ce n'est pas l'espèce humaine qui fait ça, ce sont les phallophores, jeunes le plus souvent mais encouragés, excités, éperonnés par des vieux. Oui, il faut avoir un pénis et des testicules pour ainsi charcuter, violer, ouvrir le corps des autres à la machette, au poignard ou à l'épée, les déchiqueter à la mitraillette, les décapiter et jouer aux boules avec les têtes..."
Que cette pauvre femme qui précipite ainsi la séparation et qui par conséquent fait le jeu des pouvoirs dans un période insurrectionnelle, regarde les images des grands meeting nazis: on y voit d'innombrables femmes, souriantes, en transe, devant le führer. Veut-elle Huston qu'on lui rétorque que ces femmes là n'avaient pas le courage de leurs convictions et qu'elles ont laissé à leur ss de maris la sale besogne?
(J'espère mademoiselle que vous publierez l'intégralité de mon message)
Merci Isa. Je publie ou pas les commentaires, je ne m'amuse pas à la publier partiellement.
Je ne sais pas qui est Nancy Huston, mais je crois qu'elle a un énorme problème psychologique pour en arriver à produire des articles comme celui-là. Sa haine des hommes me fait penser aux pamphlets de Louis-Ferdinand Céline sur les Juifs. C'est tellement excessif que le texte en devient impossible à lire.
(Au passage, que de tels délires atteignent les pages du Monde, voilà bien le drame de notre époque).
Je ne sais pas si Nancy Huston réalise qu'elle donne des exemples que seul un psychopathe pourrait imaginer, telles que :
Cela me fout des frissons. Apparemment Nancy Huston n'a jamais vu une poupée mise en morceaux par une charmante petite fille mais elle voit plein de nounours dépecés par de méchants petits garçons...
Pour moi ce genre d'article relève de la psychiatrie. Il faudrait lui rappeler certains dossiers judiciaires où des femmes ont commis de véritables atrocités, par exemple les soeurs Papin, ou encore lui rappeler le nom de cette gardienne d'un camps de concentration qui récupérait la peau des cadavres des déportés et en faisait des abats-jours.
Il y a au moins quelque chose qui est commun aux hommes et aux femmes, c'est la connerie.
Merci Grégoire!
A l'âge de Nancy Huston et alors qu'elle fut une femme de charme, peut-être son déclin précipite-t-il chez elle une haine larvée...
Je ne vois d'ailleurs pas qu'elle soit seule... J'assiste pour ma part ces dernières années à des réactions particulièrement excessives lorsqu'il s'agit d'étouffer la voix d'un homme... laid...
Et je ne doute pas qu'il y ait l'équivalent odieux chez les hommes.
C'est cet excès, cette insistance à etouffer qui m'indique que nous avons là une forme nouvelle de fascisme. Les affiches du mondial de football à Paris annonçaient déjà le culte du corps. Il est à son paroxysme...
Et si on désessentialisait de nouveau tout ce débat ? Et par là je vous vise vous, les gars, autant que Nancy Huston. It's all _nurture_ not nature! On vit dans une _culture_ phallocrate et sexiste, et cela n'a rien de prédéterminé.
@GouineMum :
Bonjour, je me suis permise de reprendre une bout de ton texte dans mon post du jour(avec un lien pour vers ici bien sûr), si tu préfères pas, je le retire dare dare :-).
A gouine mum:Qui etes vous?Que faites vous?Avez vous déja écrit un livre?Je vous trouve trop cool!___
plonec : Je suis une projection depuis un ailleurs.
il est necessaire de réagir en 2 posts, 1 pour ton article et un autre pour les commentaires. Je fonctionnerais donc comme ca (dsl ca te fait plus de tri).
J'ai l'impression d'avoir vécut le meme parcours que toi.
Concernant les préconisations de Bruxelle, ton propos ne les remet pas en question.
Effectivement le capital humain est ce qu'il y'a de plus important, et effectivement la meilleur manière de l'exploiter c'est de laisser à chacun la liberté d'entreprendre. Tu en est une parfaite illustration. D'une, tu démontre par la qualité de ta pensée et de tes propos que la vrai richesse de l'humain ne se situe pas dans son portefeuille mais dans sa tete. De deux, c'est parce que tu a eut la liberté de l'entreprendre, parce que tu a une ame d'entrepreneur et parce que tu l'as entrepris et que tu l'entreprend chaque jour que ce blog (d'une qualité exceptionnelle, eut égard aux réactions suscitées) existe.
Ne confond pas entrepreneur et homme d'affaire.
@Isa : lol
je me croyais trash, tu me rassures !!
J'adore
@mlle : looool la vidéo , j'en reste bouche bée...
@gregoire : "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue" Einstein
@tous : le niveau de conversation est de grande qualité, je m'en réjouis. Je sens que je vais passer du temps ici. J'ai l'impression que je viens de tomber sur une oasis au milieu du désert. Merci
@anthony : Bienvenue à toi
'« Quand je me suis réveillée, les militants pour les droits de l'homme s'étaient transformés en droit de l'hommistes, les défenseurs du service public en réactionnaires, les futurs retraités en fainéants exigeants, les pacifistes en terroristes, les jeunes en barbares, les chômeurs en verrues, les malades en onéreux boulets, les grévistes en preneurs d'otages ; le code du travail était devenu un frein, la recherche un repaire d'improductifs, la sécu un piteux gouffre, l'université était inadaptée au marché, la politique une question d'experts, et l'économie, la reine des sciences. »''
Pire encore : Le cynisme s'était métamorphosé en vertu, la bêtise en intelligence, le racisme en "identité nationale" , PPDA en modèle d'indépendance journalistique et BHL en philosophe.
Et depuis, nous avons connu la transformation la plus effrayante de toutes : Sarko s'est changé en président.
Oui c'est une dictature qui ne cesse d'accroître sa main mise sur le vivant