"Femmes, pourquoi tant de haine ?", c'est le titre du Thema Arte d'hier soir. Entre documentaires et débat, l'émission est sensée se pencher sur "le retour des violences machistes". Il faut cependant entendre "Le retour des violences machistes chez les noirs et les arabes pauvres". Rassurez vous, on ne parlera pas des violences masculines chez "les autres", c'est à dire les blancs plus aisés. Eux, visiblement, seraient plutôt dans le genre "retour du Jedi" gentil qui va lutter contre le côté obscur de la force. Du lourd donc, sur fond d'axe du mal contre le bien.
De retour de vacances dans le Morbihan, Mademoiselle continue cependant à penser à tous ces vacanciers qui ont le plaisir de partir avec de tous petits enfants paisibles, qui ne hurlent jamais pendant la visite d'un monument historique, qui ne geignent pas au restaurant quand tu as envie de te détendre, peinarde, devant une bonne bière face à l'océan, qui jamais sur une terrasse en extérieur ne te donnent mauvaise conscience lorsque tu allumes ta cigarette ; qui très, très, très rarement obligent leurs parents à entonner une douce mélopée à base de "Léa aaaaaaaaââhahaha, Léaââ arghh, ne touche pas à ça, viens là, remets ton chapeau, n'enlève pas tes chaussures, laisse ces galets à leur place, papa va pas ramener toutes les caillasses de bretagne dans son monospace, ne MANGE PAS LE SABLE ! Léââ, argh, argh !" etc, etc.
"Tant que nous ne serons pas considérées
comme des individues à part entière, tant que nous serons des
citoyennes de seconde zone, tant que nous n’aurons pas notre place
dans la rue, tant que notre accès à l’espace public sera soumis à
des conditions hétérosexistes, nous ne lâcherons pas l’affaire !
Il y a quarante ans, le magazine ELLE posait des questions cruchonnes à
Lafâme.
On va commencer par une spéciale dédicace à tous les crétins qui vont faire des blagues foireuses aujourd'hui 8 mars.
D'abord Lhasa, puis une page de Libé plus loin, Mano Solo. Et une copine
mariée ce week-end. J'y repensais justement hier soir, c'est drôle.
Je revoyais la gentille fille de gauche de dix huit ans, la petite
indignée, pas d'accord avec le socialisme de papa, défilant pour la
sécu, contre les privatisations, pour les retraites, battant le pavé
contre les seconds tours borgnes, naïve. Elle a découvert Noir
Dèze. Ah les premières notes de Tostaky. Elle l'avait payée elle-même sa paire de docs noires montantes, ça en jetait avec ses cheveux
courts et sa bouteille de rhum à portée de main.
Les occidentaux que nous sommes ont un terrible souci à cette époque de l'année : se préparer au traditionnel repas de Noël, bien gras, bien long, bien familial. Entre la
poire et le fromage, il est possible que tonton remarque que les
noirs ont le rythme dans la peau avant que tata rétorque qu'en plus
ils courent vite. Peut-être aurez vous également droit à de cruciales réflexions sur l'identité nationale et le vivre ensemble, au sein d'un monde complexe, en mouvement, et d'une Europe vachement chouette quand même tellement que c'est la paix. 


Derniers commentaires