Agenda, infos...
Par Mademoiselle le 01/04/08, 15:01

Voilà un espace pour des infos diverses, concerts, meetings, festivals, manifs, actions, sorties de livres, conférences, appels....
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Par Mademoiselle le 01/04/08, 15:01

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Nous écrire : entraillesdemademoiselle [at] gmail.com
Commentaires
_Festival de musique rock en plein air
47000 Agen
Samedi 27 juin
Prairie du pont-canal
Entrée libre/ buffet et buvette à partir de 20h30
Avec les groupes :
Cartouche
The Shelters
MEDEF Inna Babylone
Askatasuna
Yearn for change
Blandest
Elevens__
« La fête à Roger Petit »
Organisé par le groupe d’études sociales, un regroupement d’anarchistes à l’initiative d’une vieille figure libertaire locale Roger Petit.
Roger Petit a commencé de militer au côté des anarchistes espagnols, nombreux dans la région, il y a plus de cinquante ans. A 14 ans il était ouvrier, à 19 ans il était membre de la libre pensée.
Il est de ces ouvriers, comme l’ami Paul, contraints, très jeunes, aux plus rudes taches et qui toujours ont résisté à l’anéantissement d’une vie rugueuse et à la servitude, par l’engagement et en se cultivant par eux-mêmes, de cette manière dont Orwell désignait avec beaucoup de respect les ouvriers-intellectuels du siècle dernier qui à bien des égards, selon lui, valaient mieux qu’une nouvelle intelligentsia issue des mouvements ouvriers, mais qui jamais n’avait été soumises au dur labeur.
Il était des souffleurs de braises en mai 68, loin des barricades de la capitale, à Agen. Un groupe de lycéens s’en remettait spontanément à lui parce que sa réputation était ainsi faite, déjà, qu’il était très apprécié.
Durant plusieurs années il menait un combat inlassable contre le nucléaire et l’implantation de la centrale de Golfech en particulier.
La police seule, alimentée par ses supérieurs de paranoïa à l’encontre des anarchistes, paranoïa aujourd’hui consubstantielle à l’uniforme, le soupçonnait en 1983 d’être l’incendiaire de la gendarmerie d’Agen. Si curieusement, à l’époque, des gens « bien mis » vinrent signifier à un militant dont le fourgon-habitation fut incendié qu’il était par trop voyant, qui connaît Roger Petit se gausserait des soupçons que firent peser sur lui les argousins, si ce n’était généralement si préjudiciable à chacun...
Ces propos n’engagent que leur auteur car Roger Petit ne polémique pas sur le sujet.
Longtemps proche de la Fédération Anarchiste il était un élément rassembleur au côté des syndicalistes cénétistes notamment.
Un homme résolument au dessus des querelles qui alimentent sinistrement les divergences entre groupes libertaires.
C’est un anarchisme philosophique que le sien.
Cet homme mesuré et déterminé est connu de plusieurs générations de jeunes à Agen.
Pendant plus de trente ans il était l’éclaireur d’une certaine jeunesse plutôt désoeuvrée ou en quête d’une parole forte et humaine. C’est auprès de Roger Petit que beaucoup l’ont trouvé qui ne l’oublient pas.
On voit encore la frêle silhouette de Roger Petit parcourir les rues d’Agen, ses marches quotidiennes : on l’interpelle, il s’arrête, on le salue, on converse avec lui. S’ouvre alors un pan d’histoire, une approche droite et bienveillante, pacifique et attentive de l’anarchisme, de l’Homme.
Beaucoup de jeunes ont repris espoir chez lui, dans cet appartement où la pause café est encore à ce jour une source de réconfort, de quiétude et d’amitié pour nous autres.
Il est au plus proche de la philosophie élémentaire d’Orwell, la Common decency dont l’importance a été récemment remise en lumière par Jean-Claude Michéa.
Lorsqu’il s’est agi, il y a trente ans, de soutenir des camarades anarchistes réfractaires au service militaire, le groupe libertaire local, Roger Petit notamment, ont organisé deux journées de concerts pour payer les frais de défense. Car l’entrée est toujours libre, l’argent de la buvette a permis de financer un avocat.
Depuis lors, depuis trente ans, chaque mois de juin, parce qu’il n’y avait rien qui convienne à une jeunesse soucieuse de libertés et de joies, Roger Petit et ses amis ont implanté ce festival. Sans jamais recourir à des subventions, sur la seule foi de principes libertaires jamais reniés il finançait lui-même l’organisation de ce festival par le fruit des ventes à la buvette et le soutien en logistique apporté par les copains.
Parfois, rarement, un copain, une copine se fendaient d’un petit chèque pour combler le petit déficit de l’année écoulée.
Depuis 2001 cependant la mairie lui octroie une maigre subvention. Le passage à l’euro et l’augmentation générale des prix l’ont contraint à ce recours.
Il regrette d’ainsi compromettre son engagement libertaire mais les jeunes lui réclamaient une fête. Alors il pose cette question cruciale que plus rien ne peut s’entreprendre indépendamment de l’Etat et qu’à ce titre, une aide, même minime comme c’est ici le cas, grève la liberté de chacun et qu’à bien des égards, en dépit des péroraisons libérales et de la libre entreprise ce pouvoir là a porté une atteinte considérable à la liberté.
Sur les étendues vertes de la prairie les jeunes n’ont pas attendu le début du festival pour commencer la fête.
Sur l’herbe chaude et sous le soleil, sous un ciel bleu d’été, on boit déjà, on converse, on aime, on rencontre. Le soleil à peine couché, les tables de presse des groupes sont installées, on y vend des livres, des films, des tee-shirt. On découvre peut-être le syndicalisme de la C.N.T, la ligne politique de la Fédération anarchiste ou d’Alternative libertaire ?
La soirée commence, elle emplit la nuit d’un souffle inaccoutumé ...
Vous y êtes conviés.
On vit rarement, à Agen, un homme qui ait tant œuvré pour la jeunesse. A l’heure où on l’encage et la suicide, où on lui ment et l’humilie, où on la surveille et la punit, où on l’oblige à renier sa force vitale par un engagement, sans alternatives et sans retours, dans des filières de plus en plus corrompues et qu’on le fait avec arrogance, à l’ombre des miasmes protocolaires des oligarques, un homme de 80 ans porte sur de plus jeunes un regard humain. C’est un peu l’air frais réclamé par Annie Le Brun et un espoir. Le seul peut-être ?
Vous innovez spécialement pour ce billet. Soyez-en remerciée mademoiselle
QUI A DIT QU'IL N'Y A PLUS DE HÉROS NI D'HÉROÏNES ?
SOLIDARITÉ AVEC NOS SŒURS MOSCOVITES !
Hier, samedi 16 mai, la Pride de Moscou, interdite, a été violemment réprimée. La police est intervenue, matraquant et arrêtant les militantEs LGBTI.
Cette interdiction (la 168ème...), ces arrestations sont scandaleuses et détestables.
Le pouvoir russe a, une nouvelle fois, fait la preuve de son homophobie qu'il exhibe, heureux, en toute impunité depuis des années. La fierté doit changer de camp.
Celles et ceux qui, contre la peur, indifférentEs à la répression, face à la police et aux fascistes, occupent la rue, entêtéEs et déterminéEs, nous impressionnent par leur drôlerie et leur courage.
Leur combat inlassable et si inégal est en passe de remporter ses premières victoires : qui pouvait ignorer encore hier la brutalité et la haine du pouvoir d'État russe ? Maigres victoires ? Pas sûr ! L'expression de la fierté transpédégouine contre l'expression répressive de la haine d'État est toujours grosse d'une potentielle victoire. À condition que cesse la face-à-face, qu'ailleurs se disent et se manifestent des soutiens inconditionnels.
Nous affirmons aujourd'hui réuniEs une nouvelle fois devant le consulat de Russie à Strasbourg notre totale solidarité avec nos sœurs moscovites.
Notre inquiétude et notre admiration, notre affection et notre colère. Nous espérons la mobilisation de l'ensemble de la communauté LGBTI en France.
Nous dénonçons l'inactivité complaisante des institutions françaises et européennes : le jeu de dupes de leurs communiqués inconséquents, purement formels. Leur complicité objective. Nous reviendrons ici et là, tant que nos sœurs seront inquiétées.
La fierté d'être transpédégouine et de la manifester n'est pas négociable. Pas plus que l'égalité des droits. État par État, ils nous mènent la guerre. Nous n'avons d'autres choix, et il est heureux, que de leur imposer notre internationalisme de sodomites.
TaPaGeS, TransPédéGouines de Strasbourg,
le 17 mai 2009
Du processus de Bologne au blocage des universités
Agence-europe-formation EUROPE – Les blocages des universités françaises remontent-ils à Bologne ? Initié il y a dix ans, le processus de Bologne a pour objectif l'harmonisation de l'enseignement supérieur européen, avec des réformes concernant principalement la structure des études en trois cycles (licence, master, doctorat), la mobilité étudiante, la gestion des universités. Ce processus réunit tous les deux ans les ministres de l'enseignement supérieur de quarante-six pays européens. Lors du dernier sommet, les 28 et 29 avril en Belgique, une centaine d'étudiants lyonnais avaient rejoint des universitaires de plusieurs pays pour un contre-sommet. Selon eux, la loi LRU, dont les décrets d'application sont contestés par le mouvement universitaire, est inspirée par ce processus. Décryptage de Cécile Robert, sociologue des politiques et institutions européennes à l'IEP de Lyon...
Pourquoi le processus de Bologne est-il inconnu du grand public ?
Bologna_logo Il est tellement technique, qu'il est très complexe à lire de l'extérieur. Ce qui pose des problèmes de démocratie. Mais je ne dis ni que c'est opaque, ni qu'il y a une main invisible qui tire les ficelles.
D'abord, il faut savoir que l'Union européenne n'a pas de compétence en propre sur les politiques universitaires. Par contre, elle a les moyens financiers pour organiser la mobilité étudiante, comme Erasmus. C'est par là qu'elle a commencé.
Elle peut ensuite agir grâce à « la méthode ouverte de coordination » qui lui permet, lorsqu'elle n'a pas le pouvoir de légiférer dans un domaine, de solliciter les États membres pour qu'ils essaient de se coordonner. Elle leur propose une liste d'objectifs communs afin d'orienter les politiques nationales. Un classement s’établit, avec des critères et un jeu savant de chiffres. Il n'y a pas de contrainte, personne n'est obligé de respecter ses engagements, mais c'est une concurrence permanente.
Il y a aussi la stratégie de Lisbonne ?
En mars 2000, les États membres se réunissent à Lisbonne et déclarent qu'il faut relancer l'économie européenne grâce, entre autres, à « l'économie de la connaissance », qui doit être la plus compétitive du monde.
Cet « agenda de Lisbonne » va se décliner dans différents domaines. On va demander à l'université et à la recherche de contribuer de manière beaucoup plus forte à l'effort économique. Les experts européens et nationaux ont élaboré des documents où ils identifient trois grands axes de réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Primo, rendre les universités « attractives » et « professionnalisantes ». En faire des « magasins du savoir » où les étudiants étrangers, ramenés à l’état de « consommateurs », ont envie d'aller. La « qualité », c'est d'avoir un gigantesque « marché » de l'enseignement supérieur, où il ne doit pas y avoir de contrainte à la mobilité. Les étudiants se dirigeront spontanément vers les meilleures universités, ainsi « mises en concurrence ».
L'université doit donc produire des gens dont les formations sont ajustées aux besoins des DSC02151entreprises ?
Oui. Et quand on voit comment ils fluctuent, j'estime que c'est dangereux d'avoir des diplômes extrêmement précis pour telle application.
Leur deuxième idée, c'est la « gouvernance » : il faut que les universités soient « autonomes ». Et donner plus de pouvoir aux présidents et directeurs des pôles universitaires. Sans aucune autonomie pour ceux qui sont en dessous de la hiérarchie.
Le troisième point parle de « diversification des moyens de financement ». C'est-à-dire que l'université doit y faire entrer les entreprises, et augmenter ses frais d'inscription. Rien n'interdit de penser que pour récolter des fonds de certaines entreprises il faille accepter qu’elles fassent du lobbying et de la com’ dans les universités.
Et pour ceux qui n'ont pas de moyens ?
Rien n'est prévu : il n'est pas dit que l'université soit accessible à tous. Dans certains cas, il est précisé qu'on peut imaginer un système d'aide pour les groupes de la population ayant des revenus les plus bas. Mais lesquels ? On n'en sait rien. Dans un certain nombre de documents, ils parlent du droit aux prêts bancaires, et donc de s'endetter pour payer ses études.
Êtes-vous contre la qualité, la gouvernance et l'autonomie ?
A travers ces discours et ces mots-clefs se construit l'idée que la seule manière de faire est celle qu'ils préconisent. La communauté universitaire est favorable à la qualité, la gouvernance et l'autonomie, mais pas à cette vision là.
Qui peut dire : « je ne veux pas contribuer à la croissance » ou « je veux que mes étudiants soient au chômage » ? Évidemment, personne. On a tous à cœur que nos étudiants trouvent du travail. Mais on ne peut pas dire que c'est par l'université qu'on va résoudre le problème du chômage. C'est un mensonge.
L'université ne peut pas viser que ça, et doit pouvoir maintenir des connaissances qui ne soient pas immédiatement rentables.
Propos recueillis par Farid SIDI-BOUMEDINE
En Savoir plus
Rencontre avec Judith Butler
demain 1er juin à 20h à la librairie le comptoir des mots
239 rue des Pyrénnées 20ème métro gambetta
TRANS' ET HOMOS PHILIPPIN-E-S MENACÉ-E-S D'EXPULSION :
MARDI 2 JUIN A 9H AU TRIBUNAL DE COLMAR
RDV A 9H PRECISE PLACE DE LA GARE A COLMAR
Merci de diffuser rapidement et largement cette info !
Jeudi dernier, l'audience devant le juge des libertés a abouti à un
maintien en rétention de Jonjie, Policarpio et Ronnie. En savoir plus :
http://lezstrasbourg.over-blog.com/...
Suite à cette audience, l'expulsion de Policarpio prévue pour le samedi 30
mai a été annulée, puisqu'il est apparu que la préfecture avait prévu un
vol alors qu'elle ne disposait pas du laisser passer des autorités
Philippines. Bien que le tribunal ait été alerté sur la situation
intenable de Jonjie au CRA de Geispolsheim, Jonjie est toujours en
rétention sans que le juge ait demandé les mesures nécessaires à sa
sécurité.
Nos amiEs ont fait appel de cette décision, afin de faire valoir leurs
droits.
L'audience a donc lieu à Colmar mardi matin. Nous ne savons pas à cette
heure à quel tribunal a lieu cette audience, le RDV est donc fixé à 9h
précises place de la gare à Colmar (nous serons fixéEs d'ici-là et les
tribunaux sont près de la gare).
Il est absolument vital qu'il y ait du monde mardi pour assister à
l'audience, qu'il soit visible que ces trois personnes sont soutenues !
Même si vous n'êtes pas disponibles, parlez-en autour de vous, passez des
coups de téléphones, essayez de trouver du monde -notament vos amiEs sur
Colmar- qui puisse venir mardi matin.
Si la mobilisation est insuffisante, aucun espoir d'empêcher l'expulsion !
Pour Jonjie, Policarpio et Ronnie c'est une véritable descente aux enfers;
notre soutien leur est vital !
Et merci aux personnes présentes à l'audience de Jeudi dernier ! Nous
avons rempli les bancs du tribunal ! Cela a aidé Jonjie, Policarpio et
Ronnie à tenir le coup !
Un co-voiturage peut s'organiser. Il y a actuellement 1 à 5 place possible
dans des voitures. Si vous cherchez une place dans une voiture, si vous
avez une voiture avec des places disponibles, merci de nous contacter à
icistrasbourg@no-log.org.
Pour plus d'infos sur Jonjie, Policarpio et Ronnie, femme transgenre et
couple d'homosexuels philippinEs menacéEs d'expulsion :
Ronnie et Policarpio sont homosexuels et vivent en couple depuis 1994 ;
ils ont du fuir leur pays en raisons de graves menaces homophobes et
vivent en France depuis 8 ans.
Jonjie, est une femme transgenre; elle a du fuir les Philippines en 2005
en raison des persécussions qu'elle subissait en tant que transsexuelle,
homme vers femme.
Ces trois personnes sont sous le coup d'un arrêté préfectoral de
reconduite à la frontière. Les renvoyer aux Philippines les mettrait en
situation de grave danger en raison des discriminations et violences
homophobes et transphobes qu'elles y subissent.
Pour plus d'infos :
http://lezstrasbourg.over-blog.com/...
http://lezstrasbourg.over-blog.com/...
IL FAUT CONTINUER A SE MOBOLISER TOUJOURS PLUS !!!
Envoyez des courriers à la prefecture pour alerter sur la situation de nos
camarades PhilippinEs !
Plus d'infos sur les envois de courriers :
http://lezstrasbourg.over-blog.com/...
Contactez vos éluEs, alertez-les sur la situation de Jengie, Policarpio et
Ronnie !
Signez l'appel à mobilisation de l'ARDHIS !
Appel de l'ARDHIS : http://lezstrasbourg.over-blog.com/...
Visibilisez autant que possible cette affaire !
Parlez-en sur vos blogs, sites, dans vos médias, parlez-en autour de vous !
Si vous êtes sur Strasbourg, allez rendre visite à Giorgie, Policarpio
et Ronnie !!
Elle-ils ont besoin de soutien et une présence quotidienne de militantEs
au Centre de Rétention de Geispolsheim est absolument nécessaire !
Pour plus d'info concernant les visites, contacter scumlambda@no-log.org
scumlambda
scumlambda@no-log.org
Juste un détail de vocabulaire : facs "bloquées" c'est la terminologie de oppresseur, facs _occupées_ c'est la réalité du terrain. Ça a son importance, la LTI n'est pas morte.
Vos enfants doivent devenir des criminels...
... il y va de l'existence et de la justification de cette société...
4 ans de prisons et 75000 euros d'amendes c'est la peine qu'encourt Alex en cas de récidive. Les gendarmes sont venus lui porter le courrier comminatoire ce matin. Ils l'ont fait de manière très négligé, pressés.
Qu'a fait Alex? Un tag sur les murs d'une association.
Quel âge a Alex? 10 ans.
Voilà pour la valeur éducative de cet acte de justice, pour la manière dont il a été signifié. Voilà le législateur, celui qui est élu par nos pairs....
Les parents d'Alex ont essayé de mettre en place une réaction "citoyenne" pour suppléer à "l'absurdité" et aux inconséquences de l'Etat, dans cette affaire banale et peu grave qui devient une affaire criminelle. Leurs efforts éducatifs ont été mis à mal depuis le début de l'instruction du "délit" et cet acte vient encore ajouter à la difficulté d’expliquer à un enfant que son attitude n'est "ni rien", ni comme l'indique l'Etat criminelle.
Alors évidemment des parents désemparés seront incapables ainsi d'éviter la récidive et c'est dans les milieux les plus « défavorisés » que cela se produira.
La démesure et l'escalade de l'arsenal répressif c'est ce à quoi nous assistions, spectateurs impuissants. On oublie que cette surenchère se traduit quotidiennement par des désastres et à "moindre frais" par de lourdes et absurdes inconséquences ainsi qu'est cette affaire...
Comme cette société bascule dans ce qui ne saurait être une tyrannie éclairée cette histoire peut être mise en parallèle avec une mesure qui concerne le RSA. Désormais un individu privé de toutes ressources n'obtiendra pas automatiquement ce "minima" qu'est le RSA. En effet si l'administration l'estime approprié elle peut exiger des parents qu'ils versent une pension alimentaire au postulant...
Les familles sont responsables, les individus sont responsables et c'est un Etat déresponsabilisé, décomplexé, qui ne tolère ni critiques ni attitudes réprobatrices (voir cette affaire d'une landaise poursuivie par une ministre parce qu'elle avait mis sur dailymotion ces mots "hou la menteuse"...).
Un Etat dont les seules fonctions sont d'expulser, de mener des guerres impérialistes, de surveiller et de punir davantage et d'organiser le grand marché mondial avec les conséquences ravageuses qu'on en connait directement ici et indirectement dans des contrées plus lointaines....
Cette surenchère, cette "absurdité" qui évidemment n'a pas la moindre valeur éducative répond à une logique jamais démenti et maintenant plus avérée qui conforte notre opinion de la volonté expresse de l'Etat de fabriquer une criminalité qui lui assure de pérenniser son existence....
@Isa : Le mouvement inverse semble toucher le droit des affaires... -rire jaune-
Oui mais dans le droit des affaires la criminalité n'est pas réprimée elle est encouragée... Yellow laugh
Des hommes en vrai
France 2 - 22h55. 11/06. Rediff le 13/06 à 4h15...
Durée : 1 heure 30 minutes
Sous-titrage malentendant (Antiope).
Stéréo
En 16:9
Le sujet
Face aux caméras, six hommes font le point sur la manière dont ils vivent désormais leur virilité, dans une société où la femme s'est largement émancipée.
Six hommes se confient face aux caméras et font le point sur la manière dont ils vivent leur virilité. Car depuis le début du XXe siècle, la donne a changé entre hommes et femmes. Ces dernières ont pris conscience qu'elles étaient en mesure de s'émanciper de la tutelle phallocrate. Peu à peu, les hommes ont réalisé que les femmes n'envisageaient pas de la même manière qu'eux la vie commune, les relations sociales. Sans doute leur conception du monde diffèrent-elles de celle de ces messieurs. Certains ont tenté de nier toute capacité à vivre de manière «autonome». D'autres ont raillé la déferlante féministe. D'autres enfin ont mis à profit cette évolution pour redéfinir les fondements de leur virilité.
Plume-gris
La critique
TéléObs. - Quelle est la genèse de ce film tout entier consacré à la parole masculine ?
François Chilowicz.
- Cela a commencé avec l'un de mes précédents documentaires sur les violences conjugales pour lequel j'avais recueilli des témoignages de femmes, mais aussi d'hommes. J'avais été touché par la souffrance de certains d'entre eux, même si, évidemment, cela ne les excusait en rien. De là est née l'idée d'aller chercher cette parole pour exalter la diversité masculine. Loin de ces modèles qui enferment et laissent penser qu'il y a très peu de façons différentes d'exister au masculin...
Justement, parler de soi, c'est un peu tabou pour les hommes...
- C'est ce qu'on dit, pourtant, je n'ai eu aucune difficulté à les faire causer ! Et ce qu'ils racontent n'a rien à voir avec les clichés habituels sur la virilité.
Vous avez choisi une forme inhabituelle, loin de tout formatage télévisuel... - Tout est question de méthode. Sur ce film, je voulais mettre en place un vrai travail d'atelier. J'ai commencé par faire des entretiens avec une centaine d'hommes, pour en garder une trentaine. Au final, les six qui constituent le corps du documentaire ont été filmés l'un après l'autre et en donnant à voir à chaque nouveau protagoniste les interventions de ceux qui l'avaient précédé. Chacun cherche sa faille et cela incite le prochain à s'analyser à son tour. Mon travail se situe entre le documentaire et la fiction : mes six hommes interprètent un rôle inspiré de leur propre vie. Un rôle auquel je leur ai demandé de travailler en allant chercher en eux-mêmes la pensée la plus juste, l'émotion la plus authentique. C'est une façon de responsabiliser les gens, de les rendre conscients : je ne les traite pas comme de la chair à télé.
Dans votre film, le politique surgit au détour de l'intime... -
C'était un pari très excitant de relier les deux dimensions, et cela s'est fait grâce aux protagonistes. Notre monde, gangrené par la violence, est gouverné par les hommes. Si ces derniers parviennent à évoluer, c'est le cours du monde tout entier qui peut changer ! Avec ce film, j'ai envie de dire aux hommes comme aux femmes de baisser les armes. Le rapport de force n'est pas une fatalité.
Et vous-même, quel homme êtes-vous ?
- Je suis né en 1965, d'une mère qui nous a élevés, avec mes trois soeurs, dans un très grand souci d'égalité. Je suis un enfant du féminisme et de la révolution sexuelle, les zones de rencontre entre le masculin et le féminin sont, pour moi, des territoires passionnants. Comme à chaque fois que je fais un film, j'en suis transformé : pendant les deux ans où j'ai travaillé sur ce thème, j'ai perdu mon père et j'ai vu naître mon fils.
Je sens qu'on risque de se marrer. "Avec ce film, j'ai envie de dire aux hommes comme aux femmes de baisser les armes. Le rapport de force n'est pas une fatalité."
Oh ben non.
Ben non quoi, il n'est pas une fatalité... Il est une nécessité.
Genre ce sont les dominé-e-s qui imposent le rapport de force, quoi...
Ben j'ai essayé de regarder le documentaire hier... C'était surtout de la bouillie pour bobos ayant envie de parler de ses états d'âme. Dommage.
FORTUNES ET INFORTUNES DES FAMILLES DU NORD
Durée : 00:51:30
Réalisateur : BALBASTRE GILLES
Avec la participation de : FRANCE 5,CNC (CENTRE NATIONAL CINEMA)
Production : POINT DU JOUR,FRANCE 3 NORD-PAS-DE-CALAIS
Production déléguée : GOUSSET LUC-MARTIN
Production exécutive :
Avec le soutien de : PROCIREP - STÉ DES PRODUCTEURS,ANGOA (L')
Diffusions
Article de France 5 [modifier]
Les années fastes du négoce de la laine ont longtemps fait les beaux jours de la région Nord-Pas-de-Calais. De l'âge d'or à la fermeture des usines, patron et ouvriers de l'entreprise Dewavrin se souviennent. Tous n'auront pas la même version de l'histoire…
©Point du Jour
Les multiples stratégies des patrons n'y ont rien fait, et l'âge d'or de la laine du Nord s'achève dans les années 2000, laissant des milliers d'ouvriers sans travail. Ce documentaire présente ici les portraits croisés d'un dirigeant de l'entreprise Dewavrin, l'une des plus grandes maisons lainières, et de ses anciens ouvriers. Chacune des parties n'aura pas tout à fait la même perception de l'histoire…
L’âge d’or de la laine
©Point du Jour
« C'était notre seconde famille. » Mais le décès d'un des fils héritiers entraîne la scission de l'entreprise familiale. Tandis que la première branche décide de se reconvertir dans d'autres activités (la vente par correspondance) ; l'autre, sous la houlette de Jacques, préfère perpétuer la tradition et étendre son domaine en dehors de la capitale de la laine.
La course aux bas salaires
©Point du Jour
On ne s'y retrouvait plus ! » Exténués par ce rythme, les ouvriers consacrent leurs jours de repos à dormir. Un sacrifice qui ne semble pourtant pas suffire. En dépit d'énormes bénéfices, le groupe Dewavrin décide de quitter le Nord pour se délocaliser en Roumanie, où la main-d'œuvre travaille pour moins de 150 euros par mois. Mais la course aux bas salaires est sans fin et cette destination ne satisfera qu'un temps les appétits du géant du textile. Aujourd'hui, la famille Dewavrin a posé ses valises en Chine. Alors que, dans le Nord déserté, les anciens ouvriers peinent à se reclasser.
Source : magazine des programmes de France 5
Rien à voir avec le schmilblick mais je me demandais si quelqu'un ici saurait où se procurer en DVD (ou à la rigueur en cassette vidéo, je retrouverai bien un magnétoscope valide dans un placard) "Maso et Miso vont en bateau" ?
lyhel : Tous les films de Carole Roussopoulos sont gérés par le Centre Simone de Beauvoir à Paris.
Merci !
Bon, le site déconne, impossible d'accéder à la base de données, j'ai plus qu'à prendre mes gambettes pour aller y faire un tour...
Une bouteille à la mer et un témoignage avant que ce régime ne nous offre plus ni répits, ni retours...
(Pour rappel: La France, notamment, est directement responsable du décès, quotidien, par malnutrition, de 9000 enfants)
Cher Monsieur,
J'ai beaucoup apprécié votre message et notamment la formule sur les vacanciers hagards. Elle me rappelle effectivement le Arles que j'ai connu. Un jour où j'étais en terrasse d'un café où je lisais, un de ces vacanciers accoutré comme ils le sont la plupart: tee-shirt avec une impression de la débilité marchande, short et tong; ce vacancier s'en m'adresser un mot s'est posté devant moi et m'a pris en photo. Puis il est parti sans répondre à mon interrogation et ma colère, un sourire au lèvre, satisfait. A-t-il cru prendre une photographie d'un gitan camarguais? Probablement....
Ces dernières semaines les administrations m'en font beaucoup voir. Chaque mois je ne suis plus certain qu'elles me verseront les minima sociaux auxquels selon les textes j'ai pourtant droit. Je m'attends un jour à ce qu'il coupe mes revenus.
Des amendes majorées pour excès de vitesse (pas plus de 5km/h au dessus) soit deux fois 180 euros.. Que je ne peux pas payer. Pour l'une d'elle j'ai produit un document attestant qu'à cette heure, ce jour j'étais à un entretien d'embauche. La secrétaire de l'employeur est formelle, j'étais bien là à ce moment là. Ce document suffira-t-il?
Plus étonnant
: Aujourd'hui je reçois un document administratif: un faux. Il provient bien de la trésorerie pourtant. Ce document délirant va permettre à l'Etat de piétiner la loi de 1992 qui protège de toutes saisies des revenus à caractère alimentaire: le RSA, RMI en l'occurence. Entre autres perles il est écrit "ni le montant du RMi prévu par un allocataire, ni le solde créditeur de mon compte au jour de la réception de ma demande". "Prévu PAR un allocataire" au lieu de prévu POUR. "réception de ma demande" au lieu de "déposition de ma demande". Le reste est du même délire: on m'explique que je dois retirer l'équivalent du RMI de mon compte et qu'alors chéques et prélèvements seront refusés provoquant une interdiction bancaire. Jusqu'à hier encore on bloquait seulement l'opposition de l'Etat et ni chèques, ni prélèvements n'étaient refusés.
Je ne peux évidemment pas signer ce document délirant. La seule solution qu'il reste pour me protéger est de présenter une attestation de RSA. Or aujourd'hui et aujourd'hui seulement je n'ai pas accès à l'impression de ce document car me dit-on ma situation ne m'y autorise pas. Quelle situation? J'ai des droits ouverts....
Je reçois bien entendu ce document le samedi et l'enchaînement se produit samedi également quand tout est fermé. Hier encore je pouvais imprimer une attestation.
Mon intention est ici de vous demander si vous aussi vous êtes en butte à de telles curiosités. Il ne s'en était pas produit d'aussi grossières depuis longtemps...
Cette dette c'est un RMI qui m'a été versé indûment. A six reprises j'ai téléphoné pour dire que je n'y avais pas droit. J'ai eu six employés de la CAF différents qui tous ont confirmé que j'y avais droit. Le couperet est tombé quelques mois plus tard: on me réclamait la somme. Quand j'ai voulu la rembourser en février la CAF m'a recommandé de m'adresser au Trésor et le Trésor n'avait pas reçu la dette. J'ai su alors que l'argent me serait réclamé au moment où précisément je basculerais des assedic au rmi. Ce qui s'est produit. Alors pendant un mois j'étais sans le moindre revenu le temps que mon dossier soit enregistré.
Je compte verser ces épisodes au journal et je vais faire une copie de ce document car je n'en ai jamais reçu de tels....
Ce qui m'inquiète c'est que de plus en plus, de jours en jours, l'Etat précise sa position, et elle est maintenant, avec ce document-ci, fort claire: la loi n'est rien l'Etat est tout. Je suis inquiet de ce qu'ils entendent faire de moi et ils l'auront obtenu assez ouvertement pour que s'ils m'orientent peu à peu vers l'interdiction bancaire totale ou la tutelle, je ne sois plus en mesure de le dire partout sans qu'on prenne pour un fou... Car je ne sais pas dans quelle mesure ces faits arrivent à d'autres et c'est bien ce que j'entends découvrir en témoignant de cela, obtenir des confrontations, recueillir d'autres témoignages des ravages ouverts de la bureaucratie... Ce qui est certain c'est que concernant les sans papiers ces contournements du droit qui sont de vrais piétinements des fameuses règles démocratiques sont légions. Je reçois les messages de RESF. Ils sont édifiants....
Si j'obtiens donc ce mois-ci le RSA, et rien a priori ne devrait s'y opposer, mais le doute est maintenant permis, alors je viendrai soit avant le 10 août soit au début de mois de septembre. Rien ne me paraît plus urgent que de travailler pour les archives comme vous le dites....
Bien à vous.
Suède : un film porno féministe financé par des fonds publics
Un film pornographique "féministe" subventionné par des fonds publics et destiné à mettre en valeur la vision féminine de la sexualité, est sorti jeudi soir au cinéma en Suède.
"Dirty Diaries" ("Journaux intimes X"), une suite de 12 courts-métrage pornographiques réalisé par la documentariste féministe suédoise Mia Engberg, a bénéficié de 48.000 euros de subventions publiques de la part de l'Institut suédois du film (SFI).
Pour la réalistrice, ce qui rend le film féministe est qu'il montre la sexualité des femmes de façon naturelle et évite selon elle la tendance dominante du cinéma porno où les femmes apparaissent comme des objets.
(Merci GM)
Je trouve ça surprenant. Parce que le porno est totalement prohibé en Suède, y compris les sex shops (et ne parlons même pas du prohibitionnisme contre le travail sexuel et la persécution de ses clients). Il y aurait donc un "bon" et un "mauvais" porno en Suède...
et c'est l'État qui en déciderait. C'est si peu normatif et tutelaire...
Dimanche 11 octobre 2009
20h35 - 21h25 (Durée : 50 min)
Changer de sexe, pour un instant ou pour la vie
Genre : Documentaire
Société Pays : France -
Date de sortie : 2009
Réalisateur(s) : Olivier Delacroix
Sur FRANCE 4
Lien
Tout à fait d'accord avec le commentaire de Gouinemum au sujet de l'attribution du Nobel à Obama. Le voilà sanctifié avant même le terme de sa première année de mandat. Intouchable, donc. Je crois savoir qu'il n'a pas accepté de faire cesser les poursuites à l'encontre des nombreux "déserteurs" qui refusent d'aller ou de retourner en Irak...
Toujours concernant les Nobel, celui de l'économie n'en est pas un. Il est décerné par la banque de Suède, à la mémoire d'Alfred Nobel, et non par la fondation Nobel, contrairement aux autres.
Solidairement, bien à vous.
P.S. : "en faveur d'un monde sans armes nucléaires". Obama est donc favorable à ce que les Etats-Unis renoncent aux leurs. Bonne nouvelle.
Vent et fumée.
Toujours solidairement.
La cause Obama et celle plus généralement des prix nobel de la paix est en ce qui concerne une cause entendu. Devant l'évidence j'oppose le silence. D'autres, nombreux, se chargeront avec plus ou moins de brio d'en parler. Plus ténue est la problématique des prix nobel de littérature. Camus, la remise de la totalité de la dotation par Bernard Shaw, entre autres exemples, atténuent les critiques qu'on pourrait en faire. Le Clezio est venue parce qu'il ne dérangeait pas à un moment où le monde passait plus ouvertement sous contrôle. Vient Mme Müller qui rallume l'éternelle flamme vacillante de la cause démocratique contre les dictatures.
"Avant de critiquer il faudrait peut-être lire" me dit-on et l'on ne suppose pas, on est férocement convaincu de son propos. Outre que je pourrais avoir lu, ce que je ne vous dirai pas, il en est de certains prix et de certains livres comme des films. Jean-Patrick Manchette, pendant plusieurs années, a tenu une rubrique critique de cinéma particulièrement lue. Passé aux aveux, avant sa mort, il n'avait jamais visionné aucun de ces films. Ses avis étaient courrus parce que ces films étaient d'avance courrue. Peter Watkins va plus loin avec la critique du Monoforme.
Il se pourrait que je sois inculte GouineMum. Il se pourrait que je ne le sois pas.
Dans le cadre des Rencontres-ethnologie, l’AFA organise une présentation de Classer, dominer — Qui sont les "autres"? (La fabrique, 2008) en présence de l'auteure, Christine Delphy, le dimanche 8 novembre à 17h à la librairie "Le Merle Moqueur", 51 rue de Bagnolet, 75020 Paris.
J'ignore pourquoi ça s'appelle "rencontres-ethnologie" ? M'enfin, si je pouvais y être, je ferai moins la chieuse sur le titre. Si seulement...
Bref, tout ça pour mettre le lien vers le site de la librairie : c'est là.
Concernant le prix Nobel de la "Paix" à Obama : http://www.legrandsoir.info/La-blag... (et j'aime particulièrement ce logo...)
Colloque « Lire Monique Wittig aujourd’hui »
Colloque
Du 26 au 27 novembre 2009
ouvert à tous
Lieu(x) :
ENS LSH, Université Lyon 2, Université Lyon 3
Monique Wittig (1935-2003) est l'auteure d'une œuvre importante : L'Opoponax, prix Médicis en 1964, est salué par Duras, Sarraute et Simon. Suivent notamment Les Guérillères (1969), Le Corps lesbien (1973) et Virgile , non (1985). Elle est reconnue et étudiée depuis longtemps déjà à l'étranger, et notamment aux Etats-Unis, où elle a vécu, écrit et enseigné à partir de 1976. En France, les enjeux de ses propositions formelles (on pense notamment à la « trilogie pronominale » : on, elles, j/e constituée par les trois premiers livres) restent à approfondir. Ce travail d'écriture est inextricablement lié à une activité militante et à une exigence théorique. Participant dès l'origine au Mouvement de Libération des Femmes, Monique Wittig défend un féminisme matérialiste et remet en cause, à partir du point de vue lesbien, la catégorie même de sexe : La Pensée straight, paru, tardivement, en 2001 en français, reprend la plupart de ses essais, et est devenu un texte de référence.
Lire Monique Wittig aujourd'hui, c'est interroger les rapports entre façons d'écrire, façons de parler et façons d'agir, tels qu'ils se manifestent dans ses textes même : « la seule opération politique qu'un texte puisse accomplir » c'est « introduire dans le tissu textuel du temps par la voie de la littérature ce qui lui tient à corps » (La Pensée straight, p. 92).
Il s'agira ainsi de revenir sur les effets produits par les textes de Wittig, pour en déployer la polysémie, condition de leur efficacité selon elle. On pourra aborder dans cette perspective les articulations internes de l'œuvre (les rapports entre versants théoriques et littéraires de l'écriture, notamment) ; on s'interrogera sur ce que Monique Wittig fait des autres textes (comment, par exemple, elle lit la littérature antérieure, le marxisme, les auteurs étrangers, le féminisme, ses aînés et contemporains du « Nouveau Roman », la sémiotique, l'anthropologie structurale ou la psychanalyse, etc.) ; on s'intéressera à des pans encore très méconnus du corpus, comme les textes dramatiques, que ce colloque sera l'occasion d'explorer.
On observera aussi ce que Monique Wittig produit aujourd'hui dans la littérature, dans la réflexion sur les genres et la théorie queer. A la suite des travaux déjà menés à l'étranger et en France, en particulier du colloque de 2001 à la Columbia University de Paris, on reviendra sur l'efficace actuelle des propositions formelles et politiques radicales de Monique Wittig (les modalités de lecture du texte wittigien, les réceptions de l'œuvre en Amérique du Nord, en France, plus largement en Europe, etc.).
Tirant toutes les conséquences de l'affirmation selon laquelle « chacun de nous est la somme des transformations effectuées par les mots » (La Pensée straight, p. 108), on multipliera les approches de ces textes dont la cohérence consiste à lier toujours création langagière, propositions sociales et politiques, redéfinition des sujets et questionnement des genres.
Ce colloque, qui se déroulera du 26 au 27 novembre 2009 à Lyon, se conçoit donc comme une invitation à lire ensemble tous les textes de Wittig (romans, théâtres, essais) et à examiner l'apport de leurs dispositifs politiques dans le tissu textuel de notre temps.
Colloque organisé par les équipes « Passages XX/XXI » (Lyon 2), le Centre d'Etudes Poétiques (ENS LSH) et le groupe Marge (Lyon 3), avec le soutien de la Région Rhône-Alpes (Cluster 13)
Contacts : Benoît Auclerc (benauc@yahoo.fr), Yannick Chevalier (Yannick.Chevalier@univ-lyon2.fr)
SOURCE
L’identité nationale ou le sacre de Reims
jeudi 26 novembre 2009, par Christine Delphy
Un débat très orienté sur « l’identité nationale » s’est tenu récemment dans une émission télévisée. Décryptage.Yves Calvi, dans son émission « C’est-à-dire », réunissait la semaine dernière Fadela Amara, Élisabeth Lévy, Dominique Voynet, Ivan Rioufol et Hervé Le Bras sur le thème du débat « identité nationale » lancé par le gouvernement. D’entrée de jeu, la question n’était pas : « qu’est-ce que c’est ? », mais « en quoi et par qui cette identité sans contenu est menacée ». Et d’entrée de jeu aussi, on apprenait par la bouche d’Élisabeth Lévy que c’est par les « vagues » d’immigration d’Afrique. En dépit de quelques tentatives de faire remarquer que les gens dont on parle – les Arabes et les Noirs, comme le dit Lévy, fière de son « audace » – sont dans leur plus grande majorité des citoyens français, il était clair qu’ils étaient étrangers. Non, le fait d’être nés en France de parents français ne leur enlève pas cette tache : cela leur vaut le qualificatif surréaliste « d’immigrés de la seconde – ou troisième – génération ». « Immigré » est donc une caractéristique génétique qui se transmet par le sang ? Euh, oui… non ! Pas tout le temps ! Sarkozy n’est jamais traité (pas plus que des milliers d’autres Zélensky, Lopès et Moreno, d’ascendance polonaise, portugaise ou espagnole) d’« immigré de la deuxième génération ». Le statut d’immigré dépend donc de l’origine du « sang ». Et, dès le début de l’émission, le débat sur l’identité nationale se situe franchement, carrément, dans l’optique suggérée par l’intitulé du ministère ; ce n’est pas seulement, comme on le lit sur un immense écran sur le plateau, la burqa qui « est contradictoire avec l’identité nationale », c’est toute cette immigration-là qui s’oppose à cette identité nationale-ci.
Pour la majorité des débatteurs, et conformément aux déclarations du ministre Besson, le « modèle français d’intégration » est en fait un modèle « d’assimilation ». Et, clairement, les « sangs » ne comportent donc pas tous le même potentiel d’assimilation. Celle-ci exige que les personnes étrangères par nationalité « ou par hérédité » se « dépouillent », comme le dit le philosophe Éric Zemmour, de toute trace de leur identité ou culture antérieure, et se « soumettent » à l’identité ou à la culture française. C’est ce qu’auraient fait, prétend-on, les immigrés non nationaux précédant les « vagues » néfastes, mais aussi les immigrés de l’intérieur. Ivan Rioufol, par exemple, tord la bouche quand on évoque devant lui les identités bretonne ou corse. Sa vision de la France, c’est Eraserhead : l’identité nationale doit non seulement l’emporter sur toute autre identité, mais elle doit effacer la première. On ne comprend plus : n’est-ce pas le patriote Jean-Pierre Pernaud en personne qui inlassablement, au journal télévisé de TF 1, nous abreuve de spécificités régionales, le dernier maréchal-ferrant du Puy-de-Dôme, le dernier souffleur de verre du Béarn ? Chaque jour voit une province française et une façon de faire régionale célébrée. Comment concilier ces éloges avec le jacobinisme effréné de nos invités ? En soulignant que ces coutumes sont hexagonales : jamais un sujet sur le boudin antillais, jamais un mot sur d’autres recettes – car il est beaucoup question de bouffe – pourtant plébiscitées en France, comme le couscous. Et ce qui les sauve, c’est qu’elles sont en voie de disparition. Ce n’est pas le dernier locuteur du dernier parler normand qui mettra en danger l’unité de la France.
Jusqu’où iront ces tentatives d’homogénéisation, qui utilisent le vocable étrange « unicité » pour signifier en réalité l’exigence d’uniformité ? Car le racisme a partie liée avec cette obsession française. Elle est même mise en équations par des théoriciens du républicanisme : le citoyen est « universel » disent-ils, et dans leur discours cela veut dire que nous devons être tous pareils. Ce qui permet d’exclure ceux qui ne sont pas pareils… Pareils à quoi ? Ah ! le modèle n’est jamais défini explicitement ; on ne peut que le déduire de la liste des gens « pas pareils ». Que qui ? Que « tout le monde » ! C’est clair, non ? Mais, d’un autre côté, que peut cette théorie républicaniste contre l’émergence permanente de nouvelles façons de faire, de penser, de danser, de chanter, et même de parler ? Que peut-elle espérer faire contre le passage du temps, contre l’évolution de la société française, qui change, comme tous les groupes humains ont changé, changent et changeront ? Et comment ne changerait-elle pas, cette société française, sauf à être morte ? Que proposent les républicanistes pour éviter à la France et à son identité d’être emportées par le fleuve impétueux de l’histoire ?
Eh bien, de les arrimer à un rocher fiché dans ce fleuve, et prétendant arrêter son cours : « l’Histoire de France » républicaine ; ici, dans une version très abrégée par Élisabeth Lévy, qui, comme son mentor Alain Finkielkraut, fait une fixette sur Clovis, sans le nommer, ça rendrait l’examen de françitude trop facile, mais en mentionnant sans relâche le mot de code « Reims ». Quoi, Reims ? Les championnats de première division ? Mais non, voyons : « le sacre de Reims ». Ah, le sacre de Reims ! Sacré sacre, va ! Qu’importe qu’il n’ait jamais eu lieu (voir le Mythe national de Suzanne Citron) ; ce qui compte, c’est que nos immigrés de toutes générations réalisent que c’est cela qui les distingue, en bien, de leurs propres ancêtres ; à condition que chacun imite Finkielkraut, qui « l’a fait sien ».
Pourquoi proposer aux « immigrés » cet exercice pathétique, borderline ? Sinon parce qu’on (« tout le monde ») pense qu’il coule dans leurs veines un « sang impur » dont, à défaut de le répandre dans nos sillons (comme le prescrit l’hymne national mais le proscrivent les conventions internationales), il faut exorciser les effets ? Par une identification magique à un événement lui-même imaginaire ? N’est-ce pas pour cela que Fadela Amara ne peut ouvrir la bouche sans répéter trois fois par phrase, comme un mantra, « valeurs de la République » ? Or, dans son « lévaleurdelarépublique », figure l’égalité des sexes ; Hervé Le Bras signale timidement qu’elle n’aurait pas été considérée comme faisant partie de l’identité française, mais au contraire comme contrevenant à cette identité, il y a seulement 64 ans. Il n’est pas entendu, car les « valeurs de la République » sont éternelles, y compris cette égalité des sexes non respectée, non admise même comme valeur. Ce n’est pas grave : les « valeurs éternelles » ne sont pas faites pour être adoptées, mais pour être envoyées à la tête de ceux dont on ne veut pas. Dominique Voynet a été la seule à tenter d’apporter un peu de réalisme à ce débat – on est en 2009, pas en 600, et puis on est aussi en Europe, il faudrait que les jeunes apprennent les beautés non seulement de la littérature française, mais aussi de la littérature polonaise, anglais, espagnole, etc. Élisabeth Lévy, qui estime que la France possède « l’une des plus belles littératures du monde », trouve inutile d’aller voir ailleurs – car l’identité française a peu de chose à voir avec les pratiques françaises, mais tout à voir avec la littérature. Et avec la solitude des nations incomprises. Quand Voynet dit que la France est perçue comme arrogante par le reste du monde, Lévy fait un geste qui signifie : « Que nous importe le reste du monde ? » Oui, c’est vrai. Si les gens qui veulent venir en France, ou y rester, doivent commencer par s’arracher la peau, c’est que cette peau n’a rien à nous apporter. Mais rien. Car nous sommes les meilleurs du monde, depuis longtemps, depuis toujours en fait, et ce n’est pas difficile, car nous sommes aussi seuls au monde (grâce à Lévy, qui a balayé de la mappemonde toute cette humanité inutile et étrangère). Cette petite assemblée voit clairement comme un atout ce que le reste du monde, s’il existait, verrait comme un handicap – se « croire » seuls au monde. Et quand Dominique Voynet propose que l’identité française soit définie comme le projet d’avenir que les citoyens construisent en commun, les autres participants s’entre-regardent, comme gênés d’avoir été témoins d’une faute de goût. Nous avons un si beau passé ! Restons-y.
SOURCE
Quand des pays tirent si impunément des bénéfices colossaux de la mondialisation et qu'ils s'exonèrent des responsabilités facheuses qu'elle implique, et notamment la dècès, chaque jour, en Afrique essentiellement, de 9000 enfants pour cause de malnutrition, nous ne serions nous étonner qu'ayant pu tant en faire ils ne s'arrêtent pas là. Ainsi l'identité nationale et ce n'est qu'un début. La barbarie est sans fins...
Notre chère amie, la bien chère Mademoiselle, est si convaincante que j'ai dérogé à mes habitudes. Je répugne ordinairement à entretenir avec la crevure médiatique. Cette fois, sous l'influence de Mademoiselle, je me suis fendu d'une lettre à Elisabeth Levy
Chère Madame,
On salut votre brillante intervention sur l'identité nationale.
Quand des pays tirent des bénéfices colossaux de la mondialisation et qu'ils s'exonèrent des facheuses conséquences qu'elle implique, et notamment le décès quotidien, en Afrique essentiellement, de 9000 enfants pour cause de malnutrition, nous ne serions nous étonner de qui a pu en faire tant ne s'arrête pas là. L'identité nationale en est le prolongement et pas la fin. Il n'y a pas de limites à la barbarie et vous qui êtes juive devriez le savoir en premier chef. Maintenant on sait pour qui Hitler travaillait chère Madame....
Victor Klemperer, philologue juif allemand qui a miraculeusement survécu à Dresde de 1933 à 1945, auteur d'un remarquable journal et d'un livre sur la langue du troisième Reich (LTI) vient dire en conclusion que nous étions entrés dès après guerre, avec "l'américanisation" dans le IVèm Reich (au sein duquel vous occupez une place enviable). Jacques Ellul, juif également, dit dès 1945 "Hitler a gagné la guerre!". Jean Malaquais, juif polonais, dira jusqu'à sa mort en 1998 que la France est demeurée Vichyste. Il n'aura pas eu la chance de vous voir le confirmer si joliment à la télévision.
Pour toutes leçons je retiendrai que les allemands humiliés par le traité de Versaillles sont devenus nazis. Que vos origines, et la terrible histoire qu'elle porte, vous on conduit, tout comme les allemands, a passé de l'humiliation au camp des criminels.
Votre "Lehaim" est entaché de toute la boue et de tous le sang qui fit les "achtung" d'hier. Je vous dit Lehaim mais à la manière de Jacques Ellul, de Jean Malaquais, de Victor Klemperer. Une manière que je comprends mieux que vous...
Fouillala, déjà, un "débat" avec Riofoul comme intervenant, ça donne le la... Ce type, c'est toute la bile de Céline - sans la moindre once de talent.
Elisabeth Levy me répond: pourquoi se donner tant de mal pour écrire autant d'âneries?
Or ce soir elle commet un imparable "L'Etat c'est nous. C'est tous"... Elle est certainement plus débile que compromise...
Je lui ai fait cette réponse:
Parce que des pitres incultes de votre espèce il y en a certes beaucoup qui se répandent dans la boîte à merde (la télé), mais quand ils sont par surcroît prétentieux et qu'ils croient détenir un savoir qu'ils dispensent aux foules anesthésiées, on en vient très naturellement au souhait que formulait Raoul Vaneigem: qu'ils crèvent! Je ne saurai me montrer plus généreux avec vous. Le mot ânerie venant d'un débile ne m'a jamais impressionné. En revanche, pour moi qui suis particulièrement passionné par la culture Yiddish et qui prête toujours une oreille attentive aux personnages véritablement éclairés qui ont durement éprouvé le IIIème Reich pour ne pas se compromettre avec ses suivants, la descendance médiatisée qui épouse ce siècle d'infamies je l'éxècre. Votre gloire ne viendra pas. Elle ne viendra plus.
Elisabeth, Elisabeth, ta pauvre compromission ne durera pas toujours
fais tout de même attention, il y en a qui ne comprennent pas le second degré d'un "qu'ils crèvent".
Mademoiselle
C'est très gentil.
Si elle s'avisait de ne pas comprendre c'est qu'elle aurait tout au contraire parfaitement compris que son imposture est démasquée...
L’Etat c’est nous. Nous tous”. C’est également sur le mode satirique que les nazis concevaient leurs cérémonies “historiques”. Tout était “historique”, des victoires allemandes en sport jusqu’aux moindres décisions. Voilà bien un titre “historique” dont l’extrême légéreté, guignolesque, nous rappelle aux satires passées. Car c’est en 1933 qu’est apparue l’expression “Totaler Staat” (l’Etat total). Et que nous propose-t-on qu’un Etat total c’est à dire un Etat qui s’insinue en chacun de nous avec ses caméras, sa surveillance et ses radars. Que nous propose Elisabeth Levy que d’acquiescer au Totaler staat. Elle n'en ignore que la révolte…
Dès 1933 Victor Klemperer note que les gens présentent déjà des signes de lassitudes au nazisme, qu'un discours d'Hitler diffusé par radio à une foule les laisse apathique et qu'en revanche une blague sur les juifs faite par un participant récolte de longues minutes de rires et d'applaudissements. Prêtons l'oreille à ce qui fait rire...
« Totaler staat » est une expression relevée du nazisme dès 1933 par le philologue Victor Klemperer. A présent l’Etat s’est insinué en chacun par les moyens nouveau de la technologie (radars, caméras, patrouilles de police) couplé aux méthodes anciennes (la sur-réglementation dont, par exemple, la licence IV émanation Vichyste trouve son aboutissement avec l’interdiction de fumer dans les bars et les lieux publics) et ses conséquences d’écrasement et de terreur. Dans la société du spectacle « intégré » le capitalisme agit en interdépendance avec la bureaucratie. Les capitalistes se sont pareillement insinués en chacun (publicité, tout est payant, vols « invisibles », vols « visibles » etc…) ; Chaque emploi, privé ou public, est utilisé à la même cause, le renforcement de l’insinuation des intérêts d’Etat et des intérêts privés, en sorte que chacun travaille à son propre anéantissement, sous la forme des atteintes liberticides en constante surenchère, sous la forme de tricheries diverses de plus en plus fréquentes. Chacun sert, par servitude volontaire, la rapine locale, nationale et internationale des intérêts convergents de l’Etat et des capitalistes et chacun espère, pathétiquement, assurer sa survie, des conditions d’existence extrêmement précaires jusqu’aux rares moments d’une vie réellement vécue. Autant les intérêts de l’Etat et des capitalistes sont convergents, autant la concurrence est excitée entre les sujets.
En l’absence de concurrence, c’est-à-dire, quand vient un protagoniste qui récuse tout autant la convergence des intérêts des puissants, que la concurrence des sujets, et qu’il le fait, en connaissance de cause, ému par les conditions et l’histoire de vie d’une femme, en dépit de leurs différences, et qu’il tait ses conditions et son histoire, pourtant autrement plus marqués par la tyrannie et d’une manière plus irréversible, il ne lui semble pas se dissoudre – il pense, tout au contraire, s’élever à une certaine grandeur qui confirme, de toute évidence, la conscience qu’il a d’appartenance à une classe, c’est-à-dire, d’un semblable rapport à l’oppression, conscient cependant, par impossibilité d’ accéder à elle, qu’il ne sera jamais suffisamment humain.
Alors la servitude est telle, elle est si intégrée, si indispensable, qu’il passe de confident à défouloir. Ce n’est pas l’aboutissement qui compte mais le chemin qu’on parcourt car s’il n’y a d’aboutissement que la mort et si tout se termine invariablement au sol, quand on y est pas, il y a dans l’attitude qui consiste à chercher des clefs ou qui n’existent plus, s’agissant de l’histoire traumatisante de cette femme, ou qui existent, mais qui ne sont d’aucune utilité en l’absence d’une porte qui ne peut s’ouvrir qu’en l’enfonçant à plusieurs, il y a dans cette attitude, utopique, dans un siècle de pragmatisme fat et vulgaire, et quoique l’utopie se prête ici sans ostentations, quelque chose, qui n’est plus un sentiment, qui n’en a jamais été, mais qui est un vestige dans barbaries originelles, qui commande à la confidente de se livrer sur le confident au sadisme velouté de la conversation innocente. D’autant plus volontiers, qu’ému, comme l’est le confident, suspendu à une nouvelle invitation, c’est-à-dire à l’accueil, la jouissance de cette femme passera par le frustrer, avant de lui imposer son triomphe absolu, le rang d’utilité où il est remisé, parce qu’on lui fait valoir et la concurrence et de meilleurs candidats, pour ce qui ne semble plus être qu’un ravalement des prétentions de chacun au tout est utile et rien ne dure que ce qui serf.
Comment les maladies surviennent-elles? Notamment parce que les humains nous infligent des souffrances ou parce qu’on souffre qu’ainsi stimulées par d’autres ne s’éveille le drame originel, selon ce que de mieux en a dit Georg Groddeck. Que fait la soignante? Souffrante, de son passé et de ses conditions d’existence, tout à la fois elle inflige des souffrances et soigne des malades. En somme en infligeant des souffrances elle préserve et consolide son travail de soignante puisqu'elle fabrique ou maintient des malades qui conditionnent sa survie... et celle d’un régime qui ne l’épargne pas, qui n’épargne personne et qui fait de son travail un rapport d’aliénation permanent, qui l’oblige, pour en sortir et s’y maintenir, à imposer à son tour semblable rapport d’aliénation sur le mode sadique. Voilà bien toute la bassesse et le cercle d’enfermement où mûrissent les barbaries, individuelles et collectives.
Ce texte ne doit pas à la frustration et à la revanche mais au sentiment coupable qu’on nourrit toujours, à chaque émotion qu’elles suscitent et qu’elles semblent commander, de s’y être encore cru, c’est-à-dire ses prétentions chaque année revues « à la baisse » et corollairement ses efforts humains chaque fois plus soutenus, d’avoir été aussi idiot que « Gimpel le naïf », ce personnage d’Isaac Bashevis Singer auquel on préfèrera toujours l’attitude partout congruente du brave soldat Shveik puisque nous n’avons jamais été en mesure d’être aussi irrésistible et nous ne sommes plus aussi jeune que Tom Jones : en amour. Car pour le reste il ne nous est jamais venu de rire en voyant les passagers d’un bateau vomir par-dessus le bastingage, uns à uns, du premier au dernier rang, avant d’être lui-même et son épouse sujets au malaise Cette anecdote d’un voyage Victor Klemperer la consigne dans son journal pour faire un parallèle avec les attitudes qui ont accompagnés la montée du nazisme en 1933 ; en 1939 les hommes aux fronts ne riaient plus et les habitants de Berlin vivaient, à quelques exceptions, un enfer dont rend compte Hans Fallada dans son roman « Seul à Berlin ».
On rira moins dans les prochaines années…ou follement dans la même mesure hilaro-fasciste avec laquelle on s’amuse avec ceux qui nous condamnent… Le divertissement a un prix qui excède largement la redevance télé.
Rencontre-débat avec Sébastien Fontenelle et Olivier Cyran à la Gryffe samedi 12 décembre 2009 à 15h autour de deux livres pétaradants :
Vous retrouverez avec Sébastien Fontenelle, tous les super-héros du blog
"Vive le Feu" De Xavier Darcos à Hervé On-Mar-que-Des-Points-Contre-Les-Talibans-Morin
jusqu'au colonel de réserve Brice Hortefeux et Rama L'Afrique-De-Papa-C'Est-Terminé-Yade, en passant par les chantres de
l'ouverture Fadelamara et le bon doc Kouchner, sans oublier le craquant
petit Kosy, Sébastien Fontenelle dénonce au quotidien les infamies
petites et grandes de nos élites, dirigeants et autres petits maîtres
du monde.
(vraiment) n'importe quoi * (Ed la Découverte 2009)
« Vous les connaissez bien, leur visage et leur voix vous sont familiers.
Ils signent tous les jours un éditorial dans la presse écrite ; ils
livrent une chronique chaque matin sur une antenne de radio ; ils
occupent les plateaux des grandes
et des petiteschaînes detélévision ; chaque année, voire plusieurs fois par an, leurs nouveaux
livres envahissent les tables des librairies. « Ils », se sont les « éditocrates ». Ils ne sont experts en rien mais
ils ont des choses à dire sur (presque) tout, et, à longueur de journée,
ils livrent à l'auditeur-lecteur-téléspectateur-citoyen leurs
commentaires creux ou délirants sur le monde comme il va et comme il
devrait aller. (...) A travers dix portraits drôles et corrosifs, ce livre dévoile
l'imposture de ces professionnels de la pensée-minute » (Extrait de la
quatrième de couverture).
Librairie libertaire LA GRYFFE, 5 rue Sébastien Gryphe 69007 LYON, France.
Ouverte du lundi au samedi inclus de 14 heures à 19 heures.
Téléphone/ fax : 04 78 61 02 25
Site Web : www.lagryffe.net
http://www.e-torpedo.net/article.ph...
Une belle chronique de Franca Maï sur un roman de Regis Schleicher
Le Figaro Madame :
"Appel à témoin
En prévision de la journée du 8 mars, nous aimerions savoir ce qui vous rappelle que vous n’êtes pas tout à fait égales aux hommes"
"Le regard condescendant de votre supérieur lorsque vous partez chercher Théo à la crèche ? Le clin d’œil libidineux d’un passant le jour où vous sortez en jupe ? L’excuse toute trouvée de votre chéri devant la vaisselle sale ?
En prévision de la journée du 8 mars, nous aimerions savoir ce qui vous rappelle au quotidien que vous n’êtes pas tout à fait égales aux hommes. Ces petits riens, pas si anodins, qui vous amènent parfois à penser que la vie aurait été plus simple avec des hormones mâles.
Livrez-nous vos témoignages à courriermadameonline@lefigaro.fr avant le 1er mars. Nous les regrouperons dans un article le 8 mars.
Femmes du Web, unissons-nous !"
J'aime beaucoup la formulation.
Déjà, c'est un fait : les femmes ne sont pas les égales des hommes. Point.
Et c'est essentiellement une question d'hormones.
Et puis on va libérer que les internautes, les autres n'en valent pas la peine.
J'ai hâte de lire le résultat...
Appel à venir participer à une marche de nuit féministe le 29 mai à Lille!
Le tract ci-joint.
__MANIF DE NUIT FEMINISTE
NON-MIXTE FEMMES, LESBIENNES, GOUINES, BISEXUELLES, ASEXUELLES, HETEROSEXUELLES, PANSEXUELLES
(QUE NOUS SOYONS TRANS OU CISGENRES)__
__RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 29 MAI 2010 A 21H
DEVANT L'OPERA DE LILLE__
Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.
Nous sommes des féministes, femmes, lesbiennes, gouines, et/ou transgirls …
Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…
Nous sommes précaires, pauvres, salariées, sans-papières, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, travailleuses du sexe, mères célibataires, organisées ou isolées…
Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…
Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins, à cheveux longs ou crâne rasé, avec crête de punk ou raie sur le côté, avec un voile, une casquette ou un chapeau…
Nous aimons les mini-jupes et les caleçons, les baggys et les talons, les grosses godasses et les tops à paillettes…
Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…
Nous sommes féministes tant qu’il le faudra !
_La nuit nous appartient !__
En tant que personnes catégorisées femmes, nous sommes en permanence matraquées par des règles de conduites qui restreignent nos libertés : «Ne sors pas toute seule le soir», «Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation» ou encore «Fais-toi raccompagner par un homme». Ces injonctions conditionnent nos agissements et ne nous donnent pas d’outils pour nous défendre. Et si on ne suit pas ces règles, on a encore plus peur, on est culpabilisées et rappelées à l’ordre.
La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée. NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les maisons, dans la rue, au travail… En effet, les femmes sont majoritairement agressées par des hommes qu’elles connaissent (conjoint, collègue, voisin, patron, oncle, père…) dans un lieu qui leur est familier. Cependant, l’espace public reste majoritairement - voire exclusivement - le territoire des hommes, d’autant plus la nuit.
Pour les personnes catégorisées comme femmes, la rue est un espace où l’on est en permanence considérées comme disponibles sexuellement; un espace de harcèlements, de reluquages, d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements et de peur des agressions masculines (qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles, psychologiques).
Pour exprimer notre force et notre parole en autonomie par rapport aux mecs, cette manifestation est organisée entre féministes, femmes, filles, lesbiennes, gouines et/ou transgirls ; celles qui en ont marre de se faire mater comme un bout de viande ou d’être considérées comme des poupées gonflables, celles qui vivent dans la rue ou y travaillent, celles qui veulent embrasser leur copine dans le bus, celles à qui on dit qu’elles se sont trompées de chiottes, celles qui sont racisées et exotisées, celles qui en ont marre des mains au cul, celles qui veulent boire un coup sans se faire draguer...
Cette manifestation est pour toutes celles qui reconnaissent des petits bouts de leurs vies dans ces violences et cette oppression.
__Marre du contrôle de nos corps et de nos vies ! Marre de se prendre des claques dans la gueule (au propre comme au figuré) ! Marre d’être de la chair à viol !
Nous voulons que nos corps nous appartiennent enfin !__
✪ Parce qu’il n’est pas normal que nous ayons peur quand nous marchons seules la nuit.
✪ Parce qu’on en a marre de ne croiser que des mecs dans la rue, les gares, les métros… après 23h
✪ Parce que nos corps ne nous appartiennent toujours pas
✪ Parce qu’on nous impose le modèle hétérosexuel et que toute autre sexualité est diabolisée ou invisibilisée
✪ Parce que les canons de beauté qu’on nous impose (pubs, journaux, films, télé…) sont fixés par et pour les hommes.
✪ Parce que les violences conjugales et intrafamiliales sont la première cause de mortalité et d’invalidité des femmes en Europe
✪ Parce qu’une femme est violée toutes les 10 minutes ! Et parce qu’en face, la réponse des institutions (quand elles la croient !) n’est que demande de preuves et infantilisation.
✪ Parce que ras-le-bol de l’obligation d’être polies, souriantes, douces et aimables.
✪ Parce qu’être sans-papières, c’est travailler pour peu ou pas de rémunération et sans la protection du droit du travail.
✪ Parce que la situation de semi-clandestinité dans laquelle sont placées les femmes sans-papiers, les empêche de porter plainte en cas d’abus ou d’agressions de peur de l’expulsion et les place à la merci de dominations patriarcale, capitaliste et raciste plus accrues.
✪ Parce que parfois les seules sources lumineuses dans la rue sont des pubs de femmes à poil pour vendre du carrelage.
✪ Parce que les lesbiennes sont victimes de lesbophobie (agressions physiques, verbales, viols, blagues, invectives, remarques…)
✪ Parce que tous les trois jours une personne trans est assassinée dans le monde.
✪ Parce que la transphobie n'est même pas reconnue par la loi française
✪ Parce que les personnes bi vivent avec l'injonction permanente de choisir leur camp et que la biphobie n'est pas reconnue par les institutions
✪ Parce que le caractère lesbophobe ou transphobe de certaines agressions est rarement reconnu ; et que le caractère sexiste des agressions sur les femmes trans est généralement nié
✪ Parce que celles qui ont choisi de ne pas avoir d'enfants vivent avec l'injonction d'en avoir, et parce que celles qui en ont vivent avec l'injonction d'être des "bonnes mères" (douces, entièrement vouées à leurs enfants, devant renoncer à la vie nocturne…)
✪ Parce qu’en condamnant le racolage passif, l’État accroît la répression à l’encontre des prostituées et les met encore plus en danger
✪ Parce que dans notre société binaire (masculin/féminin) et patriarcale, les dominations masculine et hétérosexiste continuent d’exister même dans les milieux « ouverts d’esprit ».
✪ Parce qu'on est censées être baisables mais pas baiseuses.
✪ Parce qu’on en a marre d’entendre « alors, vous êtes seules les filles ? » alors que non, on est quatre, « connard ! »
✪ Parce qu’on a beau avoir beaucoup d’humour, les remarques, invectives et blagues sexistes ne nous font toujours pas rire !
Ainsi pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, nous sommes dans la rue aujourd’hui et dans la lutte au quotidien. Nous ne souhaitons pas accéder aux privilèges des hommes mais abolir tous les privilèges et les systèmes de dominations qui les entretiennent;
nous voulons pouvoir nous définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes.
Tant que nous ne serons pas considérées comme des individues à part entière, tant que nous serons des citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !
Nous continuerons à nous mobiliser, à investir l’espace, à exiger notre place et à combattre ce système patriarcal, capitaliste, raciste, classiste, binaire et hétéronormé.
__ORGANISATION ! RESISTANCE FEMINISTE! SOLIDARITE!
EMANCIPATION !__
Marchons la nuit, pour ne plus jamais nous faire marcher dessus !
Festival de musique rock en plein air 47000 Agen
Samedi 26 juin Prairie du pont-canal Entrée libre/ buffet et buvette à partir de 20h30 Avec les groupes : Dictracy Lords (punk rock), Medef Inna Babylone (entreprenarial punk), The Shelters (disco house/rock), Lunazic (pop rock), O.P.A (impro), Askatasuna (punk), Splin Buster (punk rock), N.O.M (punk rock)
« La fête à Roger Petit »
Organisé par le groupe d’études sociales, un regroupement d’anarchistes à l’initiative d’une vieille figure libertaire locale Roger Petit. Roger Petit a commencé de militer au côté des anarchistes espagnols, nombreux dans la région, il y a plus de cinquante ans. A 14 ans il était ouvrier, à 19 ans il était membre de la libre pensée. Il est de ces ouvriers, comme l’ami Paul, contraints, très jeunes, aux plus rudes taches et qui toujours ont résisté à l’anéantissement d’une vie rugueuse et à la servitude, par l’engagement et en se cultivant par eux-mêmes, de cette manière dont Orwell désignait avec beaucoup de respect les ouvriers-intellectuels du siècle dernier qui à bien des égards, selon lui, valaient mieux qu’une nouvelle intelligentsia issue des mouvements ouvriers, mais qui jamais n’avait été soumises au dur labeur. Il était des souffleurs de braises en mai 68, loin des barricades de la capitale, à Agen. Un groupe de lycéens s’en remettait spontanément à lui parce que sa réputation était ainsi faite, déjà, qu’il était très apprécié. Durant plusieurs années il menait un combat inlassable contre le nucléaire et l’implantation de la centrale de Golfech en particulier. La police seule, alimentée par ses supérieurs de paranoïa à l’encontre des anarchistes, paranoïa aujourd’hui consubstantielle à l’uniforme, le soupçonnait en 1983 d’être l’incendiaire de la gendarmerie d’Agen. Si curieusement, à l’époque, des gens « bien mis » vinrent signifier à un militant dont le fourgon-habitation fut incendié qu’il était par trop voyant, qui connaît Roger Petit se gausserait des soupçons que firent peser sur lui les argousins, si ce n’était généralement si préjudiciable à chacun… Ces propos n’engagent que leur auteur car Roger Petit ne polémique pas sur le sujet. Longtemps proche de la Fédération Anarchiste il était un élément rassembleur au côté des syndicalistes cénétistes notamment. Un homme résolument au dessus des querelles qui alimentent sinistrement les divergences entre groupes libertaires. C’est un anarchisme philosophique que le sien. Cet homme mesuré et déterminé est connu de plusieurs générations de jeunes à Agen. Pendant plus de trente ans il était l’éclaireur d’une certaine jeunesse plutôt désoeuvrée ou en quête d’une parole forte et humaine. C’est auprès de Roger Petit que beaucoup l’ont trouvé qui ne l’oublient pas. On voit encore la frêle silhouette de Roger Petit parcourir les rues d’Agen, ses marches quotidiennes : on l’interpelle, il s’arrête, on le salue, on converse avec lui. S’ouvre alors un pan d’histoire, une approche droite et bienveillante, pacifique et attentive de l’anarchisme, de l’Homme. Beaucoup de jeunes ont repris espoir chez lui, dans cet appartement où la pause café est encore à ce jour une source de réconfort, de quiétude et d’amitié pour nous autres. Il est au plus proche de la philosophie élémentaire d’Orwell, la Common decency dont l’importance a été récemment remise en lumière par Jean-Claude Michéa. Lorsqu’il s’est agi, il y a trente ans, de soutenir des camarades anarchistes réfractaires au service militaire, le groupe libertaire local, Roger Petit notamment, ont organisé deux journées de concerts pour payer les frais de défense. Car l’entrée est toujours libre, l’argent de la buvette a permis de financer un avocat. Depuis lors, depuis trente ans, chaque mois de juin, parce qu’il n’y avait rien qui convienne à une jeunesse soucieuse de libertés et de joies, Roger Petit et ses amis ont implanté ce festival. Sans jamais recourir à des subventions, sur la seule foi de principes libertaires jamais reniés il finançait lui-même l’organisation de ce festival par le fruit des ventes à la buvette et le soutien en logistique apporté par les copains. Parfois, rarement, un copain, une copine se fendaient d’un petit chèque pour combler le petit déficit de l’année écoulée. Depuis 2001 cependant la mairie lui octroie une maigre subvention. Le passage à l’euro et l’augmentation générale des prix l’ont contraint à ce recours. Il regrette d’ainsi compromettre son engagement libertaire mais les jeunes lui réclamaient une fête. Alors il pose cette question cruciale que plus rien ne peut s’entreprendre indépendamment de l’Etat et qu’à ce titre, une aide, même minime comme c’est ici le cas, grève la liberté de chacun et qu’à bien des égards, en dépit des péroraisons libérales et de la libre entreprise ce pouvoir là a porté une atteinte considérable à la liberté. Sur les étendues vertes de la prairie les jeunes n’ont pas attendu le début du festival pour commencer la fête. Sur l’herbe chaude et sous le soleil, sous un ciel bleu d’été, on boit déjà, on converse, on aime, on rencontre. Le soleil à peine couché, les tables de presse des groupes sont installées, on y vend des livres, des films, des tee-shirt. On découvre peut-être le syndicalisme de la C.N.T, la ligne politique de la Fédération anarchiste ou d’Alternative libertaire ? La soirée commence, elle emplit la nuit d’un souffle inaccoutumé … Vous y êtes conviés. On vit rarement, à Agen, un homme qui ait tant œuvré pour la jeunesse. A l’heure où on l’encage et la suicide, où on lui ment et l’humilie, où on la surveille et la punit, où on l’oblige à renier sa force vitale par un engagement, sans alternatives et sans retours, dans des filières de plus en plus corrompues et qu’on le fait avec arrogance, à l’ombre des miasmes protocolaires des oligarques, un homme de 80 ans porte sur de plus jeunes un regard humain. C’est un peu l’air frais réclamé par Annie Le Brun et un espoir. Le seul peut-être ?
régis duffour