Chacun sa peine
Par Mademoiselle le 10/01/10, 20:19 - Le privé est pathétique
Filed under: Petite Rengaine
D'abord Lhasa, puis une page de Libé plus loin, Mano Solo. Et une copine
mariée ce week-end. J'y repensais justement hier soir, c'est drôle.
Je revoyais la gentille fille de gauche de dix huit ans, la petite
indignée, pas d'accord avec le socialisme de papa, défilant pour la
sécu, contre les privatisations, pour les retraites, battant le pavé
contre les seconds tours borgnes, naïve. Elle a découvert Noir
Dèze. Ah les premières notes de Tostaky. Elle l'avait payée elle-même sa paire de docs noires montantes, ça en jetait avec ses cheveux
courts et sa bouteille de rhum à portée de main.
C'était le temps des colocations
festives, le temps de l'appartement dégueulasse, du défilé
permanent. C'était
le temps où elle était là, acceptant non sans une moue dégoûtée de jouer
"Barbès Clichy" à la guitare, pour que je puisse chanter un peu.
Parce que c'est bien gentil Led Zep, mais t'as vite l'air ridicule.
Et parait que Brassens, c'était injouable. Alors elle jouait pour
moi. C'était le temps où tu expérimentes de près la pensée
straight, chez tes petits potes de gauche qui se sont
tous depuis rués à la mairie, à l'église et sur les petits pots.
Elle jouait "Barbès Clichy" à la guitare, d'un air détaché,
question de dignité quand on est punk. Mais elle le jouait quand
même pour moi. Et ça me changeait de Bach, des dissertations, de ma
coupe au carré. J'ai appris Hexagone par cœur, et avec un peu
d'entraînement, j'ai même réussi à enchaîner avec "L'homme pressé"
dans un souffle. J'ai dû les observer de près les fils de profs,
keffieh au vent, joint au bec, pour ne pas trop faire tâche. J'ai
découvert les papas psy, les mamans ingé, les parents qui
reviennent du Guatemala, ou qu'adorent l'Afrique et qui collent des machins
exotiques sur les murs de leur maison plantée au milieu
du jardin clos et arboré. C'était pas facile tous les jours de
suivre Zoé, petite bourgeoise sapée comme la dernière des
clochardes. J'avais du mal à comprendre en quoi c'était in ces
lambeaux de pantalon, mais je voyais bien que j'avais l'air
con avec mes fringues propres. J'avais réussi à coller un poster de
Kurt Cobain au dessus de mon lit, et je supportais plutôt bien les
remarques de papa me disant qu'il avait quand même une sale gueule
de drogué ce con, mais je sentais que le drapeau palestinien ou le
Che, ça le ferait trop marrer, que ce ne serait pas jouable, qu'on
n'avait pas le même seuil de tolérance chez nous. Alors bon, je me
suis contentée de Kurt dans le genre subversif. Pendant que je
continuais à prendre tout ça très au sérieux, ils sont passés du vieux pantalon dégueulasse au levis propre, du
cheveu emmêlé au chignon défait, l'air de rien. Et puis ça s'est
attaché la tignasse de plus en plus serré, ça a validé ses années
de fac, ça a bifurqué sur une école, ça s'est trouvé un premier
boulot dans le commerce équitable, pour commencer, parce que
l'ambiance est sympa. Ça n'a pas trop enchaîné les contrats
précaires, réseau de papa oblige. Le stage, tout au plus, a été
l'occasion de claironner qu'on se démerde avec peu.
Ce soir, ils
revoient peut-être nos soirées, quand Mano Solo passait sur la grosse chaîne stéréo des parents partis en week-end "expo super sympa à Paris". On passait "La marmaille nue" et on
gueulait tous ensemble « chacun sa peine », une bouteille de
seize tiédasse à la main. Delphine, la fille du plâtrier portugais,
n'était déjà plus avec nous.
Elle projetait un BTS quelconque, pendant que nous prolongions notre
adolescence. Ma mère, elle, n'aimait pas que
je me balade avec des jeans troués, elle n'aimait pas cette faune.
Elle disait que ma copine Zoé était du genre à s'encanailler pour
faire bien, mais qu'elle finirait avec un collier de perle, parce que
c'est comme ça, parce que ce que le monde social a fait, il ne peut
pas le défaire. Enfin si, mais pas dans le sens où je l'espérais.



Commentaires
Des sur-chemises à carreaux trop grandes, du "Le Pen c'est trop un facho", du genre le keumé i' rent' trop dans des cases quoah, et moi j'm'en fous, tt'façon y a que les Floyd ke je kiffe, excellent comme y sont trop barrés.
Et des grandes baffes dans la gueule du temps qui passe, et l'inamovible dureté du monde social.
Bravo, fort joli billet.
Solidairement.
Les enfants du spectacle. j'ai toujours été effaré de leurs détestations et de leurs engouements pour la pacotille. Ils se déchirent encore pour des morceaux d'une musique depuis longtemps propriété exclusive du marché...
Fort joli billet, très triste histoire, immense gâchi...
Cet après-midi je regardais justement les photographies d'un heureux moment. Des amis lointains que le temps, assassin, n'est pas parvenu à éloigner de mon coeur. Sobrement intitulé "week end des piou piou" ces photos là me sont chères...
Mon ami Sylvain m'écrivait récemment:
« C’est les corps des femmes qui font des enfants, nous, humains grandissont à la vitesse d’un rêve de petite fille qui s’effondre. Il nous reste dans le regard parfois, la mémoire sidérée de cet effondrement…. »
Bien à vous Mademoiselle
J'apprend ici que Mano Solo est mort. ça me fait drôle. ce qui me fait encore plus drôle, c'est d'avoir vu mon adolescence à travers ce texte. ça commence pas dasn la bonne humeur en tous cas ici ! Mais le texte est très beau. merci.
Pareil, sauf la rencontre avec la pensée straight.
Enterrés, les idéaux, les souvenirs, rendus ridicules par le temps qui passe, d'la jeunesse? En prenant pour excuse le "monde social"?
Les enterre qui veut.
Si Bertrand Cantat, si David Gilmour, si Mano Solo les avait enterré, c'est sur que personne ne se déchirerait pour des 'morceaux d'une musique depuis longtemps propriété exclusive du marché'.
Bref Le Pen c'est toujours un facho, Tostaky 'déchire' toujours autant, et c'est toujours aussi chouette de voir un poster de Kurt Cobain sur la porte de ma chambre, chez mes parents.
En tout cas, billet très touchant, pour moi , qui ait peur qu'un jour, ce monstre de monde social me pousse à sortir de cette mascarade de pacotille qu'est "les enfants du spectacle". Pas sur qu'il m'aura.
Si nos rêves s'effondrent, il n'appartient qu'à nous d'en contrôler la vitesse.
Ici Paris.
Je me sens (et je fais sûrement) vraiment très étrangère dans tout ça... Peut-être est-ce un bien de ne pas avoir vécu ça.
Les poules ont des dents... et le galinacé ne sait manifestement pas de quoi je parle... au lieu du "temps passe" il aurait été de plus de profit de s'intéresser à la critique et pour ne pas passer encore pour le pompeux que je ne suis décidément pas, je citerai quelques vers d'une magnifique chanson écrite par Raoul Vaneigem:
Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu
Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés
http://www.nelvento.net/autonome/la...
Cette version est bien meilleure
http://www.dailymotion.com/video/x6...
excellent billet chére mademoiselle
je connais ça, le pire c'est que j'ai été le quota pauvre expérimental dans un lycée catho huppé.
Pour ce qui est de musique propriété exclusive du marché, c'est pas Mano Solo qui s'élevait contre ça, il défendait au contraire les majors et fustigeait les "pirates" : http://www.lesoir.be/culture/musiqu... . Autant de bêtise me dépasse, vraiment.
Autre temps autres moeurs l'album "Pour en finir avec le travail" co-écrit par Guy Debord, Raoul Vaneigem, Alice Becker-Ho, Jacques le Glou et Etienne Roda-Gill, n'a jamais fait l'objet d'aucun droit. Il est préférable d'obtenir la version originale plutôt que celle récente de René Binamé (la manière dont chante Binamé me paraît plûtôt porter tort à ces chansons, il a une manière assez "grotesque")
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pour_e...
@GM: à ce qu'on dit la position de Mano Solo n'est pas aussi tranchée que vous le dites et je la trouvais pour ma part assez respectable, en ce sens qu'il disait qu'il était un devoir de pirater les musiques des majors et un autre devoir d'aider les petits producteurs....
: / Ça me rend un peu mélancolique ; la trentaine approche calmement et j'attends toujours qu'il m'arrive cet étrange processus d'intégration que je vois en œuvre autour de moi.
J'ai dû louper quelque chose.
@ Mademoiselle: très fort ce billet, très fort... MERCI
@ La Sonate: excellent que votre commentaire suive, exactement ce qu'il nous fallait.
@ Enna: l'année 2o1o commence-t-elle bien?
GouineMum, il ne faut pas se laisser dépasser par la bêtise. Quand je parle de musique, je ne parle en aucun cas des avis des artistes sur la question des majors et autres. Je parle juste de ce qu'on peut ressentir en les écoutant: c'est un sentiment de profonde intégrité, et un aller simple pour les batailles contre le grand "processus d'intégration." Je réagissais juste au fait qu'on associe trop facilement ces musiques dites "de rebelle" à un âge passé, comme si elles avaient une signification quand on était jeunes et insouciants, mais que maintenant qu'on est grands et distants par rapport au choses, elles sont futiles.
Je m'exprime peut-être mal. (sûrement). Désolé. Et désolé de n'avoir pas saisi ce que tu voulais dire, Isa, ce sont juste les mots 'énorme gachis' qui m'ont fait tilter, tellement que je les aime pas du tout, du tout.
J'apprends aussi ici que Mano Solo est mort, quelques jours après Lhasa. Je ne les écoutais plus depuis bien longtemps mais ils m'ont fait tellement de bien à une époque...
Votre article Mademoiselle me donne envie de replonger dans cette époque où on voulait en effet se donner une image mais où j'avais l'impression d'être un peu plus vivante peut être. On était ridicules mais on se marrait, "on en avait rien à battre", et c'était bon. Et oui, Tostaky déchire toujours autant!
@ la galinacé... La mort d'une jeune fille qui n'avait pas trente ans, au vu des conditions qui ont été les siennes de son vivant, me paraître toujours un immense gachis. Je n'en démordrai qu'en me perdant moi même à jamais.
Gallinacé : Les musiques rebelles ne sont pas du tout du passé, il s'en crée sans arrêt aujourd'hui même, et totalement hors du "marché". Mais je ne vois pas pourquoi on considérerais comme rebelle un artiste qui était manifestement heureux de se faire exploiter par une des industries les plus esclavagistes de la planète, au point d'en faire un Syndrome de Stockholm (son histoire d'autoproduction est d'ailleurs totalement farfelue : plein de musicienNEs arrivent parfaitement à s'autoproduire sans majors et à en vivre, et si ce n'est pas son cas à lui ce n'est pas de la faute aux autres). L'art pour l'art existe pas : si on chante la rébellion faut aussi la faire dans sa vie. Ne serait-ce que pour être crédible...
@ Isa: Je me sens tout à fait stupide, et je ne saurais de toute façon pas réparer ma bêtise. Des fois je sais pas de quoi je parle, Souvent même.
@ GouineMum: je suis partagé vis à vis de votre pensée. J'aime à croire que l'art pour l'art existe, c'est d'ailleurs parce que je le crois que je fais de la musique, depuis pas mal de temps déjà. Il peut servir de transporteur, mais aux racines de l'art, pour moi il y a l'art. De mon point de vue, peut-être quelque peu naïf, mais mien quand même.
Voilà sinon j'adore vous lire, vous et vos rhétoriques acharnées avec Mademoiselle sur les mers de ce blog, qui ma foi est un véritable petit refuge pour trouver des discussions tumultueuses aux parfums de sel qui pique, là ou ça fait du bien. ( Mais que dis-je?).
Salutations pas distinguées, mais amicales.
@ isa : euuh je sais pas si mano a dit qu'il fallait pirater les majors, mais si c'est vrai, il a aussi dit le contraire.
@ gouinemum : yep, je suis pas loin de penser comme toi, avec quelques nuances. Tous les éclaircissements sur la vision de mano quant au piratage, aux droits d'auteurs et à sa vision de "carrière" dans ce thread sur lequel il intervient, à partie de la troisième ou quatrième page si j'ai bonne mémoire.
C'est super long, y'a une bonne trentaine de page de discussions avec lui, et ça finit en engueulade et en eau de boudin, comme tous les très longs threads.
http://www.dogmazic.net/modules.php...
@pola.k: Je viens d'écouter l'interview de Mano solo sur radio neo. Je lui donne raison sur ce point qu'en effet les "jeunes" n'ont pas de conscience sociale et politique. Mais à qui la faute? Ils n'ont pas également d'argent et cela Mano solo le nie en l'occultant. A qui la faute?
Négations de part et d'autre de la chaîne: négation du chanteur vis à vis des moyens du public, négation du public vis à vis des besoins du chanteur. Une seule et même raison à cela: la volonté d'appauvrissement, matériel et moral, qui s'affiche très ouvertement dans les plus hautes instances du pouvoir.
Quand à ce jeune public il dépouillerait un clochard s'il le pouvait...
Tain...
C'que vous êtes vieux...
Misère...
Je colle ici ce que le billet m'évoque, par chance j'ai même les liens !
Le paragraphe "Sur les réticences"
http://raisonsdagir.org/gm1.htm
parce que ce que le monde social a fait, le monde social, armé d'un savoir, peut le défaire. Et Foucault !
En particulier "Quand je vois ce que sont devenus les gens qui me doublaient à gauche, et qui maintenant me doublent vraiment à droite, je me dis que j’avais un peu raison. Il y avait un côté aventuriste, populiste, enfantin et bourgeois — énervant quoi — dans beaucoup de prises de position."
http://www.vacarme.org/article224.h...
Je crois que je ressens, pour avoir été un temps comme Mademoiselle, à suivre des gens qui en jettent dans des prises de positions qui étaient aussi des poses et à bien voir que j'avais l'air con à côté de ces enfants de profs, quelque chose qui s'est déroulé en deux temps : quelque part je sentais confusément que ces rebelles pouvaient n'être qu'un feu de paille, même si j'aurais voulu qu'il en soit autrement; ailleurs, plus tard, il y a eu un rangement, un assagissement, comme malgré eux et c'est étonnant de constater que des personnes s'embourgeoisent en toute bonne foi.
Un billet qui sonne juste, une expérience que j'imaginais difficilement pouvoir être partagée !
Les bourgeois, c'est comme les cochons
Oui très vieux et je suis né ainsi, extrêmement vieux, je succède à des siècles de famines de la vie. Que veux-tu qu'on répondre à ton "misère", l'enchantement de "jeune con"?
Gallinacé :
Hé, je ne te demande pas de te dévaloriser devant moi, c'est pas une séance BDSM ici ! (celles-là je les pratique ailleurs, en principe
) Tu as évidemment droit à tes avis et points de vue à égalité avec les miens et avec tous les autres, c'est pour moi une condition préalable sine qua non à tout débat raisonné et respectueux.
Bien sûr que tu peux voir l'Art d'une façon différente de la mienne, rien de plus normal, puisque nous partons touTEs de nos vécus personnels en premier lieu (qui peuvent devenir collectifs, en pensée et en actes, ensuite, mais c'est un autre sujet). Mon vécu est que je suis musicienne, aussi professionnelle, depuis de très longues années, théâtreuse et performeuse depuis moins longtemps mais avec un conscience aigüe de ce qui s'y passe, mais toujours dans l'application stricte de ce que je dis entre autres ici. L'Art hors-système et de philosophie matérialiste (par opposition à une conception idéaliste de l'Art) je le vis au quotidien, et je suis loin d'être la seule. Donc, ça existe et fonctionne, c'est un simple constat factuel. Qui me fait dire ce que j'ai dit plus haut.
Je partage la couleur émotionnelle de ce billet, mais je ne suis pas sure d'être d'accord, en même temps... Je m'explique:
Quand on y pense, où est le scandale, précisément?
Dans le fait que les enfants des classes bourgeoises peuvent à moindre frais avoir des positionnements politiques conséquents, alors que les mêmes positions coutent plus cher à ceux qui au départ déjà ont moins?
En dehors du scandale de "classe" qu'on ne découvre pas ici subitement, c'est plutôt un avantage tactique que les classes privilégiées puissent sécréter leurs propres anticorps - même si ces derniers s'avèrent à durée d'action limitée.
Ca arrache les veines quand le processus nous enlève des ami.e.s, certes. Mais globalement, ce qui énerve, c.a.d l'image de l'ado fil.le.s de prof ultra radical.e à future veste amovible qui pointe sous le T-shirt troué, cette image, ces personnages sont plutôt utiles à la lutte... le temps que ça dure.
Un autre scandale, effleuré dans l'article, et qui pèse plus lourd, je trouve, ce ne sont pas tant les potes qui nous quittent pour s'intégrer que ceux et celles qui nous quittent pour se désintégrer.
Je pense aux suicides, bien sur, aux camarades perdus dans le désespoir qui disent ciao et basta en s'assassinant proprement.
Je pense aussi aux abandons moins sanglants mais plus alcoolisés, aux camarades qui s'absentent un peu plus chaque jour, s'éloignent dans le regard et font redouter les moments de lutte "festifs" où on ne pourra plus faire semblant de ne pas voir.
Et puis surtout, dans le catalogue de nos absent.e.s, me manquent celles qui ont plongé avec délices, fierté et soulagement dans la reproduction de quelqu'un d'autre. Tant de camarades courageuses, à la culture politique étendue, aux réflexes de vie si sains, qui se jettent soudainement comme sur une bouée de sauvetage sur la reproduction, activité qui semble leur fournir magiquement toutes excuses pour reniements, rapprochements familial à tous cou(t/p)s, compromissions professionnelles et renoncements en large, celles qui mimiquent à l'absurde une intégration qu'elles savent mirage (ou savaient, à l'époque déjà lointaine où elles assumaient d'avoir un cerveau en état de marche).
En fait, dans les absent.e.s de nos luttes, ceux et celles dont la disparition n'était pas préprogrammée me font un plus grand vide encore.
Ca heurte au coeur car ils nous manquent, tout simplement, au quotidien, mais aussi car leur absence interroge la responsabilité collective des militances. Eux, on voit bien qu'ils ne nous quittent pas car c'est plus facile pour eux ailleurs...
A propos, chèr.e.s présent.e.s, merci pour vos mots ici.
Je passe toujours ici en sachant que ça va me faire réfléchir.
Alors à bientôt!
@ A cette heure (10h), un dimanche matin, il n'y a que Paul, il n'y a que moi, pour ne pas faire l'amour...
@Dahud Penncalet: Certes des camarades manquent: les suicidés (qu'on suicide plutôt qu'ils ne se suicident si l'on veut bien considérer quelques méthodes de répression sournoises), les désespérés, les brisés. Pourquoi sont-ils ainsi? Quel réconfort, quelles consolations n'ont-ils pas trouvé auprès de leurs camarades qui ont précipité leur chute? Il y a dans le militantisme des militants. C'est un truisme. Pour qui connaît ce truisme il y a là des calculs stratégiques et de vrais staliniens qui ont prééminence sur les plus élémentaires considérations humaines et notamment sur la camaraderie. Quand au poison il s'est insinué partout et le militantisme n'est pas épargné. Le petit xénophobisme étriqué et minable qui agit comme un réflexe de haine ordinaire il y a des militants qui sont ainsi et qui l'expriment, avec la bonne foi du débile, dans toute l'incohérence qu'il y a entre leur très fameux "engagement" et les limites presque insondables de leur coeur... Or il se trouve, bien évidemment, que ceux-là sont souvent les plus actifs parce que n'ayant pas de doutes, peu de réflexions difficiles, de ces dilemmes presque inextricables, ils agissent et on les voit partout. Comme ceux qui donnent prééminence aux calculs stratégiques sur les petites considérations humaines. Le militantisme c'est aussi ça: les individus débarrassés du doute, du scrupules, du dilemme tiennent des positions favorables. Elles condamnent les autres.
De plus Dahud Penncalet je notais ceci dans un manuscrit "La discipline de l'amour"
Le maintien du système de domination actuel affecte durablement les milieux qui lui résistent. Face à ce système général de discipline de la haine, par le vote notamment, il n’est de regroupements qui ne s’exercent sur un mode clanique, qui disciplinent, a contrario, l’amour et les affinités électives avec exclusivité.
Dans chaque clans (militants, familiaux, amicaux, etc…) la domination du paraître implique une prédominance de figures charismatiques. Domination qu’encourage le spectacle.
De sorte que chaque clan obéit à une discipline d’exclusivité contraire à l’ouverture sur le monde et sur les autres, mais encore par la tutelle qu’y exercent les figures charismatiques il règne dans le clan la superficialité narcissique des dominants.
Bien à vous
merci Isa de penser à moi.
bon ben autrement, j'ai lu les derniers articles et tout et tout.
Là je suis dans une période un peu vide d'inspiration sur la vie en général. je prends mes médicaments pour répondre aux pulsions de morts qui m'assaillent autrement. J'ai pas envie de vivre. mais j'ai pas envie de m'assassiner. tout simplement parce que depuis cinquante ans, je suis le seul à pouvoir avoir de la tendresse pour le petit garçon que je suis resté malgré tout.
malgré tout.
c'est à dire ben précisément tout ce que vous racontez dernièrement. sauf que moi je l'ai jamais vécu avec un quelconque engagement de croyance, d'identité, de militantisme etc...
depuis mon enfance, autrui, l'autre, qu'il soit enfant ou parent adultes, a le pouvoir, il est plus fort, il est plus nombreux, c'est lui qui décide ce qui doit être dit de ma personne, de l'image qu'on me donne.
alors depuis cinquante ans, je vis en "fayottant" avec sincérité à l'égard de tout le monde, pour mendier un peu d'affection tout en ayant conscience que l'autre est une ordure prêt à m'humilier pour se valoriser.
se suicider, c'est à la fois tentant, tant la vie est fatigante et sans horizon.
mais c'est surtout de façon criante, l'abandon de soi. le petit garçon qui regarde l'autre comme pour lui dire "tu vois pas ma bonté ?", et encore "tu pourrais pas être bon toi aussi ?"
ben non. l'autre peu pas. mais je tente la chance quand même instinctivement à chaque fois.
là il faut que je me réorganise pour me réinstaller en région parisienne pour trouver du travail. ici, ils sont encore plus cons qu'ailleurs : identité régionale anti-identité nationale, ça revient au même. moi j'ai juste une identité administrative. donc je suis de la merde.
Y'a évidemment tous les gens que j'ai connus dans ma vie, qu'étaient anarchiste u autre dans leur jeunesse et pour qui j'étais le faire valoir idéal... qui eux sont bien dans le système, présente n'importe quoi comme cv, ça passe. ils ont même encore un poster du Che quelque part dans leur maison.
moi j'ai jamais eu envie de mettre un poster du che. je faisais mes peintures moi-même et sur les murs y'avait mes dessins, les trucs que je ramassais dans les bois.
Maintenant, ils ont des gosses, j'appelle ça des chtards pour mieux exprimer la haine que l'orgueil que représente ces immondes tas de viande imbibés de télévision et de jeux vidéos de guerre, m'inspirent.
donc je vais même pas tenter d'aller les voir.
Maintenant ils pleurent en coeur à propos d'haïti... et autre catastrophe, et discutent vachement angoissés sur la grippe en cours... pauvres cons... vous les méritez les vaccins bourrés de toxines cancérigènes tiens...
Souvent, je croise des chats et des chiens dans la campagne ou en ville... et en quelques caresses, je me plonge dans la douceur et la tendresse de la vie.
Serge Rivron que vous connaissez me disait à la suite d'un texte "courage tenez bon". J'en veux tout autant pour vous Paul...
Chesterton disait "Etre bon représente une aventure autrement violente et osée que de faire le tour du monde à la voile"
@ Paul: voilà qui vous plaira: (relevé dans le journal d'Irénée D.Lastelle)
(...) "Dans le haut souci d'une normalisation qui ressemble à s’y méprendre à l'équarissage. Le rail, norme de la Voie moderne, est le lit de Procuste ou le banc de la guillotine sur lequel ceux-là, authentiques agents-membres du Club des exécuteurs des Hautes œuvres, rêvent de vous allonger. « Comment, mon ami, mon frère, tu ne songeais qu’à fuir quand nous nous préparons si gentiment à te couper la tête, les mains, les pieds ? » Ah ! la torture par l'espérance ! Trop aimables — les membres de ce Club ne se réduisent certainement pas à ceux de la SNCF et du Medef, etc. En vérité, ce Club mondial ne cesse plus de s’augmenter, au point qu’il finira par s’étriper lui-même — mais complètement cette fois. La haine de l'histoire, dont le mouvement réel s'accomplit sous nos yeux, se termine en os de boudin, au doux son de « Vas-tu enfin crever, salope ?», les dernier mots attendus sur la Terre. Il n’y aura pas de prisonniers"
@Isa : ben oui, Serge m'a aussi dit ça : tiens bon.
effectivement, le tour du monde est bien plus facile... parce que justement, il illusionne le voyageur en lui offrant l'insouciance de n'avoir jamais à assumer, à s'immerger dans la conscience du quotidien du prochain qu'il faut supporter continuellement...
Après... pour l'équarrissage mondial... ben justement... ayant un tantinet voyagé, ce qui m'ait apparu est la mondialisation du phénomène au niveau ordinaire, populaire, quotidien, du prochain dont on subit la médiocrité jalouse et son orgueil d'ignorant... de la simple bonté animale, de la tendresse des caresses conscientes d'être la racine de la vie.
T'as vu Mademoiselle, comme un système te
nique,baisenon plus, heu.. te change ?Des grandes théories, pleines d'espoirs, de révoltes de rêves et un jour une dure réalité ...ce n'était que du vent ?
Nous sommes quedal sans nous être affranchi de ce que nous pensons être...
Garde le cap Mademoiselle, la vie est dangereuse, c'est ce qui fait la vie
"Des grandes théories"... Damien tu tiens là un sacré lieu commun. Il y a beaucoup de mépris pour la pensée dans ce lieu commun-ci et si on la méprise il y a tout le cynisme d'une époque: ce cynisme c'est la dure réalité dont tu parles, c'est toute la bassesse, la cruauté, c'est à dire des attitudes (in)humaines justement amputées de "grandes théories" et de poésies....
"Dès que cette part d'irrationnel et de poésie est bannie, tu n'as plus que de la démographie du numéraire, rigidité cadavérique et cadavre tout court. Il n'y a plus que l'homme économique (...) Toutes les notions de fraternité, de démocratie, de liberté, sont des valeurs de convention, on ne les reçoit pas de la nature, ce sont des décisions, des choix, des proclamations d'imaginaire auxquelles souvent on sacrifie sa vie pour leur donner vie. (...) L'homme sans mythologie de l'homme, c'est le néant, et le néant est toujours fasciste, parce qu'étant donné le néant, il n'y a plus aucune raison de se gêner. Les civilisations ont toujours été une tentative poétique."
(Romain Gary)
Je ne tiens rien du tout, je parle du passé où l'on pense au travers de "grandes théories", effectivement c'est un lieu commun et alors ?
Sacré Damien... Tu ne dois pas avoir trente ans et tu as été élevé comme les toutes dernières générations au biberon de l'ignorance et du nihilisme le plus poussé, qui produit une haine de la dialectique et conduit dans la fosse à purin...
Prenons Marx. Ses analyses de l'histoire, vois-tu, sans elles, Mademoiselle (que tu considères) ne s'exprimerait comme le fait sans qu'ils soit passé par là... avec sa suite d'autres théoriciens tels que Debord.
Quand les paysans affamés (de province) ont été appellés par Thiers pour soutenir l'effort exterminateur des Versaillais contre les Communards, ces paysans n'étaient certainement pas éclairés par les "grandes théories" et c'est pourquoi peut-être leur ventre leur a enjoint de massacrer leurs frères de classes plutôt que de se grouper contre leurs ennemis de classes.
Quand un clochard se fait massacrer par des jeunes déshérités ce n'est certainement qu'ils sont éclairés par les "grandes théories"... et Mademoiselle ne ferait probablement pas tes délices si avant Beauvoir et Judith Butler il n'y avait pas eu au côté de Vallès, de Courbet, des André Leo (alias Leopoldine Beria) ou des Louise Michel.
C'est un lieu commun et alors dis-tu? Et alors par qui crois-tu qu'ils sont instillés ces lieux communs? Qui a à sa solde des linguistes, des psychologues qui travaillent à démanteler toute espèce de critiques et les agissements commun qui les continuent?
Ils essayent de te couper la tête et par plus de raffinements ils te poussent à te la couper...
Sur les cendres de la lutte des classes le fétichisme de l'argent menace d'éteindre les dernières lueurs d'humanités... et si tu avais considéré Nietzsche, Wilhelm Reich pour des amis tu ne tiendrais sûrement pas avec tant de certitudes les propos que tu tiens...
Il n'y a pas de génies sans des conditions favorables et sans qu'ils aient été précédés. Henry Fielding considère, entre autre qualités du génie littéraire, que l'érudition en est une composante. Au contraire aujourd'hui on voit des génies partout et de jeunes gens s'en croient volontiers qui ont une culture parfaitement indigente et qui croient être l'émanation d'une génération spontanée sans prédécesseurs... Des psychologues ont dit à beaucoup de jeunes gens en rupture scolaire qu'ils étaient surdoués et certains y ont tant cru qu'ils échaffaudent leurs brillantes pensées sur Bernard Werber et celui-là me disait encore, se croyant débarrassé de toute idéologie (puisqu'aux cons le pouvoir fait croire à la fin des idéologies), que les "gens qui refusent plus de deux emplois il faudrait les laisser crever dans la rue". Ce brave débile a perdu son appartement depuis lors. Son génie, fruit d'une génération spontanée, débarrassé de toute idéologies -qui curieusement le menait sur les pas du gouvernement c'est à dire de la force la plus armée (quel courage!)- son génie lui a été d'un grand secours... Encore un effort et que sorte de la tête d'un nouveau génie, débarrassé de toute idéologie, issu des grandes écoles, l'idée de fomenter, pour le compte du gouvernement, un permis de vivre à points ou un permis à points de la nationalité....
Non Damien le plus grand nombre n'a pas toujours raison et bien au contraire....
J'aimais retrouver sur ce site une certaine "insoutenable légèreté de l'être", me voilà avec devant les yeux une insoutenable lourdeur, dommage... J'préfère quand ça grince, pas quand ça croule.
Ta référence à Kundera en dit assez long sur ton ignorance... Tu m'épargneras tes sarcasmes et ton indigence. Delarue t'attend...
Jef avait le choix entre
"L'important, en littérature comme en cinéma, c'est de dire des choses graves avec légèreté." Alexandre Jardin
et
"Vouloir augmenter ses connaissances, c'est légèreté." Tchouang-Tseu
On voit sans peine qu'il se porte dans le camp majoritaire du public....
J’en ai marre. Des gens qui grimpent sur des chevaux de Troie, qui s’absorbent dans la contemplation de leurs pieds, qui éclatent de mélancolie, qui emportent la poésie avec eux, qui voient de la pluie partout, qui oublient que pour les avoir amener là, les plus impossibles probabilités ont été émiettées, qui brûlent des montagnes de connaissances pour étayer leurs propos.
En bon ch’tard, j’ai adoré lire Werber, et j’adore actuellement lire Kundera.
Et Jef n’avait pas le choix entre ceci ou cela, Jef trouvait juste que les propos de Mr Milan Kundera correspondaient plutôt bien pour exprimer ce qu’il voulait dire. Ce n’était ni sarcastique ni quoi que ce soit, c’était juste un petit ressentiment, parce que j’en ai marre. Cf ci-dessus.
Et je te rassure Isa, dans mon ignorance suprême, je ne sais rien de Delarue mis à part ses lunettes, je ne regarde pas la télé, je ne m’informe que de ce qui m’intéresse. Histoire de ne me faire attendre de personne. Pas mêmes des érudits.
).
(Ah, ça c’était sarcastique
A vos étoiles.
Mademoiselle propose un concours de kicé kipisse le plus loin.
En récompense au vainqueur, le porte clé féministe "on aura tes couilles", avec son nouveau design 2010.
Je lis, je rigole souvent, j'ai rarement qq chose à ajouter.
Mais là je m'insurge, je veux un concours où je puisse participer. C'est pas juste !!!
Je vous laisse vous amuser...Profitez-en la vie est courte.
Prends pas la mouche Isa, je venais de trouver un "Pisse debout" à 6 euros 20 pour que tout le monde participe !
(on t'entend maugréer de là sur la société du spectacle isa)
J'aime beaucoup les commentaires d'Isa, même si une bonne partie de ses références vole un peu trop haut pour ma pauvre tête. Il y a une honnêteté dans ses propos, une intensité dans cette honnêteté qui ne pourrait pas être plus éloignée de la superficialité de cette saleté d’époque fascisante.
Quand j'ai commencé à lire ce blog, je prenais les citations érudites et le langage parfois un peu nébuleux d'Isa pour une volonté de faire taire ses contradicteurs en les confrontant à leur propre ignorance. Plus maintenant. En fait, d’après moi, son style reconnaissable entre mille n'a pas grand chose à voir avec une volonté d'impressionner, mais tout à voir avec ce que j'appellerais une sagesse douloureuse, et probablement non désirée. Pour comprendre ce que dit Isa, il n'est pas indispensable d'avoir lu tous les livres dont il se nourrit, il suffit de connaître la solitude, de l’avoir fréquentée de trop près pendant trop longtemps.
Ce n’est pas spécialement « léger », c’est vrai, mais les sujets abordés par Mademoiselle ne le sont pas non plus. À Jef, qui « préfère quand ça grince, pas quand ça croule », je répondrais que pour pouvoir grincer, il faut avoir croulé. L’humour noir indolore, ça n’existe pas.
Voir de la lourdeur là où il y a de la douleur, confondre légèreté et superficialité, c'est très symptomatique de ce faux cynisme d’enfants gâtés qu’on nous présente comme de la finesse d’esprit entre deux pages de publicité.
@Candy says... : je te remercie pour ce commentaire, sincèrement.
@Candy says... : je me joins à la ou le camarade Candy pour soutenir son apréciation de Isa.
Le style littéraire d'Isa lui joue parfois de mauvais tours.
Mais il m'apparait évident qu'en effet son but est d'exprimer ce que Candy indique d'une sagesse douloureuse et non désirée.
Je connais de mon côté le même problème avec un style différent et des sources différentes.
Et ce que je reconnais aussi comme l'indique avec justesse Candy, c'est que cela vient, non pas de nos formations universitaires, littéraire pour Isa et scientifique pour moi, mais de notre construction dans la solitude, depuis mon enfance pour moi.
Et que cette solitude est aussi ce qui nous a permis, par simple adaptation à l'agression humaine populaire, de ne pas devenir de sombres brutes dominatrices et revanchardes, au pris d'un terrible décalage faisant pour ma part, que je n'attends plus rien de bon de l'humain.
Quant à l'utilisation de la seule phrase que le lourd public retient d'un auteur à succès dans la jet set idolâtrée par le peuple qui rêve d'en être, elle est emblématique de la non compréhension criante chez bon nombre de gentils bons élèves contemporains...
s'ils comprenaient quelque chose à ce qu'ils lisent...
ils citeraient autre chose, ou ne citeraient pas du tout et exprimeraient par leurs propres mots le ressenti de leurs douleurs comme de leurs joies.
ah wouai... je précise, j'ai pas lu Kundera, mais ce qu'en disent ceux qui en parlent sans le citer, j'avais tenté de lire Weber... ben par rapport à ce qui se fait en science fiction beaucoup moins connu, c'est tellement indigent, que j'ai pas tenu la moitié de son premier volume... mais c'est normal : c'est français, et ça se vend bien, donc c'est obligatoirement nul à chier.
et ça me manque pas du tout.
D'accord, je vais faire l'emplette. Pas forcément pour concourir
Tu sais Isa, s'amuser et même ironiser, c'est pas forcément signe de superficialité ou de méchanceté, seulement d'humour. Je suis d'accord avec les autres, j'aime aussi tes comms. Mais moi qui veille à soigner mon ton à l'oral pour ne pas que les gens me trouvent agressive, je pense qu'on peut aussi soigner son ton à l'écrit pour ne pas paraître méprisant. Même si on sait qu'on ne l'est pas.
Mademoiselle, je te remercie sincèrement pour tes remerciements sincères.
Merci à toi aussi, Paul.
C'est rare, dans l'espace impersonnel du web, de trouver un endroit qui parvient à être plus humain que bon nombre de lieux appartenant au monde réel. C'est encore plus rare et d'autant plus précieux d'y être accueilli aussi chaleureusement.
Votre réaction à mon commentaire devrait m'encourager à lutter contre ma timidité et ma misanthropie maladives pour me montrer digne de ces sourires que vous parvenez à exprimer à travers vos mots, sans recourir aux traditionnels smileys.
Je vais m'efforcer de commenter un peu plus souvent ces articles tellement jouissifs et d'intervenir dans ces échanges d'idées stimulantes que je dévore habituellement en silence.
Merci.
@Isa :
Sans vouloir créer une mauvaise ambiance, je me permets de répondre:
tu fais des plans sur la comète avec 3 bouts de phrases, m'étale tes "connaissances" (jouissif hein?) pour te (me) prouver quoi ?
J'ai bien plus de 30 ans, mais les prises de bec sur des suppositions (ou interprétations) de dialectique, je m'en fous.
En tout cas je ne pisse pas loin, j'en fiche souvent sur mes pompes, mais ça me va
Candy says..
J'apprécie votre sensiblité et votre bienveillance. (Conservez ces biens précieuses qualités, elles sont rares) Je remercie également Paul.
Je laisse Damien faire son "américain" et Jef se revendiquer de cette spécialité française, l'hypocrisie débonnaire.
Je n'ai pas bon espoir et j'en créverai sans doute, mais nous arracherons cette burqa mentale et sensible de la société française, cette hypocrisie, ce fanatisme de l'argent et du divertissement qui consacrent le règne de criminels (-et le sait-)
Je n'emploie pas le mot Kultur dans ce sens qui préfigurait l'allemagne des années sombres et qui volontairement entretenait la confusion entre la culture et l'éducation (l'efficacité, l'organisation). De ce point de vue des "considérations inactuelles" de Nietzsche qui avertissait l'Allemagne d'un grand danger et jusqu'à 1933 et dès après la guerre, Hitler a bien gagné cette guerre: de la "culture" de l'entreprise et de la performance jusqu'à celle en apparence* inoffensive du divertissement (Werber et consorts), elle recouvre tous les champs, tous les aspects de la vie jusqu'à effacer la culture véritable à propos de laquelle Goethe disait -et il ne s'était pas trompé sur la fonction "civilisatrice" de la culture mais sur sa victoire - " (...) seulement quelques siècles s'écouleront encore avant que tous nos compatriotes soient suffisamment pénétrés d'esprit et de culture évoluée pour que l'on puisse dire d'eux: il y a longtemps, ce furent des barbares"
Au contraire la France a sciemment enterré cet esprit et cette culture évoluée pour devenir ce qu'elle est, une tyrannie et nous savons par qui sont fabriqués les burqa de toutes espèces et à qui elles servent..
Par hasard ici a cause des entrailles que je voulais ne pas etre ou elles sont.
Bien aime lire quand je ne lis plus assez.
Un sourire de connivence un peu triste mais moins si nous le mettons au second degre.
Patrick.
C'est marrant, cette référence à Mano Solo, elle me parle. Je viens ici en visiteuse, depuis quelques temps, je fais de la pub en anonyme pour montrer que le féminisme c'est pas une affaire de vieilles peaux qui aiment pas les hommes... Je suis aussi une grande lectrice de Kundera, alors ça aussi ça me parle.
Moi je viens d'une classe bourgeoise privilégiée, mais j'ai choisi d'en sortir, et pas parce que ça fait bien, mais parce que n'importe quelle sorte d'inégalité me révolte, ça a commencé y a longtemps, sur un banc d'école, quand je trouvais ça dégueulasse de devoir être une élève qui ferme sa gueule en face du-de la prof qui sait et qui enseigne. Et depuis ça n'a pas changé.
J'ai vu les gens changer aussi, rentrer dans le rang, faire des gosses, se marier parce-qu-au-fond-l'amour-y-a-que-ça-de-vrai. Mais comme me l'a dit un vieil ami, la différence, c'est que nous on est anarchistes, alors qu'eux-elles illes étaient juste jeunes.
@eXtraite: "J'ai vu les gens changer aussi, rentrer dans le rang, faire des gosses, se marier (...)"
Combien je vous comprends....
J'aurais trente ans dans un mois... J'ai pas vraiment de nostalgie puisse qu'en "liberté" depuis seulement l'âge de 21 ans, soit loin après la période d'adolescence (que je n'ai pas connu donc). Cela dit, j'ai toujours été "rebelle", 'hors norme" et je m'aperçois que je cherche un CDI (alors que j'ai horreur même de ce principe), que je cherche la stabilité (idem). Que ma sœur (autrefois comme moi, et plus jeune de cinq ans) attends un bébé et s'enterre irrémédiablement dans une vie "comme il faut" avec sa maison a crédit, le chien, bientôt le bébé et le mariage pour cet été...
Quelque part, je me sens piégée, même s'il me reste des domaines intacts, l'intégration me rattrape alors que je la fuis... Elle a déjà rattrapé bon nombre des amis rebelles que j'avais et que je ne reconnais plus. Est-ce la finalité? Vivre quelques années libre et enfiler volontairement (ou non) ses chaines d'esclaves arrivés à la trentaine?
Slip.
@ slipmaster: si vous avez trente ans dans un mois je promets de me mettre sur mon 31 à l'annonce de vos épouisailles. Vous ne recherchez peut-être pas ce que vous appellez la "stabilité" mais une relation durable avec un homme ou une femme, c'est à dire une façon de s'accompagner... car la vie, sous ce régime là, est bien difficile... et l'affronter seul(e) périlleux...
@ Isa : Je suis déjà en couple avec un homme fort bien sous tous rapports, mais j'ai dû le refroidir en refusant le mariage (avant la grande déclaration et tout le tralala) que je conçoit comme une prison. J'ai concédé le Pacs même si je préfère l'union libre (justement à cause du mot "libre"). J'avais déjà (et heureusement pour moi) refusé un mariage en cours de création. Le fait de m'engager durablement ne me fais pas peur (je suis en couple avec cet homme depuis plus de cinq ans) mais c'est la peur de l'enfermement que m'inspirent ces "contrats".
Il y a aussi le spectre "du bébé" qui revient en force... L'horloge maudite et tout ce tintouin. Le fait qu'à trente ans, je devrais remiser ma personnalité pour devenir (enfin) "respectable". Heureusement, dans mon couple, pas de problème, le bébé, il n'en veut pas non plus. Mais la pression sociale et familiale, je la sent toujours plus forte et pressante. D'autant que tout le monde autour de moi semble s'y plier de bon cœur et qu'on estime que j'ai assez profité de ma liberté conditionnelle.
@Slipmaster: Bon... ce n'est pas si catastrophique si l'on excepte les pressions familiales... Que change un mariage? Surtout avec un compagnonage de cinq années... et si tous deux ne voulez pas d'enfant... Je ne vois que la peur du "contrat" (qui de toutes façons est déjà tacitement installé entre vous) et, certes, la pression des proches...
@ Isa : Que change un mariage? Beaucoup de choses pour moi. En union libre, quand le couple ne colle plus, on se sépare, c'est douloureux mais çà s'arrête là. Un mariage doit en cas de séparation se solder par un divorce où généralement on se dispute les biens et on se pourri la vie. Assez flippant je trouve, et le seul avantage qu'il apporte est une réduction des impôts... Alors, je préfère éviter d'en contracter un. :D
Quant au bébé, je n'en ai jamais voulu et personne ne saurait me forcer à en avoir un, mais que le sujet revienne régulièrement sur le tapis m'oblige à d'éternelles justifications. Je l'ai constaté encore il y a quelques mois quand j'ai cru que j'étais enceinte, pour mon copain et moi c'était une catastrophe, pour nos familles une bénédiction. Heureusement, je n'ai pas eu à (re)faire une IVG car j'étais juste en retard.
@ Slipmaster: Alors ne vous mariez pas! et Dites fermement à vos proches que vous n'aurez jamais d'enfants! Ce qui est, par dessus tout essentiel, c'est la manière dont vous conduisez votre histoire avec votre compagnon, c'est cet amour qui vous est propre. S'il n'a besoin ni de contrats, ni d'enfants, vous graverez dans l'éternité de la pierre des amours, votre propre coeur percé d'une flèche
C'est cela seul qui importe. Lisez "Peter Ibbetson" de George du Maurier et vous retrouverez l'essentiel
J'ai déjà radoté là dessus je crois mais...
Quant au mariage, je crois que le ministère de l'intérieur fournit gentiment, dans le chapitre déjà cité ici, un ''bel argument pour le refuser :
Un contrat qui pose de telles restrictions même en cas de mise en danger change pas mal de choses...
Notez la classification des "conseils aux femmes", dans "votre famille", quand la plupart concernent des femmes seules.
Et bien sûr, un mâle ne peut subir de violences conjugales, hein, il n'a pas besoin des dits conseils (vu l'asymétrie des statistiques, ce point me choque tout de même moins, ceci dit... Dans la mesure où d'autres sites d'information existent.)