Autonomie et Initiative
Par Mademoiselle le 06/09/09, 12:04 - Nos amis et nous
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Mademoiselle vous propose un quizz du dimanche ! Entre le fromage et le dessert, si pépé s'est endormi à table, ça vous occupera.
Vous allez lire l'extrait d'un texte, intitulé "L'autonomie et l'initiative". À vous de deviner d'où il provient.
"
7. L'autonomie et l'initiative
A. - L'autonomie
(...)
Connaissances
- connaître les processus d'apprentissage, ses propres points forts et faiblesses ;
- connaître l'environnement économique :
- l'entreprise ;
- les métiers de secteurs et de niveaux de qualification variés ainsi que les parcours de formation correspondants et les possibilités de s'y intégrer.
Capacités
(...)
- s'appuyer sur des méthodes de travail (...) ;
(...)
- mettre à l'essai plusieurs pistes de solution ;
- savoir s'autoévaluer ;
- savoir choisir un parcours de formation, première étape de la formation tout au long de la vie ;
- développer sa persévérance ;
- avoir une bonne maîtrise de son corps, (...).
Attitudes
La motivation, la confiance en soi, le désir de réussir et de progresser sont des attitudes fondamentales. Chacun doit avoir :
- la volonté de se prendre en charge personnellement ;
- d'exploiter ses facultés intellectuelles et physiques ;
- conscience de la nécessité de s'impliquer, de rechercher des occasions d'apprendre ;
- conscience de l'influence des autres sur ses valeurs et ses choix ;
- une ouverture d'esprit aux différents secteurs professionnels et conscience de leur égale dignité.
B. - L'esprit d'initiative
(...)
Connaissances
Toutes les connaissances acquises pour les autres compétences peuvent être utiles.
Capacités
Il s'agit d'apprendre à passer des idées aux actes, ce qui suppose savoir :
- définir une démarche adaptée au projet ;
- trouver et contacter des partenaires, consulter des personnes-ressources ;
- prendre des décisions, s'engager et prendre des risques en conséquence ;
- prendre l'avis des autres, échanger, informer, organiser une réunion, représenter le groupe ;
- déterminer les tâches à accomplir, établir des priorités.
Attitudes
L'envie de prendre des initiatives, d'anticiper, d'être indépendant et inventif dans la vie privée, dans la vie publique et plus tard au travail, constitue une attitude essentielle. Elle implique :
- curiosité et créativité ;
- motivation et détermination dans la réalisation d'objectifs.
"
De quoi s'agit-il à votre avis ?
Est-ce...
- Extrait d'une revue de management ?
- Un document récapitulatif à destination des jeunes désinsérés de la Mission Locale ?
- Un dossier de Pôle Emploi ?
- Des critères pour un entretien d'embauche ?
- Une note de service à l'attention des nouveaux stagiaires ?
- Le résumé d'un nouveau cours de com' ?
- Extrait d'un bouquin de développement personnel ?
Je vous laisse le temps de réfléchir...


Vous avez trouvé ? Non ?
Allez, Mademoiselle vous donne la réponse du quizz du dimanche !
Il s'agit d'un extrait du code de l'éducation français !...
... contenu dans le livre Ier : "Principes généraux de l'éducation", Titre II : Objectifs et missions du service public de l'enseignement, Chapitre II : Objectifs et missions de l'enseignement scolaire, Section 1 : Mission de formation initiale.
C'est l'article annexe, crée par Décret n°2006-830 du 11 juillet 2006 - art. ANNEXE (V).
Si ça vous tente, vous pouvez aller le lire sur légifrance.
(l'extrait cité est tout à la fin, mais le reste vaut également le détour... il est si savoureux ce distinguo entre connaissances et compétences !)
Et tant que j'y suis, je voudrais souhaiter une bonne rentrée à tous les élèves de France et d'Europe, puisque grâce au progrès ces valeurs seront partagées sur tout le vieux continent.
Je voudrais également dire à ces élèves qu'un jour je ferai un billet en forme de bon point, qui racontera ma scolarisation en Union Soviétique. Je vous parlerai de ces cours de sciences éco pendant lesquels Marx (bahhh !) était abordé, pendant lesquels on me parlait de sociologie mais jamais vraiment de l'entreprise d'une manière positive. Ouhhh.

Heureusement, votre avenir se présente sous un jour meilleur que le mien, et cela grâce au combat courageux et moderne de certaines associations :
Positive Entreprise est une jeune association qui vise à favoriser le rapprochement entre les jeunes et les métiers de l’entreprise, par réalisation de publications, par l’organisation de conférences, de séminaires, de réunions et par l’organisation d’actions d’informations ou de lobbying.
Apolitique, elle n’est adossée à aucun parti politique, structure patronale ou syndicale.Promouvoir le monde de l’entreprise, des commerces, des professions libérales et de l’artisanat auprès des jeunes, insuffler aux jeunes l’esprit d’entreprise, agir pour une meilleure connaissance et une meilleure compréhension entre les entreprises et la jeunesse : tels sont les 3 fondamentaux de l'association. (source)
Dans sa nouvelle étude, Positive Entreprise dénonce l’image de l’entreprise – pessimiste, incomplète, réductrice et idéologiquement orientée – dans les manuels de Sciences économiques et sociales ou comment les programmes scolaires cultivent une image négative de l’entreprise.
Constat sévère mais néanmoins exact. L’analyse objective du contenu et des explications, des exemples donnés, des termes employés, des questions posées aux élèves et du recensement des « oublis » conduisent en effet à cette conclusion. (source)
Positive entreprise, c'est un partenariat dynamique avec l'institut Manpower pour l'emploi ! Mais c'est également un mouvement éthique, qui s'est doté d'une charte contenant toutes les bonnes choses que le mouvement voudrait voir se répandre sur le monde.
Coopérer avec le système éducatif
5. L'entreprise et l’école s'engagent à nouer des partenariats pour faire évoluer la connaissance de l'offre de formation, du fonctionnement de chacun et des métiers.
6. L’entreprise s'engage à mener des actions de recrutement directement auprès des lycées et universités.
7. L’établissement scolaire s'engage à favoriser l'action en introduisant l'entreprise dans son projet pédagogique.
Amis jeunes, le monde -de l'entreprise- s'ouvre à vous !
Alors, n'oubliez pas votre cartable !

Et restez attentif à ce qui est écrit au tableau !




Commentaires
Après Kessler, François Ewald nous avons la codification de leur "pensée". Curieux retournement n'est ce pas? Foucault démontre que le contrat passé entre la population et ses représentants est bidon. Ewald trahit son propos en disant que s'il n'y a rien, que les politiques ne servant à rien, l'entreprise est le nouveau siège de l'organisation sociale. Or curieusement le politique "s'empare" de la pensée d'Ewald pour la codifier. Il ne sert donc pas à rien et le sens du détournement d'Ewald tombe à l'eau.
Au risque de ratiociner ce qui a été dit de plus juste reste donc le spectaculaire intégré: cette collaboration sans failles entre l'entreprise, l'Etat et les intellectuels, intégrés à un seul et même pouvoir.
J'ai particulièrement apprécié ce passage dans le code:
Ecrire
La capacité à écrire suppose de savoir :
- copier un texte sans faute, écrire lisiblement et correctement un texte spontanément ou sous la dictée ;
- répondre à une question par une phrase complète ;
- rédiger un texte bref, cohérent, construit en paragraphes, correctement ponctué, en respectant des consignes imposées : récit, description, explication, texte argumentatif, compte rendu, écrits courants (lettres...) ;
- adapter le propos au destinataire et à l'effet recherché ;
- résumer un texte ;
- utiliser les principales règles d'orthographe lexicale et grammaticale.
Pauvre Rimbaud...
Au premier coup d'oeil j'ai lu "Anatomie et Initiative"...
On dirait le programme d'un stage pour cadres dynamiques. C'est directement pompé sur le site du Medef ?
Ouais en lisant les extraits je me suis dit illico: ça sort de chez la MaisonMammouth.
Celle où j'exerce.
Que je voudrais fuir.
Mais j'ai pas les moyens.
Ah oui, ça me rappel l'Iufm ! Le premier endroit où j'ai rencontré des vrais gens du Medef ! Hahaha !
Heu, dis, tu veux pas venir dans mon collège, pour contre-balancer cette monter du Caca 40 dans les écoles ?
Non, en fait les profs résistent encore, mais pour combien de temps ?
Ah mince, je me suis dénoncée ! Haaaa ! Mon inspecteur va rappliquer dans les 48 heures parce que j'ai manqué à mon devoir de réserve dans un espace publique !
c'est la bible du médef ! vive l'autogestion !
Voués à être entrepreneurs de nous mêmes dans la concurrence de chacun contre tous, il peut-être utile de mettre en cause cette notion de compétence, alors quelques billes à cette fin pour qui dispose de loisir :
Le carrosse du commun et la citrouille individuelle : __Qui sait ?__, de Muriel Combes
http://www.cip-idf.org/article.php3...
En plus
dans la réalité de la vie d'un travailleur, surtout quelqu'un de niveau cadre genre diplômé avec bac +4 et plus
ça ne marche pas du tout leur truc
c'est totalement faux
la réalité qu'on subis dans l'entreprise, par l'intermédiaire des filtre de recrutement
c'est que la seule chose à savoir faire
est un savoir être
et être quoi ?
une parfaite reproduction du modèle phallique en costard cravate ou en tailleur
suffit pas de jouer la comédie
de se déguiser
non ils sont très attentif à :
la conviction et l'expression de la fierté d'identification au modèle
c'est ça le truc
faut être surtout fier de croire à l'entreprise et au modèle du cadre travailleur entrepreneur...
dans la réalité
le cadre est prolétarisé : c'est à dire qu'il est dépossédé de son savoir faire
y'a plus d'ingénieur qui fasse de l'ingénierie : ils sont obligé de faire de la réunionite et du planning
donc de la reproduction de la hiérarchisation et de la division des tâches...
alors toute leurs décompositions...
c'est du faux
l'entreprise prétendument formatrice : c'est du faux c'est le contraire qui se passe
le nouveau prolétariat ce sont des gens qui fournissent de l'information, de la technologie, du savoir faire gratuitement en tant que stagiaire donc au sortir de leur formation ailleurs ou pire en cours de réinsertion après galère de RMISTE de plus de quarante ans...
tous ces mecs là méritent la corde !
bonjour,
je suis jeune étudiant en musique, naïf et fraîchement émoulu d'un système éducatif surprotégeant et éloigné des réalités du monde, donc complètement ignorant des réalités du monde du travail en général et de celui de l'entreprise en particulier.
J'y connais rien en politique. J'me sens pas forcément opposé en bloc au système capitaliste, mais force est de constater que les réflexions les plus pertinentes sur le monde et la société proviennent des plus révoltés.
tout ça pour rien dire, tout ce que je veux dire c'est que n'est-ce pas un bien, ne serait-ce pas un bien que l'école enseigne vraiment ce genre de choses, entre autres ? une connaissance approfondie du monde du travail, des règles régissant la société, fait partie des trucs utiles intéressants et aidant à atteindre la maturité pour... devenir un "adulte" ? ce que je veux dire c'est que ces directives ne représentent rien de répréhensibles pour moi dans l'idée si elles ne sont pas les seules ; que
en tout état de cause c'est pas vraiment du tout ce qu'on apprend là-bas, pour l'apprentissage de l'autonomie, des réalités du monde du travail et de ses rouages, on repassera... c'est plutôt que ces principes ne soient pas du tout appliqués qui est dommage.
Je suis surement à côté de la plaque, mais alors expliquez moi pourquoi, là je comprends pas cet extrait d'un texte présenté tel quel, non commenté, juste agoni.
@vivlo : ben c'est marrant votre présentation : j'ai l'impression que vous récitez les idées reçues classiques quant à ce que vous êtes sensé représenter dans l'idéologie environnante.
on vous dit de croire que l'école est un système surprotégeant et éloigné de toutes les réalités : ça c'est la vision typique des gens de tous bords n'ayant pas digérer le système scolaire. et n'ayant pas compris ce que tout système scolaire peut transmettre.
l'école vous transmet, de tous temps, l'intégration culturelle à une hiérarchie sociale : on vous apprends à croire à un certain nombre de choses et entre autre que l'école c'est de la merde. ce qui est totalement autodépréciatif.
tout ça parce que le système lui-même tend à déprécier tout ce qui est social, collectif, non individualiste etc... c'est pour ça que le système capitaliste individualiste est mauvais : parce qu'il nie l'interdépendance collective de la construction de l'individu.
de tous temps aussi, tout système scolaire à pour vocation une transmission de savoir faire et de connaissance. qui ensuite, sont à réinvestir individuellement et collectivement dans l'interdépendance de toutes les activités économiques et sociales. vous ne pouvez pas demander au système scolaire comme à vous même de faire les deux expériences en même temps. il y a le temps de l'acquisition de savoir faire et de connaissance et il y a le temps du réinvestissement différé de ces connaissances et savoir faire.
quant aux réalités du monde du travail : mais c'est le système lui-même qui n'a pas du tout l'intention de vous avouer ni de vous montrer en quoi il consiste... et qui au contraire, en dehors de l'école, par l'intermédiaire des médias odieux visuels et presse diverses vous ment totalement sur son fonctionnement et vous incite à vous inscrire dans toutes sortes d'élan, de participations en prétendant que c'est plus réel qu'aucune autre vision du monde !
Si au contraire, vous réinvestissez les savoir faire et connaissances de base qui vous sont transmises par le système scolaire (observer, décrire, analyser, comparer, conceptualiser, expérimenter, critiquer) là vous vous ferez une connaissance de la réalité bien plus objective malgré votre égocentrisme naturel à tout observateur impliqué dans ses activités sociales interdépendantes...
@vivlo: Généralement sitôt qu'on admet "mais force est de constater que les réflexions les plus pertinentes sur le monde et la société proviennent des plus révoltés", on est en marche, si l'on veut être seulement préoccupé de vérités, pour renverser le sens le plus communément diffusé.
En vous tout est déjà en place pour admettre qu'on n'a cessé de présenter à vous un écran de fumée. Derrière l'écran il y a tout ce qui le contredit si manifestement et parfois, à l'occasion des révolutions, si tapageusement.
Il n'y a rien à sauver du vieux monde et ce qui encore vous trompe et vous "séduit" c'est le passage récurent, sur vous, sur tous, des anesthésies et des réanimations du spectacle. Sur tous implique que nous n'en parlons jamais ou que trop rarement comme des hommes véritablement désaliénés.
Entre nous, une image toujours (Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images), et ce mouvement circulaire par lequel se prouve le spectacle (in girum nocte et consimimur igni). C'est ce fait là qui nous tient et nous trompe.
Vous avez une intuition et je vais l'éclairer à la lumière où s'est consummé Guy Debord comme bien d'autres avant lui, cette société dispose de tous les moyens techniques et culturels dont il suffirait de changer le sens et l'organisation. Cela ne s'obtient pas par des réformes car on ne peut en entreprendre aucune sans défaire l'ensemble. Aussi, modestement, je vous recommanderai de lire là