C'était ça :

et ça :

Et ça donnait des trucs comme :

"Eric Besson, comment peut-on passer du parti socialiste à l'UMP en quelques heures".

Wouah comment il l'envoie sa question !

Rââh le journaliste qu'a peur de rien !

Tout le monde était bien maquillé, bien poli, bien souriant. Il y avait juste assez de fausse impertinence pour ne pas avoir l'impression d'être en train d'avaler un tube d'homéoplasmine. 

Bref, la nausée montait lorsque mon sauveur, mon homme, mon prince est arrivé et a dit -virilement- : "Change steuplé, ça m'passe partout".

J'ai obtempéré avec plaisir. Comme quoi, ça m'arrive. Bref. tout ça pour dire que ça m'a mis en panique si bien que j'ai eu envie de (re)faire de la publicité pour des médias dont l'information ne ressemble pas à une bouteille d'huile... liquide, jaunâtre, indigeste, poisseuse, transparente... bref, on a compris la métaphore, je crois.

C'est parti.

  • Comme je suis partisane, je commence par CQFD, puisque j'y ai écrit un petit truc.

Tiens, tant qu'on y est, lisez donc "OBÉISSANT BESSON !" de S. Fontenelle.

  • On peut aller faire un tour chez Fakir aussi, qui fêtait récemment ses dix ans.

Je vous conseille vivement de lire le dossier sur les syndicats (avec un prozac et une bière dépassant allègrement les 5° ceci dit).

« Quand Bernard Thibault vient, vous lui racontez quoi ?
- Mais il n’est jamais venu ! On ne l’a jamais vu, ici. Même pas un coup de téléphone. A part à la télé, sinon je ne connais pas le son de sa voix… »


C’est Mickaël Wamen, le délégué CGT de Goodyear, qui se confie comme ça devant l’usine.

Tant qu'on cause des dix ans de Fakir, j'ai trouvé une intervention de Serge Halimi, invité à la fête, à propos notamment de la presse militante, sur le site d'Article XI :

Serge Halimi : « Tout concourt à affaiblir la presse militante. »

« La notion d’information est un terme générique, mais il faut d’emblée souligner que nous ne faisons pas tous le même métier. Pour synthétiser, disons qu’il existe trois types de presse : la presse gratuite, ou plutôt prépayée (par la publicité), la presse payante et la presse payante et militante. Fakir, Le Plan B, CQFD ou La Décroissance - entre autres - appartiennent bien entendu à cette dernière catégorie, qui a ceci de particulier qu’il faut s’engager pour elle, qu’il faut la faire connaître. »

La presse gratuite : « L’information y est produite par et pour les publicitaires. Je n’aime pas cette formulation de "presse gratuite" et lui préfère le terme de "presse prépayée". Ces journaux ne sont en effet pas gratuits : ils ont été payés, par la publicité, et vous les financez quand vous achetez des produits de consommation.
Le journalisme n’intéresse pas ces publications, seulement la pub. À preuve, ils cessent de paraître en été. Non pas parce que l’actualité cesse, mais parce que l’activité publicitaire reflue. »

« Cette information prépayée par la publicité ne concerne pas seulement la presse dite gratuite, mais aussi l’information vendue à très bas prix aux lecteurs, bien en-dessous des coûts de production. C’est le cas des news magazines, L’Express, Le Point et Le Nouvel Observateur - entre autres - s’écoulant pour bonne part grâce à des abonnements presque gratuits. Ainsi de cette offre d’abonnement au Point proposant, en 2009, douze numéros pour 15 €, avec en prime une calculatrice ou une montre ; le news magazines coûte alors moins cher au lecteur qu’un quotidien, ce qui est rendu possible par la publicité.
Ce n’est évidemment pas sans incidence sur le contenu des ces publications. Directeur et administrateur du Nouvel Observateur, Claude Perdriel expliquait récemment vouloir "se débarrasser des lecteurs inutiles pour la publicité". Soit une volonté que sa publication monte en gamme et attire davantage de lecteurs aux revenus confortables, afin de faire grimper le coût de la page de publicité. »

« Il faut aussi souligner que les abonnements ne sont pas tous payés. Les compagnies aériennes, certaines épiceries de luxe et grandes écoles, des salles de sport - entre autres - bénéficient d’abonnements gratuits, pourtant comptabilisés dans le chiffre total des abonnements. Pour La Tribune, ces faux abonnements représentent 30 % de la diffusion, tandis qu’ils correspondent à plus de 20 % pour Libération. Libé revendique ainsi 110 000 exemplaires, mais n’en vend réellement que 80 000. »

« Ce système privilégiant en permanence les annonceurs et les sujets les plus futiles a bien évidemment de lourdes conséquences sur le contenu. Sans que personne - ou presque - ne proteste. Et pourtant… "Imaginez, propose l’universitaire américain Robert McChesney, que le gouvernement prenne un décret exigeant une réduction brutale de la place accordée aux affaires internationales dans la presse, qu’il impose la fermeture des bureaux de correspondants locaux, ou la réduction sévère de leurs effectifs et de leurs budgets. Imaginez que le chef de l’État donne l’ordre aux médias de concentrer leur attention sur les célébrités et les broutilles plutôt que d’enquêter sur les scandales associés au pouvoir exécutif. Dans une telle hypothèse, les professeurs de journalisme auraient déclenché des grèves de la faim, des universités entières auraient fermé à cause des protestations. Pourtant, quand ce sont des intérêts privés en position de quasi-monopole qui décident à peu près la même chose, on n’enregistre pas de réaction notable." »

L’information payante : « Plus une information est payée, plus elle est susceptible d’être indépendante. Cela nous renvoie logiquement à internet : oui, le net est magnifique, notamment parce qu’il permet aux voix discordantes de s’exprimer, ce qu’on a par exemple constaté lors du référendum de 2005. Mais il y a un hic : il n’y a pas de raison que l’information soit gratuite tant qu’on paye les biens de consommation. Il faut d’ailleurs se poser la question : trouve t-on beaucoup d’enquêtes, de reportages sur internet ? Non, bien sûr [4].
Les titres de presse doivent composer - difficilement - avec ce modèle de la gratuité sur internet. Et c’est encore plus vrai pour la presse critique de l’ordre social, qui ne bénéficie que du soutien de ses lecteurs. »

La presse payante et militante : « Elle est fragile, très fragile. Elle ne repose pas sur ses avantages économiques, par exemple un bon salaire offert aux journalistes, mais sur des affinités politiques et personnelles. En clair : elle repose très largement sur l’auto-exploitation de ceux qui la font, parfois sans rémunération, toujours sans RTT ni vacances.
En ce moment, tout concourt à affaiblir cette presse militante, et notamment le net où se constituent de petites communautés de plus en plus étroites et fermées. Noam Chomsky constatait ainsi récemment : "J’ai remarqué que de nombreux militants ont mis fin à leur abonnement à des journaux de gauche. Si j’étais la CIA, j’encouragerais ce mouvement (…), car il contribue à fragiliser ceux qui critiquent l’ordre social". Un exemple parfait est la situation de ZNet, site alternatif historique aux États-Unis : en très mauvais situation financière, il a lancé un appel au secours à ses très nombreux lecteurs ; et n’a pas récolté grand chose, si ce n’est des réactions indignées et des protestations centrées sur l’idée que l’information se devait d’être gratuite. »

« Le type de réunion qui nous rassemble aujourd’hui a beaucoup d’avantages. Mais elle ne doit pas constituer une consommation de plus, une consommation de la contestation. Pour cela, je vous laisse avec ce qui terminait l’éditorial de la dernière livraison du Plan B : "Ce journal est un marteau, ses colonnes identifient les clous. À vous la main." »

Notre combat, par S.H.

Depuis vingt ans, Le Monde diplomatique annonce la formation du cyclone économique qui, aujourd’hui, dévaste les salles de rédaction et dépeuple les kiosques. Notre journal éprouve lui aussi les conséquences des intempéries : nous faisons appel à vous.(lire la suite)

Et comme, là encore, je suis terrifiante de parti pris, je ne peux m'empêcher de signaler cet article de Christine Delphy, "Retrouver l'élan du féminisme". 

J'ai le bonheur de trouver, dans le sommaire, des articles sur le MLF, le travail, le plaisir, les poils... Bref, pour moi qui suis en train de travailler avec plaisir en tapant frénétiquement sur le clavier avec mes petits bras poilus, ça donne envie. 

"La lutte est acharnée mais Le Plan B ne décerne la laisse d’or qu’au plus servile."



Sur le site, celle décernée à Stéphane Rozès,


"L’opinion est sa truffe convoitée ; Stéphane Rozès la quête partout en grognant. Directeur de l’institut CSA-opinions et professeur à Sciences-Po, le sondeur a conquis le marché de la « gauche de gauche ». Le PCF sollicite ses prophéties en stratégie électorale ; L’Humanité l’interroge sur les grèves contre la réforme des retraites." (lire la suite)

On peut également acheter de magnifiques tee-shirts :

Notons que mon billet reprend d'ailleurs le nom d'une rubrique Plan Béhèsque. (parce qu'en plus de faire de la pub, et de regarder la télé, je m'adonne au plagiat)

Ou encore de soutenir leur action...

Tiens pour la nouvelle année qui s'approche à grand pas, vous pouvez envoyer de belles cartes par exemple :

Il ne tient évidemment qu'à vous de compléter la liste...

Voilà... c'était la leçon de chose du lundi. Je tenais à la faire parce que je suis du genre à remettre mes abonnements à plus tard, à bouffer du gratuit en masse, en oubliant allègrement que les gens qui écrivent des papiers comme je les aime, assez bêtement, il faut qu'ils bouffent... un peu... au moins juste assez pour avoir la force de continuer à écrire. Et je préfère que ce soit moi qui les fasse bouffer plutôt que Dassaut, Lagardère ou Rotschild. Parce ce qu'à la cantine de Demorand, le moins qu'on puisse dire, c'est que les plats, et ceux qui les servent, ont tendance à rendre le journalisme somnolent.