Disparition de Carole Roussopoulos
Par Mademoiselle le 22/10/09, 23:18 - Les special guests
"Ma caméra est là pour ceux qui ont juste le droit de la boucler."
Eh bien voilà, je viens d'apprendre la disparition de Carole Roussopoulos. Ça me fait tout drôle parce que c'est grâce à elle que j'ai pu voir des images du MLF en action, du F.H.A.R mais aussi des LIP...
« La vidéo portable permettait de donner la parole aux gens directement concernés, qui n’étaient donc pas obligés de passer à la moulinette des journalistes et des médias, et qui pouvaient faire leur propre information. »
Je ne peux que vous encourager à la découvrir, pour ceux et celles qui ne la connaissent pas encore... Ici par exemple. Vous pourriez aussi commencer par jeter un oeil à son documentaire sur le MLF, disponible sur daillymotion..
Pour voir les parties 2,3,4 et 5...
On a toujours l'air un peu empoté dans ces cas là, mais je voulais juste lui rendre un petit hommage. Grâce à elle, j'ai pu voir de très belles images de luttes, des images qui m'ont permis de comprendre de quel héritage je pouvais être fière.







Commentaires
Je confirme : REGARDEZ SES FILMS. Vous les trouvez au Centre Simone de Beauvoir à Paris.
et merde.
Super documentaire de Carole Roussopoulos. Merci pour ce qu'elle nous à légué. C'est une grande dame.
Sur mon site j'avais retranscrit son parcourt (via newmedia-art.org) :
--«Ce qui compte pour moi, c’est la parole des autres, celle que l’on n’entend jamais.»
Carole Roussopoulos naît en Suisse, à Lausanne, le 25 mai 1945. Sion, dans le Valais, est son lieu de l’enfance. Après une scolarité classique, elle débute ses études universitaires de Lettres en Suisse, qu’elle poursuivra à Paris. C’est là qu’elle rencontre Paul Roussopoulos, réfugié politique grec, physicien, peintre, son compagnon de vie, d’activisme et de vidéo, père de ses 2 enfants.
Elle travaille pour le magazine Vogue et accessoirement Jeune Afrique. En 1970, elle quitte le journalisme et s’achète, sur les conseils de Jean Genet, la première caméra vidéo portable le fameux portapack de Sony. Elle saisit immédiatement toutes les possibilités de la machine et exploite ses possibilités, sa légèreté, sa mobilité son coût faible par rapport au support cinéma.
Elle commence à filmer, puis à monter les images. Le travail de montage est acrobatique au début, mais Paul invente une façon de monter artisanale, avec scotch et ciseaux et un calcul de synchronisation, méthode qui fera école dans le milieu de la vidéo militante. Le tournage avec cette caméra ne nécessitant pas une équipe nombreuse, souvent Paul tient le micro et Carole la caméra.
Avec Paul, elle monte en 1970 un petit groupe vidéo à Paris nommé Video Out La même année, elle réalise Jean Genet parle d'Angela Davis et un film dans les camps palestiniens Hussein, le Néron d’Aman (la copie a depuis disparu).
Elle filme, dans la traditionnelle manifestation du 1er mai 1970, le premier défilé d’homosexuels à Paris et suit le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire dans ses réunions historiques à l’Université de Vincennes, au département de philosophie. Elle laisse tourner sa caméra et capture les échanges et les débats sans couper. Elle concilie l’art d’écouter et de voir avec une rare clairvoyance. D’un coup d’œil, elle saisit l’assistance, les réactions de ceux qui écoutent. Son sens de la caméra, de la bonne place, de la bonne distance, assure la pertinence de son propos au montage.
Elle met ses connaissances à portée des militantes féministes en organisant des ateliers, des stages de vidéo attirant de nombreuses femmes, notamment Delphine Seyrig qu’elle rencontre à cette occasion et avec qui elle entame une longue collaboration. Elles réalisent ensemble en 1976 un petit pamphlet remarquable S.C.U.M. Manifesto.
Carole Roussopoulos suit les luttes des femmes et les filme. Son travail sert d’amplificateur aux luttes des prostituées de Lyon, des ouvriers des usines Lip, aux combats pour l’avortement et la contraception libre et gratuite. Loin de chercher à s’intégrer aux groupes ou à s’identifier aux personnes qu’elle filme, elle tente d’appréhender au plus juste, une situation, une parole. Ainsi elle met en images les luttes internationales, les luttes des exclus, le quart-monde, les clochards, les luttes au quotidien (à l’hôpital, en foyer de retraite), la lutte des mères des détenus basques, et toutes les luttes des femmes (avortement, viol, contraception, violences, égalité professionnelle…)
En 1982, elle fonde avec Delphine Seyrig et Iona Wieder, le Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir premier centre d’archives audiovisuelles consacré à l’histoire et à la mémoire des femmes.
Écoutant sans pour autant jamais commenter, la réalisatrice n’a de cesse de remettre en cause les idées préconçues des spectateurs sur des sujets polémiques ou le plus souvent ignorées par les médias grand public. En quelques minutes sur une situation difficile ou conflictuelle, elle prend quelques repères rapides, capte une pensée, un discours, une façon de parler, de regarder, de travailler, de déambuler. Il s’agit d’une véritable exploration et non d’une démonstration formatée aussi bien dans la prise de vue que dans le montage.
Fidèle en amitié et en travail, elle collabore en toute complicité avec des cadreurs, des preneurs de son, donnant en général peu d’indications verbales. Pendant le tournage, elle sait faire reprendre une phrase, changer une lumière, déplacer une personne, questionner plus avant ceux qu’elle filme. Il n’y a rien d’automatique, Carole Roussopoulos reste très attentive et présente toujours à l’écoute de la personne filmée. Tant avec les prostituées de Lyon qu’avec les Lip ou les femmes victimes de violence, elle mène un vrai travail d’écoute sur la durée. Elle tourne de longs entretiens, tout en restant mobile et prête à filmer si un évènement intervient.
En collaboration avec des groupes ou des associations, elle aborde les questions dont les féministes se sont saisies: l’avortement, la contraception, le viol, l’inceste. Les films circulent, deviennent des supports de débats et des outils de formation. Elle travaille aussi bien pour et/ou avec des groupes militants, des associations, des fondations, des ministères
Ses premiers films inscrivent son œuvre, qui compte aujourd’hui plus de 50 films, dans son rapport au monde. La parole des autres est primordiale. Le combat pour les droits fondamentaux est légitime. L’être humain est au premier plan.
Dans les années 80, elle s’intéresse à la place des femmes dans le monde du travail, aux métiers et aux statuts professionnels non reconnus (Profession agricultrice, Profession conchylicultrice) et à l’égalité professionnelle dans le monde agricole comme dans l’industrie nucléaire.
De 1987 à 1994, elle gère et anime l’Entrepôt, lieu comprenant trois salles de cinéma, une libraire et un restaurant. Elle apprend alors le métier de programmatrice de films et de gérante de restaurant.
Dans les années 90, elle entreprend un vaste travail sur la maladie, la mort, la douleur, l’accompagnement des personnes en fin de vie, tant du côté des malades que des soignants.
En 1995, elle reprend pied en Suisse et décide de tourner des sujets peu abordés dans on pays d’origine: les violences contre les femmes et les enfants, l’homosexualité. Elle travaille parallèlement à la restauration de ses premières vidéos.
En voyant s’éteindre autour d’elles des femmes ayant lutté pour les droits de femmes et en constatant l’éparpillement et la dégradation des archives audiovisuelles sur le mouvement féministe, Carole Roussopoulos se lance dans un grand projet de film sur le mouvement de libération des femmes qui donnera en 2000, le film Debout ! Une histoire du Mouvement de Libération des Femmes (1970-1980). Le film connaît un grand succès dans les festivals, fait l’objet de très nombreuses projections dans le monde et donne lieu à une presse abondante et élogieuse.
En 1992 Carole Roussopoulos est nommée Chevalière des Arts et des Lettres et Chevalière de la Légion d’Honneur en 2001 consacrant «ses 32 ans d'activités artistiques de réalisatrice de films».
En 2003, elle a toujours de nombreux projets en tête dont la seconde partie du film Debout, une histoire du mouvement des femmes.
Nicole Fernandez Ferrer
Le document que tu as mis en ligne "femmes debout" est en cinq parties (comme tu le précises d'ailleurs) or pour visionner la partie 5, dans laquelle les intervenantes féministes évoquent l'homosexualité féminine, dailymotion impose une inscription préalable sous prétexte que le document en question pourrait heurter la sensibilité blabla (et on est très loin d'une évocation par le menu, le propos reste très "convenable").
Je crois qu'il y est aussi question de Solanas...
Bref, consternant.
Je viens de revisionner le document et je me suis un peu précipitée, il n'est pas question de lesbianisme dans cette partie du document mais largement de viol (ma remarque était donc sur ce point injustifiée) néanmoins ma consternation reste intacte, pour dailymotion, la dénonciation du viol est donc un contenu explicite nuisible pour les plus jeunes (ça et la sulfureuse Solanas)
@mauvaise herbe : je confirme pour la partie 5. En revanche, tu le dis mais j'insiste, il suffit de s'inscrire et de désactiver le contrôle parental... ça n'enlève rien au fait que c'est lamentable de la censurer, ce que je voulais dire, c'est que c'est faisable de regarder cette partie...
Je ne le connais pas mais cette phrase "«Ce qui compte pour moi, c’est la parole des autres, celle que l’on n’entend jamais.», c'est au moins la profonde intuition de la nature insoupçonnée du régime, c'est d'ailleurs fort probablement qu'elle la connaît intimement.
Car tout ce qui est visible n'est pas réellement ce qu'on y voit et tout ce qui est invisible est plus déterminant. Par exemple le sourire visible d'un animateur de télévision n'est certainement une attention et un élan profond de sympathie pour les téléspectateurs et le public. En revanche personne ne voit jamais ce qui est déterminant c'est à dire les millions de spectateurs qui sont au même moment cloués devant le poste. La pierre philosophale de Borgès ou l'imagination recommandée par Wilde sont effectivement déterminants ou aller chercher la parole de ceux que jamais on entend c'est un effort notable.
Je suis dévastée.
mauvaise herbe et Mlle S :
Oui, Dailymotion ont une peur panique de présenter aux mineurEs tout ce qui dépasse le niveau Fisher Price et Bibliothèque Rose (et c'est pas parti pour s'arranger, vu que l'État vient d'y investir : http://www.zdnet.fr/actualites/inte... ). J'en fais moi-même les frais avec la vidéo d'une de mes performances, qui n'a rien de sexuel mais tout de politique.
Cela dit, sachez que si vous citez une vidéo de Dailymotion dans un autre site, à travers leur lecteur exportable, cette censure, et tout filtre parental, disparaît comme par enchantement.... Il s'agit donc manifestement d'une mesure de pure tactique juridique. D'obéissance préemptive au gendarme, quoi. Ce qui fait que je recherche une alternative à Dailymotion (YouTube étant inutilisable bicoz owned by Big Bother Google que je boycotte, et de toutes façons limité à dix minutes de durée par séquence).
j'avais fait une page html y a quelque temps qui était dédié au film "femmes debout" de Carole Roussopoulos.
Récemment je l'avais réactualisée pour une validation W3C. J'y avais récupéré toutes les parties du film pour les rassembler en une seule page. Je comptais en parler à Carole Roussopoulos pour savoir si elle m'autorisais à reproduire son doc sur une page html...
Voici la page avec les 5 parties du film de Carole Roussopoulos :
http://ballonsonde.org/wikiSonde/vi...
@GouineMum : Merci pour le sous-titrage. J'ai de toutes façon écumé depuis longtemps le contenu féministe de dailymotion. Je n'y ai pas vu grand chose, à part peut-être deux grande figures du mouvement que sont Soral et Zemmour.
@chépa : Merci pour la page !
@SexToy : J'aurais préféré t'annoncer de meilleures nouvelles...
Et en ouvrant le journal ce matin, ça parlait du fils sarko en première page, et vas-y que je te le trouve responsable et mature boucle d'or et blabla. Rien sur elle. Quelle presse lamentable.
Je préfère que la presse soit ainsi, lamentable. Le doute n'est plus permis.
http://www.centre-simone-de-beauvoir.com/dvd.html
La collection « Une Caméra à soi » a vu le jour pour diffuser en DVD les titres
emblématiques du fonds comme :
Sois belle et tais-toi ! de Delphine Seyrig
(Premier titre édité sous-titré en anglais, espagnol et pour les personnes sourdes et malentendantes)
SCUM Manifesto de Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig
à suivre...
Debout ! Une histoire du mouvement des femmes 1970-1980 de Carole Roussopoulos,
Le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire) de Carole Roussopoulos
Maso et Miso vont en bateau, Où est ce qu’on se ‘mai’ ? de Ioana Wieder,
Accouche…
Mlle S. :
Si vous décidez de relayer la page, allez y.
Je recopié ces vidéos issues de dailymotion, et les elles aient hébergées sur un autre serveur.
Si le centre de Simone de Beauvoir ou autres ayants droits y voit un abus de ma part je retirerais cette page de la circulation.
En attendant vous pouvez relayer cette page comme bon vous semble. J'en prends la responsabilité.
@chépa : Merci !
je signale au passage ce lien.
Et rien, en langue française, ne
concerne les premières féministes suédoises Ann-Charlotte Lefler et Alfhild Agrell, membres de Unga sverige (jeune Suède), avec notamment August Strindberg.
Mais on peut voir "Le libre penseur" (Doriane films) un film de Peter Watkins dédié à Strindberg où est abordé sérieusement le féminisme à travers ses problèmes avec sa femme Siri Von Essen et ses accointances puis sont différend avec le mouvement Unga Sverige.
Le film est excellent, hormis dans la dernièredemi-heure, l'intervention de ce qui semble être deux vieux bobos démagogues
Merci beaucoup pour tout (billet+lien)! encore une occas de devenir mon crétine
@nananimp : de rien ! Tu vas voir, les documentaires sont un vrai régal, moi ça me met en joie. Et c'est marrant, je retrouve ce bonheur et cette bonne humeur dans les actions militantes féministes que je fais, souvent, il faut bien le dire, avec des nanas qui ont l'âge d'être ma mère. C'est pour ça que ça me sidère toujours autant qu'on dise que les féministes n'ont pas d'humour...
je ne la connaissais pas du tout (effectivement, compter sur les "médias" pour informer est une aimable plaisanterie), je vais aller visiter vos liens avec intérêt pour cette époque historique et charnière du féminisme, que je n'ai pas vécue.
Mlle S : Oui ça fait du bien ces documentaires! Au vu de ce qu'on peut voir dans nos tristes médias je crois que c'est vraiment une grande perte pour notre cause...
Quant aux préjugé immondes sur les féministes moi aussi je trouve ça incroyable et en même temps tellement normal. Apparemment nos opposants n'ont pas grand chose à nous mettre sous la dents en terme d'idées.
Disparition de la poétesse américaine Lenore Kandel
http://endehors.org/news/lenore-kan...
J'ai été faire un tour sur wikipédia pour voir s'il y avait une bio sur Carole Roussopoulos, il semble qu'il n'y ai pas de page qui lui soit dédiée.
Voici ce que j'ai trouvé : Carole_Roussopoulos
Petite suggestion : nous pourrions commencer à créer cette page...why not ?
URL : http://www.lespoupeesenpantalon.fr/...
wouah ! Merci GouineMum pour ce lien.
C'est une sacrée bonne biographie complète pour ouvrir la 1ère page wikipédia dédiée à Carole Roussopoulos. Dès que j'ai un peu de temps, je commence la page, ou la continue si d'autre l'on fait.
chépa : Je ne sais pas où les Poupées en pantalon ont dégoté ces informations, mais n'hésite pas à les contacter au besoin (ça risque d'être nécessaire si tu veux prouver tes sources dans un article Wikipedia).
GouineMum : oui effectivement va falloir les contacter pour vérifier les sources. C'est la question que je me posais.
Sur divergences.be
http://divergences.be/spip.php?arti...
Un article sur Carole Rossopoulos